LIVRE IL
qu'avoit monseigneur de Yendosme en Picardie; pms, après lay avoir ordonné d^aller lever le siège de Thérouenne et envitailier la place, se retira vers Paris. Mondit seigneur de Yendosme ayant pris en main Tannée, qui estoit de quatre mille Allemans, comme j'ay dit, soubs la charge du duc de Suffolc Blanche-Rose , et enviroo quatre mille Picards soubs la charge du seignear de Sercu, du seigneur de BournoûviUe, du seigneur de la Hergerie, du seigneorde Fontaines, fils du seigneur de Heilly, et autres, et de cinq cens hommes d'armes, et da seigneur de Brion, que le roy envoya avecques quatre cens archers de la garde, et le seignear de la Fayette, maistre de Tartillerie en ce voyage, délibéra, pour aller droit à Théroaeime,de marcher par le pays des ennemys, afin de le fouller et soulager le nostre ; et aussi, en passant, raser quelques chasteaux qui estoieDtsor son chemin, et £aisoient beaucoup (Tennuj à nostre frontière. A ces causes, prit le chemin de Bailleûl-le-Mont, qui estoit une place à mi-chemin d^Arras et Dourlan , assez ibrte : et dedans y avoit trois cens Espagnols naturels, lesquels avoient promis la garder ou y mourir ; mais ils ne firent ny l'un ny l'autre; car, après avoir cognu la fureur de la batterie, et quelques-uns des leurs tués, le cueur leur devint foye, et se rendirent, leurs vies sauves, n but entendre que la pluspart des capitaines n'estoit d'avis de Tassaillir, estant pourveue de gens de guerre comme elle estoit. Mais monseigneur de Yendosme demoura en son opinion de la forcer, disant qu'il ne luy seroit reproché qu'une telle place feit la brave devant luy, et inaUisément oseroit-il donner la battaille à Fen- Mmy devant Thérouenne, qui avoit le double dluHnines plus que luy, s'il passoit devant une ^ place sans l'attaquer. Aussi luy-mesmes feit les aj)proches en plain midy, où fut blessé près de fay le seigneur de Piennes d'une arqœbousade au travers du bras, et trois canonniers tués à ses pieds ; qui ayda bien à estonner Ittennemys, de veoir approcher en plein jour et sans |renchées. Monseigneur de Yendosme, «près avoir rasé ledit chasteau et faict bondir les tours, print chemin à Rouchauville et à Ginconrt. Or, l'ennemy estoit logé à Andincton et à Mêle, à demie lieue de Thérouenne; et, parce ^*il n'estoit raisonnable de l'assaillir dedans ^^^dincton, qui est fort logis à cause de la ri- XYP siKCLB; ChroD. et Menu
vière du Lis, ordonna au seigneur du Lude, qui estoit mareschal de camp, aller faire l'assiette de son camp à Fauquemberg, afin qu'aisément il peust avoir vivres de Montreul, et l'ennemy à grande difficulté, parce qu'on luy coupoit le chemin de Sainct-Omer; et ceux de la garnison de Thérouenne, dedans laquelle estoit le capitaine Pierre-Pont*avecques la compagnie de monsieur dé Lorraine, et le seigneur d'£sguilly, lui coupoient le chemin d'Aire.
Les ennemys, se voyans approchés de si près, deslogèrent la nuict d' Andincton , et allèrent loger à Huppen , maison du trésorier de Boullenois, sur un hault, tirant le chemin de Sainct- Omer, laiss^vus Thérouenne àleur main droicte ; lesquels, de loing nous voyans marcher en battaille droict à eux, abandonnèrent ce logis , et allèrent camper à Flfault, auquel lieu monseigneur de Yendosme les suivit pour les combattre. Cependant monsieur de Brion marchadroict à Thérouenne, avecques le charroy de l'envitaillement qui estoit ceste nuict venu de Montreul. Les ennemys , voyans ledit seigneur de .Yendosme marcher droict à £lfault, et que desjà le comte de Dammartin et le seigneur d'Esguilly leur avoient dressé l'escarmouche, entra parmy les Gantois et autres Flamans tel efifroy , que , sans attendre enseigne ny capitaine, ny tabourin, se mirent à vau-de-roupte droict à la rivière des Cordes , crians Gaul qui vault à dire que Allons, fuyons / où se noyèrent plusieurs, encores que personne ne les suivist, et n'y eut jamais ordre de les arrester. Et sans le seigneur de Dine, lieutenant de monsieur de Fiennes, lequel avecques quatre ou cinq cens chevaux couvrit leur fuitte , la pluspart eut esté taillée en pièces. Je vous asseure que ledit seigneur de Dine feit pour ce jour là grand service à l'empereur ; car qui eut deffaict ceste trouppe , le pays de Flandres eust esté fort ébranlé : mais on dit en commun proverbe que si rhost sçavoit ce que faict l'host, Vhost defferoit l'host. Aussi arriva le seigneur de Brion , qui avoit conduit le charroy à Thérouenne , lequel déclara à monseigneur de Yendosme qu'il avoit charge expresse du roy de luy dire qu'il n'eust à bazarder la battaille, et sans cela je pense que mondit seigneur de Yendosme les eust combattus; mais il ne voulut désobéir aux commandemensdu roy. Mondit seigneur de Yendosme, ayant faict retirer l'ennemy , vint loger à An-
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dincton, podr estre lieu propre poar conduire les vivrca venansde Montreot; auquel lieud*Andineton il feit séjour de buit ou <Ûx jours , jusques à ce qu'il eust mis vivres dedaBs Tbérouenne.
