‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 264 sur 428 · LIVRE It · texte numérisé non relu

LIVRE It

treprise da duc d'Albanie, qui tnarehoit aveccjues la faveur do pape, sentit le i*oyaume de IHaples éii hacard; par qnoy résolut d'y tour^ ner la teste pour y pourveoir ; mais il en fut dissuadé par le marquis de Pesquaire, luy reinoastram que s'il abandonnoit Testât de Milan, le rov aisément viendroit à fin de son entreprise, et se mettrolt à sa queue ; à raison de qooy ayant mcmsieur d'Albanie en teste et le ' wy à^ère, son entière ruyne estôitmanifeste ; à cests cause, il changea d'opinion. Peu après, estans les forces impériales augmentées pour le secoure qui leur estoit survenu, et ayant le vice-roy h cognoissance de la ruine de l'armée du roy, pour le long hy ver qu'elle avoit enduré en campagne et aussi que le roy avoit séparé son anaée (sçavoir est ce qu'avoit mené monsieur â?Âlbame« et quatre ou cinq .mille homn^s qu'afoit avec luy le marquis de Salluces, qm estoit lieutenant de roy à Savonne et aux enriFonSf sans autre grand nombre qu'avoit le roy, tant à Milan qu'aux autres places, pour la seureté des vivres), délibérèrent que, attendans Parrivée des lansquenets qu'amenoit monsieur de Bourbon, ils se jetteroient en campagne. Après laquelle résolution le marquis de Pasqaalre, avec une partie de l'armée, marcha droiet à Caasan, qui est sur la rivière d'Adde, viUe tenue par les François, mais mal fortifiée. Auquel lieu estant arrivé, après avoir mis son artillerie en batterie, les soldats se rendirent, leurs bagues sauves.

Le lendemain, vindrent nouvelles au vicé-

roy, de la part d'Antoine de Lève, comme les

Allemana e^tans dedans Pavie menacoient

^m eas qu'Us ne fussent payés ils rendroient

la vile entre les mains du f oy. Ces choses en-

^enh\ei4 chercha les moyens d'y pourveoir ;

cv tt if«toit en leur puissance de recouvrer

tt^Mr et eaeores qu'ils en etissent, ils n'a-

roiast le moyen de le mettre dedans la ville en

ienTiti. Sar la fin, ils s'avisèrent d'un strata-

gene qfà ha que deux honmi^ auxquels ils

avoieni fidélité portèrent en nostre camp, sur

dca cfaevaU) quatre barils de vin à vendre,

ieiMùM lesqueift estoient trois mille eseus; et

allèmt loger, potnr vendre leor vin, le phiè

près de la ville qu'ils peurent, faisans entendre

ptst un espien, an seigneur Antoine de Lève,

Testât de leur affaire. De qtioy estans adverty,

fett bûTf we «MiUe de l'autre costé; et du-

rant que Tescarmouche èstolt bien attaquée, un des vilains rompit ses barils, et print les trois mrlle escus, avecques lesquels il se sauva dedans la ville. Antoine de Lève, pour monstrer aux lansquenets que ce n'estoit faulte d'argent ny de bonne volonté qu'ils ne Hissent payés, mais par faulte d'avoir moyen de mettre l'argent dedans la ville en seureté, feit assembler le ban, et leur remonstra le hazard ou s'estoit mis le vilain pour apporter cest argent, et que tout le reste de leur payement estoit au camp impérial. Les lansquenets, pensans que ce qu'il leur disoit fust véritable, levèrent tous les mains en signe de bonne volonté, déclarans totis en général que tant que le siège dureroit ils serviroient sans argent la majesté impériale, moyennant qu'après le siège ils fussent satisfaicts, ce qui leur fut promis.

Au commencement du moiaxle mars audit an 1534 , Michel-Antoine, marquis de Salluces, lequel, comme j'ay dit, avoit esté envoyé lieutenant du roy à Savonne, après avoir faiet faire la monstre de ses gens de pied, en envoya deux mille en garnison dedans Yaras, petite ville mal fermée sur le bord de la mer, my-chemin de Savotme à Gennes. Don Hugues de Montcade, vice-roy de Sicile, qui pour lors estdit gouverneur de Gennes pour l'empereur, estant adver* ty que lesdits gens de pied estoient dedans Yaras, délibéra de les aller deffaire , et pour cest effect feit faire force à toutes les galères de l'empereur, pour du costé de la mer donner des canonnades dedans la porte dudit Yaras, espérant que les soldats, pour la débilité de la place, ne pouvans endurer la batterie, prendroient leur retraitte droiet à Savonne, tout le long de la marine ; et sur ceste espérance luy-icnesmes s'en alla mettre en embuscade avecques quatre mille hommes de pied entre Yaras et Savonne, pour défaire nos gens sur leurdite retraitte. Mais estans ses galères arrivées devant Yaras » et ayans commencé leur batterie à la porte, ainsi qu'il leur estoit commandé, le marquis de Salluces, qui estoit à Savonne, oyant la batterie, sotidain trouvant deux galères prestes, se mdt dedans avecques si peu d'hommes qui se trouvèrent auprès de Itry , commandant au reste des galères dont avoit la charge le seigneur André Dorie, et aux autres gros vaisseaux , et mesmes au seigneur de la Fayette, qui pour lor4

