ROME, [1SS
aftieana ne témotgnoieni aneunè inquiétude; dtepersés k teog du Tlbrei et kkaant kun boutiques ouvertes^ ik voyoient ces troupes passer sous k Janiouk. Pompée fit publierpur un trompette dans les carrsfeurs et sur les pteoea publiques: que personne n'eAt k moindre Orainte; que l'unique motif qui kte^avmt mk lès annes à k main* c'étoit de délivrer k peu|^ romain de k tyfanme du pape«
Les troupes de Gohnnà arrivèrent par k bourg vteum devant Saint Pierre « et au pakk de Clément YU , qui vainemetit soUioitoit du secours. Abandonné de tout le mcmde» il se résigna et résolut de moUrir, s'il tekUoit ^ Auk sur k trône pontifical \ cependant queiquee cardinaux parvinrent à l'entraîner tnalgré lui dam k châlean Saint* Ange avec quelques-uns de sue plus dévoués aerviteurii A peiné fut-^il sorti ^ tous les fimtaÉsirts et cavaliers entrèrent ditta son pakîst et k mirent Ml pillage* Us purtènnt une flaahi sacrilège sur totn tesobjetà qu'ik purent trouver dans Téglise Saint^PierrUi Celte prt>ftnatioil eut heu en Tabeenee du cardinal Pompée, qui l'apprit cusuite évee un extrisie éhagrin»
A soU entrée dans te cbâtéaUi te papeeirt oe^ caiion de racomloitre que^ soit avariée, suit odbli, k cAliiéHingue avoit négligé de Tappruvisionner de vivres et de itiunilions. Il éMt hors d'état d'7 sootenh' un siège» et n'avi»k pas ploa k possiUlité d'y introduire dés troupes Umbunés et vénitiennes^ que de &ire des kvéesdans k vilk I occupée par une armée ennemk. 8e véyttit réduit à cette f&eheuse exu^émité^ il prf I aen parti , et après aVoir dontié en otage dmnx ëardinadi toi neveuxi il obtint la faveur d'unfe entfevueavee Hugues. Gelui^^i) eoirt^Bks vesux. de Potiqpée^qui eût aimé à s'emparer du pape un pursbtme^ pom* lui dicter à son gré et à eelitt de Tempereur ks conditions de k pais^ eutru au ehftteâu aveu une suite peu uombruitte. fi s'kieliua devant te SàintiPère, lut remit b imsuu d'argent et k mitre pontlfieak lunÉées eutn les màine des aoidiisi dont H bliuia fUm^M* diuatiou et k itoeMe eAénie I emuite tlprtuflit Siteteié de ruuoneer à Mre oppOslUuo auk VokMilésée rempor^r, donc tes urnes victorteueeu, secondées par k fortune » pouvolent attaquer Impunétuent les hommes et Dieu même I eufin H ajouta que 6harte»-Quiut, guidé paritei tbnents de (liété^ de juMoe et de modéra
%'m nmf^^H ent&mmnt aux effgrdi 4i 9»
Samt«lé PWP i?étnWirlft l»i?t ea }Mdie, sur 1a doinîMtiPu4e bqualle U p'élevpU t^wm^ pré^ t£otîOflt qoelqw 4n>it qo'U pù| y #yoir , pauh q«e le» «ocieivi empereurs en avaient eu et^i^h tMoment U po«ie$«K>p et (a «oqy^r^ipeté,
dément r^popdit pep do ^bofà k ce âiscQiirg} «9 soj^ 4(» Pompée» il 110 (}it 499 quoiqoes pbrMen iroiMqofifft mMi pe pl^îgmt beaucoup de Yefip4«im fi» TavôU ^ \¥>mmmm troippé ; il f'^tt^cb^ à prouva que, daim tons les temps. il s*4l9ît pla k augodenter la gplepdenr et l>a- Umié do te coirroniie impériale ; ot ajoou q^'il
resiflroit toojoiirg ^^m \m mimm diq)ositi<mi è r«gafd <b romperemr, fi oelui-çis égaré majptenant par de porfides qQpseUl^ri, vguloit reve^- Qir % son apci^uie pplitiqoe si prodente et si sage, seconforii^er !«« précédf»tes cpn ventions f^l^ pfur des traités pûUics, st rétablir Sfona , selon le yam de F Jtslie, dans ses états de Lom^ bsidie, dont il l'arpît sî iiyostem^t dépouillé.
Après différents popFpfir^ri, tes parties conafairêpl m% çQ^de trovp sur oes bases :
if SabitcP^re devint rappeler ses troupes de la J^a4)wlJe>pordon]Eier èFompée, ainstqu'au «ntrç» Colenna. et donner Philippe 8tro»t , booms riebe, pn^r garant de sa bopne foi* Hugues de Alonead* retourneroît à Naples avec toutes ses troupes, et feroit r<^re à TËglise les THiss et oroements qui servent auK cérémonies saintes ; CaaUlle Coionna* fait prisonnier k la bataaie de Simne par m capitaine de cavalerie des Florentins, seroit reltcbé sans rançon.
Ampée sooserivît à eette eonventira avec le phis gTMd regr^, parce qu'elle eoupoit oonrt à le s'assurer une victoire pleine et
PAR JACQUÇS BUONÀPARTE.
Untisisdélivré desembarras présents, grAces «p tnWisitilinns de ses amis, le pape s'aban.deom m ressffltiment qu^eicitoit en lui Fin^ >pv nsfnede Pompée Colonna et de tonte sa Cmffle. U retira néanmoinsses troupes de Milfqpi pov ne pas paroitre violer ouvertepsent ses enr gagements, pour demeurer en paix avec Tosipe* mr, et snftaot ponrne pas sfexposerà la venfeanco de f.sinwy, qui s'approcbdt avec sa flsni. Sans perdre ds temps, il fit vaoir à Home dâm aille goissts el sq^t oompagnies italioar nés, cewwnanrtées par Jeande Médirif , vaillimt ^éoénl. II Toolnt avoir encore ime nombr^ise Cnvakiif en entre autres deux cents hommes
d'ermes de Frédéric Çoiiiague. H espéreit mRikf en 4éploy(intees forces militaires, sefMreerain'dre et respecter da vai^t^ge , et acquérir pUis d* in* fluence (Uns les négeci^ticms.
Copient Tempereur ne négligeai pis de prendre d^ préçauti<m contre les ^treprises de ses ^n«nis. il donne ordre au vice^roi de Nftples de se tenir prêt à Ciire marcher six mille Esp^nols, et d'équiper une flotte de trente voiles : il écrivit à son fifère Ferdi^snd de lui envoyer George Frauensberg, avec diXTlmit cents Allemands. Le pape^ enoore tout étourdi de Terrivée imprévue des troupes ennemies , sous les ordres de Cc^mmu, etde k dévastatlim du p^l^is, redoutoit plus que jamais U guerre. Il avoit mim» le dessein d'aller trouver l'emr pereur a Bareelonne, si les rois de Frenoi et d'Angleterre ne Ten eussent détoumé» Ceux^ Ti^hortoientànepas tent se fier à Caries V, et à prendre des moyens plus sûrs et plus honorables, s'il désiroit si fortement ù pais* Le pontife avoit toujo^rs sur le cipur te trahison des Colonna, et Taffront qu'il m aveit reçu. Il di^ rigea contre eux les forces quil avoit an^lées à Rome pour sa propre sii^reté, et les envoya, sous les ordres de Vitelli, brûler Marine et Mon>to-Fortino ; ib rava§^r(|nt aussi Gallicano, Zagarolo, et se retirèrent ensuitedans Vabnontnne, lieu fortifié.
