‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 177 sur 428 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Cy-Kleriae de la journée blcce h Safnte-Brfgide près de: gp«D, laquelle les Praoçoia gaigo^reai csontretes foii UD jour deSaJiiia-Croix, en septembre; de la prise da teau de Novare, et du secours que les Vénlileat felrent adi roy.

Les Suisses estant retirés à Milan, monsieuf de LAutrec et le Jeune Adventureux revjudroot où le roi estoit avecques la gendarmerie. Le roy marcha tousjours, tellement qu'il vint à Novare» où le chasteau tenoit pour les Suisses ; et eavpy» devant le séaéchal d' Armai^nac A mousieur ^

là Mice AVMqtied îÉM bradé 4'ànillerle, sii vûÊÈè hdittM 4è pied «t éfiiq cètM hbrmiie d*ar^ MHw Qttdd fti feumit àirlvés ftudiot Movure^ ti vMe M féddit, et le chàâtean non ; maU après M¥élt esté bâtio deux Jottrs, il se rendit; où le fSf rceoQm tont plain de l)eUe artillerie que 0és prédéceasenrs avoient perdue. Cela ftiict, le toj oMirelK^it toujours, tirant droict à Milan; et flsl VKAl €[U*il ^înt à Marignan, petite ville à dix mMes de Milan, sur la rivière, le droict eliemin de Mflan à Rome, là oè ledict roy s'arresta, et tome sonarmée, pour 9e rafireschir, car ils nV tûiefit point reposé depuis cpi'ils estoient partis. Et ce t^of» pendant se menoit une pratique ftteoqttes lesdicts Suisses pour faire une paix eirtre le roy et eulx ; et cela faisanti le roy re- ^ttgâôlt toute sa duché de Milan, et le More demwroittéttt seul. Etfeustregardéentrekmy el lesdicts 8a»ses de se trouver à Galéras, pour eoninner ce qui avoit esté pourparié et accordé eÉCre eulx. Et envoya ledict seigneur roy, ptnr sa part, pour ambassadeur, monsieur le bÉÉtttrd de Savoye, depuis grand-maistre. 4e France, et monsieur de Lautrec, et avecques eaix eâiq cens hommes d'armes , et leur bailla elnquajote miHe escus d'or pour porter auxdicts Sui&ses : et pensoit, sans point de faulte, ledlet seifOetir roy avoir du tout appointement aivee^pieB ealt. Et ne failliiient lesdicts Suisses 4e Irar MSfÇé à adx y trouver, et parlèrent en- Bémhis ftveeques lesdicts ambassadeurs, de toM affiliées. Or, le cardinal de Sion, qui estdit le (dus mauvi^ François qui feust oncquesi ^ qui «voit ammené tes Suisses au secours du More, entendit (et aussi fi^ ledict More) qte rap^kltetnent se voidoit ftiire entre les MIseea, et qulls ne viendroient point au-dessus 4e les^ entreprise. Ledict cardinal flst sonner le tacrtKMirta, et fist assembler tous les Suisses él GéHntào», en la place du chasteaude Milan, él B ibc fitire XA rang ; et hit au milieu, en Me eMse, comme un regnard qui presche les peults, lettr 4st entendre comme le roi n*arolt ftltm de géba airecques lui, car il avoît envoyé {Mitfie de Km armée à Gâteras; et fs'ils pour la sainte Église, et que jan^râroient tsrfit d'honneur en leur qn^s auroient. Et ce faict , leur fist à cbacto une def , et donna q^lque ngent aux capitaines particuUen.

