Livre îl
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îoQlesfoys, je pense que ledit marquis, de faict àèlibèré, le permist, pour avoir la faveur de ses soldats et leur donner curée. Je n'ay que faire de dire la grande abondance des richesses qui ibrent trouvées dedans , car chacun cogDoist bien la grande opulence de la ville de Geones.
Gennes prise et saccagée, le seigneur Prospère, adverly d'une nouvelle armée de France qui passoit les monts feit diligence de se retirer à Aflt, pour empescher les François de passer le Tcsin et secourir Crémone. De laquelle armée avoit la conduitte le duc Claude de LongueviUe, scavoir est de quatre cens hommes d*àrmeset six [mille hommes de pied. Lequel, arrivé qu'il fut à Villeneuve d'Ast, estant adverty de la perte de Gennes, pour le secours de laquelle en partie il estoit venu, ne passa outre tant qu'il eust eu nouvelle du roy, car SQD4U7Dée n'estoit suflisante pour combattre cette des, Impériaux. Le roy se voyant hors d^eqiérance de pouvoir secourir ny Gennes ny Crémone, manda au duc de Longueville qu'il se retirast en France. Or furent les trois mois passés que Crémone devoit estre secourue; par quoy, à faulte de secours, le mareschal de Foix, suivant sa promesse, remist entre les mains du seigneur Prospère ladite ville de Crémone, laissant au chasteau le seigneur de Bonoupourveu de ce qui luy estoit nécessaire ; et le seigneur Prospère feit conduire ledit mareschal de Foix avecques son artillerie en seorelé jusques au deçà de Suze, et ne luy manqua de chose qu'il luy eust promise.
Vous avez entendu par cy-devant comme Van précédent l'amiral de Bonnivet avoit pris FoDtsurabie, ville de Bisquaye quatre lieues parâelà l^^onne, laissant dedans gouverneur Jacques Dallkm, seigneur du Lude. Or, est-il qo'incoDîiDent que l'armée dudit amiral fut retirée eo France, les Espagnols de toutes parts I* mirent assiéger. Et, après l'avoir tenue assiégée dix ou douze mois, î'avoient mise en telle wwssité de vivres que plusieurs y moururent defeim; et sans estre secourue estoit impossible de plus y demourer. Par quoy le roi avoit ^^pescbé le mareschal de Chastillon avecques ^ armée pour aller secourir la ville et ledit Gagneur du Lude; mais estant arrivé ledit maitKhal de Chastillon à Dax, six lieues aui^ de Bayonnci le print une maladie qui tant
le persécuta qu'il en mourut; qui fut grande perte, pour estre homme expérimenté et de crédit. Sa mareschaussée fiit donnée au seigneur de Montmorency, qui pour lors estoit à Venise; et le mareschal de Chabannes, estant nouvellement de retour de la Bicocque, fut par le roy envoyé pour tenir le lieu que tenoit feu mondit seigneur le mareschal de Chastillon; lequel après avoir receu l'armée, marcha droict à Bayonne, puis à Saint-Jean-de-Luz, auquel lieu ledit mareschal de Chabannes assembla toutes ses forces. Icelles assemblées, marcha à Endaye ; y estant arrivé, parce qu'il y avoit une rivière entre le camp espagnol et le sien, se logea audit lieu d'Endaye, attendant l'armée de mer qui devoit venir de Bretaigne pour le renvitaillement, laquelle estoit conduitte par le capitaine Lartigue, vice-amiral de Bretaigne ; mais, 'par la paresse ou malheureté dudit Lartigue, qui demoura trop long temps à venir, nostre armée fut contrainte de temporiser. Toutesfoys, voyant mondit seigneur le mareschal la faulte que faisoit ladite armée de mer, délibéra de passer l'eaue. Estant passé, deslogea les ennemys à coups de canon, ne l'osans attendre ; et après plusieurs escarmouches se retirèrent par les montagnes, encores qu'ils fussent les plus forts en nombre. Entre autres, y estoit pour l'empereur le comte Guillaume de Fustemberg, ayant charge de six mille lansquenets ; par quoy monsieur le mareschal ayant levé le siège renvitailla la ville ; et icelle bian pourveue, se retira, laissant dedans pour lieutenant du roy, au lieu du seigneur du Lude, le capitaine Frauget, lequel estoit lieutenant du mareschal de Chastillon quand il rendit l'âme à Dieu. Ledit seigneur du Lude feit si bien son devoir en ce siège, et supporta telle extrémité qu'il ne s'en estok veu de pareille de nostre temps ; par quoy il acquist tel honneur qu'il peult estre parangonné à tous les sièges, tant du vivant de nous que de nos pères.
