‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 149 sur 428 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Comoieot, après la prise de Bresse, monsiear de Nemours entendit que les EspaignolB s'assembloieDt en la Romaigne, et comment ils se vinrent parcquer les uns les aultres k Ra- Tennes.

M. de Nemours après la prise de Bresse feust adverty que l'armée des Vénitiens qui s'estoit levée devant Boulongne la Grasse s'estoit renforcée des deux parts, et qu'ils marchoicnt droict pour tirer le chemin de Ravennes ; laquelle chose entendue par ledict sieur de Nemours, incontinent à diligence fist marcher son armée et lui fist foire si grande diligence pour venir devant ses ennemis à Ravenjaes qu'il n'y eust vivres ni auhres choses qui le peussent servir. Et quand une bande de Vénitiens qui estoit sur les chunps vist ce, se jetta en la queue des vivres et les détroussa ; par quoy le camp des François en eust très grande faute. Et en ce même ordre les François arrivèrent devant Ravennes, là où ils misrent le siège et fisrent une batterie qui ne feust pas grande, car ils ne battirent que deux heures, où feust blessé M. de^l'Espy, maistre de l'artillerie du roy de France, et en mourut tôt

MÉMOIftES DE PLEURANGE,

après, dont fetist grand dommage, car il estoit homme de bien, et fort eongnoissant en ee meatiét; Et htèoiitlnem après làdicte batterie faite, donnèrent Tassanlt , et lotirent reponssés , et sootim-em bien les Espaignolé et les gens dti pape. £t fen^ tué andiet assâtilt le gnidon.de M« de Sedan, qni se nommoit Gratien d'Amandalis, gentilhomme de^ frontières de Kararre, gentil compagnon ; et fenst anssi blessé M. de Chastilkm d'tfn éotip de hacqnebntté en Tespacde, dmit tost après H en motimt. Ledict Assatrit fenst ûôtmé Men tard, droid k l'arrîtét; dn camp. Et «epèhdaht (pie M\(*i àisadtt te dotmoit, tindrent nouvelles à M. de Nemonf^ qne le vice-roy de Waples rt l'armée du pape estoieilt à trois milles de hiy. Cela entendn, ledict sieur de Nemonrs et les cheft fisrent retirer Partillerie et les gens dndlct assanlt. Et, me semble, anssy fiiisoit^l k beanconp de Capitaines, qnè si la ville eost été prinsè, qne e'etist esté la destructk)n des FranCof S ; et n'eussent peu gaigner la bataille comme Os flsrent, car Us y emsent petdu de leurs gens et les atiltres se feuAMM amusés an pillage; caC la rille estoit fort riche, et eussent aussi perdu beaucoup de leurs gens de bien audict assault. La nuit venue, chacun se reposa un peu et deux heures avant le jour chacun commença à s'armer: et fist assembler M. de Nemotirs tous les capitaines tant dé pied que de cheval, et commencèrent à regarder ce qu'ils avoient à faire 5 et feust ad- ▼isé de he point donnet la bataille et de la disaimuier tant que les Françofâ fettssent un peu renforcés ; cm*, en dire le vray , ils éstoient bien Imbles et bien foulés, car il y a voit deux ou trois mois qu'ils ne cessoient de combattre ou donner •isauh, et d'aller de lieu à aultre. Et quand tout feust bien débattu, M. de Nemours, qui ^toit gentil prince, comme (;hacun scait, dit anx eapttainea qu'ih vouloit combattre, et qu'il Moit qil'lb eombattissem avecqiles tuy ; et la raisoè, Q letu* dit, qui esioit teÛè que, quand ores ils no vondrcyient point combafttie, si estoient-ib contraints de ce faire, puisqti'il n'y avoit point de rirres av camp et ne seavoit moyen pon^ en avoir ; et davantage, Partoée des Vénitiens se fenforçôit et venoit vers eubt ; et si les deux armées dd pape et des Ténitiens feussent venues vers eulx, Pune d'un oosté, l'aultre de l'aultre (ils éstoient derrière fvix ), lia ne pouvoient avoir nuls vivres. Cela

dit et conclud, tous les capitaines luy flsrent serment de vivre et mourir ce jour avecques luy. Et vous assetn*e qu'il y avoit en sa compagnie de gens de bien et de gentils capitaines tant de gens de cheval que de pied, et aussy bons que j'en aye point veu depuis. Et éstoient avecques luy premièremetrt M. de Lautrec, M. de la Palice, le duc de Perrarè, lé sieur tfAiègre, M. de Humbe^court, Fonterailles, le baron de Biàrt, le ticotnte d'Estoges, le gt^md escuyer de France^ Galéàâ de Sainct-Séverin, M. de Bayart, M. de Crussol, qui menoitles deux cens archers de la garde du roy, M. de MontoisOn, M. d'Aubigny et plusieiirs autres tant François qu'Italiens, qui seroient long» à vous nommer»

