‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 236 sur 428 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

del^iansaoroisses forces ensemble, alla assiéger Loigoes, ville dépendante da duché de Bouillon, à IrDict lieues du Liège ; et quand et quand envoya le comte Félix assiéger Mesancourt, le toot appartenant audit messire Robert. Estant arrivé ledit de Nansau devant Loignes, après avoir laict furieuse batterie, le seigneur de Nivelles, lequel en estok capitaine, voyant ses hommes estonnés par ce que ils avoient esté surpris, de sorte qu'ils n'estoient que soixante soldats dedans, et n'ayant aucune espérance de secours, rendit luy et la place à la discrétion dudit comte de Nansau, dont mal luy print ; car il fcit pendre et estrangler avecqofs douze des principaux de sa troupe. Puis, ayant rasé ladite place, marcha devant Mesancocfft, où le comte Félix avoit desjà tenu le siégé, sans y avoir rien prouffité; mais, arrivé quefutiedit comte de Nansau avecques son armée, le capitaine, vendu par aucun de ses soldats, fut livré avec -la place entre les mains dudit comte, lequel feit pendre vingt desdits soldats; et, voulant faire le semblable audit capCiine, fut fléchy par les prières de la plupart des principaux de son i^rmée, et luy donna la vie.

* Ayant ledit comte de Nansau faict raser la place de Mesancourt, prist son chemin pour aller assiéger Jamets, dont le seigneur de Fleurange, fils aisné de messire Robert, et le seigneur de Sancy, son frère puisiié, ad ver ty s, firent telle diligence que la nuict ils entrèrent dedans ladite place de Jamets, délibérés d'y mourir ou de la garder, remonstrans à leurs soldats les cruautés faictes par les Impériaux à ccnxde Loignes et de Mesancourt, et qu'il leur cs^t plus honnorable de mourir en combattant, qoe d'attendre une mort si honteuse pour cuider sauver leur vie par une composition iMoteose, comme avoient faict les autres. Le- At seigneur de Fleurange, après avoir entendu la bonne volonté de ses soldats, commença en toute diligence de femparer le chasteau et le poorveoir des choses nécessaires. Le comte de ^iansau, après avoir esté quatre jours à recognoistre ledit chasteau de Jatnets, cognois- **nt la contenance de ceux de dedans, leva son ^^, prenant le chemin de Fleurange, qui ^une place appartenante audit de la Marche, A quatre lieues près de Mets, dedans laquelle s'estoit mis le seigneur de Jamçts, second 'fils

dudit messire Robert, délibéré d'y mourir on de garder la place ; mais, au^bout de trois jours, fut trahy par les AUemans qui estoient dedans à sa souïde, et futlivré entre les mainsdudit de Nansau, lequel le feit mener prisonnier à Namur en seure garde, etlesAllemansprindrentla souïde derempereur. Après avoir raséladite placede Fleurange, s'en alla à Sancy, autre place estant à ceux de la Marche, où il feit le semblable. Ce faict, à grandes journées s'en alla à Bouillon, chef principal du duché, dedans laquelle place il avoit intelligences, parle moyen desquelles luy fut rendue. Après cela, messire Robert de la Marche voyant toutes les forces d'Allemagne sur ses bras, trouva moyen d'obtenir une trefve de l'empereur pour six sepmaines, par le moyen de Francisque de Seckingen, sonamy et frère jnré.

Beaucoup de raisons mou voient le roy à pen ser que l'empereur avoit bien en son esprit une autre guerre que celle qu'il avoit menée jusques à ce jour ; car si c'estoit seulement contre ceux de la Marche, pourquoy les ayant presque ruinés a-il demandé trefve? Luy estant vainqueur, ayantune armée suffisante pourdeffaire ledit messire Robert, pourquoy tous les jours la renforçoit-il?Doncques le roy, entendant bien les desseins de l'empereur, et, par iceux, cognoissant luy]èstre la guerre déclarée, commença à lever une armée •, et tou-. tesfoys ne voulut rien innover sans premièrement en advertir le roy d'Angleterre, son aray et allié. Et pour ce faict luy envoya ambassadeurs pour luy remonstrer le trouble que faisoit l'empereur, et l'armée qu'il avoit mise sus, le priant vouloir tenir le party de luy qui estoit assailly, suivant les traitiés faits entre eux à^eur abouchement faict à Ardres. Le roy d'Angleterre, ayant aussi eu lettres de l'empereur, escrivit à tous deux qu'ils ne commençassent légèrement une si grosse guerre. Aussi ledit roy d'Angleterre s'efforça de faire croire au roy nostre maistre que la guerre ne luy estoit autrement dénoncée qu'il ne la divertist en obéissant aux conditions demandées par l'empereur, lesquelles, tputesfoys, estoient hors des termes de raison. Ce pendant que ces choses se trailtoient, le roy estoit allé de Sanxerre à Dijon, et l'armée de l'empereur croissoit de jour en jour. Doncques, ayant mis ordre aux frontières de Bourgongne, tira à grandes jour-