JSur ce» entrefeites, Georges Frauensberg, passant te yal de Sabbio et te fort d' AnA, arriva à Castiglione, dans le Mantouan, avec dix-hnit cents fantassins allemands. Le 19 novembi^, te due d'Urbin et Jean de Hédicis le suivoient de prés avec teurs troupes, ne sachant pu qu'il eût de rartilterie. I^ malheur vouhit qpe dés tes premières décharges, Jean de Médiois eût l'os du geiiou brisé, et mourût peu de jours après à Mantooe, des suites de sa blessure* Se mort, fotate à son parti, fut un coiq^ de fortmm ponr les Altemsmds. Le dB, i|s pass^r^t le P6, à Ostia, ^ campéreut à Bivèie» A k^r entrée en Lombardte, Bologne et teToscane fivent en grand émoi \ te duc d'Uiinn se djsant sans op^ ditts de la part du séf^ de Vemse, ne s^rveiU loit pitts lesmowen^eM de cette armée tean» gère. Après te passage de teSeccbia) elte maer efaa sur Milan pour opérer sa jonction avec les troupes qui y étoient en gamisim. En passaal^ prèsdeParme, elte pritavec elle Pbilib^t, prineo d'Orange. I^a 7, U Parma étant débordée, çUe
SAC DE RÛMË,
fut contrainte de s'arrêter dans les campagnes de Fflino. Le 11, elle passa le Tarcf, et le 12, logea à San-Donnino. Les capitaines espagnols , en garnison à Milan, désiroient sur-lechamp £&ire partie de l'armée allemande ; mais leurs soldats, qui depuis quelque temps n'avoient pas touché leur paie, ne vouloient pas se mettre en route. Cette difficulté n'arrêta pas long-temps Bourbon. Il ne savoit d'abord où prendre de l'argent, mais bientôt il trouva un expédient. Un certain Jérôme Morone étoit condamné à mort; il lui promit la liberté, moyennant une somme de vingt mille écus, que ce criftiinel se hâta de payer, pour sortir de prison, et, comme cet homme avoit l'esprit hardi et entreprenant, il plut au duc Charles, dont il devint d'abord le conseiller, et dans la suite le maître absolu.
De Lannoy, vice-roi de Naples, étoit arrivé à Gaéte : le pape eut soin de renouveler avec lui les anciens accords et traités; mais le viceroi ne traitoit pas de bonne foi; il avoit promis aux Colonna de lui fitire la guerre : à cette fin,il fit entendre au Saint-Père qu'il pourroit consentir à quelques mois de trêve, si on lui livroit en garantie les forteresses d'Ostia et de Civita-Yecchia , et en outre quelques sommes d'argent. Tout en faisant ces. protestations, le 20 décembre, il fit voiledeNaplespour lesétatsdel'Eglise.
Bourbon ayant passé le Pô, prit le commandemenfdes armées allemande et espagnole réunies; ilmarchad'abordsurPonte-Nuovo, ensuite sur Plaisance.
La guerre étoit déjà allumée avec foreur dans les états de l'Eglise, que Clément n'en continuoit pas moins ses négociations avec le lieutenant impérial. L'armée de ce dernier avoit fait halte devant Frossinone, principal château-fort de la Campagne de Rome. Instruit^de cette invasion, le roi de France et les Vénitiens firent leurs préparatifs pour secourir leur allié. Le vice-roi concentra ses troupes, forma le siège de Frossinone avec douze mille hommes, et le canonna sans pourtant monter à l'assaut. C'est ainsi qu'on poursuivoit la guerre, tout en parlant du maintien de la paix, lorsque César Fieramosca arriva à Rome, avec la mission de témoigner au Saint -Père l'extrême déplaisir qu'a voit ressenti S. M. C. à la nouvelledes ravages portés dans la résidence de Sa Sainteté par Hugues de Moncada et la famUlc des Colonna. Il
lui déclara que Fempereur, son maître, étoit animé du désir de maintenir la paix, et que, conformément à ce désir, le vice-roi avoit été chargé de poursuivre les négociations pour une suspension d'armes de deux ou trois mois, à la coïklition que Sa Sainteté compteroit la somme de cent cinquante mille écus, et les Vénitiens, celle de cinquante mille. Pour attendre le consentement de ceux-ci, le vice-roi accorda huit jours d'armistice. L'armée papale se porta néanmoins de Frossinone contre les troupes de Lannoy, qui se retirèrent deux heures avant le jour. La retraite du vice-roi donna plus de courage à Clément ; encouragé par ses alliés, il ne pensoit à rien moins qu'à pousser jusqu^à Naples ; d'autant plus que les Vénitiens répondoient qu'ils ne concluroient ni trêve ni traité sans l'agrément du roi de France.
Les progrès que faisoit l'armée du pape dans le royaume de Naples, où elle étoit parvenue à San-Germano, forcèrent le vice-roi à se retirer à Gaête, et don Hugues à Naples. Le pontife pressé du besoin d'argent, ayant appris que les troupes impériales, commandées par Bourbon, continuoient leur marche sans éprouver aucune résistance, et voyant que les alliés restoient les bras croisés, ne négligeoit pas ses négociations auprès des agents deFempereur : ceux-ci ne terminoient rien. Les confédérés exhortèrent le pape à ne s'engager dans aucune autre n^ociation, et lui promirent des subsides considérables. Ses troupes étoient arrêtées dans leurs succès par le défaut de vivres, provenant de la mauvaise administration ou de la négligence des employés. Peu à peu elles se découragèrent et ralentirent leur marche. Le roi n'envoyant ni argent ni soldats pour occuper les places prises, elles forent à la fin obligées de revenir à Rome, sans retirer aucun fruit de leur expédition. Le Saint-Père alors renouvela ses sollicitations en faveur de la paix, surtout lorsqu'il apprit que Bourbon s'approchoit avec son armée et se montroit disposé à marcher sur Bologne ou Florence.
Le 20 février, le duc Charies passa la Trd)bia avec toute son armée, composée de cinq mille gens d'armes, beaucoup de chevau-légers italiens, douze mille fantassins allemands, quatre à cinq mille fantassins espagnols et deux mille volontaires italiens, troupes irrégulières non payées. Le 22 ^ il arriva à San-Donnino ,
PAR JACQUES BUONAPARTE
sans munitions^ sans vivres et sans argent. Mais U Dourrissoit en secret l'espoir de piller et saccager Rome, ainsi qu'une grande partie de l'Italie. Il traversa Reggio; passa la Secchia, et le 5 mars il étoit à Buonporto : là, il quitta son année pour aller à Finale se concerter avec le duc de Ferrare, qui lui conseilla , à ce qu'on croit, de marcher droit sur Rome. Le 7 mars, il étoit à Saint-Jean, dans le Bolonois ; ses soldats se répandirent dans la campagne, pour se procurer les vivres qui leur manquoient. Si les troupes papales se fussent campées dans leur voisinage, ils se seroient trouvés réduits à la nécessité de rebrousser chemin ou de se débander tout-à-fait. Bourbon ne perdit pas un instant pour s'approvisionner ; on lui expédioit sans teUche d» vivres de Ferrare, et il eut soin de se former on eorps de sapeurs, en même temps qa'il rassemUoit des munitions. Le 1 4 mars, au moment de se mettre en route, les &ntassins allemands et eq>agnols demandoient de l'argent à grands cris ; telle étoit leur foreur que si le duc n'eût trouvé moyen de s'évader, il couroit grand danger de perdre la vie. Ils se transportèrenti son logement, le pillèrent, et tuèrent un de ses gentilshommes. Le marquis del Yasto bt aJors obligé de se rendre à Ferrare, où il trouva assez d'argent pour calmer momentanémasâ. la mutinerie des soldats : ils consentirent de nouveau à recevoir les ordres de Bourbon, pour avoir Fair d'obéir à un chef et garder quelque apparence de discipline militaire, mais non poo* se soumettre réellement à un homme qui leur étoU odieux. Les Espagnols particulièrement le traitoient d'insensé ; il s'étoit bercé de Feipoir d'épouser dona Eléonore, mariée plus taid avec le roi de France; il en avoit été refusé et ma'mtmant il a^iroit à la souveraineté de la Lombardîe. Les Allemands le nommoient le fKMjr^ parce qu'il avoit été dépouillé de tous ses Neos, et qu'il avoit trahi sa nation.
