LIVRE II
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forces pour assaillir ny Valancîennes ny Douay , aprts avoir coum toute la pbine d'Artois jusque» aai portes d'Arras, se retira à Encre, auquel fiea chacun se sépara où ilestoit ordonné. Dorant ce temps, les Anglois faisoient leur dncente à Calais, et, parce que leurs vivres et ingages n'estoient encore arrivés, ils se logèrent en la terre d'O ye. De quo y monseigneur de Ven- (k»meadverty,dépeseha messeigneursie comte de Sainct-Poi Jet le comte de Guise avecques quatre cens hommes d'armes, pour aller en la fosse Bonionnoise, et empescher Tennemy de coorir le pays; car lors estoit Ardres ruinée et abandonnée. Mais avant leur partement, sçachant comme le capitaine qui avoit la charge pour le roy du chasteau de Comtes, situé entre Montrenl et Hesdin, avoit perdu ledit chasteau, ledit seigneur de Vendosme y alla en personne, où, après avoir faict batterie, monseigneur de Loi^ l'emporta d'assauh ; et furent tous ceux de dedans taillés en pièces, hormis le capitaine. Après ceb partirent lesdits comte de Sainct- Poi et de Guise, et se logèrent un jour à Deure, autre jour à Saulmer au bas, autre jour à Bourdes et autres villages circonvoisins ; de sorte que, douze ou quatorze jours durans que les «memys séjournèrent en la terre d'Oye, lesdits seigneurs en defBrent plusieurs qui s'estoient haurdés d'entrer en ladite fosse. Toutesfoys, cstans toutes les forces des ennemis réunies, ils furent contraints d'eux retirer dedans Montreul , dont ils avoient la garde. Estant doncques l'ar- ^ des Anglois et Bourguignons assemblée <ïQtre Sainct-Omer et Ardres pour délibérer le djemin qu'ils dévoient prendre, enfin les An- ^ois, persuadés par le seigneur de Beaurain, ^*^ de monseigneur du Reu, entreprindrent ? Af aanillir Hesdin , estant la place la plus débile de Umie la frontière, voyans aussi Boulon- Çoe. Tbénwifnne et Montreul aussi bien pouryeoes qse dit est. Et arrivés que furent audict iiea de Hesdin, les ennemys se logèrent du costé <fe devers Sainct-Pol, et firent leurs approches pwr tire leur batterie entre la tour Robin et w tour Sainct-François, où, après avoir faict '^ttwie de quinze jours, etfftiet brèche de trente w tfQarante toises, encores que ladite brèche ^raisonnable, n'osèrent entreprendre de don- ««raasault. Aussi battirent la tour Saint ChristoBc du costé du parc, mais n'en ostèrent que 1^ deOences d'amontw Pendant ledit siège les
ennemys ne furent lœg-ten^ps de s^our, quede jour en autre ils n'eussent l'alarme en leur camp; et entre antres monseigneur de Guise et le seigneur du Pontdormy, advertis de quatre Cens Anglois qui est oient venus courir vers le Biex et lacommanderie de l'Oyson, partirent de Montreul avecques leurs compagnies, et une partie de celle de monseigneur de Vendosme ; lesquels ayans r'ateints, encores qu'ils ne fussent qu'à demie lieue de leur camp, ils chargèrent de telle vigueur qu'ils furent tous pris ou tués, hormis trente ou quarante. qui se retirèrent dedans un jardin fermé de grandes bayes, où ils combattirent si obstinément que monseigneur de Guise, contre l'opinion de plusieurs, parce qu'il estoil trop près du camp de Tennemy, se mist à pied pour les assaillir dedans ledit jardin, où enfin ils furent tous tués, sans que jamais Anglois se voubist rendre à mercy. Un autre jour, le seigneur du Pontdormy estant adverty qu'ils estoient venus brusier Fressin, la maison de son frère aisné, les vint rencontrer, et les assaillit si furieusement qu'ils furent tous defiaicts. Et ainsi journellement se faisoicnt entreprises sur leurs logis, tant par ceux de Thérouenne, de Montreul, que de Dourlan, que nulnes'osoit escarter hors leur camp. Semblablement vindrent les pluies si grandes que le flux de ventre se meit entre les Anglois ; en sorte qu'après avoir tenu le siège six sepmaines ou deux mois, ils furent contraints de le lever avecques leur courte honte.
