CHAPITRE VIL
comment Tabbé d^Esnay bailla oeot escus an bon eberaKer pour aToir deux dievaolx , et eacripvti uoe lettre ft ung roarcbant de Lyon pour lui déOvrer ce qui luy seroit nécessaire. ,
n y eut plusieurs propos entre l'abbé et les
CttRONÎQUE DE 64YART,
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éeax gentilshommef ; mais à la fin il les mena à soa logis , et fist ouvrir nne petite feoestre , où, d'une bourse qui dedans estoit, tira cent escus, lesquels il bailla à Bellabre, et lui dist : « Mon gentilhomme, velà cent escus que je vous baille pour achapter deux dievaulx à ce Taillant gendarme^ car il a encore la bart>e trop jeune pour manyer deniers. Jem*en vois eseri^ prexing mot à Laurenoin pour lui bailler des babillemens qui luy seront nécessaires. -" Cest très bien fait, monseigneur, dit Bellabre; et je vous asseure que, quant chacun le saura, vous n'y aurez sinon honneur. • Si fat demandé incontinent ancre et papier pour escripre à Laurencin, auquel il manda bailler à son nq>veu ce qui luy seroit nécessaire pour s'accoustrer à ce toumoy, ymaginant en soy-méme qu'il ne sçauroit avoir à besongner pour cent frimes de marchandises ; mais il alla bien autrement, comme vous varrez ey-après. Inoon* tinent queles gentilshommes eurent leur lettre, après avoir pris congé de l'abbé, et par k bon <Âievalier l'avoir très humblement remerdé de la courtoise qu'il lui ftûsoit, s'en retournèrent dedans leur petit bateau, poor revenir à Lyon, Ibrt joyeubL de ce qu'ils avoient ù làm besongné. SÎ CiMBmencea à parler BeUabre et à dire : « Sçavez-vous qu'S y a, eompaignon? Quant Dieu ^voye de bonnes fortunes aux gens, il les fauh bien et sagement conduyre. Ce qu'on desrobe à moynes est pain beneist. Noos avons une lettre à Laurencin pour prendre ce qu'il vous faudra. Allons vistement à son logis avant que vostre abbé ait penséà ce qu'il a fait ; car il n'a point limité en saificte \ttkrt jusques à combien d'argent il vous baille d'aeeoustremens. Par lafoy de mon corps! vousserei ae* ooustré pour le tournois, et pour d'icy à ung an ; car aussi bien n'en aurez-vous januôs autre chose. *> Le bon chevalier, qui ne demaindoit pas mieutx, se print à rire et luy dist : « Far ma foy ! mon eompaignon, la dbose va bien ainsi ; mais, je vous prie, hastens-nous, car j'ai grant paour que, s'il s'apperçott de ce qu'il a fait, incontinent n'envoyé ung de ses gens déclairer pour combien d'argent il entend qu'on me baille d'babillemens. » Très bonne &t leur conception, comme vous entendrez. Si firent diligenter la pontonnière qui les rendit jusques auprès des Changes, où ils se mirent à bort, et incontinent murchèrent droit au logis 1
de Lanrcnein, qui estdt en sapxmtique, lequel saluèrent ; et il, qui estoit fort honneste et bon mardiant, leur rendit le semblable. BeUabre oommenceala paroUeetdist: «Parmoname!
sire Laurendn, mon eompaignon el moy venons de venir ung honneste abbé ; c'est monseigneur d'Esnay. — Je vous promets, ^est mon-dit Laurencin ; c'est un grant honmie de bien , et me timit du nombre de ses bons serviteurs. J'ai eu en ma vie affaire à luy de vingt mille francs, mais jamais ne trouvay ung plus rond homme. «— Mais ne savez-vous l'honne»teté qu'il afiûcte à son nqiveu, mon eompaignon que vecy, dit BeUabre? H a sceu qu^il avoit touché aux escus de messire Claude de Yaukfray, et qu'il se vouloit eqnrouver, ponr honneur acquérir, comme ont fait ses ancestres, et sçaehant que nous couchions ensemble, tous deux nous a envoyés quérir ce matin, et après nous avoir fût très bien deqeuner, a donné trois cens beaux escus à son nep veu pour avoir des chevaulx, et d'avantage pour s'aecoustrer, de sorte qu'il n*y ait homme en la Gonqpaignie mieulx en ordre que luy, et ncms a baillé une lettre à vous adressant, pour hà bailler ce qui luy sera néoessaire. » Si luy menstra la lettre : il congnent incontmait le seing de monseigneur Tabbé. • Je vons assure, messeigneurs, dit Laurencin, ^'iln'y a rien céans qui ne soit à vostre commandement et de BMnseigneur qui m'escrtpt. Regardez senlemcst ce qu'il vous fault. • ^ flrcat incontinent desployer <kaps d'or, d'argent, satins brochés, veloux et autres soyes, dont ik prindrent pour le b<m chevalier jusques à la valeur de sept ou huyl cens francs. Piris prindrent congiè de loy pour s'en aller à lev logis, et incontinent envoyèrent quéHr taillemrs pour faire leur cas. Mais retournons ung petit à f abbé, ^ fait bien ayse quant il se veftdâ^arrassé^son nepvcn^ Si commanda qu'on apfyortest à disner ou il eut de la compagnie; et en^re autre» propos commencée ii dire tout hauk : • J'ay eu une terrible estrayné a ce matin : ce garson mon nepveu deBayart a esté si fol que d^aller toucher aux escus de messire Claude; et pours'aeceitftrer est vmor à ce sntin demander de Fargent : j'en aï esté pour eent escus. Et eneere n'est-ce pas tout ; car f ay escript à LaiHWCÛi luy bamôr ce qu'il biy demandera peur s'iMCOustrer sur le harnms. » A quoy respondit fe se^
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