LIVRE IL
r^bsÊni h débilité de la ville, sonbs espérance de âtj^vcr les hommes qni estoient dedans , partit ^^sr lear donner secours; mais à son arrivée Morterre fat adverty que ladite place esforcée, et la pluspart des soldats tués, et le e Hugues de Pepolo et Jean de Birague niers ; par quoy ne passa outre, et se loaudit lieu de Morterre.
Les Impériaux ayans pris Sartiragne, cher- , par le moyen d'un Vercelois nommé BiéitHiyme Petit, de lever Vercel hors de la délotion des François, c^ qu'ils firent aiséitient pttiee que la part gibeline est plus forte dedans 1» ville que la part guelfe. De ladite révolte "vii^ grand préjiKlice à nostre armée, d'autant que la jduspart de nos vivres venoient du Yereriois et des environs de Turin, et ladite ville. ^Vercelleiircoupoit chemin, chosç qui donna gprande espérance aux ennemys de nous avoir à lear merey par faulte de vivres, et mesmes d'empescher, si bon leur sembloit, nostre retraite en France ; et pour cest effect vindrent logera Camelian. Encesentrefaictes, nous advint on grai^ désastre : car le seigneur de Moa^jan et le seigneur de Boutières, lieutenant 4« la compagnie du capitaine Bayard, firent meentreprise assez mal digérée ; parce qu'ayans levé cent ou six vingts hommes d'armes les Mieux à cheval, et dioisis sur toute nostre geniiirmerie(ioinct qu'il fault entendre que la pluspart de ce qui demoura n'estoit monté que sur coortaolx, car leurs grands chevaux estoient laorts de pauvreté), estans mal guidés, farent Rncontrés des ennemys. Jà-soit qu'ils fissent^ leur devoir de bien combattre, enfin farent defiiâta; et forent pris prisonniers lesdits seigneurs de Hontejan et de Boutières, et toute la troupe qoâ esUnt avecques eux ; qui fat un grand affoibU»emaït pour nostre armée , sur une arrière-saisQD.
Afoosieor Famiral , espérant tousjours temporiser, attendant le secours de Suisses qu'il «VQk envoyé quérir, et quatre cens hommes d'armes de renfort que le roy luy devoit en- Y9fer, et six mille Grisons, lesquels par le Berlimasque se dévoient venir joindre à Laudes ^tec le seigneur Frédéric de Bozzolo , pour de <i(8te part assaillir le duché de Milan et les terres ^Vénitiens et par ce moyen divertir les forces ^ Fenneiny, s'en alla loger à NovarcMais le *^igneur Jean de Médicis, avecques quatre
XVI* niccLEi Chroa. et Mém.
mille hommes de pied et trois cens chevaux , fut dépesché par le vice-roy pour empescher le passage desdits Grisons. Lequel estant arrivé sur la frontière dudit Bergamasque, estant secouru des Vénitiens, tourmenta lesdits Grisons de sorte (parce qu'ils n'avoient point de cavalerie) qu'ils farent contraints de se retirer à leur pays. Estans les Impériaux hors de la crainte des Grisons, cherchèrent le moyen de lever hors de nos mains la ville de Biagras, d'autant que de ce costélà venoient les vivres à nostre camp. 'A ceste.fin dépeschèrent le seigneur Jean, lequel d'arrivée força le pont qui estoit gardé par nos gens ; puis estant arrivé devant la ville, ayant mis son artillerie en batterie , sortirent de Milan cinq ou six mille citadins en bon équîppage pour renforcer l'armée dudit seigneur Jean. Après avoir faict batterie de quatre ou cinq jours, ils donnèrent un assault, auquel ils furent repoulsés ; mais au second la place fut forcée, et y fut trouvé fort grand butin, qui cousta bien cher aux Milanois, parce que toutes les maisons de Milan où fat porté dudit butin furent pestiférées : de sorte que la ville fat tant infectée qu'on tenoit pour certain qu'il y mourut quarante ou cinquante mille personnes.
