LIVRE I
lesquelles estans montées mî-chemîn de la mon- Ugne, les feit tirer au chasteau, faisant entendre a ceux de dedans que s'il les £aisoit monter jusqu'à hault, il n'en prendrait un à mercy. De qnoy estans estonnés, se rendirent, bagues Mu?es. Dedans estoient environ cinquante Espagnob, desquels estoit capitaine un Espagnol nommé Mondragon.
Estant le chasteau entre ses mains, feignit moodit seigneur Famiral de prendre le chemin de Pàmpelune; mais, deux jours après, tourna bride avecques son armée, marchant à^travers les montagnes, où il fallut un jour entier que les gens de cheval allassent à pied; et environ le soir arriva à un quart de lieue près de Maye, où toute nmct feit asseoir son artillerie, et feit tirer quelques coups de canon, afin de donner oplnionaux ennemiys qu'il se vouloit arrester là. Mais cependant les lansquenets prihdrent autre cliemm;.de sorte queluy,suivantlesdits lansquenets, ausoir arriva en un village près Sainct-Jeande-Lnz, un quart de lieue deçà Feaue, nommé Estaigne, auquel lieu séjourna son camp deux jours. Le mardy, devant le jour, chacun se trouva en bataille, auquel ordre on marcha au travers lesmontagnes,jusqu'à un village nommé Biriatte ; mais, estimans en ce lieu passer l'eaue, trouvèrent bon nombre d'Espagnols, lesquels, pour la difficulté des lieux, on ne pou voit nombrer.
La cause pour laquelle mondit seigneur l'amiral faisoii faire toutes ces ruses estoit pour tenir Pcnnemy en incertitude, afin de surpren^ dreFontarabie. Or estoient les ennemys delà la TWère de Behaubiè , et nostre camp deçà ; qui estoit bien cause, comme j'ay dit, qu'on ne les pwvoit recognoistre au vray. Ladite rivière PM« au pied des montagnes qui viennent de
ï'ivarrc, et tombe en la mer devant Fontarabie . Toute la nuict nostre armée fiit en bataille, P^w qu'il estoit la pleine lune ; et la mer, qui «îflotte, estoit.si haulte, qu'il estoit à nous et à ^impossible de passer la rivière. Mais le len- <fcinain, environ huict hepres du matin, estant t mer retirée, monsieur de Guise, après avoir «donné ses lansquenets, et avecques luy le wtc des gens de pied et la gendarmerie, se wirenl en bataille sur le bord de l'eaue ; puis kslinsquenets ayans baisé la terre ( ainsi qu'ils ootde coustnme quand ils marchent au comlAt)« ledit seigneur de Guise, la picque au
poing, tout le premier se meîtén l'eaue, accompagné de sa trouppe, pour aller combattre son ennemy; lequel fut si bien suivy, que les Espagnols, qui pouvoient estre nombre égal ( avecques l'avantage que pouvez estimer que ceux qui attendent en terre sèche ont sur ceux qui les viennent combattre, mouillés au travers d'une rivière ) , estonnés de la furie et hardiesse de nos gens, se meirent en fiiitte au travers des montagnes : et estoit le chef de ceste armée espagnole dom Diègue de Vere, une partie de laquelle se retira dedans Fontarabie.
Le soir, monsieur l'amiral vint avecques son armée loger à Saincte-Marie, gros village auquel on ne trouva personne, car hommes et femmes s'estoient retirés aux montagnes ; auquel lieu nostre armée séjourna deux ou trois jours en grande nécessité de vivres, parce que les Espagnols tenoient un chasteau nommé Behaubiè, qui est sur le droit chemin par où il falloit que vinssent les vivres en nostre camp. Et pourtant mondit seigneur l'amiral commanda qu'on trouvast façon de fairo passer quelque artillerie, et qu'on fistla nuict les approches de ladite place; ce qui fat faict; et farent passés quatre canons et quelques bastardes. Mais arrivant ledit seigneur amiral, et voyant à son opinion qu'on avoit faict les approches trop loing, luy-mesmes les feit en plain jour, à soixante toises près de la place. De la première volée qu'on tira, un canon emboucha une canonnière basse, et rompit une de leurs meilleures pièces, et dudit coup forent tués le canonnier et deux ou trois autres qui luy aidoient à remuer ladite pièce. De quoy il entra tel effroy parmi tous les soldats, qu'ilscontraignirent leur capitaine de se rendre à la volonté de mondit seigneur Famiral ; desquels les uns plus apparens forent envoyés prisonniers à Bayonne, et les autres envoyés sans armes.
