‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 229 sur 428 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Ayant exécuté ce qa^ih avoient en^reprins , le seigneur de Piennes fut d'advis de se retirer; maiâ quelques jeunes hommes eurent envie d'al- Jer recognoistre le camp de Tennemy ; autres , pour k grande chaleur qu'il faisoit (car c'estoit h ny aoust) , se voulurent refreschir , ostans leurs bâbiUemens de teste, montans sur leurs bqnenées et bu vans à la bouteille, n'ayans esgard à ce que pou voit faire Tennemy , et monstnnspeo d'obéissance à leur chef. MaiscependiDl qn'ib s'amusoient à leur plaisir, Tennemy ne dormit pas , car il feit partir de son camp quatre ou cinq mille chevaux, et le nombre de dix à douze mille hommes de pied , tant lansqnoiets qu'anglois , et sept ou huict pièces d'artillerie de campagne, lesquels passans la ri- Yière du Lis près de Dellette, vindrent attendre nos gens au passage de la rivière qui passe à BQc\ûn; anquel lieu trou vans nostre cavalerie en désordre , devant qu'ils eussent loisir de monter sur leurs grands chevaux et prendre leurs babiilemens de teste, furent mis en tel délordre qu'il se trouva peu des nostres qui eussent le moyen de combattre ; et par ce que les eq)erDnsservirent plus que l'espée, fut nommée la journée des Espérons. En ladite roupte furent pris le duc Louis de Longueville , le seigneur de la Palice (mais ils furent rescous), le capitaine Bayart, le seigneur de Clermont d'Anjou lieutenant de monsieur d' Angoulesme, le seigneur de Bussy d' Amboise , et plusieurs autres, tant capitaines que soldats.

Le roy, estant à Paris, eut nouvelles de ladite roupte; et, parce qu'il estoit fort tourmenté dn gouttes, se feit porter en une littière iniques à Amiens, et envoya monsieur d'An- S^dome, qui depuis a esté roy, son lieuteï^MA pnéral en Picardie, trouver le camp à ^l'ûgyi parce qu'il fut bien adverty que ladite d^icte estoît advenue pour les partialités qui ^fiokùt entre les che& de son armée, luy c^NiunaDdant expressément de ne rien faire sans Tadvis des vieils capitaines. Lequel prenant Tannée en main , délogeant de Blangy , alla 'oger à Ancre, de là la rivière de Somme, qui M Geu propre pour &ire teste à l'ennemyt <Nque part qu'il vueille marcher, car c'est au •8ieu de la frontière. Puis, le roy se voyant •^d'espérance de pouvoir assembler son ar- ®« à temps pour secourir Thérouenne ( car desjà vivres deBailbient), feit entendre aux

XVr S1KCI.B, Qiron. el ipém.

assiégés qu'ils trouvassent moyen de faire composition honorable : ce qu'ils feircnt; car après avoir tenu neuf sepmaines, et estans en extrémité de vivres, sortirent leurs bagues sauves, enseignes desployées, armet en teste, et la lance sur la cuisse ; et les gens de pied marchans en bataille, enseignes desployées, et tabourin sonnant, et les habitans de la ville leurs bagues sauves. Ayant ledit roy d'Angleterre la ville de Thérouenne entre ses mains, à la suscitation des Flamans, la feit démolir, remplir les fossés, et brusier toutes les maisons, hormis Féglise et es maisons des chanoines.

Au mesme temps, que ces choses se faisoient à Thérouenne, estant, comme j'a yprédit, le seigneur de la Trimouille retiré d'Italie, il fut suivy par quatorze ou quinze mille Suisses incités par le pape Jules et l'enipereur Maximilian, accompagnés de la gendarmerie de la Franche-Comté, et de quelques chevaux allemans conduits par Ulrich, duc de Wittemberg; lesquels le vindrent assiéger dedans Dijon, principale ville de Bourgongne,qui n' estoit remparée ny fortifiée en sorte du monde : mais la vertu des hofnmes servit de muraille. Lesdits Suisses ayans esté cinq pu si% sepmaines audit siège, et le seigneur de la Trin^ouille se voyant hors d'espérance de secours, pour estre l'empereur et le roy d'Angleterre en Picardie, estant aussi la guerre en Guienne, du costé de Fontarabie et de Navarre, chercha moyen de . les pouvoir renvoyer; et enfin tant pratiqua envers eux qu'en leur promettant quatre cens mille escus qu'ils disoient leur estre deus pour les services qu'ils, avoient faicts au roy aux guerres précédentes en Italie, les renvoya en leur pays, leur fournissant vingt mille escus comptant ; et pour le reste de ladite somme leur bailla pour hostages le seigneur de Mézières son nepveu, le bailiif de Dijon, nommé de Rochefort, et quatre bourgeois de ladite ville : et par ce moyen furent apaisés lesdits Suisses, et se retirèrent en leur pays, et ceux de Bourgongne demeurèrent en leur liberté. Vray est qu'il y avoit des conditions audit traitté qui n'estoient honnorables pour un tel prince que le roy ; mais la nécessité n'a point de loy pour sauver une province : aussi, le roy les ayant entendues, ne voulut ratifier lesdites conditions, mais les réprouva comme indignes de Sa