Le vice-roy, pour achever de fermer tous les passages à nostre armée, et aussi pour empescher les Suisses qui estoient descendus à Ivrée de se joindre à monsieur l'amiral, alla loger à Marian. Cependant la mortalité se mist en nostre camp, et mesmes parmy les Suisses et autres indifféremment; et, entre autres, le marescbal de Montmorency, qui avoit la conduitte de l'avant-garde, tomba en si grosse maladie qu'il y avoit plus d'apparence de la mort que de la vie. Monsieur l'amiral, considérant qu'il estoit plus honneste de bazarder le reste de son armée que de la laisser mourir de peste, partit de Novare prenant le chemin de Romagnan , en espérance de se venir joindre avecques les Suisses, puis après retourner la teste pour donner la battaille à son ennemy* Au partir duquel lieu , le mareschal de Montmorency fat contraint de se faire porter dedans une littière, n'ayant la puissance de monter à cheval.
Le vice-roy de Naples et le duc d'UAin, estans advertis du deslogement de nostre armée, en toute diligence la suivirent, et, après avoir marché six milles, délibérèrent de se loger. Mais le duc de Bourbon, nouvellement arrive à leur
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camp, comme j^ay dit, leur persuada dépasser outre, pour au poinct du jour arriver sur nos* tre logis, et uoui^ amtraindre dé cœnhattre avant que le secours fustjoinet à nous. Durant leurs disputes, environ minuict Famiral deslogea prenant le chemin de la rivière de Sésia. Auquel lieu estant arrivé sur le poinct du jour, les Suisses du secours arrivèrent sur l'autre bord de ladite rivière. Lesquels estans mandés et priés par mondit seigneur Tamiral de passer vers luy, espérant qu'estans joincts ensemble ils seroient suflQsans pour combattre les Impériaux, aux messagers ib ûrent response qu'il Içur suffisoit de retirer leurs compagnons pour les reconduire en Suisse, attendu mesmement que le rofUe leur avoit tenu promesse ; car ils dévoient trouver à leur descente à Ivrée le duc Qaude de Longuevllle avecques quatre o^is hommes d'armes pour les accompagner, ce qu'ils n'avoient trouvé. £t, ce qui plus porta défaveur à nostre armée, les Suisses, qui de tout lemps avoient esté à nostre camp, sçachans bien leurs compagnons arrivés sur le bord de l'eaue, la pluspartd'iceuxse mist à vaude-rouptè pour se joindre avec leursdits compagnons nouveaux venus. Monsieur l'amiral voyant ce désordre, et voulant oster la eognoissance de ce désastre aux ennemysi avecques ce qu'il peut assembler de gendarmerie demoura sur la queue pour soustenir Iç faix , ou, à la première charge, il fot blessé d'une arquebouzade au travers du bras ; duquel coup, pour lagrande douleur qu'il portoit, fut contraint de se retirer, laissant la charge du reste de l'armée tt de la retràhte au comte de Salnct'Pol et au capitale Bayart. Ce pendant le vice4X)y desbanda mille on diouze cens chevaux légers et sept où huict ceDB arquebouziers espagnols pour attaequer rescarmouche et amuser nostre armée, pendant qu'il y arriveroil avecques la grosse trouppe. Le eapitaine Bayart et le seigneur de Yandenesse, estans demourés sur la queue, soustindrent l'effort de ceste charge ; mats tous deux y demourèrent. Le seigneur de Yandenesse mourut sur le èhamp et le capitaine Bayart fut blessé d'une arquebouzadeau travers du corps , lequel, persuadé de ses gens de se retirer, ne le voulut consentir disant n'avoir jamais tourné le derrière à l'ennemy. Et après les avoir repoulsés , se feit descendre par un sien maistre d'hostel, lequel jamais ne l'abandonna^
et se feit coucher au pied d'un arbre, le visage devers l'ennemy; où le duc de Bourbon, lequd estoit à la poursuitte de nostre camp, le irint trouver, et dit audit Bayart qu'il avoit grandpiâi de luy, le voyant en cest estât, pour avoif esté si vertueux chevalin. Le capitaine Baym luy feit respimse : • Monsieur, il n'y a paîal de pitié en moy, car je meurs en bouMoe di bien ; mais j'ay pitié de vous, de vous veoir servir contre vostre prince et vostre patriet4 vostre serment. »Ët peu après ledit Bayait dit l'esprit; et fut baillé saufeonduit à maistre d'hostel pour porter son corps en phiné, dont il estoit natif.