Ayant monsieur l'amiral ceste place entre les mains, qui estoit celle qui plus luy empeschoit d'aller assiéger Fontarabie pour raison, des vivres, après avoir laissé des hommes pour la garde d'icelle et pour l'escorte des vivres, marcha droict à Fontarabie, place qu'on estîmoit imprenable, et une des clefs d'Espagne ; et Fassiégea de toutes parts ; car la place est petite, sise sur la poincte où la rivière se décharge en la mer, ayant d'un costé la mer , d'autre la rivière , et d'autre la montagne. Estant arrivé
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audit lien, luy-mesmes feit les approdtes, baillant au doc de Guise son quartier, et à chaque capitaine d'hommes d'armes son canon à gouvemer.et luy-mesmes en priât un. Et fut fatcte telle diligence qu'en peu de jours on feit brèche, laqudle, encore qu'elle i)e fust raisonnable d'assaillir, si est-ce que nos gens de piedi gascons, basques et navarrois, demandèrent à donner Tassault, kquel leur fut octroyé. Tou* tesfoys, si leur impétuosité fut grande à assail* lir, la oonstanoe de ceux de dedans ne fut moindre à les soast^ir; de sorte qu'on sonaa la retraittejusquesàauUre temps. Cei)éantmoins ceux de dddaos, ayans la oognoiasance de quelques pièces que monsieur l'amiral faisait met* tre sur un bault, pcHir les battre k lendemaiii par les flancs quaiûl nos gens iroient à l'assault, oognoiâsans aussi la hitrdie«ae des nostres, la- «fueUe ils avoient le jour précédent esproqvée, se rendirent bagues sauves, qui fut environ le temps q\ie le roy mari^hoit à Valanciennes. Estant ladite ville entre $es maiqs, la bailla en garde à Jacques Oaillon, seigneur du Lude, qui en feit sou devoir, ainsi que pourrez entendre cy-^après.
Or, revenons au roy, que nous avons laissé a Fervacques et au mont Saint-Martin, auquel lieu il ordonna la forme que devoit marcher son armée. Au duc d'Alaneon bailla l'avant-garde, et aveeques luy le mare^ichal de Cbastillon ayant soubs luy la principale superiatendance. Le due de Bourlwn eut quelques malcontentement, plus qu'il n'en feit de démonstration, de l|uoy on lui l^voit levé la consigne de l'avant- ^rde, attendu que c'estoit sa charge, comme oonoestable de France. Toutesfoys, il le supporta patiemment, et fut ordonné à la bataille avecqucs le roy. Au duc de Yendosme fut ordonné l'arrière-garde ; puis, le roy estant adverty que ceu\ de Bapaulme, qui eat une ville M la pkinç d'Artois, assise sur un hault, faisaient beaucoup d'ennuy à la frontière vers Péronae, Corbie et Dourlan , y envoya le comte de SaisK^'Pol avecques ses bandes, et le mares- (hiû de Chahaones, et le seigneur de Fleurauga^ et leurs oompagoieç de gens d'armes avec^ qu^ un équipage d'artillerie, pour la mettre en son obéissance ; et, ne la trouvant gardable, ruinèrent les portes et meixent le feu dedans. Puis^ sur la retmtte, ras^ent plusieurs petits forts où 003 ennémys fe i^eiiroient pour piUof
nostre frontière, et vindrent trouver lé roy aa premier logis, partant du mont Sainct-Martin. Aussi adverty d'une petite ville nommée Landrecy, estant assise sur la rivière de Sambre, entre le vivier d'Oisy, où ladite rivière prend sa naissance, et l'abbaye de Marelles, ayant la fprest de Mormaulx i^ U portée d'un canon devers Hénault, et de deçà est à la sortie de» bois de Tierasche, dépescba le duc de Vendo^meavee l'arrière-g^rde pour la mettre en son ob& sance. Le duc de Yendosme estant arrivé m peu devant soleil couché, qui^tre ou cinq enseigne^ des bandes ()e Picardie se desbandèrait s^ns commandententi lesquelles, ^ans batteries n'escbeUcs, donnèrent k la mm*aille et à la porte de telle furie, que deux enseignes montèrent sur le hault du pout-levis, pais im tost Airent fenversé^ dedans les fossés, desqoeb l'un des()it8 porte-enseignes y demoora mort. Us forent repoukés par sept ou huict cens lansquenets, qui estoient dedans pour la garde de ladite ville ; mais la nuict, ayant cogneu la hardiesse de laquelle avoient usé les François, et craignans qu'au matin l'on feist batterie, et qœ puis après ils ne peussent supporter lassaolt, se retirèrent dedans la forest, parce que nous pe pouvions passer de là, à l'occasioD de la rivière qui passoit par le milieu de la ville, io matin, monsieur de Yendosme, la tronvint vuide d'hommes, la feit raser et brasier; puis se retira au camp, qu'il trouva près do Ckasteau Cambresy.
Environ le vingt- deuxiesme jour d'octobre, le roy estant logé au dessus de Haspre, qoi est un vÛlage et gros prieuré, mi-chemiû de Cafflbray et de Yalanciennes, fut adverty que l'empereur, avecques son armée, s'estoit retiré aodit lieu de Yalanciennes. Par quoy délibéra de faire un pont sur l'Escaut au dessoubs de Bonchin, espérant combattre l'empereur, oq lay faire ceste honte de le faire reiirer. Et poon^isiter lieu propre pour cest effect, vfeap^ bonne escorte de cavallerie y alla luy-mesinest et trouva là NeufviUe sur l'Escaut, lieu fort ^ propos, encores qu'il y ait m^ais deçà etdela. Puis ordonna le comte Saioct-Pol, avecques te six mille hommes desquels y avoit la charge^ pour toutelanuict exécuter son commandeiB0i^ et^uandçtquand passer delàl'eaue.et^eftatifi^ ce pendant que le reste de l'arméç passeroit.
L'eropereijr es^^t 4 Y^Ji^iMâepiw»! ^^^