Geoi^ges Frauensberg abhorroit les gens d'é* fjàae; il ne parloit que de tuer de sa main le souvenia pontife, avec un poignard en or, qu'il portait dans son sein, et d'étrangler tous les car-
, Fun après Tautre, avec un cordon de cramoisie. Cet homme impie et cruel fut firapfë de paralysie, et,perclus(le toussesmembra , il sembla vraiment cbfttié de la main de I>ieo pour eet atroce projet ; dans ce misérable éfMt û fiit porté en litière à Ferrare.
7LVI« siicLBy Chroo. el Mém.
Le 17 mars, il tomba tant de pluie et déneige que les rivières, de nouveau débordées, rendoient la route impraticable et forcèrent l'armée à faire halte.
Toutefois, le pape sa voit que rien n'emp écbe roit le général ennemi de pénétrer en Toscane, quand il le voudroit ; que l'esprit des Florentins, toujours tourné à la nouveauté, n' étoit pas disposé en faveur de TÉglise, et queses états ne pouvoient mettre sur pied des forces suffisantes pour disputer le passage. Dans ces fâcheuses conjonctures, il désiroit de nouveau s'entendre avec le secrétaire du vice-roi, envoyé à Rome à cet effet, ainsi qu'avec le frère François Angeli, général de Tordre de Saint- François, confesseur ordinaire de l'empereur, et qui étoit parti d'Espagne avec la mission de traiter de la paix. Ce choix d'un homme renommé pour la sainteté de sa vie répondoit,ce semble, des loyales intentions de Sa Majesté. Les frais considérables d'une guerre, les soucis et les embarras qui en sont inséparables, l'occasion si favorable de soumettre le royaume de Kaples échappé des mains des généraux de l'Église, l'approche de la formidable armée commandée par Bourbon, précédée par la renommée qui lui attribuoit le dessein de mettre à feu et à sangles villes principales de la Romagne, de la Toscane et Rome elle-même ; toutes ces raisons réunies contribuoient à fortifier dans l'esprit du piq>e le désir, qu'il avoit toujours témoigné, de conserver la paix. Il sye crut fondé dans son espoir de l'obtenir, en voyant arriver un autre envoyé de Sa Majesté, César Fieramosca, porteur de lettres de son maître, remplies de protestations de respect. Charles Y assuroit le Saint-Père qu'il n'étoit guidé que par les plus purs motifs d'équité, et qu'il ne prenoit qu'à regret les armes pour châtier ceux, que sa modération dans la victoire avoit rendus trop insolents.
Le 15 mars, premier jour de malheur pour Rome, fiit signéeentre les parties la convention
suivante :
Pendant huit mois les hostilités seront sus-^ pendues; néanmoins le pontife paiera soix'ante mille écus à l'armée impériale ; Pompée Colonna sera rétabli dans la dignité de cardinal et relevé dès censures pontificales ; le vice-roi de Lannoy se rendra à Rome (ce qui sembloit au pape une garantie contre l'arrivée de Bourbon),
(ISÎ7J
De Lannoy, ayant reço en mage le légat Triimlzio, se rendît à Rome; mais son arrivée fot aignalëe par uii fâcheux augure; le palais, assigné pour son logement, fut frappé de la foudre et presque réduit en cendres. Aussitôt après la signature de Tarmistice, le pape, fort mal Conseillé, licencia tous ses soldats, gardant & son service seuleihent cent chevaux légers et deux mille fantassins des bandes noires. Fieramosca fit passer sur-le-champ à Bourbon une copie de la convention pour qu'il l'approuvât, en ce qui concehioit ta somme stipulée, et qu'il retirât son armée des États ecclésiastiques. Mais Bourbon ni ses soldats ne voulurent entendre parler d'aucun accord ; ib étolent animés de l'espoir du butin, et t argeflt qu'on leur prométtoit ne pou voit suffire pour satisfaire leur avidité ; ils continuèrent donc à piller et ravager le Bolonois. Le vice-roi expédia à Bourbon un courrier, pour lui faire sentir la nécessité de se Soumettre aux arrangements conclus. Ce courrier auroit été massacré par les Espagnols, si une prompte fuite ne l'eût dérobé à la fureur, tant cette soldatesque étoit dévorée de la toif du piHage. Le 5 avril 1527, le duc Charles quitta k campagne de Bologne, );)assa par Imola et parvint à Meldola.
Conformément aux ordres du vtoe-roi, le marquis del Yasto quitta l'armée pour aller à Naples.
Clément pria instan^ment le Vtce-n>i de^ren^ dre la pefnede se rendre en Toscane, pour mettre en bon ordre tes affaires de Florence, qui lui paroissoient peu rassurantes, et arrêtet à temps , rexécution des desseins de Bourbon. Les soldats de ce chef étoient un ramas d'aventuriers^, la plupart luthériens, acharnés au pillage de l^tat ecclésiastique, desquels il ne liilloft attendre aucune considération pour le papfe; mais on espéroit qu'ils en anroient pour le lieu* tenant de l'empereur, et, qu'en faveur de son titre, ils se soumettroient aux conditions du traité.
Aûn de tromper en même temps le pape et le vice-roi, Bourbon, après avon* écouté Fietamosca, que lui a voit envoyé don Hugnes pour lui rappeler le traité et Tempéd'nr d'avancer, répondit qu'il approuvoit fort cette convention réellement utile aux intérêts de Fempereur; mais que pourtant la somme qu'elle stipuloit étoit trop modiquepour contenter l'armée; qoe
si, au lieu de soixante mille écUs, onavoit[nirIé de deux cent mille, il se seroit cru en mesnre de satisfaire les soldats. H le chargea ensuite dé rapporter au vice-roi qu'il ne falloit pasprendre garde à ses mouvements ; que s'il n'avoit pas l'air de ralentir sa marche, ni de se conformer aux conventions, c'éloit pour prouver à ses troupes qu'il tenoit leurs intét^êts à cœur. Ensuite il donna en secret le mot k quelques soldats et chefi de l'armée, pour faire du tumulte quand on leur apporteroit de Fargënt et menacer ceux qui en seroîent chaînés.
