‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 26 sur 428 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

te hem fhtf^Êer Srt crier deSao* Ayre tmg f eurnof des daawi, où tt y arott pour le mieiSx faiMBt beau bnodet d*or et mig bei dyament pour donner à

Combien que grant besoing eust de repos le bsB die^aiier à ea«ie éa long travail, pour 1« prsposqoe hiy avoit tenu son compaignon Tardas ae dennit pas la nuyt ; afeis pensa comment seroit inidé son loamoy, ce qu'il mist en son entendemeol et délibéra en soy-mesme de Fexé- CQtar eoimne vous verrez ; car, quant Tardieu leTintTeoir le matin et hty amena la trompette, iwuva dei^ par eseripi l'ordoonance comment dimit estre ledit tourâey qal esieit telte .c'est qoe Pierre de Biyart, jeune gentilhomme et appreatif des armes, natif du Daulphiné, to or-

doBOMoices du roy de France, soubs la dmrge el eeDdirite de hault et psrissant seigneor montâgœmr de Ligny, fci^it crier et piAHer tm tomrnoy au èehèn de ht vlUe dT Ayre, et joignmclesmuraffles , à toos venans, au vingtiesme jBur de juSIeC, de Ipoiscoups de lance sans U«e, à fer eamodg et m hamois de guerre et douze esapB d^espée, le fout h cheval ; ei au mîevfai Mmmî doMoit ung bmsdet d'or esmaîHe de «fivrée et ém prix de trente escus. Le iendetMia seroit eonAatf» à pied à coups de kmcct à «le barrière de Fa Innilew dvmmbra^ et afivès hlweerempuey à coufs da hache jusqu'à h.

discrétion des juges et de ceult qui gàrderoient le camp ; et au mieulx bieant donnoit ung dyament de quarante escus* Quant Tardieu eust veu l'ordonnance, U dist i ii Pardieu t compaignon, jamais Lancelot, Tristan ne Gauvain ne firent mieulx. Trompette, allet crier cela en ceste ville, et puis après de garnison en garnie son d'icy à trois jour«, pour en advertir toui nos amys. n U feult entendre que pour lors dani la Picardie il y avoit sept ou huyt cens hom^ mes d'armes, comme la compaignie du marefl^ chai des Cordes, ceUe des Escossois, du seigneuf de la Palisse, vertueux et triom|Aant capitaine» et de plusieurs autres, qui par la dicte trompette fiirent informés du toumoy. 8i se mirent eii ordre ceux qui s'y voulurent trouver, car le terme n'estoit que de huyt ou dix jours; touteth fois il ne s'en trouva pas si peu qu'ils ne fussent quarnate ou cinquante hommes d'armes sur lee rencs. En ces entrefaites et en att^idani le désiré jour, arriva ce gentil dievalier capitaine Loys d'Ars, lequel fat très joyetilx d'estre venu d'heurepour en avoir sonpasse^temps. Sa venue sesue par Je bon dievaUer, luy alla faire la révérence, et se firent grant dière l'tmg à l'autre. Encore pour mieulx renforwr la feste, le lendcmahi arriva Son oofxiyalgnon Bellabre, qui donna grant esjouyssement à toute la compal-^ gnie. 9î se délectoient tous les jours à essayef leurs cbevaubt et faire banequets aux dames, on entre autres le bon chevalier fist très bien son ddi>voir ; de sorte que le» dames de la ville et plusieurs autres de alentour, qui esloient vendes pour estre au toorooyf luy dovmoient le los smr tous les autres, dont toudeslbis ne se metloit enorgoeiL Or, vmt le jour ordonné pour cokh meneer ledit to«moy que chascun se mist sur les rencs. Ung des juges estoit le bon capp)taiae Loys d'Ars, et le setgnemf de Saint-Quen-' tiUr EsecNMois, l'aiitre. ai se trouvèrent les gentiUionimes sof les rencs qos furent nombres h qoarantesfx. Et par sort, sans tromperie^ fsrent pnrtys vingt et trois d^ung costé et vingt et tPDis dTung adiré. El eux estant prêts pour coasmenoer k bien fûrev la trompette va sonner. El T^ès dédaira de point en point l'ordre àm toumey.^ Si oonvim an bon chevalier se préseailer lé premier sur les renesy et contre luy vint m sien voisin du Datitpbiné,' nommé Ta^ tarin, qui estoit fort rude homme d'armes* 9t laissèieait oourr» fng à if ai^re, de sorts ^