Le seigneur Bayart estant mort, le camtidi Sainct-Pol seul.print la chai^ de la retrstl^ en laquelle se feit autant de bonnes choses fril est possible, pour si peu de gendaroMrie gai y avoit, dont la plu^Mtrt n'estoient ^ lor oourtaulx, comoie il est prédit. Et, enHtfftfni^ se feit une charge, en laquelle fut tif Jb làm^ triant de mocâeigneur de Saincte-^lnaiftt nommé Beau vais le Brave, qui avoît Qrtitwi des deux lesquels, à la prise de Profère Go* lonne à Yille-Franche sur le Pau, Taa ii4 avoient empesché de fermer la porte de la vlii aussi fut tué le cheval du vidasme de Cfa»tn% et celuy du seigneur d'Annebauh son heiMj nant, où le seigneur de Lorges, avecqus peu de gens de pied françois qui luy eiteif restés, arriva si à propos que les eonemjslK rent contraints d'aix retirer à la trouppe. tt faict, le conate de Sainct^Pol, après avoir pal la rivière avecques peu de perte, bailla FiP tlUerie entre les mains des Sdisses* lesqodsi* rent leur retraltte avecques iceile park«i d'Oete, et hiy se relira par Turin jusfM 1 Suzane. Entre Siize et Briançon il trouvais^ Claude de Looguevitte avecques quantioi honmies d'armes qui venoient à son mfÊW mais ce fat trop tard, car s'ib fosasM 1*^^ quinze jours plus tost, ils se fusseat/iiKiii^'^ ques les Suisses nouvellemeni veiflM elki^ Suisses eussent combattu, consklérë qifii ^ firent excuse de combattre, sinon sur ee fM leur avoit promis qu'ils trouveroîent quatre cens hommes d'armes à leur descsoie I Ivrée. Autant ^ ad vint-il l'an l&ââ, qitfiieB envoya le secours de Gaines. FinabknQit w^i envoyoDsdu secours, mais mal à propos, q^âflt; FoccaMon est &illie, et ne bdssoDs à y fui
despence Inntille, au moins Je Fay veu souvent ftdvenir de mon temps.
Le vice-roy de Naples, voyant le duché de
ytia^ délivré de l'armée de Finance, fiit d'advis
fifm le duc d'Urbin avecqoes Parmée Vénl-
Nbane se retirerait, et en passant roettrok la ville
|ii Landes, encore tenue par le seigneur Fré-
^Mrie de Bozzolo au nom du roy, entre les
't»Mintduduc Sforce; et le marquis de Pes-
IpÉtre irolt avec une partie de Tarmée pour
fèhiiFe Alexandrie entre les mains dudit dut,
Cr lors encores gardée par le seigneur de ly d'Àmboise au nom du roy. Lesdits sei- <gMars Frédéric et d'Amboise voyans enlière- -ttflnt nestre armée retirée, et nulle espérance • és secours, après avoir fait leur devoir, cafitulèrrat qu'il leur seroit permis d'envoyer -' devers le roy, et que si dedans quinze jours ils a^ivoient responce dudit seigneur, ils remettmknt Icsdites places entre les mains de l'empffvar* Ayans dedans ledit temps eu response " Airey qu'il n'avoitle moyen de les secourir, frtquMb eussent h. foire la plus honorable com- > JM^oD qu'il leur seroit possible, s'en revln- . iWBl en France par composition faicte, bagues -puves et enseignes desployées, conduits à seu- Jusques à Suie, remettans lesdites places 'fMiins des députés de l'empereur.