Lorsque cette réponse eut été redite au pape et au vice-roi, celui-ci cédant aux sollicitations de Clément, partit en toute hâte pour Florenôe, chargé de lettrés de crédit de sa part et d'une promesse de pouvoir toucher d'autres somniês. En présence de deux envoyés de Bourf)on, les Florentins, après de longs pourparlers, s'engagèrent à payer cent cinquante mille éeus, dont qUatre-vingt mille comptant, et te reste dans le courant d'octobre. Le prince Chattes étoît près de la Temia ; le vice-foi prit les de^ vants et aHa le trouver, accompagné seulement d'un trompette et de deux gentilshommes. B entama sa négociation et offrit les quatrevingt mille écus qu'un de ses officiers portolt avec lui ; mais peu ji'en Mut qu'il ne fût égorgé par len soldats. Effrayé par cet accueil hostile, il renvoya Farinent aux Florentins et leur fH dire par ses gentilshommes qu'il altoit l Sienne; qu'après le mauvais Succès de sa négo^ dation il n'osoit reparoitre chez eux, et que ses compagnons pourroient leur raconter de qh^e indigne manière l'avoi^t traité les soldats Aé Bourbon.
nestvrai tfoe bien du monde le soupçonnoit d'intellîgence avec ce dernier pour tromper lé pape, et pensoit que le soulèvement qui em lieu contre lui n'éloit qu'un jeu convenu poàr sauver les apparences. Cette opinion ne nkeparoit pas probable, et, pour en adopter une plus vraisemblable et plus répandue, je dîral qrffl fiit, aussi bien que le pape, victime de la fyttrbeHe de BoûrtMm, qui, sans égard pour les ordres des mfotetres dé Sa Majesté H pow les sollicitations de 8a Sainteté, aHaqua Chio^, donna deux fois Fassatit au cb&teau ddla Pie^e, à Saint-Etienne, et poursuivit sa marche snr Arrezzo, saccageant Lutiano, Castel-Ruovo, Capalona et Castellaccio. A mesure qu'il avaQ*
PkK JÂCQpBS BUONAPARTÊ.
çpit, il açigmfintott tûqours s^ préteoUon^ ; ïsm ea s'^rrétam à Âreziu, il fmoïx croire 4ux àépuià» de Florence, envoyés près de Itji, qu'il désirait sérieusen^ent traiter : il lui importoit d'empêcher par ç^ feinte que ses ennemis ne fbmnt iur leur$ gardes et ne recourussent à îefi momre^ du préçautiQu, parce qu'en les pre* nmtaxi^dépourvu, i| devpit triompher plus facilement. Le 21 avril, il parvint à Monte varcbi, |vçç une finnée Infiniment plus considér^le qu'à 4<m d^ïart dQ Bologne. Chaque jour elle se frossisspit de Cantassii^ italiens, attirés par ]^ désir 4^ prendre part à 1^ conquête et au |91a(e ; ils 3^ jpignoient a ces sol4ats étrangers, comme c'est rbal)itude de notre milicQ véosle, «ans s'informer contre qui ils marcbpien\»sax]^ rougir de contribuer avec l'ennemi QQiDinun à k destn^ction 4^ leur patrie. Bourbon lesreçevoit avec plaisir ; il éproi^vpit de la saxis&ctîonàvoir ^n armée devenir toujours pips nomlureQse et plus formidable.
Durant la halte de cette armée, Iç p<mtife ecrivU jt Sienne, au viçe-roi qui i'avoit lâchemem «Iwdpnné, que si les ennemiç n^ se retinmA 4f ïïA^t de FEgUse et de celui de rio« rw^ ils0 regardpit comme dégagé de la convemi^ çt q[a'il ne vouloit pas qu'on y donnât |i)î^.|||^'e:(pliquoit ainsi parce qu'il couDoisspit la mauvaise fpi de Bourbon, et qu'il eq^érpit d'vO^rs que les difficulté^ et privations de tout Ç^m dctfit ses If oupes étoient menacées le^ cootraindroient à consentir k des conditions tj^ûit» onéreuses. Il se croyolt d'autant plus l^ode dans son espoir, qu'il sa voit que toutes les farces des alliés étoient réunies sQus les murs de Florence* et que cette ville, fortifiée sur différents points, étoit parfaitemctit ^ état de squ- ' t^nîir ^l¥i9ieurs assauts vigoureux, U n'ignoroit pas nw^WHi? que quelques citoyens mécontents, Ioin(fesonger à taire résistance, nedem^i^ dojeplpasmieu^ qi^ede voir tomber la villeentre les maipi des Allemands, pour être affranchis delà domination du Saint-Siège, aussi bien que d)^ celle d^s Médicis. Mais il se berçoit de l'illiip|j9a.qpef ^i^ un danger aussi imminent, la glaprt des nobles et des riches se croirgjeni à^fff$ de contenir ceux qui voudroient donner l^flMîn à fennenri commun, et de combattre eaqHiiteies vaillamment, pour sauver leur ia^ nûBe, leor fortune et leur patrie.
Une fnuule p^e de la haute noblesse dési- .
m\ foriemçn^ qu9 le S^^-Père ac<u>rdat 9, ç|iaque bahiW la faculté de prendre lesarmei;, comme quelques jours auparavant il en avoit f»4nifesté l'intention ; on écrivit m conséquence au cardinal de Cortone^ gouven^e^r de flit. rence an nom d« Sa 3aint^é* ls$ jeuni^ gens de la ville t vpyant q4e çett^ autorisation se f^isoit attendra , s'adre^r^t ^u gupblopi^ de justice qui était alor^ Louis Guicciardini. Ce magistrat jugeant que cette jenne^fQ ar^ dente finirnit par prendre les armes «^ns y être autorisée, alla trouver le cardinal, et lui fit comprendre que, dans te dai^er qii T^pro^ ^e de ('armée Ofi Bourbon jetoit la, ville, il j avoit phis de sCtreté et d'économie à confia k des citoyen^ armés, conc^rremment fiyfc tes troupe$ salariées, le soin de défendre la patrie* qu'àen charger exclusivement des mercenaire!. Son Eminencç; accorda rautorisaiiop, àlf cbai^g^ de se conformer aui^ lois et st^itutp d^ {a repu* blique.
Le 3Ç avril les prieurSf de concert fivw h cardinal, ordonnèrent au^ gonfoloniers de réu-? nir, dans les églises^ les hpmmei^ de leurs com pagnies, et de les conduire en armes sur I^ place publique, ou ils recevroient des ordres ultérieurs, f andis qu'on s'oççupoit de prendra ces mesures, Rinaldo Corsini vociféroit sur h place du iyiarc|ié-N^uf contre Iç gouvernement» s'im^ginant que le public partageoit sei sentlr ments et qu'à S4 voix on ^'^rq^eroit contre lei Médicis. Mais ses clameurs n'eurent pas le rér sultat qu'il en espéfoit ; seulement, les jeunf# gens coururent au palais de la Seigpeuriei p4 se trouvoient une partie des anciens, qui gou^ vernoient la ville au nom du Saint -Père, sous les ordres du cardinal de Cortone. Le cardinal étoit 4b§ent ; il étoit allé avec Hippclyte dfi Médicis à la rencontre du duc d'Urbin« pow conférer avec lui suf des choses de haute im^ portance, et k $oir Us dievoient êtr# tnvs reOf* 4us à ]^Iarepçe. Les j|eunes gens pénétrèrwl dans le palais et attendirent plusieurs beurea que |e^ prieurs et les ^cien« yinsscoi leur pref^rire ce qu'ils ayqi^nt à faire. Mais cm m^istratS) troublés et mdécis, perdirent m tenq>s précieux sans aucun fruit, et laissèrçm^ échapper une si belle occasion de se soustraire à l'esclavage, en secouant la domination du pape et des Médicis. Instruit de ce tumulte, le cardinal de Cortone rentra dans la viltOi suivi
àAC DE ROME,
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d'un corps nombreux de fantassins et accompagné da cardinal Cibo, du doc d'Urbin et d'Hîppolyte de Médicis. Le peuple intimidé déposa les armes, et se replaça paisiblement sons Fautorité de son gouverneur.
