‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 233 sur 428 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

place encores qne fempereur Maximîliàn leur promist les secourir. Mais enfin, après plusieurs pariemens entre eux et monsieur de Bourbon, par le commandement du roy, ks traitlés se portfreut de sorte que les Suisses s'en iroient en Jear pays, leurs bagues sauves, et le duc tfaximilian remettroit entre les mains du roy fcdit chasteau avecqueâ celuy de Crémone et todtes les autres places qu'il tenoit, luy cédant te droict par luy prétendu audit duché, et qu'il ^en iroîl en France ; et le roy luy feroit, sa vie durant, soixante mille ducats de pension, et feroUsa demeure au royaume de France, au ïeu qui luy seroît le plus agréable. Toutes les clioâÈS susdites furent parachevées ; et fut envoyé ledit Maximilian en France; et pour l'accompagner luy furent baillés le seigneur de Mau\(on, trere du feeigneur de la Trimouille, Tescuyer Francisque, comte de Pontrème, et plusieurs autres gentilshommes.

Ce fait, le roy feit son entrée en armes à Milan, ayant en sa compagnie les princes de son sang, tels que monseigneur le duc d'Alançon, lé doc Charles de Bourbon, connestable de France, Charles de Bourbon, comte de Yendosme, François de Bourbon, comte de Sainct- Pol, le duc de Lorraine , et Claude de Lornîoe, comte de Guise, et toute la noblesse qu'il avoil amenée de France ( hormis ceux qui esteient demourés à la bataille), et dix-huict cens bommesd'armes, et sa maison, Farmet en teste ; et tous les pensionnaires, dont avoit la charge liouis de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon, onde de monseigneur de Vendosme ; avècques 'Wi^t-quatre mille hommes de pied, tant Fran- . Çots qu'AIIemans, marchans en bataille, tous en "itrmes, josques au dôme, où le roy descendit IKrar tore son oraison, et de là fut conduit par ladite compagnie jusques en son logis. Ayant feroyeosoo obéissance tout F Estât de Milan, ae retirai Vigevène, où luy vint faire*la révérence le marquis de Hontferat et madame la marquise sa femme, sœur du duc d'Alançon. Et audit lieu envoyèrent devers luy tous les priaces et potentats d'Italie, et mesmes le pape Lfon, qui tuy avoit este ennemy, pour faire alBance. Et furent traittées les choses entre te psft et le roy, en sorte qu'il fut pris jour de se IrooTer à Bolongne la Grasse pour la vuider tous fci/rs différends, et faire une bonne paix ; car loua ks potenuts et princes 'd'Italie s'estoient I

toîs eh ligne avècques le roy, fors ledit pape.

Durant que ces choses ad vindrent, le seigneur Barthélémy d'Alvienne, général de l'armée Vénitienne, marcha avec son armée, pensant isùrprendre Bresce, ville qile les Ténitienô avoient perdud les années précédentes ; mais ceux de la garde, estans advertis de leur venue, envoyèrent à Vétonne deveré Marc-Antoine Colonne pour avoir secours, qui leur envoya cinq ou six enseigne^, tant espagnols que lansquenets. De quoy ledit Barthélémy d'Alvienne adverty , changea son dessein, voulant tenter Véroniie, mais par les chemins fut SurpHs d'un flux de ventre, duquel, pour Page qtfil avoit et les grands labeirrs qu'il avoit portés, ne peut longuement supporter le mal qu'il ne rendit Tame à Dieu ; qui fut trn grand dommage, d'autaût qu'il fut en Son temps tm grand homme dé guerre et bbù capitaine.

Au commencemeùt fle décembre se trouvèrent à Bolongne le pape et le roy, ou enfin farent cîaccord ; et demeurèrent au roy Partoe et Plaisance, que desjà 11 av^oit entre ses mains : aussi le roy devoit donner secours au pape pour conquérir le duché d'Ufbîn, usurpé (à ce qu'il disoit ) psit Francisque Marie sur l'Eglise de Rome ; lequel duché le pàpè avoit doûné à son nepveti Latirené de Médiôis. Aussi s'y trouva le magnifique Julien, frère du pape, qui avôit espou^ madame de I^etnou^s, s(Bur de madame là régente e( du duc dé Savoye : et se firent plusieurs autres traittés, et mesmes de Pabolition de la pragmatique sanctioh ; et y fat faict caMînal le frère du ^rand-maistre de Boîssy, qui estoit évesque de Constances.

Partant lé roy de Boloiigne, vint à Milan, auquel lieu, après avoir mis ordre aux stffaireâ du pays, commed'avoh-rendu aul Milanols leut* sénat , leur baillant Jean de Sélva , homme de bonnes lettres et dé bonnes mœurs, pour premier présidant et vice-ehanceller, et avoir ordonné lé d oc de Bourbon , connestable de France , son lieutenant général en tout FEstat de Milan, s'en retourna eti France à grandes jotfrnées, trouvet madame sa mère et la royne à Lion, Où il arriva environ la Chandeleur. Pendant que le roy revint de Bolongne à Milan, et qu'A meit ordre aux affeires dudit dtrché , le comte de Vendosme, le doc de CuWé et Févesque de taon, depuis cartRù^ de Bourbon^, et J)lusieurs autres grands seigncuts en leur èompagnie,aI-

lèrent à Venise, où ils feurent receus autant magnifiquement qu'on sçauroit escrire , et comme si c'eust eslé la propre personne du roy ; puis revindrenl trouver le roy à Milan sur son parlement pour retourner en France.