Monsieur de Vendosme, adverty que les «inemys estoient sur leur deslogement, dépescha le comte de Sainct-PoI avecques trois cens hommes de pied qui estoient soubs la charge du seigneur de Lorges, pour, se mettre dedans Dourlan; et iuy, avecques le reste de son armée, accompagne de monsieur de Guise et de mon^ sieur de laTrimouiile, suivit la rivière de Somme pour tousjours costoyer le camp des ennemys ; lesquels ayans levé leur camp de devant Hesdin» vindrent loger à Auxi-le-Chasteau, sur la rivière d'Othie, mi-chemin dudit Hesdin et de Dourlan. Le comte de Satnet-Pol voyant la ville de Dourlan n^estre tenable, pour n'y avoir point alors de chasteau, et que là où est maintenant situé le chasteau est une montagne dont on voit de tous costés ladite ville, de sorte qu'il n'y avoit moyen audit Dourlan de se mettre à couvert ; à ceste occasion ledit comte de Sainct-Pol ayant
gasté les vivres qui Ploient dedans, à ce qne Tennemy ne s'en peut prévalloir, et faict abl)atre les portes de la ville, se retira à Corbie, pour* là faire teste à Farinée de Tennemy. Auquel lieu arriva aussi le mareschal de Montmorency , qui estoit nou vdleinent retourné dltalie, ayant avecques luy les deux censgentilhommes de la maison du roy, avecques pouvoir dudit seigneur de demeurer chef à Corbie, avenant que Tennemy y vint ; dont sourdit quelque différend entre ledit comte de Sainct-Pol et le mareschal de Montmorency, parce que ledit comte de Sainct-Pol y estoit arrivé avecques pouvoir de monseigneur de Yendosme d'y demeurer lieutenant général ; mais les choses passèrent par gracieuseté. Le duc de Suflblc et le comte de Bure ayans passé jusques à Bcauquesne, en espérance d'assailler Corbie, considérans la provision de ladite ville, et voyans le temps si pluvieux, et tant de malades en leur armée, et rhyver qui les pressoit (car c'estoit environ la Toussaincts 1522), après avoir bruslé Dourlan et tous les villages circonvoisins, se retirèrent en Artois, puis donnèrent congé à un chacun; les Anglois retournèrent en Angleterre, et les Bourguignons en leurs garnisons. Sur leur jctraitte, les comtes de Sainct-Pol et de Guise, advertys que à Pas en Artois y avoit bon nombre d' Anglois pour leur refreschir, les y allèrent surprendre; de sorte quUI en demoura cinq ou six cens sur la place.
(1523) Peu de temps après Pasques 1523, le seigneur de Longueval, Nicolas de Bossu, avoit faict une entreprise d'une marchandise par la quelle un de ses gens vendoit Guise aux Impériaux : par le sceu dudit de Longueval le roy en estant adverty, la trouva bonne. Or estoit ledit marchand un soldat de la garnison du cfaasteau dudit Guise, nommé Livet, serrurier, lequel dispit (et estoit vray) que ledit seigneur de Longueval, lors estant en garnison audit lieu avec cinq cens hommes de pied, estoit de la partie ; et feit venir quelques-uns de^ caporaux et familiers dudit Longueval parler au duc d*Arscot à Avenues en Hénault. Il n'est rien plus certain que ledit seigneur de Longueval estoit de la marchandise, mais non ainsi que l'entendoit ledit seigneur d'Arscot. Le jour venu de livrer la marchandise, le seigneur de (Fleurange devoit venir du costé des Ardennes, avecques quatre ou cinq mille hommes
ïe pied et trois cens hommes d'armes, se jeucr entre Avenues et Guise pour empescher la retraitte des ennemis ; et le duc de YeDdosme, avecques quatre mille Allemans qu'avoit le doc de Suffolc Blanche-Rose, et trois mille Franeois, et cinq cens hommes d'armes, dévoient venir de devers Péronne, et leur couper chemin eott? l'abbaye de Bonhouric et Guise , pour les ii faire : tellement qu'il n'y avoit aucune doolit en nostre entreprise, car l'ennemy ne se voulant retirer, avoit ledit seigneur de Fleonop en teste , et monseigneur de Yendosme es queue ; s'il vouloit combattre, avoit monseigneur de Yendosme en teste , et monseigDfor de Fleurange en queue. A ceste entreprbe se dévoient trouver tous les grands de fu-ià, voulant chacun avoir part à Thonneor et aa butin. Et pour nous amuser et mettre bon de souspeçon, ou divertir nos forces, s'estoitiîict levée de quinze mille Fiamans soubs beiis/]^ de monsieur de Fiennes, gouverneur de Aodres, avecques cinq ou six cens AnglÀelboo nombre de cavalerie, lesquels estoient tcdos assiéger Thérouenne d'un siège volant. Le ro], estant à Chambort, se voulut trouver à ]A entreprise ; par quoy partant en poste, fiitfDviron minuict à Janlis, près de CbauDis,le jour dont la nuict ensuivante se devoit to ceste entreprise. Yous sçavez qu'il est malaise qu'un tel seigneur que le roy puisse venir de si loing quede Blois à La Fère, où sont quatre-vingts lieues, sans donner souspeçon et qu'il en soit nouvelle, car tout le monde le veult suivre. Les ennemys estoient desjàen cb^ min pour exécuter leur entreprise, quand dob* velles leur vindrent, par leurs espions, qne le roy estoit arrivé à Janlis; par quoy, pi«M'^ leur marchand, luy donnèrent plusieurs estrapades ; mais jamais ne voulut rien confesser. Le seigneur de Longueval, qui avoit ôsiaps des ennemis, n'en feit moins à leurs diiiiw^" giers; enfin, estans acertenés, parartn»P»'^ sieurs advertissemens certains, de rarri^"^ roy, se retirèrent en leur pays sansa^^^ » marchandise.
Le roy , cognoissant avoir feiilly àson attente, délibéra de ne perdre l'occasiim de se pw^' loir avec l'armée qu'il avoit assemblée : accote cause , manda au seigneur de Fleurange de se retirer en sa frontière de Sedan; luy marcha à Péronne, où U feit assembler toutes les forces
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