Les capitaines des gens de pied françois éstoient M. de Molart, capitaine général des adtènturiers, M. de Bonnet Maugiron, le capitaitte Georges de Richehoui^, Maulevrier, Grand- Jean le picard et M. de Moncaure, qui menoit les Picards ; les capitaines des lansquenets : te capitaine Jacob Feremus, trois mille lansquenets ; le capitaine Philippe, trois mille ; le grand Fabian , dcut mille ; et estoit ledict Fabian le phis grand et le plus puissant homme que je via jamais , et quelques bandes d'Espaignols et d'Italiens qui éstoient avec eulx. Et comme ils étirent ce faict, M. de Nemours qui Va voit phis qu'un flascoh de vin el un pain voullust .desjeuner, et le despartlt aux autres capitaines, lesquels en beurent et mangèrent ; et éstoient tous armés. Cela faict, les adventureux vîndrent faire rapport que Parmée du pape et les Espaignols marchoient et Venoient tout droict à eulx, et que la journée ne se pouvoît passer sans bataille ; et feust un jour de Pasques. Et lors commenéèrent les François à marcher et mettre aux champs, et ne fisrent pas grand chemin que les deux années ne suivirent Pane Paultre. Et avoit un canal qui s'appelle fe Honco, et se passoit à guet en tous endroîcts. Et avoient là laissé les Èspaignoïs un nombre de gens à cheval de là l'eaue, et toute Parmée deçà; et estoit le comte Navarre capitaine général de leurs gens de pied, et le vice-roy de Naplea chef général de toute Parmée ; et y e»^ toîent le marquis de Pesquière, Antoine de Lève, et tout plaiû d'autres gentilshommes espaignols, qui seroît chose trop longue à voua les tous nommer. Et du côté du pape, le duc

dHfbii, qm Mtoit la ehaf.. Ledtet Pa^ de ^a.^arre avoit hiei fmê sn parc à langue de fer sur chevrettes , et puis force chaisnes et chavettes entre deox, et ayoit là-dedans force hac^ebottes à crochet et quelques pièces d'ar> tillek da caste de Feaiie. Où estoit ce^te bande de ^vaneheors que j'ay devant nommé estoit farsillerie des Espaignols, qui battoit dedans b gfiQs de {H6d fraoçois toot à découvert; et ^«QQi isseure qu'il y faiaoit un gr%nd meurtre ^iiil^tttoieat à deux gets de pierre près. SaK)ft{9ittdl boite -feurent tués câ»te journée Uh^ kt d^tiiaes de pied firançoi»» et plus de issc^f sûlk tannes, tant françois que lana- ({tMidi , Ideneat que de quarante capitaines piéloasqirljbétûieQt n'en échappa que deux* ït endvÎRot etttt batterie bien trois heures de iong« El i FtrtiUerie des Espaignols laispit grawt 9Am François» aussy celle des Franr çoiti Ê^fii la gendarmerie de là Teaue. Cff^méêiii H* de Nemours iuarchoit tousjours, etrûHdoBoer tnris grands coups d'artillerie UwiitQrgeBdarmerie» qui leur fist du mal ftUBB» Itifoit lediet sieur de Nemours» de ooMlHililiNir Tamour de sa mye, de ne point porta fcksBois» taré la chemise, depuis le <Niriii«kiJiuques au gantelet; et prioit à tMt^ |i eenpagnie de la gendarmerie en km QmopitnDt et donnant beaucoup de belles ffû ce jaor voubisaeiit garder Thoi^ #Pnioce, le sien et le leur, çt qu'ils le ^'«•••ittwiTre. Et cela fcict, dit qu'ils ver-, l'VMl II qu'il ftroit pour l'amour de sa mye «jimiiretmcûnt'ment partit al feustle pe^ ifv àomi d'armes qui ranpiat sa lûice WWrimpQflroy. Et les Eq^ignolamarchoiait 'iMleigé en bon ordre ; et ebargèreot de ^AWft^a'il ne feust jamais veu un plus '^MWÉtt.E dura plus de trois heures qu'on yipWHfiiaYoit le meilleur. Or, ce temps MWfMla gendarmerie estpit en ce cem- *^ JWmteprntfons aux gen^ de pied, et •g»»^IUfisreat.

^Ul Maint et 1q capitaôie Jacob s^estimjllWfcFartillegig; car ils avoient esté 2Pj***" wite peina et n-avoiont où se ^S^fc^PttWSQcfagPt à seoir luy et le oa-r yy^lMtbt et demandèrent à bràre» et en jyiiasiup ^ canon les emporta tous ^"HfB feost un grand dommaige. ; et avoit

^'^'Itfil^p^ devant k e^^itaine de Fabien.

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