Pendant que ces choses se faisoient, tant en Italie qu'à Fontarabie, le roy d'Angleterre, comme j'ay dit cy-dessus, après avoir defBé le roy, ne séjourna point, qu'en toute diligence il ne fist embarquer son armée pour venir descendre à Calais ; de laquelle il feit le chef le duc de Suffolc, qui avoit espousé la royne Marie, vefve dufeuroy Louis, douziesme dece nom. L'einpe-
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reur aussi dressa son arméepourlafaire joindre avecques ledit de Suffolc , dont le comte de Bore, lieutenant général pour ledit empereur en tous ses Païs-Bas, estoit chef. Le duc de Vendosme, qui estoit lieutenant général pour le roy en Picardie , advertit le roy des préparatib que fai* ioit Fennemy, tant TAnglois que Bourguignon, à ce qui luy pleust le secourir d'hommcsetd'argent. IjC roy luy envoya le seigneur Louis de la TrimouiUe, gouverneur de Bourgogne, avecques bon nombre de gendarmerie. £ux assemlilés, ad visèrent de pourveoir à ce qui leur estoit nécessaire, etmesmesaux ptacesoùTennemysepourroit attaquer ; car monsieur de Vendosme n'estoit assez fort pour tenir la campagne. Parquoy ledit seigneur ordonna dedans Boulongne, le cas avenant que Tennemy y vint, le seigneur de la Fayette, qui en estoit gouverneur, ayant charge de cinquante hommes d'armes ; la coiopagnie de cent hommes d'armes du duc d'Alançon, dont avoit la charge le baillif de Caen , Jacques de Silty ; le seigneur de Rochebaron d'Auvergne, avecques vingt-cinq hommes d'armes ; et mille hommes de pied estans soubs la charge du seigneur de Bourbarré et autres. Dedans Thérouenne mist le seigneur de Brion, depuis amiral , lieutenant général pour le roy , avecques une partie de sa compagnie ( car le reste n'estoit encores de retour d'Italie) ; le seigneur du Fresnoy, bastard de Moreul, gouverneur dudit Thérouenne, ayant charge de cinquante hommes d'armes ; le comte Dammartin, le seigneur de Listenay , le vicomte de Turenne, le seigneur de la Yauguyon, ayant charge chacun de vingt-cinq hommes d'armes ; le capitaine Sausseuse, Normant, avec mille honmies depied ; le capitaine Montbrun, avec mille auautres ; dedans Hesdin, le seigneur du Biez, qui en estoit gouverneur, avecques trente hommes d'armes et deux cens mortes-payes dont il avoit la charge ; le seigneur de Sercu, avecques mtlle hommes de pied , et le capitaine la Lande, avecques cinq cens hommes soubs la charge du seigneur de Longueval, qui estoit demeuré malade à Abbeville. Dedans Montreul ordonna le comte de Sainct-Pol, son frère, avecques quatre cens hommes, et monsieur le duc de Guise, son beau-frère, avecques six miUe hommes de pied estans soubs la charge du seigneur de Lorges ; et estoient lesdits seigneurs compagnons en pouvoir. Monseigneur de Yeadosme et Ip sei-
gneur de la TrimouiUe, avecques deux mîSk Suisses et qudque nombre de gendarmerie, et d'autres gens de pied firançois, allèrent à AUeville pour secourir où besoing serott.
Les choses ainsi ordonnées, estant adverty ledit seigneur de Vendosme que l'enoemy n^estoit encores pour faire son passage de quôie jours, voulut bien employer ses forces, saitt.fi long temps les laisser inutiles. Par quoy mxak au seigneur de Lorges ( lequel estoit party po« le secours de Gennes avec six mille homm»de pied, mais estoit sur son retour, ayant eu noevelle de la reddition du chasteau de Geones p« faulte de vivres) qu'il eust à venir troo%'cr le comte de Sainct-Poi son frère et monseigneo' de Guise à Péronne, auquel lieu leur avoit ordonné faire leur amas pour entrer en pays d'ennemy, ce qu'il feit. Puis, lesdits seigneurs de Sainct PoletdeGuiseayans'assenibiéleiifi6Mica audit lieu de Pércmne, allèrent avecques^ialre canons assaillir Bapaulme, et prindreoC riUea chasteau ; laquelle après avoir rasée, bradée ei ruinée, ensemble ledit chasteau, prindreotVeuT chemin au passage de l'Escluse, pour a^r dedans le pays d'Austrevant, entre la rivière de l'Escaut et celle des Carpes. Mais audit passage, trouvèrent les ennemys assemblés pour garder pas, lesquels ennemys ils assaillirent de telle ûgueur, qu'ils furent forcés et mis à vau-^roupte, et chassés jusques dedans les portes de Douay. Auquel combat François monsieur de Lorraine, frère de monseigneur de Lorraine et de monseigneur de Guise, n'estant âgé que de seize à dix-sept ans, porta ses premières armes, LetfOid estant à U chasse des ennemys, voyant sept ou huict hommes de pied bourguigaons s estre retirés dedans un bois, et n'estant aocuitf* nent apperceu de ses gens, luy seul alla povchasser lesdita Bourguignons ; auqud lies arriva de fortune le seigneur Martin du Belbf, accompagné de dix ou douze chevaux, qmviBi bien à propos pour ledit prince, car il estait descendu à pied pour luy seul en combattre seyt ou huict, lesquels enfin furent taillés en pièces. Estant donc toute la compagnie courue aox portes de Yalanciennes et de Douay, et ap«f avoir faict un merveilleux butin, l'armée se fo' gea pour la nuict audit passage de l'Escluse, qui est sur une rivière partant de Yy en Artois, qoi vient tomber en FEscaut près de Boocbin. U lendemain^ Tarmée françoise voyant o'MVir ^
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