‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 18 sur 428 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

COBUDttit iiof geotiOioiniiie dt Boargoogoe, nommé mestlre Claude de Vauldray, viol à Lyon par le Touloir du roy de France faire liaicts d^armes tant achevai comme à pied , et pendit aes escus pour par ceulx qui y toucberoient estre par lui receus au coml>at; e( comment le bon cbeyalier , trois Jours après qu'U Ait mis hors de jNdge, touctia à tous les escus.

Quelque temps demeura le duc de Savoye à Lyon, où il fit fort bonne chère, tant avecques le roy que les princes et seigneurs de France. Si advisa qu'il estoit saison de retourner en ses pays, pourquoy il demanda congé, qui luy fut donné bien à regret; toutefois il n'est si bonne compaignie qu'il ne conviengne départir. Le

roy lui fist de beaulx et honorables présens, de libéralité estoit assez remply. Ainsi s'en tourna le bon duc Charles de Savoye en pays. Le roy de France alla visitant scmi royaulme ; et deux ou trois ans après se retrouva auditLyon, où il arriva ung gentilhomme de Bourgongne, qu'on nommoit messire Claude de Yauldray, appert homme d'armes, et qui désiroit à merveille de les sujvre. Si fist sopplier au roy que, pour garder d'oisiveté tous jeunes gentilshommes, luy voulsit permettre de dresser ung pas, tant achevai comme à pied, à course de lance et coups de hache \ ce qui luy fut accordé, car le bon roy ne demandoit, Kpns le service de Dieu dont il estoit assez soigneux» que joyeulx passe-temps. Si dressa son afiaire ycelluy messire Claude de Yauldray le mieux qu'il peust ;et fit pendre ses escus, où tous gentilshommes qui avoient désir d'eulx monstrer venoient toucher, et se foisoîent inscripre au roy d'armes qui en avoit la charge. Ung jour , passoit par devant les escus le bon chevalier, qui desjà, par le nom que le roy luy donna à Esnay, estoit de chascun appelé Picquet ; et dit en lui-même : « Hélas, mon Dieu ! si je sçavois comment me mettre en ordre, tant voulentiers je toucherois à ces escus pour scavoir et apprendre des armes !» Et sur cela s'arresta tout coy et demoura pensif. Avecques luy estoit un sien compaignon, de la nourriture du seigneur de Ligny, appelle Bellabre qui luy dit : « En quoy songez-vous, compaignon ^ vous me paroisscz tout estonné?— Sur ma foy ! responditil, mon amy, aussi suis-je ; et je vous en diray présentement la raison. Il a pieu à monseigneur me mettre hors de paige, et de sa grâce m'a accoustré et mis en ordre de gentilhomme. Vouloir me semond de toucher aux escus de messire Gaude, mais je ne sais, quant je l'auroye fiiit, qui me foumiroit après des hamois et des chevaux. » Alors respondit Bellabre, qui plus estoit âgé que luy et fort hardy gentilhomme (car d'une chose veulx avertir tous lysans ceste histoire, que de la nourriture de ce gentil seigneur de Ligny sont sortis cinquante gentilshommes, dont trente ont tous esté vaillans et vertueux cappitaines en leur vie) : «• Mon compaignon, mon amy, vous souciez-vous de oeiaîN'avez-vous pas vostre oncle, ce gros abbé d'Esnay? Je fais veu à Dieu que nous yrons à luy; et s'il ne veult fournir deniers, nous pren-

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