ËQviron te kdoîs d*avril ensuivant, 1623, le roy , voyant qu'il avoit desjà dépesché en Italie deux ou trois armées pour le recouvrement de sou duché de Milan , dont il ne luy esloit venu aucun prouffit, nuis ruine pour luy et pour son royaume, délibéra d'y aJer en personne; mais r.raignant qu'en son absence on assaiUist les frontières, y voulut pourveoir avant que partir, mesmes à Tbérouenne, que l'an précédent il avoit faâct ranvitaiiler comme je viens de dire, voulant bien de nouveau la pourveoir, afin qu'il se peust ayder Gà son voyage des forces qu'M avoit CA Picardie. Pour cest effeet, ordonna à monsieur de Yendosme mettre ensemble ses forces , et feit lever chevaux et chariots pour toutes les élections voisines ; et envoya le marcschal de Monlmoreuey pour assister à mondit seÂgneur de VoQdosme , et mener Favantgarde. L'amée mise ensemble et les vivies et charroy , partirent de Monireid, et altèrent camper à Andiacion, qui est un village à deux lieues de Théronenne , sur la rivière du Lis , qui est encores petite ^ car eiie commence sa source à risleboarg,deux lieues de là, sur le chemin dudit lieu de Hesdin ; et est ledit vitiage d'Andincton au bout de la forest de Fauqueoriierge, tirant à Fniges et à Hesdin.
Ëstans arrivés audh lieu , logèrent le camp : i'avant- garde, que cond'iisoit le marescbal de Montmorency, d'un des costés de la rivière; la bataiUe de l'autre. Lesennemys, qudques jours après, estans advertys de ce logis ainsi séparé, iirent «nteprinse d'assaillir la nuict les deux logis en un mesmes Senps : du costé de la battaiUe, le seigmeur de ViUebon, capitaine de chevaux légers , cstoit logé un peu au devant du camp, à la venue des ennemys. La trouppe des Bourguignons , ordonnée pour donner sur la liat^ilie, donna dedans le guet des chevaux lé> gers , lequel elle fiorea; de sorte qu'elle donna aussi tost dedans leur logis que les nouvelles de Talarme, et, ne leur donnant loisir de se reeognoistre, renversa lesdits chevaux légers deAms le guet de la bataille, qui fut renversé jusques dedans le logis de la gendarmerie, dont elle en t^tmva une partie à cheval qui soustint le feix. Les eimemys s'amusèrent à piller le bagage des
chevaux légers : je pense que s'Hs ne s'y fussent amusés , ils eussent mis nostre camp eo grand désordre: mais cela les retarda, goiaou donna loisir de pourveoir à nos affaires.
Pendant le temps que ceste trouppe doou dessus le logis de la battaiUe, l'autre donna ht le logis de l'avant-garde, conduitte, coomlfJiT dit, par le .maresehal de Montmorency , leqJ avoit assis son guet bon et fort, dontavoHfel chef un sien homme d'armes nommé la Tipt rette; lequel, oyant quelque rumeur à sets» tinelles, aHa luy seul pour recognoistreqoce'»toit ; mais il ne fut jamais un peu oatre m sentinelles pour mieux entendre , qu'il h chargé de leur trouppe , et enveloppé et pris prisomner. Se voyant pris , craignsat qoeie camp fust surpris , soudain cria alanne.doet les ennemys le voulurent tuer; maisH Todot plustost hazarder sa vîe que de laisser a (ho* ger toute l'armée. Soudain toute l'avmtfw* fut en armes; par quoy les ennemis, rfwus descouvert^, se retirèrent. L'armée dasw»» armes jusques à soleil levant , que le p!*'"^ bien découvert; puis l'avant-garde et battiie» logèrent ensemble où estoit logé le «areseU de Montmorency ; et ne feismes plus les Hs4 nous séparer. Depuis , ne forent nooTdbf» Tennemy nous donnast em[>eschettient en nostre envitaiUement, lequel se foisoit en la fonK que je vous diray : l'escorte qui estoit à Mon-
treularaenoit les vivres jusques à bfe*** | Fauquemberge, et la gendarmerie do eaopfae- |
compagnoit jusques à Thérouenne.
Le roy , estant advcrty que sa vffle de Tbérouenne estok pourveue de toutes choses D^ cessaires, manda le mareschal de Montmorency de le venir trouver, et à monseignwrdc^ dosme qu'il eust à luy renvoyer le duc de i»* foie «vecques tes lansquenets estai» seo»^ charge, et deux ou trois mille homro^**^, picards , aveoques une partie de la ^^r. rie. Aussi manda le reste de son ^ *
trouver au commencement <l'*<''^**^^^21s dépescha l'amiral de Bonnivet po^ ^ gaigner le pas de Suze, attendafflt qoe'^T ^ cheroit avecques le reste de ses ^^^'^^^!!^. pareillement en Suisse le marescbJ *^' moreney pour faire levée dedouzem* ^^
et «huma cburge «a stigamràe l*"** uj, œUle François pour mairber q»»^?V j, j amiral de iouBivet. Ce Wct , le «*?«" I
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