LIVRE L
itoiipiel
voulant par tous moyens ruiner le roy, encores qu'il y eust paix entre eux, secrètement chercha de rompre la ligue faicte entre le roy, les Yénitiens et les Suisses, et d'en faire une nouvelle avecques eux contraire à la dessusdite ; mais n'en pouvant venir à son intention, rechercha le pape Léon, lequel, nonobstant les grandes alliances et les traittés qu'il avoit eus par cy-devant avecques le roy, ainsi que j*ay dit, comme léger, commença à trailter une ligue avecques l'empereur, par laquelle lesdits pape et empereur prometloient ensemblement chasser les François d'Italie à frais communs, et pour sa part le pape devoit avoir Parme et Plaisance, qui seroient patrimoine de TÉglise. A laquelle ligue estoit compris Francisque Sforce, fugitif en Allemagne, et frère puisné de Maximilian, naguère duc de Milan, qui avoit remis son droit entre les mains du roy ; lequel Sforce dévoient lesdits pape et empereur faire à frais communs duc de Milan, et luy maintenir ledit duché avecques les armes. Or en ce tempsun sénateur de Milan, nomméHiéronyme Moron, homme auquel le roy avoit faict beaucoup de biens, mais puis n'a guères s' estoit mal contenté, pour avoir esté refasé du roy d'une maistrise des requêtes de son hostel, se retira devers le pape et devers Francisque Sforce, leur promettant de troubler Testât de Milan, et feire de grandes révoltes, ce qu'il feit ; et sans point de faute il servit d'un grand instrument à nous chasser de Milan.
Pour suivreceque j'ay cy-devantcommencé je vous réciteray l'occasion pour laquelle le pape estoit entré en deffiance avecques le roy, encore qu'il n'en eust donné aucune chose à cognoistre jusques'à ce qu'il en veit le moyen. Yoyant le feu allumé du costé de deçà, tel que j'ay prédict, commença adresser sespraticques. Le seigneur de TEscun, frère du seigneur de Lautrec, lequel, pendant que mondit seigneur de Lautrec estoit venu en France pour espouser la fille du seigneur d'Orval, qui estoit de la maison d' Alebret , estoit en son absence demouré lieutenant du roy, adverty que quelques bannis du duché de Milan s' estoient retirés à Busset, place appartenante au seigneur Chreslofle Palvoisin, envoya devers ledit Palvoisin luy Élire defTence, de par le roy, de ne retirer lesdits bannis, ennemys du roy. Ce pendant celuy qui estoit envoyé de par mondit seigneur de
rEscun, nommé Cardin de Crémone, alla en unç sienne maison près de là pour mettre or- 4re à ses affaires ; mais incontinent fut rap* porté avi4it I^alvoisin que ledit Cardin estoit vcupm pptur Tospier ; p^r qnoy il le feit prendre^ et luy donner ta,nt de traits de eorde qu'il coBr feiisa estre venu pour ceal efleot. Après bn quelle confession te voulut £iire caadamaer ptar son potestat à estre pendu et estranglé* ce que ledit potestat refusant de fairef ledit Palvoi'' siAluy-mesmes le condav^na, et le feit eMoutar.
