CHAPITRE XXXVI
Gonmeiit te François allèrent assiéger la irfiie de lfoY«e , H de la grosse balterie qu'Us ;y (cireot , et du secours des Suisses à ladicte place.
Les François estans à Alexandrie entendirent par leurs espies que les Suisses n'estoient phm à Tortonne et s'estoient retirés* à Novare, ce avoit encore quelque petit nombre de leurs gen^ et aussy pour ce que ladicte ville de Ifovaïe estoit plus près de leurpays, pe^r avoir secoonf si besoing estoit, ils s'estoient ailé là mettre; ei leur avoit envoyé le More Maximilian trois cens chevaulx que légers qu'aultres de la dœhé de Milan, et là attendirent leur bonne fortvoie. Et estoit lediet More tousjours en son cha^teau de Milan, et se boutta avecques lui le slair GaléaB Visconti, chevalier de Tordre de France, leq«i«l laissa le roy et Tabandonnaen son affaire. La*' quel More avoit merveilleusement grmd pew de perdre son Estât; car il n'avait secours des Vénitiens ni aultres, hors desdicts Suisse», le^ quels pour ce coup servirent merveiSeussrattfA bien. Et après que lediet sieur de la THmonMA et les aultres capitaines eurent entendu TarreM dés Suisses à Nbvare, incontinent se parUrtat d^ Alexandrie et vindrent assiéger ladtcte vMe de Notare au bout de quatre jours «prèbievsr département d'Alexandrie. Etféust ladicte vtÊB assiégée d'une mei^veHleuse sorte, veu les ge« et rartillerie quîeste4ent dedans ; car ils avotan gaigné, quand les Vénitiens chasserait mo»* sieur de la PaKce d'Italie, la phis grande pttt de Fartillerie qu'il avoit avec luy, et «voiettl mis dnns le chasteàu et viHe dudict Nôvarei^ Lequel chasteau est assez fort, mais la ville ne vapt guères, si est en pleine terre d'un oostè, et l'auhre en lieu marescagemi ; et y a ime pe»tite rivière qui passe d^un costé v^rslepayades
Suisses, tout contre JI3 yille : eî feust cause ladîctc nvière de garder les François de mettre gnjmû joe;picoirtre «u secours qui vûxt à ceuU dt la ^iilt. i^iMAd fei&uiflies d« ia ¥Ule «eurent les François à une journée près, vouUurent, si petit jouoEobre (ju'iis estoient, les aller combattre ;ii]iais ils ad visèrent entre euk i^'ils estoient t^ foibles. Toutesfois les Suisses put £aict de p|jgi$ belles choses à petit lot qu'à grand noml^e. Et naisrent les François leur siège à plein Xf^jf et as^eireat leur artillerie de laquelle estoi) dief monsieur de la Fayette, dont vous aj cy-devAUt parlé, lequel estoit homme de graade diligence, comme le mestier de mener Tartillerie le requiert; et fault que ce. soit un l^mme ^i ne 3oit pas eudormy, et spécialeloent le conducteur principal d'icelle artillerie, Aj^es U&cte artillerie estre assise, subit commença à tirer si rudement qu'en moinsde quatre bennes elle fist une bresche pour entrer icûnqaante hommes de front. Or, en faisant les wprocbes, TartUlerie du chasteau et de la ville Ost grand meurtre sur les lansquenets et gens de pied firançois» et en tua beaucoup; et là y eust un lansquenet tout auprès du Jeune Adven- (ureux qui eust les deux jambes emportées et plusieurs aultres fort blessés. Toutesfois, quand ils eur^t assis leur artillerie, se misrent derr^re unedondenxie de fossé, tellement que FartULerie de la ville passoit oultre eux et ne leur ffisoit plus de mal, fors que quand ils avoient leorspicques dressées elle les coupoit. Et feurent ^insl te Jeune Adventureux et le sieur Jamets son frère avecques les lansquenets trois jours et trois nuicts ainsy couchés en bataille, sans avoir ni tente ni pavillon pardessus eulx. Quand îadicte bresche fpust faicte, tous les capitaines fl^assemUèrent ensemble pour donner Tassault; la où fe^ advisé entre eulx que la bresche avoit enof^v quinze pieds de hault pour desçendce dfoïs la ville, et falloit tomber de ceste hau^^qr; mais du costé des champs les fossés ne valoieot rien et estoient les maisons de La ville asKz prèç ^es murailles, où les Suisses avoient inîs toute leurharquebutterif et quelques pièces dTartâl^e pour deffendre l^ict assauU. L'as- {a^ feyt présente aux lansquenets, lequel il$ l^iidrent bien volontiers, jà-soit qu'il fcust bien înal fîsé ; mais ils voullurent avoir aultres gens d^armes avecques eulx, comme un homme d'armes 00 archer avecques chacun lansquenet,