MÉMOIRtlS DE DU BELLAY,

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nées à Troyé en Cbàmpagnét oii il tij âvoit uoUe armée^ taot petite fat elle. Bien avoit envoyé l6roy messire André de Fois» geigneur de l'£flparre> faire la guerre au royaume de Navarre contre ks Espagnob, dont en adfint alnsicpie/ay descritpar cy -devant; car, par faulte de bon conaeil, après avoir conquis ledit royaume entièrement, en un instruit le reperdit. A Toccasion dequoy ordonna messire Guillaume GooflGer* seigneur de Bonnlvet et amiral de France» pour mener une armée en Na^ varre, et venger Finjtire receue par ledit sei* gneur de TEsp^rre ; et seulement commença à dresaer une armée pour soustenir FefTort de Teorpereur. £t pour cest effeet, nomma six gentilshommes estant près de sa personne pour lever chacun mille hommes de pted^ desquels il feit général François de Bourbon, comte de Sainct-Pol; et, des gentilshommes, l'un estoU François de Montgoméry , seigneur de Lorges ; Charles de Mouy, seigneur de la Milleraye ; Charles du Reffiige, appelé Tescuyer Boucar; Pirattit de Maugeron; le seigneur d'Hercules de Dauphiné ; le baron de Montmoreau. Mais Maugeron fut tué à Dijon; par quoy les mille hommes desquels il. «voit la. charge forent baillés au seigneur d' Atmières, porte-enseignede TunedesbandesdesdeuaLoeilis gentils^ hommest de la maison du roy .

Manda pareillement à monaeigneur de Bourbon ^ connestable de France, de faire levée de huict cens divans et six mille hommes de pied ; au due Charles de Yendosme, pareille c&arge. Des gens de cheval du duc de Bourbon eurent la commission de le$ conduire le viscomte [de Lavedan Philippe de Bouiinvillier; comte de Dampmartîn. fe seigneur de Descar, seigneor de la Yauguyon, le viscomte de Turenne, le seigneur de Riochebaron d'Auvergne, le seigneur de JJstenay, et le seigneur de LaHères. De ceux de monsieur de Yendosme eurent Is chargé le comte de Brienne, de la maison- de Luxembourg, le comte de Brenne, de la maison de Sallebrache, le seigneur de Humières, le vidame d'Amiens, le seigneur de HapKncourt, le seigx^ur de la Bergerie, le seigneur de Renty. Des gens de pied dudit duc de Yendosme eurent la charge de chacun quatre cens le seigneur de Sercu, le seigneur d'Estrée, le seigneur de Rumesnil, le seigneur de Bournonville, le seigneur de Heilly, le seigneur de Laeu,.

h sclgiietlt* de Bours, le seigneur de Bdleg^rde, et le seigneur de Préteval et autres, fffyi aller avec tnonsieor l'aipirkl fhreni ôrdofioés six mille lansquenets, desquels avoientiaicils levée le capitaine Brandecque , le comtede Woitgàng, AUemans ; le seigneur de TiiUers, et Fnocois de Tavennes, François ; desdits' AHemau fut général Claude de Lorraine, cotnic de Gfiisp< De gens de cheval pour ladite entreprise,! avoit la compagnie dudit amiral, de dentboflh mes d'armes ; celle du ddc d'Albaniede pareil nombre, lequel duc estotl régent en Eseoese,! l'occasion de la minorité du roy; la eetnpsgnie du seigneur de Sainct-André, et tuy en personc; le seigneur de Sainct-Mesme et sa cotnpignit, et une partie de celle du séncischaf d'Arangnae, gfand-maistre de l'artiHerie. £t fat éênae Auge audit amiral de lever tel nombre de geas do pied, GaseoM et Basque^, qu'il verroil estre raisonnable.

Le roy ayant mis Fordre cy-dessui» aUa h M€Ustiers-;Ramé, ahbaye ptèa(k là, (feoidèèpescha Olivier de la Yémade, seigaenr àt la Bastie, vers le roy Henry d'Angleterre, po« le prier qu'il ne trouvast mauvais si^ estant provoqué et contraint, il faisoit la guerre à l'e» pereur. Mais lèctit roy d'Angleterre s'offirit à entre arbitre entre eux deux, et que s'ils ¥<#loient envoyer leurs diéput«s à CalaiSr de U part il y feroit trouver Thomas, cardins) d'kiti pour adviser à moyemter une bonne paii. U roy s'y accorda, moyennant que le papeLéeSt duquel il estoit aUié, y fut compris et cûaseB* tant; et pour ce faict, r«ssignaÀon fut deooée au quatriesme jour d'aousst ensuivant, et le roy envoya par devers le pape Léon. Peadsnt ta allées et venues de l'un à l'autre, le cents (k Sainct-Pol avoit desjà levé ses geis; le te d'Alancon estoit à Attigny, et lage»dara»i« pareillement; mais, peu de jours après, i^ rapprocha de Reims. Le roy ce pendaat e^tà Argilly-le-Duc, duquel lieu il dépescl» f^ velle armée, tant ée François quede*iW8**^ pour l'Italie, au secours de messire ThsiM*^ Foix, seigneur de l'Escun, qui estott (JefflCiw lieutenant du roy. audit duché de Mitof» l'absence du seigneur de Lautrec son frère; et avoit esté adverty dequelquespratiqoesqu'avoit sur le duché de Milan Hector Yisconte et Hiéronyme Moron et autres, ^nsi qp^ j€ ^^ feray ei^endre par cy-après.

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