Tandis que la confusion régnoit à Florence, le duc Charles, dont l'armée étoit disséminée dans tous les châteaux du Val d'Amo, ayant appris que le pape refusoit de donner suite au traité, partit de Montevarchi et se transporta, à Sienne. II savoit que toutes les troupes alliées étoient rassemblées sous les murs de Florence, et il ne jugeoit pas devoir s'approcher de cette ville avec des soldats exténués de fatigue et de &im. U vouloit, disoit-il, d'abord passer dans le Siennois, laisser reposer son armée, s'y pourvoir d'artillerie et de munitions pour attaquer Florence et battre tout le pays. Mais ensuite envisagant les difficultés attachées à cette entreprise, il convoqua chez lui les colonels espagnols, et leur exposa son plan dans le plus grand détail. Il leur rappela l'état où se trouvoit l'armée, leur expliqua que de trois partis qu'ils avoient à prendre, le meilleur étoit de marcher en toute hâte sur Rome, attendu qu'un séjour prolongé dans le pays de Sienne, leur aliéneroit l'esprit des habitants, à qui même il seroit impossible de fournir long-temps de vivres une armée aussi nombreuse; qu'en outre, ils laisseroient à l'ennemi trop de temps pour se préparer et organiser sa défense. U ne voyoit pas non plus un grand avantage à se porter sur Florence, qui étoit bien approvisionnée et défendue, ni à parcourir les campagnes environnantes, dont le terrain montueux et d'un accès difficile n'offix>it d'ailleurs aucune ressource. Le pape, en ce moment, étoit dépourvu de tous moyens de défense ; c'est ce que lui mandoit le cardinal Colonna, qui en outre lui promettent le secours de son parti, s'il conduisoit promptement l'armée impériale sous les murs de Rome. Celle de Tennemi ne pouvoit pas s'y trouver en même temps qu'eux, parce qu'elle étoit campée beaucoup plus loin, commandée par dilfièrents chefe et éparpillée sur divers points. Leur succès étoit assuré, pourvu que leur marche fût rapide et imprévue. « Le Saint-Père, ajoutat-il, jouit d'une trompeuse sécurité ; il se croit à Tabri de nos armes, persuadé que, pour enchaîner la valeur de nos troupes, il suffit que celles de ses alliés soient logées dans notre voisinage.
Il sait que nous moquons de vivres et d'argent ; le vice-roi me l'a assez donné à ccmnoitre, et il suppose que notre dénûment arrêtera notre marche. Mais il se trompe; car voilà précisément ce qui doit nous pousser en avant, et c'est l'unique moyen de sortir de cet état de détresse. Evacuons sur-le-champ le territoire de Sienne ; les habitants nous fourniront toutes les provisions nécessaires, et en peu de jours nous serons en face de cette ville si fameuse, sans avoir rencontré beaucoup d'distacles au dehors, et sans doute sans en rencontrer beaucoup au dedans. Cette perspective suffirolt pour rendre à une armée découragée l'espotr et les forces, et enflammer, d'une nouvelle ardeur des troupes invincibles, commandées par des cbeft tels que vous. Sans plus tarder, marchons en avant ; comptons pour rien les privations endurées et celles qu'il nous fiiudra supporter encore ; notre trajet sera court, et nous sommes certains d'obtenir la victoire, unique objet de nos désirs. >•
Ce discours ne manqua point son efl^ sur l'esprit des colonels; ils ne balancerait plus à donner à l'entreprise contre Rome la préférence sur toute autre, et ils firent partager à leurs soldats leurs sentiments et leurs desseins. Quand Bourbon connut les bonnes dispositions de Farmée, il se fit amener les prisonniers qu'elle avoîl faits en plusieurs rencontres, et qui la suivoient liés et garrottés. Quoiqu'ils fussent en grand nombre, il fit rompre leurs liens.
« Désirez- vous, leur dit-il, prendre 'part i notre glorieuse entreprise? aimez- vous mieux retourner sur vos pas? choisissez le parti qui vous convient. Je vous promets sur mon Immineur, que si vous vous décidez à servir dans nos rangs et à servir loyalement, vous aurez part comme nous à tous les profits de la victoire et au pillage de Rome. »
Les plus jeunes d'entre eux se firent incorporer dans l'armée, les autres préfièrèrent retourner dans leurs foyers.
Le même jour, 27 avril, Bourik)n se fit délivrer par le gouverneur de Sienne la quantité de vivres nécessaires à ses troupes et se mit en marche par le chemin le plus court, sans emmener l'artillerie. Les pluies abondantes avoient extraordinairement enflé la rivière de la PagUa ; les soldais eurent recours au moyen suh-ant pour pouvoir la passer a gué. Us formèrent
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P\R JACQUES BUONAtARTE.
tre em des files de trente ou quarante hommes, i et se tenant Tim l'autre par la main, ils traversèrent hardiment le torrent. Us avoient de Teau jusqu'à la poitrine, quelquefois même jusqu'au menton ; si le courant entraînoit un d'eux, sans qii'3 y eût moyen de le retenir, ils l'abandonnoient; plus loin des soldats robustes et courageux venoient à son secours. De cette manière, ils arrivk'ent sans perte bien sensible sur l'autre bord, où étoient déjà parvenus avec moins de danger les cavaliers et plusieurs fantassins qui s'étoient accrochés soii à la crinière, soit à la queue des chevaux. Après s'être un peu restaurés, ks soldats reprirent leurs rangs, et continuant leur route, ils ne firent de mal qu'à Monte-Fîascone et à Ronciglione, qui leur avaient refusé vivres et passage. Mais pressés par le temps, ils ne commirent aucun dégât dans les châteaux ou lieux forts qui les laissèrent passer sans résistance.
Dès que le bruit de leur départ fut parvenu à Florence et qu'on sut comment ils s'étoient pourvus de vivres, le cardinal de Cortone et les agœts du pape expédièrent en toute hâte , sur Arezzo, un détachement des bandes noires logées à San-Casciano« La plupart des commandants des troupes en garnison à Floraièe eurent ordre de se diriger avec leurs corps sur • Kome, par la voie de Perugia, pour tâcher de ft^ trouver avant l'ennemi. Us firent ensuite partir plusieurs courriers, pour instruire le pape de la rapidité des mouvements de l'armée impériate, du montant de ses forces et de la jnanière dont elle s'étoit approvisionnée. Le oomie Guide promettoit d'être à Rome avant rennenû. On ne négligea rien pour déterminer k due dUrUn , le marquis de Saluées et le provèditeiir de Venise, qui alors étoit à Florence, à donner ordre aux troupes alliées de ûdre la plus grande diligence et d'arrêter les eBùtis de Bourbon.
