‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 251 sur 428 · LIVRE ît · texte numérisé non relu

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saia«ke perdu son duché ëe IMaii; eLné voulut pukrt luy : mats le seigneor de Lautpec se. To^ juMiiier , trouya moyen d'aborckr le rof , se plaignaot du mauvais visage que sa^Ma* jsiii hy portoit. Le roy luy feit re^ponse qu'il aiftvoit grande occaâon» pour luy avoir perdu 00 td héritage que le duché de Milan. Le seigœvde Lautrec hiy kit response que c'eatoit a Majesté qui Ta voit perdu , non luy ; et que par plosieurs ibis il Tavoitadverty que s'il n'ettoit secouru d'argent , il cognoissoit qu'il n'y aroit plus d'ordre d'arrester la gendarmerie, laquelle avoit servy dix-buict mois sans toucher deniers , et jusqaes à l'extrémité ; et pareilletment las Suisses qui mesmesl'avoient contraint de combattre à son désavantage : ce qu ils n'eussent fiiet s'ilâ eussent eu payement. Sa Majestèlwf répliqua qu'il avoit âi^voyé quatre cens miUe eseos akrs qu'il les demanda . Le seigneur de Lautrec hiy feit response n'avoir jamais eu ladite aotnine : bi£=n avort-il eu lettres de Sa Majesté, par lesquelles il luy escrivoit qu'il luy envoiroit ladite sooMne. Sur ces propos , le seigneur de Semblançay , superintendant des finances de France , fut mandé, lequel advoua ^ avoir eu le commandement du roy ; mais qu'estant ladite sonome preste à envoyer, madame la régente, mère de Sa Itajesté, auroit pris ladite aoaime de quatre cens mille escus, et qu'il en feroit foy sur le champ. Le roy aUa en la ambre de ladite dame avec visage courroucé, seplaignam du tort qu'elle luy avoit laictd'estfeeause de la perte dudit duché ; chose qu'if û'eust jamais estimé d'elle, que d'avoir retenu ^es deniers qui a voient esté ordonnés pour le sewnde son armée. Elle s'excusant duditlaict, amande ledit seigneur de SembkuQçay, qm wattïfinisoû dire estre vray; ipais eUe dîst que <ïttUHent deniers que ledit seigneur de Sem- Maaçayluîtvoit de long-temps gardés, procéda» de fespargne qu'elle avoit faicte de son ^m; ei luy soustenoit le contraire. Sur ce ^^^^eod , furent ordonnés commissaifres pour ^^^*àer cesie di8{»ate ; mais le chancelier du ^f^h de long-temps malmeu contre ledit sei-^ P^ de Semhlancay, jaloux de sa faveur, et de rauciorité qu'il avoit sur les finances, voyant ^ Madame estoit redevable audit seigneur de Sttnblançay, et non luy à eUe, avant que souf- «w ce différend estre terminé , meit le roy en jea contre ledit aeignem: de Semblan^y > et luy

bailla juges et commissaires choisis pour luy ^e son procès.

Estant le seigneur du Fontdormy arrivé à 1% porte de Crémone, comme je viens de dire, y trouva le seigneur Frédéric de Bozzolo et le seigneur Jean, que j'ay n'^ guères dit ^y estre retirés après la perte de Laodes ; puis envoya loger la gendarmerie dedans la ville, et luy tout à cheval attendit mondit seigneur le marescfaal, qui arriva deux heures après. Le lendemain iwr&ai distribués les quartiers , et fiit ordonné à chacun ce qu'il avoit à garder; ear ils estoient bien asseurés qu'ils ne feroient long séjour sauf fstre assiégés. Le seigneur Jean fek telle dyigence qu'en quatre jours il eut une trouppe de quinze ou seize cens homn^es. Le seigneur Frédéric s'en alla en ses pays pour aussi fure levée de g^os; et , cinq ou six jours après, les ennemys se vindrent camper près la ville. A lemr arrivée le seignetur Jean se mutina, demandant estre payé, et gaigna l'une des portes de devers le camp de rennemy,menassant de la luy bailler s'il n'a volt payement; par quoy on fut con* traint d'emprunter de tous les costés pour luy fournir son payement. Pendant ce temps, le marquis de Pesquaire fut envoyé à Pissegueton , ^i est l'une des plus fortes places d'Italie, sur la rivière d'Adde, laquelle, pour Pestonnepient de ceux qui la gardoient pour le roy, luy feut rmidue.

Nos gens ayant gardé Crémone qud^ temps, eA voyans le mauvais vouloir dti seigneur Jean, eonsidérans aussi le peu d'espérance de secours, capitulèrent. Par laqudle capitulation fut 4it : si dedans trois mois le roy jBnvoyoit armée si forte qu'elle passastla rivière du Tésin, en ce cas ils seroient en leur entier; et là où dedans ledit temps l'armée du roy nt passeroit ladite rivière, ils s'en iroient les bagues sauves , armet en teste , avec rartiUerit qui seroit trouvée, tant grosse que menue, marquée à 1^ marque de France; etl^u* seroient baillés par lie seigneur Prospère bceufe pour la flbari^ , joinct qu'ils seroient conduits en se«r^ jusques dedans Suze. Aussi mofiulitseigneur le mareacbal devoit remettre entre les mains dudit seigneur Prospère Lee et Dendosse. L'occasion qui feit condescendre le seigneur Prospère à si honorable composition (car il estoit bien asseuré que, n'estans secourus , il les avoil la corde au col) fut parce qfie Gennes estoit eo^

