‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 231 sur 428 · LIVRE L · texte numérisé non relu

LIVRE L

tournant de Naples, le mist en liberté. Quand il vint à la couronne, ceux qui l'avoient suivy en son adversité luy voulurent persuader de se venger de ceux qui, du vivant dudit roy Charles, luy avoient faict la guerre au nom du roy; mesmes de messire Louis de la Trimouiile, qui le deffeit et print prisonnier à Sainct-Aulbin, estant lieutenant du roy. Il feit response que ce n'estoit à un roy de France de venger le» injures faictes à un duc d'Orléans, et que s'ils avoient servy le roy contre luy, ils feroient le semblable pour luy estant roy.

Àdvénetfnefit du roy François à la couronne.

(1515) A ce bon roy, lequel fut appelle père du peuple, succéda François, duc de Valois et comte d'Angoulesme, lequel, ayant receu telle succession, voulut user du conseil des princes de son sang et autres serviteurs du feu roy, et n'en désapointa un seul, mais les maintint en leurs estats : et pour cest effect les manda venir devers luy, et par leur opinion fut conclu qu'il partiroit pour aller à Reims se faire sacrer: ce qu'il feit; et fut sacré environ le vingtcinquiesme dudit mois de janvier 1514. Puis estant de retour à Paris, ayant fait son entrée et le toumoy en la rue de Sainct- Antoine, ainsi qu'ont accoustumé faire les autres roys, auquel toumoy menoient les tenans le ducd'Alançon, le duc de Bourbon et le comte de Yendosme, Il voulut mettre ordre aux estats et affiiires de son royaume. Premièrement, feit Antoine du Prat, pour lors premier président en la cour de parlement de Paris, son chancelier, par ce que au décès du roy Louis il n'y avoit qu'un garde des seaulx, nommé maistre Estienne Poncher, évesque de Paris, et depuis archevesque de Sens. Puis après feitjleduc de Bourbon sonconnestable, le comte de Vendosme gouvemeurde l'isle de France, monsieur de Lautrec gouverneur de Guienne; le seigneur de la Palice, qui estoitgrand-maistre,lefeit mareschalde France; et monsieur de Boisy, qui avoit esté son gouverneur en sa jeunesse, le feit grand-maistre, luy baillant la principale supérintendancc des affaires ; et avecques luy Fleurimond Robertet, principal secrétaire. Et avoit ledit seigneur roy des jeunes hommes fort ses fevoris, à sçavôir Anne, seigneur de Montmorency, et Philippe Chabot, seigneur de Brion, qui depuis ont eu grand crédit en ce royaume.

MÉMOIRES tm D€ BELLAY,

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Pendant ces dwses, le foy » dâûrant faire le voyage ^u'avoit eolrefNTis le fea roy de U coi> fneste du duché de Milan, délibéra de renou-* vêler lea alliances qu'il avoit aux prinees et p^ teolala ses voisias. Et premièfeiaeiit renoavdA la paix Aûeteienire le feu ray et le r^y d'Ai^ glelenre, nayennant UqueUe luy renvoya ma-* dame Marie, vefire du feu roy Low, avecques «n douaire de soixante miUe eseus tous lesana; kipieUe Marie le roy d'Aogklerfe donna en mariage au duc <fe Snffric, pour Pamitlé qu'il luy portoit. Or avoit ledit roy Lmhs» par ae* cord faict avecques les Vénitiens, renvoyé messire Barthélémy d*Alvienne, leur général, pris à la batailk de Pandin, et messire André Grtty , leur pcovidadour, pris à Bresce» avecques certaines conditiona^ lesquelles le roy confirma. Et furent les coadition& telles : les Vénitiens estoieol tenus de secourir le roy à la conqueste et conservation de son duché de Milan, et aussi le roy les devait secourir et assister à cour quérir les terres que Pempereur Maximilian leur usurpoit, comme Bresce, Véronne, et autres pl&ees..

Durant que ces chasse» se traitoienl, vint à Paris devers le roy le comie de Nansan, amr bassadeur de k part de Charles d'Autriche, pour luy £aire fioy et hommage des comtés de Flandres et Artois» et autres terres, tenues de la couronne de France ; ce qu'il feit^ Et (piani et quant, pour jAus grande seureté d'amitié en-* tre les deux princes., fiit pourparlé du mariage dudit Chju*les d'Autriche avecques madame fiiénée, fiUe du feu roy Louis, et smurdelaroyne; et pour la conclusion cest eifect fut envoyé monseigneur de Vendosme ambassadeur de^ vers ledit prince Charles d'Autriche» accompar gné de maistre Eslienae Poncher, évesque de Sens, du seigneur Jenlis, et du seigneur De&- Chenay. Lequel comte de Vendosme, prenant son chemin par le pays de Hénault» tsaversant le pays de foeban, arriva environ la Sainiet- Jean, qui estoit l'an 1515, à La Haye en Hollande, où il trouva ledit prince, auquel lieu £at cionchiie mariage; etoutre, pour ce que le prince tenoijl le comte de^iansau fort son. familier, ta% aussi, conclu lemariage dudit comte de Nansau avecques la sœur duprinced'Orenge, laquelle estoit àla cour deFrance.Et vint lecomtede Nan^ sauaccon^^agnermonsieurde Vendosme, depuis La Haye en Hollande jusques à La Fène sur