Le roy d'Angleterre ayant fatet raaer T%érouenne, eonraie cy-ëcvant eirt dît, et ▼oyant l'armée du roy se préparer, et desjà la saison eittjre tardifve, délibéra de laisser la Picardie; et, à Tinstigation de Maximîtian, prmt le chemin de Tournay, ville de toute ancienneté de Tobéissance du roy. Mais peur l'heure estoit sans garnison, et n'y avoit autres gens pour ht garde, sinon les eitadms, parce que jamais le roy n^ eust présumé que TAnglois eost laissé son entreprise de Picardie pour aller attaquer «ne place, laquelle ayant prtnse, luy eslolt de peu de commodité pour estre enclavée dedans tous les Pays-Bas,, ayant d'un costé Hénauk et d*autre le comté de Flandres, et lomg de la mer : toutesfoys, à la persuasion du^ esleii empereur, il y alla. Et &oh entendre qae Tar» mée dudit Maximilian estoit sovidoyée aux despens dn roy d'Angleterre, et mesmes le<Mt esleu empereur avoH oent escm par jo«ir peor son plat : et pour ledit voyage print sen eherabi par risle en Flandres, qui est à cinq lieees-dodit Tournay . Arrivée que fot ceste grosse amée devant Tournay et les haMans se voyons sânsi chef et hors d'espérance de secours, parce qoe fe roy n'y pouvoit aller sans passer te ceoiilé de Hénauit et àm% ou trois grosses rtvièrea, et entre autres celle de TEscault et eeHe de Oaiflee, après avoir enduré quelque batterie, se renA-* rent au roy d'Angleterre, lequel, après y avoir &it faire une citadelle, et laissé bonne prorlsion de munitions et d'hommes pour la garde d'ioelle, et se voyant l'hyver à dos, se retira en Angle* terre, ayant aussi eu une très grvKle vlclem contre Jacques, le quart roy d'Escessev lequel estoit mort en la bataille, estant le due de NMh fi>lc, de la maison de Hovapt, Ke^tenant généi>al de l'armée d'Angleterre.

(1514) Environ Noël subséquent M|d44 m 1513 mourut k Bfoys la royAeAme de Bretalgne, femme du roy Louis, laissant du ruy et d'elle deux fllfes, l'aisnée nommée madame Claude, la puisnée madone Renée, fistantdone^ ques le roy en viduité, le duc Louia de H/m^ gueville, qui estoit prisonnier en Angleterre, ineist en avant le mariage dudit roy Louis et de madame Marie, sœur du roy Henry d'Angle^ terre, huictiesme de ce nom, aflnque parce moyen on feist une bonne paix entr'eux et leurs royaumes , chose qui se paracheva ainsi qu'il

poinetement aftn qu'tf peust dresser k» Ètmk pour la reconqueste du duché de Miiaa, aog estre empesché du roy d'Angleterre.

Au meii de may enauivant 1514, Fnnooii,. due de Valois et comte d' Angoidesme, ap|ianat héritier de la couronne de Frsnce, eipoDtti 8amet-€emHiin-eBTLaye madame Claude, flli alsnée du roy, duchesse de Bretaigne par ii suecessien de la royne Ame w^ aière; lequel mariage ne s'esloit seeu ftdre du vîtuMdehdicte royne Anne, parce qu'eHeaspiroilphh test au mariage de Charles d'Autfiehe, po* ceste heure empereur, dont a^Milt esté pi»* parlé longtemps avant ipt^k celuy dédit doe d*Angoul€sme ; et, <Kooit-oo que l'oecam që à ce la meuvoH esloit pour la haine qv'db porteit à madame Louieé de Savoye, naèreAi* dit due d^Angeuiesme. Et aussi, ^peiqieteiBfs devant, estant le rey fort malade à Bbys, h* dhe reyne, cra^aiit san 4éeèe, aveitiMldu^ ger sur la rivière de Loire ses «eublstpliip»* deux peur porter k son ckasieau et Kai^ lesqueli fcrent arvesléa prêt es SauBwpsrto mareodial de Gyé, de«t eHe prliÉ teiklwi eontre hiy qo^elie le Mat cibaaser hais di h ceur.