Or» «Motait les Suisses dedans Milan trente-

CttAPltRË L*

sfK OU trente- hnU faille hoinmes et avutt m ées bandes quelques capitaines parttouliéiv 5 lesquels avoient pensioh du roi ; et estolént assez bons François et entendoient bien la iU nesse du cardinal de Sion, et aussi ih ne Tai^ moient point. Lesquels prindrent conseil avec^ ques leurs gens, et estoientdesbaults cantons^ comme Zurich^ UH, Berne et Ondertvaide. Et des prlndpaulx esloit un gentilhomme de Berne, nommé Albert de la Pierre, qui communiqua la finesse du cardinal de Sien» et renxm*tra à tous ses compagnons, les capitaines des haults cantons, la honte que ce leur seroit* et à toute la nation, de tromper un tel prinoé que le roy de France, veu quMls s'estoient ac-^ cordés avecques luy et que leurs ambassadeurs estoient avecques ceulx de France audict Ga-^ léras. Et comme il débattoit ces querelles, k cardinal de Sion avoit desjà gaigné les aultres capitaines ; et fist sonner Talarme, pour ce que le Jeune Adventureul et le comte de Sancerf e estoient venus fiEÛre l'escarmouche ; et fistsaiUîr lesdicts Suisses et tirer du chasteau quatre piè^ ces d'artillerie couleuvrines, et fist sonner le cornet de bceuf et celui d'Onderwalde , qtd s'appelle le cornet de vache ; et fist marcÛer les Suisses, luy estant en personne, droict au camp du roi. Quand ils feurent hors de la ville, Att)ert de la Pierre et les aultres capitaines des haults cantons fisrent arrester tous leurs gens, qui estoient bien en nombre de quatorze mille, et remontrèrent aux communes et m leurs compagncHis comment ils ne vouloient point faulser leur foy et serment, ni aler, contre l'honneur d'eidx et de leur nation, i riq>pétit du cardinal et du More. Et, potir vous le faire court, s'en retournèrent des haults cantons quatorse mlRe hommes, dent Albert de la Pierre estoit tmdes principaulx capîtaioes* et se retirant en lemr pays de Suisse; et le demeurant avecques le cardinal de Ston« qui estoient vingt-^atre mille, avecques quelques Mibnois de la partie du More et quelques gêna de cheval, environ cinq œns, commencèrent 4 marcher environ trois heures après disoer.

L'Adventureux les voyant UMircher, laissa quelques gens derrière pour les chevaucher ci veoir ce qu'ils feroient; et vînt devers le roy à Marignan, et le trouva en sa chambre, où il essayoitunhamois d'AUemaigne pour combattra k pied, lequel lui avoit faîet apporter son grand

MÉMOIRES DE FLEUR^NGE

escuyer Galéas ; et estoit ledict bamois merveiUeasemeat bien ùàcî et fort aisé, tellement qu'on ne l'eost scen blesser d'une esguille ou espingle. Et incontinent qu'il vist ledict Adventureux , lui saillit au col et lui demanda des nouvelles de Milan, car le roy Py avoit envoyé, et luy dit : « Gomment, vous êtes armé, et nous attendons aujourd'hui la paix ? » Sur • quoy l'Adventureux lui fisl réponse : « Sire, il n'est plus question de se mocquer ni attendre paix, et vous fault armer aussi bien comme moi et faictes sonner l'allarme. Aujourd'hui vous avez la bataille, ou je ne congnois pointa la nation à qui vous avez affaire. ** Ce faict, affin qu'on ne pensast point que ce feust mocquerie ledict Adventureux avoit avecques luy un trompette auquel il fist sonner l'allarme. Et quand le roy vist que c'estoit à bon escient, commença à s'armer, et print Barthélemi d'Aïvienne par la main, et luy dit : <« Seigneur Barthélemi, je vous prie d'aller en diligence faire marcher vostre armée, et venei le plus tost que vous pourrez, soit jour ou nuict, où je serai; car vous voyez quelle af&ire j'en ai. » Et alors se partist ledict sieur Barthélemi d'Alvienne en grand diligence et en poste pour fidre ce que le roy luy avoit commandé ; et aussi il en avoit le commandement de la seigneurie de Venise, avecques ce qu'il estoit bon François, et le faisoit de bon cueur. Cela faict, qui feust subit, le roy et tout son conseil envoya l'Adventureux et luy bailla la charge que debvoit avoir un des plus vieux 'mareschaulx de France, car il estoit encore bien jeune; et luy commanda qu'il regardast les ennemis, ce qu'ils faisoient et quel Ordre ils tenoient, et luy fist sçavoir afin que là selon il ordonnast la bataille. Et quand il vist qu'il auroit bataille , pria monsieur de Bayart, qui estoit gentil chevalier, qu'il le fist chevalier de sa main ; qui feust un grand honneur audict sieur de Bayart de faire un roi chevalier devant tant de chevaKers de l'ordre et de gens de bien qui estoient là. Laquelle chose faicte, l'Adventureux partist et rencontra monsieur de Bourbon et monsieur de la Palice, qui avoient desjà l'alarme]; lesquels luy baillèrent la mesme charge que le roy luy avoit baillée. Et print avecques luy vingt hommes d'armes et s'en alla au devant des Suisses lesquels il rencontra a deux milles près dn camp. Et estoit déjà assez tard ; et fei-