estoit amiral sor f armée de sier, ^'Ikemstm

à le suivre. Approchant le marquis près de Varas avecques ses deux galères, et les assiégés rayant descouvert, prindrent cueur, de sorte qu'en toute diligence se meirent à remparer leur porte jà toute ruinée. Le reste de nostre armée de mer approchant celle des Gennois, commença à les saluer dé canonnades ; les Gennois, ne se sentans suffisaus pour soustenir le combat, prindrent le largue, et nostre armée se meit à leur suite. Don Hugues de Montcade se voyant abandonné de son armée de mer, et par conséquent hors d'espérance d'exécuter son entreprise, commença à faire sa retraitte droict à Gennes, le long de la marine. De quoy le marquis de Salluces adverty feit mettre à terre le seigneur de la Milleraye, gentilhomme de la chambre du roy, nouvellement venu devers luy de la part du roy, et luy commanda de faire sortir les soldats qui estoient dedans Yaras, et les conduire à la suite dudit don Hugues; et que luy, avec les galères, iroit terre à terre à coupsde canon, pour la mettre en désordre ;^car ilsestoientcontraints de suivre le long de la marine, à cause des montagnes.

Le seigneur de la Milleraye, suivant ce qui luy estoit commandé, feit telle diligence qu'il meit à vau-de-roupte les quatre mille hommes impériaux avecl'ayde dea. galères, comme j'ay dit. Voyant ledit Montcade ses gens en roupte, print avec luy les principaulx de ses capitaines, desquels il avoit fiance, et demoura sur la queue pour soustenir Teffort. Mais il fut chargé de telle furie, qu'il fut prins et tous ceux qui estoient avecques luy; puis, après les avoir envoyés à Savonne en seure garde , nos gens suivirent leur victoire jusques à trois milles de Gennes, mettans au fil de l'espée tout ce qui s'en trouva devant eux.

Le marquis de Salluces, avecques l'armée de mer, suivit les galères jusques à Gennes, auquel lieu estant arrivé, trouva l'amiral Tamiralle de Gennes à la rade, laquelle il assaillit à coupsde canon, où, après long combat, ladite amiralle se rendit, dedans laquelle fut trouvé grand nombre d'artillerie , et d'autres munitions et richesses ; aussi nos galères poursuivirent celles des ennemys, dont ils en prindrent deux. Ce faict, le marquis, avecques les prisonniers et butin , se retira à Savonne. S'il eust eu armée pour assiéger Gennes aussi bien par terre que par mer, veu \'estonnement qui s'estoit rois de-

dans la ville pour*avoir perdu leur clief avecques plusieurs capitaines et soldats, elle estoit en grand hazardd'estre perdue pour l'empereur, et remise entre les mains du roy.

Durant ce temps que le roy estoit devant Pavie, et que monseigneur de Yendosme estoit demouré lieutenant du roy en Picardie, seiaisoit ordinairement !& guerre guerroyable, m jour à l'avantage de l'un , autrefois de TaolTt. Et, entre autres choses, un jour messire Antoine de Créquy, seigneur du Pontdorroy, lieutenant du roy audit pays, en l'absence de mondit seigneur de Yendosme partant de Montréal, feit une entreprise pour mettre vivres dedans TWrouenne , et en ce faisant tenter la fortune si pourroit forcer le Neuf- Fossé, qui est une grande trenchée plaine d'eau qui fenneleTil de Cassel, depuis Sainct-Omer jusques à Aire; et à chaque entrée que on arrive audit val, le long de ladite trenchée y a des blocus de lare que nous appelions boullevers), dedansbfieb se retirent en seureté les soldats de la prie d'iceux, estans bien pourveus de grosse et |etite artillerie pour garder les passages et entrées dudit val , dedans lequel tous les biens et bestial du pays sont retirés. Ledit seigneurdoPentdormy, pour exécuter son entreprise, manda in baillif de Somer-au-Bos, gentilhomme boofcnois , ayant crédit parmy les soldats, qui eust à faire levée dedans ledit pays de miBe ov douze cens hommes de pied, et de se trouver k lendemain au village de Foucaoïbergesurle soir. Auquel jouç le seigneur du Pontdonny, partant de Montrent arriva environ deux henre» devant soleil couché, ayant avecques hy I* compagnie de monsieur de Yendosme, décent hommes d'armes , conduitte par le seigneur « Torsy son lieutenant , et la sienne de fird nombre, et le comte de Dammartin, ayant doquante hommes d'armes soubs sa charge; it^ pendant que la gendarmerie feisoit repâi*** chevaux, il fait entrer dedans Théroi^f* vivres qu'il avoit amenés de Montreul,|Wï"*^ entendre à l'ennemy qu'il n'estoit ^tnn f^ autre occasion que pour ledit ravitailtan^^ puis, environ une heure de nuict, partit dnd» Foucamberge pour l'exécution de sadite eati*' prise, où par les chemins le vindrcnt rcnc»trer les cinquante hommes d'armes de la compagnie du seigneur du Fresnoy, gouverneorde Thérouenne , et environ deux cens hommes de

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