Cnviruu le coBMaeaeeuMuU d'^tobrs «mivaal, fou le Iraitliéde naairlage, jà toiaiaiari par k duede Loague^afe, coadu cMlra knf el madamelHarîed'Aflagteanre, pw lequel, cdér autres anieles, le F07 d'Angli^lerPi iusisb lyrt à ce que le duo deSuffole, quî estent au servi» du roy, luy ihalms entre les maà»,^ ainsi (pe

le roy dum fbillppe aToit rendu son Ipè^e aisat? ehese que jamais k roy ue vouhit aeotxdei^ Men Alt eoutent d&ae te tenip eftisu sopMM et le fieiil petîreriMels, auquel huurpeurssnsM ky donna six mîtta livres de peusieaparaa*

Encoresqpecene'SQil lanMitièreque j*sr^ Méré4eti'ai«ler des afEidva8d'AAglitin%a]«>t eiitreprmB seulemeiit de déduire en ces UèÊtÊh res ce qui est acKenu en ues^ge luf^aa te aux guerrus^'aveaaeute éebor», sin^^ 9^ m*a sembM bo» de «le iDcUniÉeaMDl etm brieC qui esCoi» Icdadoc deSuflbkt et lacwsa pour laquelle tt estoil fagUiC (f Anghtcne, el venu au service de^MstrU'myv L^vof dfAof^ teere^ et Edouard le qiMtt (duquel mcsrire Philippcs de Commines feîet mentioB en ses mémoires, qui descendit en Picardie du temps

sera dit cy-après. £t désiroit le roy le(Mt ap- I du roy Louis unzîèsuiedece nom, et qui traiiu

axte ledit roy LooU à Pkjai^sy ) a^roU deiu

frères Fun ooauoé Geoi^gegt iluc 4ie Claraace ;

riolff, Ricbacd, (faïc ck CUuce^tBC. Qr eai^U

fi'il tôt opbiioo de ¥coir loa prophéties da

MerilD, pour savoir ce qu'il devoit advenir &

fiip0stiriti;4ui eal ime rapecstitioa laquelle

ri^ en Angleterre dès le temps du rt^y Arthos..

Topmlifidites prophéUeft, par rinterprélatîaoi

qpihxf en fui Cpâete (car ce sQ«t comoie lee

oradesd'ApoUo, où il y a tousjours double ii^

killgeace), fut treové que Vua de aei^ feères,

du^ie nom se coowaeaceroit par un &, oe-

tcmit k cQoroiuae bors deamaios de seteafanst.

Of est-il qu'il nvoit deux ûla et deux fiUes : le

dœ de Clait uee, couDoe j'ay dit« se nûauDoit

Georges» paxqpoy il eut opinion <{ae de luypar^

loil la|eopbétie ; icestc oiccasioft le feiâ prei^

dre^et, nos forme de justice, le &it mourir eu

naepiipe de HaWoisie^ se persuadant qiœpaff

sa oMit h i^copbétie ne sortiront soa effecti

a't]faat ei§ard que soa autre firère e&toit due

de Giaoeestre, dkoquel la première lettre du nom

de len duché cottivtfacoit paJT Gc

Dvfitdsusde Claraace demeura une fille, la^

fodlefiitmariée-àua gearilhomacie du paysi,

vmaà toh ea seia s«nu>m, dont descendit le

mfflflrdUonUga^ lequel feu ray Henry huie-

tîesoK Idt décapiter ; aussi en sortit Regnauid

Pôle» lequeJU estant {ugitiC i Rome pour éviter

Ufcneur du roy, a. esté |uct caiidmaU et de

t^sk heure vit eneores ;, et U0 autre frère,

nomaé Geoftroy PoIe^Lesoy Edouard cy-desT

SQs ttoounét penseot^ par isi mort de soa feèce

le doc de Clarance , avoir eiipié la pvophétiede

Meiiio, venant à la fin de ses jours, laissa ses

tnjfensminpursi en la garde de soa frère I&duc

de Cla^icestre ; lequel par ambiiioa de. régner

^^iSile décès du roy soa frère, feit mourir I«8

d«afi|s4edaas la tour de Londres, dosgoantà

entodce sjdi peuple qu'ils estoient mortspar acr

«ideott s'estent précipités'du. bault du ponf^le-

V>si entre dedans- la tour ; les deux fiile&u^

a refigion» les déclarant baetardes, disant que

.W rojne leur mère estoit manéeà un gentiir

kmtm da pays; et pjajr ce moyen» ay:ant les tox^

«I en nuiia, se feitcouroaner roy d'Angleterre.

Eomt couronné^ loua ceux qyi.'il sentit qjoi e»

ivoient mormaré les &it mourir de diverses

Qprts. Lecomte de Richemoat» nommé Henry,

qui avoit grand ceédit au pays, craignant ht

breur duroy» Rembarqua prat se sauver ea

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