• 8n ce temps arriva mandement au vice-roy, ' k part de l'empereur et du roy d'Angleterre, lequel luy estoit commandé- qu'ayant mis »e armée hors dlulie, suivant la victoire, il I Vît à foire felfe Tentreprise sur le royaume de ; Dtaee, car ilssepromettoientdcgrandeschoses fm h foveur et intelligence que le seigneur de Iwvben disoit avoir en France. Et pour cest dfed avoient esté envoyés de la jiart de Tempe- T«Mt 4mi& cens mille escus k Gennés, avecques a«tft grom somme de deniers quedevoitleroy étà^kimm eontribuer tous les mois pour ladMetséMtim). Pour conduire l'armée fat or^ i aMfosleor de Bourbon chef, le marquis iire,en sa compagnie, avecques quinze hommes de pied, de^x mille chevaux , et .. C»%QioC pîèeee d'artillerie. Le duc de Bourbon, ' iaifant mm dessefng, se persuadoit qu'estant . Irrivé en ce royaume, la pluspart de la novitesse se retireroit à hiy ; de laquelle espérance t fiit frustré , ear le naturel du François est de n'abandonner jasms son prince. Ayant receu i(Hi armée en maîo^ eBtrepnnt d'alkv assaiUr
LtvRE n;
Marseille, espérant, parce'qu'elle n'estoît remparée et aussi peu flanquée, aisément la pouvoir isonquérlr ; aussi qu'il la trouveroit despourvue d'hommes et de munitions.
Le roy, adverty du chemin que preooit ledit de Bourbon, dépescha le seigneur Rence de Cère, homme fort expert au faict des armes, et avecques luy de Brion, et environ deux cens hommes d'armes et trois mille hommes de pied, pour se mettre dedans Marseille. Auquel Heu estans arrivés, feirent telle diligence de remparer et foire plateformes, qu'en peu de jours, avec l'ayde tant des soldats que des citadins de ladite ville,la mirent en tel estât que pour foire recevoir honte à leurs ennemys, comme ils le firent ; car estans le duc de Bourbon et le (marquis de PesquairearHvés devant la ville, farent si bien recueillis, tant par escarmouches qu'à coups de canon, qu'ils cogneurent bien qu'elle n'estoit despourveue de gens de bien. Le roy, pareillement adverty de Parmée de l'ennemy devant Marseille, foit m toute diligence remettre son armée sus , laquelle en Tannée mesmes avoit esté ruinée ; et desjà àvoit envoyé en Suisse faire levée de quatorze mille hommes et six mille lansquenets, scavoir est trois mille soubs la charge de François monsieur de Lorraine, et trois mille soubs la charge du duo de Suffolc Rose-Blanche, duquel j'*y parlé en plusieurs de ces Mémoires, et dix mille tant François qu'Italiens; lesquels mis ensenUe avec quatorze ou qulnse cens hommes d'armes, délibéra d'aller combattre son ennemy devant Marseille, lequel y avoit desjà tenu le siège six sepmaines. Pour procéder à laquelle entreprinse le roy envoya devant le mareschal de Chabannes , auquel il avoit baillé son avant-garde k mener pour se saisir de la ville d^ Avignon, craignant que Pennemy ne s'en inv^tist ( ce que ledit mareschal exécuta) ; puis, sentant le roy approcher, marcha k Salon de Craux, h hulct lieues d'Avignon et huiet de Marseille. Mais le seigneur de Bourbon se sentant approcher de si près avecques telle puissance celle du roy,âifIîgenta sa retraitte, et que pour ce foire.foit embarquer sa groese artillerie pour la mener k Gennes,etfoit mettre par pièces la Vnenue pour la porter à dos de mulets, parce que les chemins de sa retraitte estoient presque impossibiespoor y conduire charroy . Le mareschal de Chabennes, se mettant à la stite, envoya fpMtt ou cinq èens cbfvauX|
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lesquels, arrivans sur la queue Teûnemy , deffireat bon nombre d'hommes, et gaignèrent un fort grand butin ; car chacun pour se sauver laissoit son bagage derrière , et les soldats , n'ayans puissance de porter leurs armes, les laissoient par les chemins. Aussi le mareschal de Montmorency avecques bonnes troupes les suivit jusques par.de là Tolon, ne leur donnant loisirde reprendre leur haleine.