Oise; auquel lieu fut «me»ée kditte prineesie d'Orenge par le seigneur de Givery et madame de MaiUy de Picardie, etlàfut consomné b Hiariage.

Pour vous dire ce que j'apris m ee veyige que feit monseigneur de Voidosme, et de lab* 90& dont estoit instruU ledk |Mrince d'Espai^^ le seigneur Chièvres, que je vous ay dit ey-devaut avoir esté par le ray Louia ordonné goi* vemeur dudit prince approuvé pai ks bonatt villes de Flandres^ le nourrbsoit alors, eocem qu'il n^eust attaint le quiaaûesme » de ion ^;en telle sorte que tous les paequetsfiiv»noient de toutes provinces luy estoi«(kt préseités, encores qu'il fust la ouîct -, lesquels iprit avoir veus, les rapportoit luy mesaes «1 m conseil, où toutes chose» estoient délibéré» en sa présence. Et un jour estant le seigasuf de Jenlis demouré ambassadeur prèa la pesoeas dudit prince de par le roy»etmoi deniovépat eommandement de mondit siemr de VeadooM avec ledit sieur de Jenlis, In seigneur dsCUë* vres donooit à souper audit de Jenlis^ s% e6tans entrés en propos^ monsieur de Jeafo dit audit de Chièvre» qu'il estoit esionné defw; il donnoit tant de travail à Fespdtde ee jeoM prince, veu qu'il avoit le uM^yenide l'en sodager. Le seigneur de Chièvres hiy respoadit; <i Mon cousin, je suia tuteur et curateur de n jeunesse; je vueiU quand je mourray, qu'ild^ moure en liberté ; car s'U n'entendoit ses sJEures> il fisLudroit après mon décès qu'il eust m autre curateur, pour n'avoir entendu ses affaires et n'avoir esté nourry au travail se reposant tousjours sur aulimy. »

Alors que ces chosea se £siisoient , le^ rey as^ toit à Amboise, cpil iaisoit en toute diligo^ marcher son armée à Lioa, auqnellieu à0lM ilse tnouvA environ la fia de juillet, ^ bost dit sieur de Vendosme le vint trouver pourloj faire rapport de sa négotiation. Aussi le ^ Ferrandd'Arragon traitta avecques le «î^^^**" gnant que les forces^ q^oe le roy prépareit|Our Italie ne tournassent sur buy, pour mcawf^ le royaume de Navarre par luy nouvellenwût usurpé. Estant le roy à Lion , ordonna de la forme que marcheroit son armée: : à moDseêgneurdeBourbonbatUason avanf^gaideàineiieri et avecques luy François monsieur deBonrboa son frère, nouvellement duc de ChasteHerault; le mareschal de Chabannes ;, le grincerde XAlto-

[im] LIVR

neot, fib de measire Leois de fe Trtaiavfle ; It wffÊKst Jean-Jaoques Trévoolse, maresch»! de F^nace, fe seigneur de Bonnivet, le seigneur (Tlaberooart, le seigneur de Telligny , seneschal deteergues ; le baron de Beard, le comte de Siaxem» ^ phisteurs autres capitaines de gens* (Tinnes. Quant aux gens de pied, y restoit le le^Mor Petre de Navarre, que le Roy avoit mil ea I^rté, ayant esté pris prisonnier à la bateilede Ravennea, estant général de rin&ntcrie e^agnoUe ; et le délivra le roy sans ran* çoii, loy baittant charge de six mille Gascons. Outre, le roy y ordonna quatre mille François, soohf la charge de huict capitaines ayant cba* cvadoq cents hommes : c'est à scavoir le m^ gDcor de Lo^es, Pirault de Maugeron , Richebonrg , Lorteil , le pe(lt Laine , Onatilleu , Hercaks de Ihmplûné , et le capitaine CornnarfW) sfec le nombre de huict k neuf mille binyienct». Le roy si^aoU la bataille, accom* ftgûé àa duc de Lorraine, du duc de YendooM, do comte de Sainet-Pd, du seigneur (f Qmi, de mcesire Louis, seigneur de la trii»Biie, Al duo d'Albanie, du bastard de Samje, de messire Odet de Foix, seigneur de LaÎMrec, du o^itaine Rayart, auquel le roy fist . eot homieur de vouloir reeevdr de sa main Foidrede chevalerie le joor de la bataiHe, et de piusiaus antres caf^tatnes de gendarmerie : et Qhirin, due de Gueldres, capitaine général de tM ks kmscpieiiets, et le comte de Guise, son M|^nt, et frère de monseigneur de Lorraine, dmint estre à pied avecques ledH due de €adirt8 son onde. L'arrière*garde fol baillée à ■QDseigoeur d* Akncon, avecques bon nombre de undaraierie et geus de pied.