C'est bien en vain que les ministres de l'ÉfgûÊtt se donnoient tant de mouvement et prede si grandes précautions ; car, dès ce II, le duc dIJrbin se montroit à découvert à ceux qui doutoient encore de ses intentions. Il ecmsuma un temps infini en préparatiii de départ ; il souffrit encore que, sur le Icnitoue de Florence, partout où passoient sestniqiesy elles fissent plus de dégâts que n'en anmt fiU toi AUemaiids et les Espagnols, i
Tantôt sous un prétexte, tantôt sous un autre, il retardoit sa marche, et il n'y eut pas de quoi s'étoimer si, le 5 mai 1527, à 21 heures (4 heures 45 m. après midi), quand l'armée impériale arriva sous les murs de Rome, il n' étoit encore qu'à deux milles du lac de Pérouse. Bourbon avoit pour deux jours seulement de vivres. Aussi , immédiatement après son arrivée envoyat-il, suivant les usages militaires, un trompette demander au pape la permission de traverser la ville, afin de conduire, à ce qu'il prétendoit, son armée dans le royaume de Naples ; cette permission lui fut refusée sur-le-champ. Quelques-uns des siens avoient essayé vainement de passer le Tibre sur des bateaux, d'autres y avoient perdu la vie ou couru les plus grands périls ; il se contenta d'engager quelques escarmouches sous les murs. Il ne se dissimuloit pas tous les dangers de sa position ; il convoqua les principaux officiers de son armée et s'efforça de leur persuader que, dans l'extrémité où ils étoient réduits, il ne convenoit pas de renvoyer l'assaut au lendemain, mais qu'il falloit de toute nécessité essayer de tomber au milieu de la ville, tandis qu'ils n'y étoient nullement attendus ni du Saint-Père, ni du peuple romain ; que c'étoit la seule manière de s'en emparer, ainsi que des immenses richesses qui y étoient accumulées; qu'au contraire, s'ils différaient cette attaque jusqu'au lendemain, les habitants ne manqueroient pas de mettre à profit toute la nuit pour se préparer à jEsiire une vigoureuse résistance. « Vous n'ignorez pas, dit-il en terminant, que lorsque la forttme se présente à nous c'est le cas de la saisir ; autrement elle nous échappe sans retour. L'armée est très fatiguée, je le sais ; elle a besoin de repos; mais je sais aussi combien la victoire est facile lorsque l'occasion est favorable, et combien un instant de retard peut larendredifficileetcoûteuse. Chacun de vous fera de son côté ce qui dépendra de lui, j'en ai la conviction, et se servira de son • influence auprès des soldats pour les décider à ne pas perdre de temps et à terminer promptement cette glorieuse campagne. >»
C'est par de semblables discours que l'impétueux Charles s'efforçoit d'aiguillonner l'esprit des chefs de l'armée ; mais s'apercevant qu'il n'avoit pas réussi, et que les colonels n'étoient point disposés à donner de suite l'assaut, il en pnt son parti, et se décida à éprouver avec
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eux, à l'aube du lendemain, le courage et le» forces de Tennemi du dedans, et à se passer, aussi bien qu'il le pourroit, d'artillerie pour assaillir la ville. Il fit encore rassembler toutes ses troupes avant le coucher du soleil, et s'étant placé sur une éminence, il leur adressa une belle harangue. U n'étoit pas arrivé à la péroraison, qu'il entendit s'élever parmi cette mul» titude un certain murmure d'approbation qui lui parut du plus favorable augure. Il comprit'' que, pour cette foule empressée d'en venir aux mains, chaque heure de retard étoit un siècle d'attente. Satisfait de leurs excellentes dispositions, il recommanda à ses soldats de se hâter de prendre du repos, car il falloit que la première aurore les trouvât prêts à monter à l'assaut. Il conféra de nouveau, pendant une grande partie de la nuit, avec les colonels et autres chefs supérieurs, sur le plan de bataille, sur l'instant et les lieux où elle devoit commencer. Avant de les renvoyer, il leur recommanda spécialement de ne parler, dans leurs régiments, de la victoire que comme d'une chose certaine et immanquable.
Tandis que le parti de l'empereur ne perdoit pas un moment, le pape Clément reconnut avec douleur que, contre Fattente générale, et avec une célérité qu'on n'avoit pu calculer, une troupe considérable d'ennemis étoit arrivée sous ses murs. La nouvelle de leur départ de Sienne lui étoit parvenue au même moment que celle de leur entrée à Viterbe. A Rome, il y avoit encore bien du monde qui se persuadoit que l'armée rangée sous leurs yeux étoit celle des alliés ; mais Clément ne s'abusoit pas à ce point. Le danger imminent qui étoit venu fondre sur lui d'une manière aussi imprévue le glaçoit d'effroi, et le jetoit dans la plus cruelle perplexité.
Entouré de ses capitaines et des cardinaux romains, il s^armoit quelquefois de courage, et leur demandoit d'un ton résolu leur appui et leur avis; puis, retombant tout à coup dans Fabattement, ilne leur parloit plus que d'une voix foible et suppliante. Falloit-il se diriger du côté de la mer, à Fendroit où étoient les galères, ou bien quitter Saint-Pierre, et couper les ponts?
Convenoit-il de se retirer dans F intérieur de la ville et d'attendre les secours des alliés, ou enfin de traiter avec Bourbon? et dans l'état complet d'abandon où Fon se trouvoit, privé de 1
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tout espoir et de toute* ressource, devoit-oA acheter la paix de ce général ennemi au prix des plus grands sacrifices d'argent? Son esprit flottoit incertain entre ces diflérents partis, U avoit tout le loisir de se repentir de la triste économie qu'il avoit faite quelques jours auparavant,' en licenciant deux mille Suisses et deux mille &ntassins des bandes noires, afin d' épargner trente mille écus par mois. Quelques ami» lui avoient donné ce conseil, d'autres lui ea avoient exposé les inconvénients réels. U com* prenoit à merveille qu'il avoit commis mxe faute; c' étoit trop tard pour la réparer. Il n avoit plus le temps d'envoyer demander des secours, il falloit s'en tenir aux soldats qu'il avoit près de lui. Ainsi il rassembla à la hâte trqis mille fantassins, mais quelle armée! C'étoit la lie du peuple, lâche valetaille tirée des écuries des cardinaux, arrachée aux boutiques ou aux cabarets de Rome, incapable de manier |e$ armes, et tressaillant de frayeur, je ne dis p9s seulement au ronilement du canon, mais encqre au moindre biHiitdu tambour. Ces troupes reçurent un chef digne d'elles, Renzo da Ceri. Il fit élever en grande hâte, au milieu du Vatican, un rempart qui devint la risée des eimemisnonmoim que des Romains un peu instruits. Outre ces trois mille soldats, Renzo fit armer six tritoui romaines, non moins ineptes aux exercices mi-^ litaircs, et recruta encore quelques soldats 4^ ceux qu'on avoit licenciés et qui avoient vendo leurs armes pour se fixer à Rome. C'est à la tête de cette armée inexpérimentée qu'il se vao» toi| de défendre vaillamment les faubourgs et toute la ville.