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CHRONIQUE DE BAYART,

ledit Tartarin rompit sa lance à demy-pied du fer. Et le ix)n chevalier Tasséna an kault du grand garde-bras et mist sa lance en cinq ou six pièces ; dont les trompettes sonnèrent impétueusement, car la jouste fut belle à merveilles. Et après avoir parfoumy leur poindre, retournèrent pour la seconde ; et fut telle Tadventure de Tartarin que de sa lance faulsa le garde-bras du bon chevalier à Tendroit du canon; et cuydoient tous ceulx de la compaignie qu'il eust le bras percé. Ledit bon chevalier luy donna au dessus de la veue et luy enleva ung petit chapelet plein de plumes. La tierce lance fut aussi bien ou mieulx rompue que les deux autres. Leurs courses faictes, vint Bellabre, et contre luy se prépara ung homme d'armes escossois, qu'on nommoit le cappitaine David de Fougas, qui pareillement firent de leurs trois lances ce qu'il estoit possible à gentilshommes de &ire; et ainsi deux contre deux joustèrent jusques à ce que chascun eùst parfoumy ses courses. Après convint combattre à l'espée. Et commencea selon l'ordonnance le bon chevalier, qui du troisiesme coup qu'il donna, rompit son espée en deux pièces ; et du reste fitisi bien son debvoir, jusques au nombre des coupsordonnés, que mieux n'eust sceu faire. Après vindrentles autres selon leur ordre ; et pour ung jour, selon tous les voyans, mesme ainsi que dirent les deux juges, ne fut jamais mieux couru de lance ne combattu à l'espée. Et combien que chascun chevalier le fist fort bien , les mieulx faisans furent le bon chevalier, Bdiabre, Tartarin, le cappitaine David, ung de la compaignie de monseigneur des Cordes, nommé le bastard de Chimay, et Tardieu. Quant vint sur le soir, que chascun eust &it son debvoir, se retirèrent tous au logis du bon chevalier qui avoit fait dresser le souper triumphalement, ou il y eut force dames; car de dix lieues à l'entour, toutes celles de Picardie, ou la pluspart, estoient venues veoir ce beau toumoy ; et y fut fait grande et triumphante chère. Après le souper y eut dances et plusieurs autres esbatemens, tant qu'il fiit . si tard, avant que personne se voulsit ennuyer, que une heure après mynuyt sonna. Alors s'en allèrent les ungs après les autres à leurs logis, menant les dames jusques au lieu où elles dévoient reposer. Si fut assez tard le lendemain avant qu'elles fussent bien esveillées. Et croyez qu'U n'y en avoit nulles qui se lassassent de

donner merveilleuse louenge au bon chevalier, tant des armes que de l'honnesteté qui estoit en luy ; car nul plus gracieux ne plus courtois gentilhomme n'eust-on sceu trouver en ce monde. Or, pour parfaire ce qui estoit commencé, le lendemain, tous les souldars se trou vèrent au logis de leur cappitaine Loys d'Ars, où estoit desjà le bon chevalier, qui l'estoit venu prier de disner en son logis avecques le sei gneur de Sainct-Quentin, en la compaignie des dames du soir précédent, qui luy fût accordé. U convint aller ouyr messe, laquelle chantée, eussiez vu tous les jeunes gentilshommes pren dre les dames par dessoubs les bras, et icelles mener, parlans d'amour et autres joyeulx devis, jusques au logis, où, s'ils avoient fEdt bonne chère le soir devant, à disner la firent encore meilleure. Guères ne demourèrent seigneurs ne dames au logis depuis le disna*, car environ les deux heures, chascun qui estoit du toumoy se retira sur les rencs pour achever l'ordonnance du second jour, où celuy qui, à son penser, n'estoit pas pour avoir le pris de la première journée, espéroit avoir la seconde. Les juges, seigneurs et dames arrivés sur le lieu, commencea le bon chevalier le pas en la manière accoustumée; et contre luy vint ung gentilhomme de Haynault, fort estimé, qui s'appeloit Hanotin de Sucre, qui par-dessus la barrière, à poux de lances, se ruèrent de grans coups, et jusques à ce qu'ils feussent par pièces; après prindrent leurs haches qu'ik avoient chascun de leur costé et se ruèrent de grans et rudes horions, tellement qu'il sembloit la bataille estre mortelle; toutesfois enfin le bon chevalier donna ung coup sur son adversaire à l'endroit de l'oreille, de sorte qu'il le fist tout chanceler, et, qui pis est, agenouiller des deux genoulx, et en rechargeant par-dessus la barrière, luy fist baiser la terre, voulsist ou non. Quoy voyant les juges cryèrent : • Holà ! holà! c'est assez; qu'on se retire. » Après ces deux vindrent Bellabre et Amaulton de Pierre-Forade, ung gentilhomme de Gascongne, lesquels firent merveilles aux lances, qui furent incontinent rompues; puis vindrent aux haches et se donnèrent de grans coups; mais Bellabre rompit la sienne, par quoy les juges les départirent. Après ces deux vindrent sur les rencs Tardieu et David l'Escossois, qui firent trèsbiai leur debvoir. Si fist chascun en son endroit, de sorte

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