à rbewe que k roy arriva à OrefioMe, estoit

<Wyti— eigaeor de Bourbon entré dedans les

^fltsntitffiiii le chemin d'Ambrun : {Mir quoy ,

V^ ftt'fl eut laissé Padministration et go«K

yonemat de son royaume à madame Louise

de Siwye sa mère, il suivit moncât seigneur de

^barboD josques à Ambran, où, arrivé qu'il

te) Mt advertissement comme Prospère €o-

koie, grand capitaine romain, qui estoit venu

«▼coques qaiùi/t cens chevams onvoyéa par le

Pift lion att secours des.Stiisses, estoit logé au

fM (tes montagnes dedans Je Piedmont, ne se '

doibtant de rien, perce que les Suisses tenoient

louB les destroits et passages des montagnes.

Mais U fut rapporté, par quelquesbonnes guides

qui CE^enC à teèssh^ Chatfes éé Sotiers^ sen gneur de Morette, qu'il y avoit un passage près de Rocque-Esperviere , auquel les Suisses ne faisoient point de garde, parce qaî'otk n'y avoit jamais veu passer gens de cheval , et que par là on pourroit surprendre ledit Prospère Colonne. Ledit rapport faict , le roy dépescha le maresohal de Chabannes, le seigneur dlmbercourt, le seigneur d'Aubigny, le seigneur de Bayart^ le seigneur de Bussy d'Amboise, et le seigneur de Montmorency, pour lors lieutenant de la compagnie du grarid-maistre de Bolsy, peut exécuter ladite oitrqHinse sous la conduite du-** dit seigneur de Morette et de ses guides. Ledit seigneur de Morette mettoit en avant que, au cas qu'ils faillissent à leur entreprinse, ils avotent moyen d'eux retirer à Fossan ou à SflH villan, attendans que nostre armée passeroit.

Estans nos gens descendus à la plainte sans allarme, forent advertis que kdit Prospère et sa cavalerie estoient à Vilteneufve de Soliers, par quoy prindrent ledit chemin. Auquel heu arrivés, trouvèrent qu'ils estoient allés à YiHe' franche, qui est une petite ville assise sur il Pau, à deux milles de là: mais il esloit jour, et Mtoit passer la rivière du Pau, et n'y a voit pont près de là qu'audit tieu de yiUefrandM. Sur ces difficultés, un guide se feit f&n de les faire passer à gué un mille au-dessoid» de Viltefranche ; ce qu'il feit. Le seigneur <f Imber-^ court, qui avoit charge des coureurs, arriva à la perte de YiHefranche sur l'heure du disner. Q«elques-mns estans dedansk viHe, veyans ap» procher lesdits gens de cheval, coururent former les portes ; mais deux hommes d'anms dudit d'Imbercourt, l'on nommé Beanvais le brave, normant, et l'autre Hallancourt, picard, dioiinèrentconU*e la porte à bride abbatoe, de cul et de teste ; de sorte que iccluy HaMancour^ du ehoq de son cheval , tomba dedai» tes tossési Si esi-te qu'il eri)ranla ceux qui veuloient fer^ mer la porte, tellement que Beauvais eu! loysir de jetter sa lance dedans la porte, et empesdu qu'elle ne peust soedarin estre fermée, cat ii^ continent arriva le seigneur dfimbercourt, le» quel, mettant pied à terre, força la porte. Peur dant ee temps arriva le mareschal de Chabannes et tout le reste, qui entrèrent tous à cheval dedans la ville, où feu surpris ledit Pros^ père Colonne estant à table; lequel, pour sauver sa vie, bailla sa foy audit seigneur d'Au-

bigny. Finablement, ils forent tous pris en disnant,et8e trouvèrent des chevaulx du royaume de Naples gaignés de mille à douze cens. Ce faict, nos gens, craignans les Suisses qui estoient à Cosny, avec leurs prisonniers et chevaux se retirèrent à Fossan, attendans le passage de nostre armée.