Le pontife croyoit que le duc d'Urbin et les chefs de la ligue arriveroient à Rome avec des troupes exercées, en prenant la. voie Flaminlean^ et laissant la route de Viterbe, par laquelle étoient venus les ennemis; mais la rapidité des mouvements du général impérial déconcerip. toutes ses espérances. Dans cette anxiété, le Saint- Père convoqua les habitants de |a villiç , auxquels il rappela que, dans Fextrémité QÙ étoit réduite leur patrie, ils dévoient tousprea.^ dre les armes pour la défendre et que les plus riches dévoient prêter de Fargent pour payer les soldats. Ceux-là ne parurent pas très sensibles à cette exhortation, et personne ne répondit, si ce n'est Domcnico de Massimi, le plus rich^
d'entre eux, qui offrit ironiquement (te prêlejr
cent fais, n porta phis tard la peine de cette avarice f?t de cette raillerie déplacée : ses filles devinrent la proie des soldats; Ini et ses fils furent faits prisonniers ; au milieu des insultes et des coups, il ne parvint à racheter sa liberté que moyennant une très forte rançon Clément Tn ordonba aux officiers de visiter les fortifications, <fen élever des nouvelles et de réparer les anciennes; de dresser des batteries, de veiller a une répartition réglée des vivres et munitions, de garnir de troupes les endroits fci- Hes ou à déconvert, de garder de dislance en Astance des réserves toujours prêtes à voler au secours des quartiers de la ville menacés. ''11 ordonna en outre ^ de préparer des projectîles, de la poix brûlante, des fusées et autres pièces d* artifice, et prescrivit plusieurs mesures de précaution concernant la défense des repiparts. U ne n^ligeoit pas non plus de relever k toarage de ses défenseurs, en leur exposant Tcfat de détresse où étoit plongée l'armée (Juî venmt les attaquer, et qui ma^quoit d'argent, de vivres et d'artillerie. Hors d'état de forcer le plus petit ch&teau, comment pourroit-elle pensar i prendre Rome, si Rome étoit défendre? Une fois la première attaque repoussée, b ûtim H là peur de Tarrivée des alliés feroient k reste ; ils se retireroient et se débanderoient prooftement. «NevoyeK-vouspas,disoit-il,que leslreopes ennemies, composées pour la plupart A luthériens, ont été amenées tout exprès paru admirable effet de la Providence divine, soéB léi mûrs de cette vide, le siège principal de sa ttMe religioh, pour y recevoir im châlimoA éctaiaitt et donner à toute la chrétienté UB avertissetiiieût salutaire?» Il accompagna ces piroles, aeivast le louable usage suivi en pareil cas pa^léft pontifes animés du désir de dédooMiager eflleaceaient leurs champions de la promesse dt» gHLces de FÉglise : ceux d'entre eux giif , eombattant vaillamment pour la cause de b fof , snccomberoient en la d^endant, recenufefil ses bénédIctioniB spirituelles, seroient aamës de lapteine et entière rémission de leurs pédÉi, et en otttre, leurs héritiers jouiroient des Haéllees ecclésiastiques.
ht iouvértiin pontife connoissoit parfaite-
intathirempe de ses troupes ; il n'ignoroit pas
ftmt rinhabîtelé des officiers, Tinexpé-
et la lâcheté des soldats. Il savoit fort
timqm^ékûs ces moments de trouble, lesuns
PAR JACQUES BUONAPARTE
et les autres montreroient plus de dispositions à abandonner llome qu'à la défendre : mais lui-même excité par ses conseillers, honorés du vain nom de sages, il cherchoit à donner du courage aux autres. Certes, s'il eftt pu se porter sous les remparts, examiner les fortifications, l'artillerie et les autres choses nécessaires à la défense, tout se seroit trouvé dans un meilleur état. Mais l'obligation où il secroyoit de soutenir le rang et la dignité de vicaire de Jésus-Christ sur la terre, Tobligeoit à s'en rapporter aux yeux et au jugement de ses ministres. Et cet exemple devoit enseigner aux princes combien peu de confiance ils doivent placer dans les soins et les idées des autres , Içrsqu'il s'agit d'affaires très importantes.
Les habitants et les troupes étrangères ayant, peu de jours auparavant, compté parmi eux trois mille hommes en état de combattre, ne doutoient pas, avant de voir le danger de près, que rien ne les pourroit soufnetlre; et, suivant l'exagération accoutumée du peuple dans les circonstances critiques, ils se prétèndoient invincibles, d'autanl plus queRenzo daCeri affirmoit,avec jHus d'assurance qu'aucun autre officier du pape, que les ennemis ne pourroient résister, ni même se maintenir deux jours sous les murs de la placé, à cause de leur extrême pénurie ; que le jour suivant les troupes alliées entreroîent dans la viHe, et que par conséquent le peuple devoit être sans inquiétude sur Tissue des événements. De tels discours foisoient re* garder la victoire comme certaine, et les courtisans du Saint-Père partageoient comme les autres cette conviction. Us ne voulurent pas permettre au pontife de se retirer, ni même aux marchands florentins ou étrangers d'embarquer, avec leurs femmes, leurs effets les fins précieux sur des galiotes et des bateaux tout préparés à cet effet. Bien plus, ils firent tout à Coupffenper les portes de la ville, et affirmoient que toute frayeur, dans la circonstance présente, étoit non-seulement chimérique, mais délacée. Ce même capitaine Renzo poussoit sa présomptueuse confiance et son déplorable aveuglement au p(rtnt de ne pas permettre que, pour sauver Rome, on coupât les ponts du Tibre, au cas où le faubourg et le quartier de Transtévère ne pussent pas se défendre. H prétendoit qu'il étoit inopportun d'emj^oyer des moyens qui intitmderoient les défenseurs de
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la ville, tandis qu'ils ranimeroient le courage des ennemis; car, lorsque ceux-ci verroient tout le monde fuir et rompre les communications, ils redoubleroient d'audace et d'obstination. Après de tels propos on ne pouvoit douter que le peuple romain n'attendît fort tranquillement l'issue de l'attaque.
Je ne puis passer sous silence plusieurs événements qui, avant l'arrivée de Bourbon, annonçoient à Rome les malheurs dont elle étoit menacé*. Long-temps avant l'approche de son armée, un habitant de Sienne, de la plus basse condition, d'âge mûr,lecorpsdéchamé,couvert de poik roux et presque nu, appelé Brandano, excité , à ce qu'il sembloit au moins, par des sentimentsde dévotion, avoit plusieurs fois prédit au peuple romain la destruction des prêtres et de la cour de Rome, ainsi que le renouvellement del'Eglise. Bien souvent il avoit crié dans les rues, d'une voix lamentable et effrayante, que le temps de faire pénitence étoit venu, que le fléau de Dieu étoit tout près ; sans même ménagerie pape, il lui avoit maintes fois adressédes propos injurieux, et lui avoit déclaré, de la part du Tout- Puissant, que la ville et lui touchoient à leur perte. Ses sinistres prédictions l'avoient &it mettre en prison, à une époque où leur accomplissement acquéroit de la vraisemblance. Depuis qu'il étoit enfermé il parloit avec bien plus d'opiniâtreté et de force de l'approche du fléau et de la ruine de Rome. Ceux qui entendoient ou qui se rappeloient ses prophéties 7 ajoutoicnt maintenant, comme c'est l'usage, une foi entière.
Deux autres phénomènes particuliers étoient peut-être des présages funestes pour Rome : une mule mit bas dans le palais de la chancellerie , et peu de jours auparavant une grande partie du mur qui unit le palais du pape au château Saint-Ange s'écroula tout à coup. Je rappelerois bien d'autres signes remarquables , si je n'étois retenu par l'incrédulité de ceux qui n'en veulent tenir aucun compte ; cependant les histoires anciennes et modernes sont remplies de faits semblables, précurseurs des événements funestes et de la ruine des cités. On Ut qu'à leur apparition , les Gentils cherchoient à apaiser par des sacrifices et des cérémonies religieuses la justice de TÊtre-Supréme, dont la bonté et la clémence semblent vouloir effrayer les mortels, avant l'instant ou se déptoieri sa sévérité.
Je parlerai néanmoins de deux dt^micrs événements arrivés dans cette ville, et plus marquants que tous les autres, peu de mois aupa* ravant.
