‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 27 sur 428 · PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAP. X · texte numérisé non relu

PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAP. X

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qu'il estoit sept heures avant qae chascun eust achevé, et, pour nng petit toumoy, ceulx qui y estoîent virent aussi bien faire qu'ils avoient veu de leur vie. Quant tout fut achevé, chascun se retira à son logis pour soy désarmer; puis après vindrent tous à celluy du bon chevalier, où estoit le banquet appresté ; et jà y estoient deux juges, les seigneurs d'Ars et de Sainct-Quentin, et toutes les daines. S'il y eut devise des deax journées ne fault pas demander; chascun en disoit ce qui luy sembloit. Toutes fois, après le souper convint en donner résolution, et par les joges déclairer qui debvoit avoir le pris. Si en demandèrent à plusieurs gentilshommes expêriineDtés aux armes en leur foy, et puis après ^ox dames en leur conscience et sans favoriser FuDgplus que Tautre. Enfin» tant par les gentilshommes que par les dames fut dit que , combien que diascun eust si bien fait son debvoir qoe mieulx ne pourroit, ce néantmoins, à leur Jugement, de toutes les deux journées le bon chevalier avoit esté le mieulx faisant , par quoy remettoîent à luy-mesme, comme celluy qui avoit gagné les pris, de donner ses présens où bon luy sembloit. Si y eut grande altercation c&tre les deux juges à qui prononceroit la sentence^ maisleboncappitaineLoysd'Arspriatant le seigneur de Sainct-Quentin qu'enfin promise de le faire. Si sonna la trompette pour faire sOoiee, qui fut fait. Si dist ledit seigneur de Sainct-Quentin : «Messeigneurs qui estes icy tous assemblés, et mesmement ceulx qui ont esté du toumoy dont messiredeBayarta donné le pris par deux journées. Monseigneur d'Ars et moy, juges délégués par vous tous à donner sentence raisonnable où seront lesdicts pris mieulx employés, vous faisons assavoir : qu'après nous estrebîenet duementenquis à tous les vertueux etbonnestes gentilshommes qui ont esté présens à veoîr fiôre vos armes, et semblablement aux nobles dames que voyez cy en présence, avons trouvé que chascun a très bien et très honnestement £ût son debvoir ; mais sur tous la commune voix est que le seigneur de Bayart, sans bhsmer les autres, a esté de toutes les deux journées le mieulx faisant ; pourquoy les seigneurs et dames luy remettent l'honneur à donner le pris où bon luy semblera, n Et, s'adressant au bon chevalier, lui dist : « Seigneur de Bayart, advisez où vous les délivrerez.» H en fut tout honteux, et demoura un peu XVI* siiGi«E| ChroD, et Mém,

pensif; puis après dist ; « Monseigneur, je ne sçay par quelle faveur cest honneur m'est fait. Il me semble qu'il y en a qui l'ont trop mieulx mérité que moy ; mais puisqu'il plaist aux seigneurs et dames que j'en soye jugé, suppliant à tous messeigneurs mes compaignons, et qui ont mieulx fait que moy, n'en estre desplaisans, je donne le pris de la première journée à monseigneur de Bellabre,et de la seconde au c^ppitaine David Escossois. n Si leur fist incontinent deslivrer les présens, ny depuis homme ne femme n'en murmura : ains commencèrent les dances et passetemps. Et ne pouvoient se saouler les dames de bien dire du bon chevalier, qui tant fut aymé en la Picardie qù'oncques homme ne le fut plus. Il y fut deux ans, durant lequel temps se firent plusieurs toumoys et esbatemens où en la plupart emporta toujours le bruyt. Et la plus grande raison pourquoy tout le monde l'aymoit, c'estoit pour ce que de plus libérale ne gracieuse personne n'eust-on sceu trouver sur la terre ; car jamais nul de ses compaignons n'estoit desmonté qu'il ne remontast ; s'il avoit ung escu, chascun y partissoit. Quelque jeunesse qu'il eust, la première chose qu'il faisoit quant il estoit levé, c'estoit de servir Dieu. Il estoit grant aulmosnier, et ne se trouva durant sa vie homme qui sceust dire avoir esté refusé de luy en chose dont il ait esté requis, s'il a esté en son possible. Aubout de deux ans, lej eune roy de France Charles entreprinf son voyage de Naples, où le seigneur de Ligny alla : pourquoy envoya de bonne heure quérir le bon chevalier : car congnoissant ses vertus et les honnestes propos qu'on tenoit de luy, ne le vouloit pas laisser derrière.

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