Ces^y Palvoisin eatoit riche au Piaisantkit el Parmesan de vingt-cinq miUe dueats d'intrade, et estait âgé de soisante^ix ans, bien alliée tena;nt grande despaace^ en la Huisoûii d^iqu^ Uâ chacun estoit bien venu. Lequel, voyant le mandem^t à tuy faict, ne voulut sousien» k^ dits bannis en sa maison; et ae retirèrent à RegCt tçrre de rÉgliae, encores (pief par traitlé, le pi^pe et le roy ne leadeussent reajpi^etiveoMst souateasur en leurs terres. Et avec ioeia banni» se retira un grand nooabre d'antre», teikasent qu'on estimoit le nombre de oewt que It setgneujp de Lautrec avoit banni» de VEaMb da MUan aussigrand qnecekiy qui eatoit demiiM»- Fé ; et discMt oh que ^ plus grande p«rt avoicnl esté bannia powr bien peu dl'ooeasioit, ou poot avoiiT feuff» biens; qui estoit eanse de nova donner beaucoup d'«nnemy»f qui depiri» ant esté m^yen de nous chasser de tEstat de MUaA, afin de rentorer en kurs btens. AupafavajM que ledit mareschai de ¥obk tesl venu lieutenant du roy au du^hé de Milan, estant, comme dit esl« le seigneur de Lautrec veaa en Fvattce^ le seig9e«Nr de TeUigny , séoesehal de Rooergve^ démoula en son Iku, audit daelié, rwutenant du roy. Lequel avoit, par sa si^sse et gracieuseté, g^i^igné lea c^urs des Milanoiâ, si que le pays estoit en graade patience ; mais le seigneur de FEseufa arriré et ledit aéneschal de retour, les ebeses ebaagèffent v aussi feirent k& hoaune» d'opinion.
Et pour retommet à biot^ propos, monsieito le mareschai de Fotx, seigneur de FEsctn, ad^ verty qjue tes bannis s'estoient retirés* à ftege, desquels- estoiait les- principaux , Uieirovjmie Moron, duquel j'ay n'aguères parlé, etiaonsigneuriû Viseonte, frère du seigneur Bemabo Visconte, lequel' Bcrnabo avoit Vordre d«roy, et cinquante hommes d'armes de ses ordonnaair pes, ^artant^de IQUan s'eavint àrPanne^Btsqueli
lieu, la veille de 8aintrJc«nl5dl,a< de quatre cens hommes d'armes, panit aller audit lieu de Rege demander aa Guy de Rangon^ alors gouveroov pour le pape^ qu'il hiy Hvrast eolmleij Icsdits bannis, suivant le tiraitté. Pi deu& mille» ptèa dudit Rege, laif grande part do sa gendanoerie et Rege, accompagné du sei^ienr voulse^ chevalier de Fovdredaftry, taine de emquante hommes d^anatt A nanee» dtidit seigneur. Et enreya k d'Ambres^ qui pOrtoit k guidon de»
gniC) et le seigneur d'Eslajr, goiànELdei pagnie du «aarqtûÉ de Salheei^ ^k|aA.
atee les arebetà desdilei dm jetter à la perte qni tire i^ Modèle, que, pendasi qu'il partenenteMiii $m de Rattgm, k» bànsu» ne se làUFiaKj
Eirtam done anvré au<kt JPfMt gneur de rEscuii denonda de fÊB\ veraeur, lequel sortit hota bpiittta que la barrière, et ledit se^MW èf descendit à psed. Peadanl le»
lafivae ae donna dedans la fiHii, et ià^ dessus la muraiUe, anAt goimnKi*t< sa^ se donnoit à laportedcMoilèse^ chose entendue, koondede Gay dit à| seigneur to mnreschid : • MmseigawV dedans pour dennev oi|dre à vas g€»< faasent qu^elque tfisrt. » Mais eausit^ qjoelqu'an de la viHe esÉaat sar la un eo«^ d'avqueboiîze, duquel ki verséa cevps teaeigneilr Akxsa^l cinq eu six Jours après iè noarat me. SoudM» te bruit vint à la mourée à deul laâUes pfèsdeRege^^ dit Hiairesciiai de FaiaL•esloi^a^ellé| dedans ladite, rilk; par qaoy y «ût opimon» : le» uns estaient d^opiiûQtl chas^ à toutes brijd» droit à la s'a f aoroQt noyea d» reeoufrel très, aa contraire, qa'oft devoil Parme pour Bswn» la tîfte, F^J^JV fuftt une ctewe apuWée, e» (f»^ 1^ seroiwftt debersy ta ville* ne fi«l«wî*^
Estant en ces dispo^»* «rifa ^^ de Foii, relaschépar le eoatt» Gay»
• lc«eit à dix milles de Rege, dedwfi !•»' r%iBb4 mique» lieu se vintjoia*»'