rent semblant les Suisses d'eulx vouloir loger, ce que manda ledict Adventureux au roy, mais, pour ce, qu'il ne laissast pas à mettre tousjours ses gens en ordre; ce que fist ledict seigneur roy ; aussi fist monsieur de Bourbon, qui menoit l'avant-garde. Cela faict, les Suisses marchèrent tousjours le grand pas, et ne se logèrent point. Et quand l'Adventureux vist ce, manda au roy et à monsieur de Bourbon que ce jour ils auroient la bataille, et que tout le monde se dé(ibérast de bien fi*apper. Et ne vous fouit oublier à dire que monsieur de Gueidres, trois jours devant la bataille, pensant que l'appointement se feroit, et aussi pour quelque affaire qu'il disott avoir en son pays, demanda congé au roy et se retira ; de quoi il fist merveilleusement mal, car plusieurs disoient que c'estoit peur des coups. Et en feurent fort marrys tous sesamis; . et aussi feust madame la mère du roy, car die lui eust bien vouUu de grands biens, pour ce qu'il estoit son parent bien proche. Et s'en alla ledict sieur de Gueidres en diligence, et baiUa charge générale à monsieur de Guise s<ni nq»veu, qui en fist merveilleusement bien son debvoir, et feust bien fort blessé à ceste affaire ; et certes c'est un honneste prince et gentil compagnon.

Or, pour retourner à nostre propos, ledict Adventureux avoit laissé soixante hommes d'armes de sa bande avecques les cent hommes d'armes de la bande de monsieur de Sedan, que menoit monsieur de Jamets, firère dudict Adventureux ; et leur avoit dit qu'ils ne bougeassent d'un lieu où il les avoit mis, qui estoit avecques monsieur de Bourbon. Et y estoit le sieur de Braine, beau-frère dudict Adventureux, lequel y estoit venu pour son plaisir; aussi y estoit monsieur de Rochefort, bailly de Dijon ; monsieur de Saussy , frère dudict Adventureux ; monsieur de Yandenesse , fi*ère de monsieur de la Palice, lesquels y estoient pareillement venus pour leur plais\r. Et ledict Adventureux au retournant, ayant les Suisses sur les bras et es:carmouchant contre eulx, trouva lesdictes bandes françoises arrière d'où il leur avoit ordonné, et en lieu fort mal advantaigeux pour eulx, et en fut bien fort marry ; mais puisqu'ils étoient venus jusques là, il en falloit fitire son mieux ; car lesdicts gens d'armes estoient mis de &çon qu'ils ne pouvoient dissimuler le combat et estoieqt les premiers combattans.

et si ne pouvoient aider à Tannée, ni l'armée à enlx. Et qaand TAdventnreux vist quMI n'y avoit antre remède, fist prendre à chacun son habilieinent de teste, et donner dedans ; et là feost Messe son cheval d'un coup de harquebutte , dont il mourut incontinent après. Et à ceste charge fist merveilleusement son debvoir le comte de Brayne ; aussi fist le bailly de Dijon et y feurent leurs deux chevauU blesses. Et aussi y fetroit merveilles le sieur de Jamets, monsieur de Saussy et nK>nsieurde Yandenesse, qui estoit gentil compagnon ; et y feust aussi blessé le vicomte d^Estoges d'un coup de harquebutte en la cuisse, et y demeura des gens d*armes, mais pas beaucoup. Et, sans point de faulte, le jeu estoit mal parti; car les François n'estoient que deux cens hommes d'armes contre bien quatorze mitte Suisses; car, comme je vous ai dit, le demeurant de leur armée ne les pouvoit aider. Et quand les lansquenets visrent l'Adventureux charger, il en passa le canal où ils estoient en bataille bien mille ou douze cens pour prendre les Suisses en flanc> et combattoient main à main. Quand les Suisses visrent qu'ils avoient repoussé l'Adventureux, lequel s'estoit retiré lui et ses gens en l'armée, vindrent donner sur lesdicts lansquenets, et renversèrent toute oe$te bande qui avoit passé le canal ; et sans point de faulte peu en eschappa. Or, avoient ks Suisses quatre pièces d'artillerie sur le grand diemin, qui feust arrestée à une maison ; car quand l'Adventureux vist ce, il fist boutter le feu dans ladicte maison ; et par ainsi, ladicte artillerie ne peust approcher plus près, par quoi eQe ne fist pas grand mal aux François : mats vous pouvez croire que l'artillerie du roy, qui étoît de soixante et quatorze grosses pièces, leur faisoit un merveilleux déplaisir. Cela faict, ksdicts Suisses bouttèrent oultre, et suivirent leur fortune, et vindrent combattre l'une des handes des lansquenets main à main ^ lesquelsdurërent bien peu, car les Suisses les renversèrent incontinent. Et feust là bien combattu et y feirent la gendarmerie merveilles ; aussi feirentlesadventuriersetLorgesaveceulx ; et tout pleÎQ d'aaltres gentils capitaines. Et feust tué à œste charge François monsieur de Bourbon, frère de monsieur de Bourbon, pour lors connesfabie de France, et monsieur de Humbercourt, qui estoit gentil capitaine , et le comte de Sancerre et toat pbdn de gais de bien. La nuict vint, et ks XYI" siicLB. Chron. et Mém.

Page 1