Un coup de foudre enleva des bras de la très vénérée statue de la Vierge, dans l'église de Sainte-Marie-Traspontine, Tenfant Jésus et la couronne qu'elle portoit sur la tête, et les brisa tous deux en mille morceaux.
La sainte Eucharistie qui , comme il est d'usage, avoit été renfermée le jeudi précédent dans le tabernacle de la chapelle du pape, fut trouvée le lendemain matin répandue par terre, sans qu'on sût ni par qui ni comment.
£t c'étoient là deux signes très imposants et capables de porter l'épouvante dans le cceur de tout chrétien pieux.
L'aube du 6 niai, qui commença un jour de deuil et de larmes pour tant de monde, titrava l'armée impériale^éjà rangée en bataille. Le duc Charles, que Ton reconnoissoit à son vêtement Uanc, parcouroit à cheval les rangs de sea soldats, qu'il excitoit à se bien battre. S'adressant tour à tour aux Espagnols, aux Allemands et aux Milanois, il leur rappeloit qu'il étoit nécessaire de déployer en cette occasion la même ardeur, la même intrépidité qu'ils avoient montrées dans d'autres circonstances ; qu'aujourd'hui il y alloit non-seulement de leur réputaUon, mais encore de leur vie ; qu'il ne leur restoit d'autre ressource que celle de vaincre \ que derrière eux étoiant les troupes de la ligue et que s'ils ne faisoient pas assez d'efforts pour obtenir la victoire, comme il ne leur restoit |iucan refuge, ils en seroient réduits à se donner la mort de leurs propres mains, pour ne pas tomber en celles de leurs ennemis. Il leur renoaveloit ensuite les promesses qu'il leur avoit fûtes tant de fois, leur assurant qu'outre leur portion de butin, ils auroient des seigneuries, de riches châteaux etdes villes. Il rappeloit aux luthériens venus avec Frauensberg, la faim insupportable* le manque absolu d'argent et les privations de toute espèce qu'ils avoient été obligés d'endurer dans l'unique dessein de s^mparer de Rome , dont leur courage leur auroit bientôt ouvert les portes et où ils entreroient avec leurs femmes et leurs enfants ; qu'alors ils pourroient jouir tout à leur aise des incroyables richesses de tant de seigneurs, princes, évêques et cardinaux. Partout où il voyoit un groupe considérable de
U^»n PAR JACQUES
^^^W^ U les abordoit pour les encourager à '^^""^"focer Tassant.
^-^ ^ ^T» espagnol, entrainé par sa valeur 2?^^n«e, avoit entamé plusieurs quartiers ^r! ^5 dtt côté de la rue Julienne une di- ^1, ^ •* 8*ide suisse du pape avoit vaillam- ^*ï^*^^ fes efforts des assaillans, extréç^J^traités par le feu d'une batterie, qui ^T*^^ dune (M)Uine les prenoit en flanc ; ^î^^ espagnols plantés au haut des /^^^ «ûkvés et les porte-enseignes pré-
u*. ^^kttBffit d'ennemis cherchoit à se
BLONAPARTE.
âOl
^i^^^;^^^bnàtdans le quartier Saint-Esprit,
J^^^AïjaniiD du cardinal Ermellino , où
g^ W moins élevés. En cet endroit la
p^ fiMw jDi entoure la ville est interrom-
ii^^Mte maison, doftt le peu de soli-
aii^^7% être aperçu qu'en y donnant
^dfejj^ P*^c ulière. Une meurtrière plus
^^^ . u!^^ ^^^ ordinairement servoit
?" • tq'^^^^^ditt ionsdu mur étoient à fleur
avoit masqué avec de la j)irail garni au dedans de rapprochés et qui laisun peu de jour à la cave i n'avoient pas connois- -ure ne pouvoient la déouverte comme elle étoit.
2*^leïi^^^.^^X^^iHiant que, de la part du ^^(fcs^fy î^ ^^^eri et des autres officiers f 21?^''^^^ im ^" ^^ fortifications, ce ne fût ■jîr'^^Aoses '^ '^^«^onnable de laisser subi'^ilniQjgjjj ^^^^t état. Pour sentir quelle
■''^tèïivûRi/i^^^^^^^^» *^ n'étoit pas nécés- Hl^f . ^^^^cr^ Part des fortifications , (t^^ ^''^^'^<le expérience, il suCBsoit
Tt^A^ ^^ H^^^^ ^^ ^^' '^^ capitaines n^^ ^^. ^'^^ visiter et examiner cette
•it^L^ftfd*^ :^and soin, au dehors et n|Jr^ ^^:rx remarquer les inconvé- ^ ^^ndroit à l'abri d'un coup *^- , .^^^^oit-on prévenu les soldats ^ » ^^^«sse de ce poste ; car dès le
fWbte
îhliA^^ï^cages s'élevoit un brouillard épÉlfii**? ^^intc du jour, enveloppa les ernwii*'^^ ^^r intercepter tellement la lumièfeif^^^ ^^^M plus à deux pas devant I
^ *ià<it, Chron. «t Méin.
action , ils se dirigèrent de t par là de pénétrer dans
soi. L'artillerie du château Saint-Ange, non plus que celle des autres batteries, ne pouvoit faire aucun ma laux ennemis, et tiroit au hasard ; car dans une telle obscurité, on étoit obligé de s'en rapporter à ses oreilles plutôt qu'à ses yeux et de diriger les coups sur les endroits d'où partoit le bruit, au risque de blesser les siens.
Tandis que les Impériaux combattoient hardiment et s'efforçoient de sauter dans la vlHe , le bouillant Bourbon, à la tête des plus intrépides assaillans, tenoit de la main gauche une échelle appuyée contre le mur, et de la droite faisoit signe à ses soldats de monter pour suivre leurs camarades ; en ce moment il reçut dans le flanc une balle d'arquebuse qui Je traversa de part en part ; il tomba à ten^, mortellement blessé. On rapporte qu'avant d'expirer, il prononça ces mou : « Officiers et soldats, cachez ma mort à l'ennemi et marchez toujours en avant ; la victoire est à vous, mon trépas ne peut vous la ravir. <>
Ainsi périt Bourbon, suivant les uns ; selon d'autres, sa mort auroit été accompagnée de quelques particularités différentes ; tous s'accordent cependant à dire qu'elle eut lieu sous les murs de Rome ; Dieu ayant voulu que sa peine suivît de près son délit, et qu'un homme de ce rang, traître et impie, ne pût repaître ses yeux du spectacle delà ville sainte, saccagée et ruinée par ses sacrilèges soldat^. Cétoit du reste un excellent général, distingué par sa libéralité et sa bravoure ; s'il eût été bon chrétien au lieu d'être luthérien* , s'il eût servi loyalement son roi au lieu de manquer à la foi qu'il lui avoit jurée, on ne feroit pas difficulté de le compter parmi les plus célèbrescapitainesdes temps modernes.
Le bruit d'un accident si fâcheux éUnt parvenu à la connaissance des chefs de l'armée , refroidit un moment leur ardeur. Os sentoient quelle perte irréparable ils venoient de faire, et comprenoient qu'elle pouvoit compromettre le succès de leur attaque : cependant ils réfléchirent que, lancés dans une entreprise aussi désespérée, ils n'étoient plus maîtres de s'arrêter et qu'ils n'avoient plus de salut à espérer que dans la victoire ; aussi après avoir tenu conseil ensemble, ils convinrent qu'il fidloit redoubler d'efforts et de vigueur, afin d'arracher, à force d'audace,des mainsde la fortune,le prix qu'elle
U) Le connétable de Bourbon étoit cattaofique.