cores entre noâ mains, et assez mal pourveae d'hommes ; et s'il donnoît loisir au roy d'y pourvoir, il ne l'auroit jamais; et estant devant Crémone , il ne pouvoit aller à Gennes : mais ayant capitulé ladite ville, il a voit moyen, durant lesdits trois mois que les François avoient d'induces, d'aller Caire son entreprise sur Gennes. Ainsi feit; et par ladite composition estoit permis à tout homme de porter vivres dedans Crémone. Ce faict, le mareschal de Foix, par sauf-conduit, envoya un gentilhomme en poste devers le roy pour luy &ire entendre ladite capitulation , pour luy donner secours. Leu choses ainsi passées., et ostages baillés tant d'une part que d'autre, partit ledit seigneur Prospère avec son armée pour aller k Gennes, sur la persuasi(Hi de Hiéronyme et Antoine Adome, Gennois et frères, lesquels luy avoient promis de mettre la ville entre ses mains. Or estoit gouverneur pour le roy en ladite ville Octave Frégose , homme prudent et aymé du peuple, mais mal sain, et non trop homme de guerre: lequel, adverty du partemrat de l'armée impériale pour venir audit lieu , en toute diligence mist deux mille hommes en la ville; et n'estant en nombre sufiQsant, advertit le roy de luy envoyer secours, parce que la part Adome s'estoit jointe avecques les ennemis. Il lut trouvé un peu mauvais que le mareschal de Foix eust si promptement capitulé pour la reddition de Crémone, parce que le seigneur de Montmorency, qui estoit à Venise, estoit sur le train de recommencer la ligue avec les Vénitiens; mais estans advertys de ladite capitulation de Crémone, qui estoit l'un de leurs principaux fondemens, d'autant qu'elle conserve leurs pays, changèrent leur opinion , et tournèrent leur robe.

Le roy estant adverty de dé qui estoit advenu en Italie, tant de là roupte de la Bicocque, de la perte de Laudes, de la capitulation de Crémone, que de l'armée impériale qui marchoit k Gennes, envoya en toute diligence faire levée de quatorze mille Gascons pour envoyer en Italie avecques cinq cens hommes d'armes; mais voyant que ces forces ne seroient prestes à temps pour secourir Gennes, manda au comte Petre de Navarre esUnt à Marseille, qu'il advisast de trouver moyen de mettre quelques gens dedans Gennes pour souslenir l'effort de l'ennemy, attendant le secours de France. Le-

quel Petre de Navarre ne trouva audit lica de Marseille que deux gallères prestes, sur lesquelles il s'embarqua avecques aviron dm cens hommes ; et feit telle dilig^ce qu'il eotn dedans la porte de Gennes, alors que le marquis de Pesquaire, quimenoit l'in&nterieespignoleet italienne, arrivoit à l'autre costé de la ville. Lequel marquis envoya un trompe» dedans la ville pour sommer ceux de dedansi se mettre en l'obéissance de l'empereur, lesuseurant, de la part de Sa Majesté, de les tenir en toutes leurs anciennes franchises ei liberté. Les citadins, lesquels naturellement ne sont fermes en leur foy, mais désirent nouvelle!», promptement vouloient ouvrir les portes aax Impériaux , n'eust esté le seigneur Petre de Nayarre et si peu de soldats françoisqai estoient avecques hiy, qui les empeschèroit de ce faire ; mais enfin furent contraints de permettre auxdits citadins d'envoyer le selgneor Vital devers ledit marquis pour parfementer et entendre son intention.

Estant ledit Vital en la tente du marqnsjes citadins s'asseurans sur le parlement et à la promesse dudit marquis, qui estoit de riens innover durant ledit parlement, faisoient mauvais guet. Les Espagnols ayans la cognoissance d'une ruine qui estoit à un pan de mur sans aucune deffence, entrèrent dedans la ville, et mirent au fil de l'espée tout ce qu'Us trouverai devant eux. Les citadins se voyans sorpris et trahis, sans se mettre en deffence, chacun roeil peine à se sauver. L'évesque de Salerne, frère d'Octave Frégose, et quelques autres gentilshommes, s'embarquèrent surimeluste,etprfr nans la route de Marseille se sauvèrent. U seigneur Octave, son frère, estant au lict malade, se rendit prisonnier entre les mains do marquis de Pesquaire. Le comte Petre de Navarre, avecques si peu d'hommes qo"Pr mettre ensemble, gaigna la place deJa*"^' auquel Ueu, après avoir long-temps ^^'^ autant que homme peult feire, enfin Wdelwc^ et pris prisonnier. Une partie de la ^^^^ du comte de Sainct-Pol se retira dedans le cijas teau, lequel ils gardèrent tant qu'ils earent^ manger. La ville fut entièrement mise a sans riens espargner, dont le seigneur père fut fort mal content; car il ^P^' .^ si elle n'eust esté saccagée, il en iw>"^^'^ L^ argent comptant pour le payemenlde ^^

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