Les Suisses, advertis que les François estoient passés en la plaine et leur cavalerie deffaicte, et que le roy avoit desjà gaigné le hault de la montagne au-dessus de Sainct-Pol, par un lieu où jamais armée n'avoit passé, abandonnèrent Cosny et tous les passages pour se retirer vers Milan, se venant joindre avecqueseux le cardinal de Sion, qui estoit à Pignerol avec une partie des forces, estant en ladite armée légat du pape, et député de Maximilian, esleu empereur. Par quoy le roy sans empeschement paracheva son passage, et vint loger audit lieu de Cosny, dont les Suisses estoient deslogés le jour précédant. Pendant ce temps, messire Emar de Prie, envoyé du roy par autre costé, avec Tayde des Gennois print la ville d'Alexandrie, et la mist en Tobéissance du roy, par le moyen d'aucuns delà part guelfe qui estoient de • dans. Leroy, voyant toutes choses prospérer en son entreprinse, marchade Cosny droit à Carmagnolle, de Carmagnolle à Montcallier, auquel lieu il passa lePau,oùvintaudevantde luy leduc de Savoye son oncle, frère de madame Louise deSavoye sa mère, qui estoit demeurée régente en France ; lequel le conduisit à Thurin, où il fut receu en grande magniOcence. Puis, sans faire séjour, marcha droit à Chivas, dont les Suisses ne faisoient que dedesioger, ayans saccagé la ville et bruslé le chasteau; et de là à Yercel, qui estoit le chemin queprenoient les Suisses pour leur retraitte, ne leur donnant le loisir de reprendre leurs esprits, jusques à ce qu'il les eust remis dedans la ville de Milan. Le roy, partant de Vercel, s'en alla à Novare, dont luy furent présentées les clefs et Tobéissance ; et d'icelle fut fait gouverneur le mareschal de Chabaones. Auquel lieu arrivèrc^nt les bandes noires, qui estoient six raille Allemans nourris et aguerris ensemble depuis vingt ans, que le duc de Gueidres avoitamenés au service du roy : de quoy avoit la charge soubs ledit duc le seigneur de Tavannes,son lieutenant. Ayant doncques le roy recueilly toutes ses forces ensemble, print le chemin deMarignan.

Durant ce temps, par le moyen du duc de Savoye et du bastard de Savoie, sebrassoiton appointement entre le roy et lesdits Suisses, lequel fut tellement démené qu'il fut conclu. Et estoit tel : que le roy leur foumissoit comptant une somme de deniers qu'ik disoient leur estre deus, tant par le feu roy que ses prédécesseurs, pour les services qu'ils leur avoient bicts, et mesme par le traitté de Dijon faict par le seigneur de la Trimouille; moyennant lesqods deniers ils remetteroient entre les mains du roy le duché de Milan : et le roy donnoit soixante mille ducats de pension à Maximilian Sforce, pour lors usurpateur dudit duché. Et pour trouver lesdits deniers, fut prise toute la vaisselle, tant des princes que des gentilshommes particuliers, avec tout l'argent qu'ik pouvoient avoir, leur laissant seulement de quoy faire leur despence de huict jours. Le duc de Gueidres voyant la paix conclue, et ayant nouvelles que les Brabançons estoient entrés en ses pays, p^^ nant congé du roy laissa sa charge au comte de Guise son nepveu, et print la poste pour aller secourir ses subjets ; mais, arrivéà LioD,estant adverty que la bataille se donnoit, en priât tel ennuy, qu'il en tomba en fièvre continue, dont il fut en danger de mort. Estant ledit traitté conclu et les deniers mis ensemble, furent ordonnés le seigneur de Lautrec et le bastard de Savoye, avec quatre cens hommes d'armes, pour porter lesdits deniers à Bufferolle, auquel lieu se dévoient trouver les députés de par les ligues pour recevoir lesdits deniers. Et le roy, pensant que, suivant le traitté, luy deust estre livrée la ville et le chasteau de Milan, marcha jusques après de Saincte-Brigide, sur la grande estrade milanoise, auquel lieu il se logea, espérant le lendemain aller loger à deux milles près de Milan. Or estoit l'armée du pape conduitte par le magnifique Laurens de Médicis, nepveu dudit pape, à Plaisance; et l'arméedu royfûpagne conduitte par dom Raimon de Cudootf qui est celuy qui estoit chef de l'année cspagnolle à la journée de Ravennes, près dudit lieu de Plaisance, sur la rivière du Pau : lesquels, encores qu'ils fussent fort sollicités, tant du duc Maximilian que du cardinal de Sion, de se venir joindre avec les Suisses, n'y voulurent jamais consentir, pour deux occasions: Tune, que Tun ne se fioit de l'autre, car le seigneur ■ Laurens craignoit que dom Raimon, attendu

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