‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 13 sur 428 · PROLOGUE DE UAUTEUR · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE UAUTEUR

Pour ce qn'il est moult diCBcile, sans la grâce de Ueii, en ce mortd estre complaire à tout le moode, et qœ les hommes coustnmiers d*eseripre hystoires et cronicqnes f<mt voulentiers leur adresse à aucun notable personnage, je, 90, sans autrement me nommer, ay empris de mettre en avant les faicts et gestes du bon cbevafier sans paour et sans reprouche.le seigneur de Bayart, et parmy ses excellentes œuvres y comprendre plusieurs autres vertueux personnages, me suis advisé, à ce qu'il ne feust mur- «nrtcy-après contre moy n'avoir bien et justement &it mon devoir particulier en laissant Pimpoor prendre Fautre, attribuer ceste mienne rodde hystoire aux trois estais du très excellent, très puissant et très renommé royadme de France^ car, pourau vray amplifier les perfeetkms d'un homme, ne l'ay peu Cure autrement, considéré que sans grâce infose du Sainct- Eqperit, depuis Tincamation de nostre sauveur et rédempteur Jésu^Airist, ne s'est trouvé en eronicque ou hystoire, prince, gentilhomme ne Vitre, de qodque condition qu'il ait esté, qui |i» farieosement entre les cruels, plus doul- XYI* sUùLE, Chron. et Mém.

cernent entre les humbles, ne plus humainement entre les petits ait vescu, que le bon cheva\^er dont la présente hystoire est commencée. Et combien que de tout temps en ceste doulce contrée de France la grâce de Nostre Seigneur s'est si grandement espandue que peu de deffault y survient quant aux nécessités du corps, qui est une manne quant à ceste vie mondaine, ung autre inconvénient à ceste occasion y survient; c'est que la grande ayse que grands, moyens et petits y soustiennent, les mect en telle oisyveté qu'ils ne se peuvent contenir du péché d'envye, en blasmant aucunes fois à tort et sans cause les innocens, et en détenant caché les mérites, prouesses et honneurs des vertueux. Si s'en trouverra-il peu qui sceussent oa ayent voulu dire chose contre l'honneur d'icelluy bon chevalier, s'ils ne l'ont dit à l'emblée; car en iceulx trois estats s'est si vertueusement gouverné qu'il en aura, quant à à Dieu, sa grâce, et quant au monde, verdoyante et immortelle couronne de laurier, pour ce que touchant l'église ne s'en est jamais trouvé ung plus obéissant, quant à Testât de noblesse ung plus deffensible, et à Pestât de labour ung plus piteux ne secourable.

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