Leroy, ayant advertissement de leur retraitte, délibéra l'entreprinse de Milan, encores que de plusieurs fust diverty, pour estreFhy ver desjà prochain, car ilestoit lamy-octobre 1524. Néantmoins, voyant son armée preste et la retraitte dudit de Bourbon , entreprint de luy couper chemin ou d'arriver en Italie le premier. Et pour ce faire incontinent, dressa la teste de son armée en Italie, ayant en sa compagnie le roy de Navarre, le duc d'Alençon, le comte de Sainct-Pol, le duc d'Albanie, le duc Claude de Longueville, le mareschal de Chabannes, le mareschal de Montmorency, le mareschal de Poix, le grand-maistre bastard de Savoye, l'amiral Bonnivet, du conseil duquel il usoit plus que de nul autre ; messire Louis, seigneur de la Trimouille ; Michel-Antoine, marquis de Salluces ; le comte de Yaudemont, françois ; monsieur de Lorraine , son frère , qui estoit colonel de trois mille lansquenets; le duc de SufTolc, anglois,. avecques pareille charge , le seigneur Rence de Gère, Romain; Philippe Chabot, seigneur de Brion ; Galéas de Sainct-Séveiin, grand escuyer de France; le c^itaine Louis d'Ars, et plusieurs autres gros personnages, qui seroientde trop longue déduction à nommer ; laissant madame Louise de Savoye, sa mère , régente en France. £n Picardie et l'Isle de France , laissa le duc de Yendosme son lieutenant général ; en Champagne et Bourgongne, le duc de Guise ; en Normandie, messire Louis de Brezé , grand seneschal de Normandie ; en Guyenne et Languedoc, le seigneur de Lautrec ; en Bretaigne, le comte de Laval.
£n ce temps là vindrent nouvelles au roy que la royne Claude, sa compagne et espouse, estoit trespassée au chasteau de Bloys, laissant du roy et d'elle trois fils et' deux filles: le fils aisné, nommé François, fiUueil du pape Léon ; le second, Henry, duc d'Orléans, à présent roy, fillueil de Henry, huictiesme de ce nom, roy d'Angleterre; le tiers, aommé Charles,'^ duc
d'Angoulesme, fillueil de messieurs des ligufs; des filles , madame Magdalène, depuis mariée au roy d'Escosse ; la seconde, nommée madame Marguerite , encores vivante, et de cestc km encores à marier. Le roy, ayant mis ordre au choses dessusdites, feit diligence de marcheret passer les montagnes pour arriver au docbéde Milan avant l'arrivée de l'armée impériale; aussi le duc de Bourbon et le marquis de Pesquaire faisoient pareille diligence pour ce messe effect. Le vice-roy de Naples, qui, ce f&M que l'armée de l'anpereur estoit en ProveDce, avoit faict son séjour à Ast , sentant uoér avant-garde, que menoit le mareschal de Chabannes, approcher, se retira à Alexandrie, aiquel lieu ayant laissé deux mille boaunesde pied, pensant que le roy s'y deust amos^, se retira en Pavie ; mais le roy, laissant tootes choses derrière, marcha droict k Mib m nulle part s'arrester. De quoy le yïoHdj^' verty manda au duc de Bourbon elWÊi^àe Pesquaire qu'ils eussent, avec toute <iS|Sitt,à se venir joindre avecques luy à Pavie, affJ» firent, et arriva quand et eux la cavalerie (t l'inianterie espagnole , mais leurs lansquenets ne seurent faire si grande diligence. Parqooji après avoir ordonné le seigneur de Lève pour demeurer à Pavie, et quand et luy nûllcoodow, cens Espagnols, et six mille lansquenets[deceai qui estoient retournés de Marseille, en toaietfr' extresme diligence avecques le reste de l'âraW s'en alla à Milan, craignant que le roy y «ni* vast le premier. Auquel lieu trouva les remp» et bastions tous ruinés; à raison deqaoyilusembla tous les. citadins pour leurpersoaderde prendre les armes, dont ils firent refiis, vojaBS l'armée d'un si grand roy près de leurs jwrttf* Le roy cependant estoit arrivé à Yigw^ duque lÛeu il dépescha le marquis dcS»!»