Après le partement du roy, fut faict un tournoy en la place du chasteau , où fut blessé monsieur de Sainct-Pol d'un coup de lance dedans la vue.

Une des occasions qui hasta le roy de s'en retourner en France esloit qift le roy d'Angleterre, estoit mal content que le roy avoit pris en protection le jexme roy d'Escosse, et pour cest efiect avoit envoyé en Escosse Jean Stuard duc d'Albanie, pour gouverner le jeune roy et le royaume, lequel avoit faict mourir ou avoit banni tous ceux qu'il avoit cogneu porter faveur au roy d'Angleterre, et mesmes la royne mère du roy, sœur dudlt roy. A ceste occasion, le roy , craignant qu'en son absence ne se remuast quelque chose à sonpréjudicede cecosté là, fut conseillé de se retirer en son royaume ; aussi il ne s'asseuroit guères de la foy du roy Ferrand, lequel légèrement changeoit d'opinion quand il cognoissoit son advantage.

(1516) Séjournant le roy au duché de Milan, après le trespas du seigneur Barthélémy d'Aïvienne, fut envoyé le seigneur Jean- Jacques Trévoulse, avec l'armée du roy et celle de la seigneurie, assiéger Bresce ; puis, après quelque venue qu'eurent les Vénitiens à leur désavantage, par une saillie que firent ceux de la ville, le roy leur renvoya de renfort le bastard de Savoye, son oncle maternel, avec trois cens hommes d'armes, et le seigneur Petre de Navarre avec six mille Gascons. Enfin les assiégés conclurent que, si dedans vingt jours ils n'estoient secourus, ils s'en iroient, les bagues sauves et enseignes desployées. Estant le bastard de Savoye adverty que le comte Guillaume de Roquendolfe approchoit avec une grosse armée, ayant passé les destroits des Grisons , fut conseillé de se retirer , n'ayant armée suffisante pour le soutenir : par quoy entrèrent dedans la ville six mille Allemans de secours. Puis, avant Pasques 1515, monsieur de Bourbon envoya messire Odet de Foix, seigneur de Lautrec, devant Bresce, avec nostre armée et celle des Vénitiens, où, après avoir esté long temps logé aux environs, espérant afEamer la ville, l'empereur Maximilian passa à Trente avec seize mille

hauhs Allemanset quatorze mille Suisses et quelque cavallerie; qui fut cause que ledit seigneur de Lautrec se retira par Crémone , avecques l'armée vénitienne et celle du roy. Puis, cuidant garder le passage de la rivière d'Adde , le jour de Pasques fut contraint de se retirer à Milan , où estoit monsieur de Bourbon ; lequel, voyant la diligence que faisoit l'empereur de suivre mondit seigneur de Lautrec et son armée, se ferma à Milan, avecques l'armée vénitienne, attendant secours de Suisse ; et craignant n'avoir loisir de fortifier les faulxbourgs, pour b soudaine arrivée de l'empereur et de son armée, fut résolu de ne garder que la ville, et de mettre le feu aux faulxbourgs, à ce que Tarmée impérialle ne s'en peust prévaloir. Mais l'empereur, temporisant en chemin quelque peu de temps, fut changé d'op'mion, et fut baillé à chacun son quartier pour remparer ; de sorte que tous lesdits faulxbourgs furent incontinant en estât pour attendre les forces de l'empereur. Ce pendant arriva à Milan Albert de la Pierre avecques treze mille Suisses, lesquels, après avoir touché la paye, s'en allèrent : en manière que ledit Albert demeura, accompagné seulement de deox ou trois cens hommes.

Or avoit ledit empereur suivy monsieur de Lautrec, peasant qu'à son arrivée nostre année se retireroit en France, ainsi que par cy-d^rant estoit advenu, n'ayant les forces pour tenir la campagne ; et que des deniers qu'il pourroit lever à Milan il payeroit son armée. Mais après avoir séjourné quelques jours , et se voyant frustré de son intention, parce que ceux avec lesquels il avoit intelligence n'avoient moyen ( pour Tordre qu'y avoit donné monseigneur de Bourbon ) d'exécuter leur mauvaise volonté^ une nuict, au desceu de son armée, avecques deux cens chevaux, abandonna ses gens ; de sorte que, devant que son camp en eust la cognoissance, il estoit à vingt milles de là. Son armée, se voyant sans chef et sans argent, se retira en grande diligence après ledit empereur : à la suitte de laquelle sortirent le comte de Sainct-Pol, et le sieur de Montmorency, et le sieur de l'Escun, lesquels en deffirent quelque nombre. Ce faict, partit ledit duc de BourtK» pour s'en retourner en France devers le roy, laissant messire Odet de Foix, sieur de Lautrec, gouverneur du duché de Milan, et lieutenant général dudit; seigneur en Italie.

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