^ Michel -Antoine, accompagné de deoifij^ hommes^d'armes et quatre mille liotf** pied, en espérance qu'ilarriveroitàM**?"^ mier que l'armée impériale. Estant k9V^ par les chemins, fut ad verty que le vice-îw *** toit arrivé à Milan; mais, pour ccla,oc»ïssa son entreprise, et donna droict i la porte Yercelèze, et trouvant les Espagnols dedans Ictoxbourg, de vive force les remist dedans la *'î lequel, après l'avoir conquis, il garda, encwtf que par plusieurs fois les Espagnok fissent des saillies^ pour le luy faire abandonner. I^ rojt
•près avoir dépesché ledit marquis , envoya le
^gaeur de la lYimouilte avecques bon nom-
j&^e de gens de cheval et de pied, pour le sous-
te^3ttir. Dequoy le vice-roy adverty, doulitant
dT <stre là dedans enfermé , sentant la volonté
des citadins n'estre à sa dévotion , avant Tar^
Tivée dndit seigneur de la TrimouiUe sortit par
la porte Romaine , et avecques luy le duc de
^Boixrt)on et le marquis de Pesquaire et le reste
et leur armée prenans le chemin de Laudes.
les Mihnois , se voyans hors du danger des
Imp^iaux , ouvrirent^ la porte au marquis de
Sailaees, lequel fut receu à grande joie, et pa-
veillemeat le seigneur de la TrimouiUe , qui y
arriva peu après.
■ Leroy, estiant adverty delà prise de Milan, mist en délibération ce qui estoit à faire. Pluneiurs forent d'avis qu'il devoit suivre son ennemy droict à Laudes , laissant dedans Milan gnrigne nombre d'hommes pour la garde d'iceOe ; mesmes qu'on devoit mander aux seigneur 4e h TrimouiUe et marquis de Salluces de galgner les devans pendant que le roy les suivrait, ^ de ne laisser prendre pied à l'ennemy. Autres Airent d'advis d'aller assiéger Pavie , remonstens qu'ayans deslogé de Pavie les forces qui y estoient demourées, aisément le roy pourroit conquérir le reste du duché de Milan. Enfin eeste opinion fut suivie, et fut mandé au seigneur de la TrimouiUe de demourer dedans lEhn , et au marquis de Salluces de se venir jêbiàre avecques le roy, lequel, partant de Vigerène , alla à Biagras, et de là devant Pavie. Musieurs ont estimé , et y a eu grande appafunee pour les choses qui depuis sont advenues, q^qui eust suivy la première opinion, qui est«Ht de poulser vivement après l'armée impéi^k M victoire et la conqueste du duché de mîkn esloit la nostre ; car leur armée s'en alhH en fd désordre que les soMats impériaux , poor le travail des chemins qu'ils avoient passé ' venansde Provence, jettoient leurs armes deiuis les fossés, n'ay ans puissance de les porter. fcnrquoy l'ennemy n'eust eu le moyen de garitir Laudes , et estoit en hazard d'abandonner Gréinmie;car, au passage de la rivière d'Âdde, fe seigneur de la TrimouUle et le marquis de SaUuces , usans de diligence , les eussent peu irrester, attendans le reste de nostre armée; et jMir ce moyen ceux de Pavie et d'Alexandrie , ,qiri demouroient derrière, eussent esté con-