LIVRE. IL
hommes qn'il avoit embusqués près de là se viadrent joindre avecques luy, de sorte qu'ils se saisirent de la place ; pois, I ayant ponrvene comme elle mérîtoit, se retira à Muz. Les Grisons, avertis de cesle perte, entrèrent en telle crainte, pensans qa'il y enst autres praticques sur leurs placés, qu'ils mandèrent aux six mille Grisons de leur nation qui estoient au service da roy devant Pavie, qu'ils eussent à se retirer poor la conservation de leur patrie ; lesquels, après ledit mandement, quelques remonstrances qu'on leur sceust faire, et mesmes la honte qui leur estoit mise en avant d'abandonner un prince prest à combattre, ayans pris sa soulde et faict le serment, ce nond^stant ils s'en allèrent cinq jours devant la battaille ; qui fut telle défaveur pour le roy que vous pouvez estimer, veu mesmemenique le camp de l'ennemy n'estoit logé qu'à demy mille de nous. Néantmoins, pour lesdites défaveurs, jamais le roy ne voulut changer d'opinion. Quelques-uns luy. persuadoient de se retirer à Milan, attendant que l'armée impériale se consommeroit par faulte de payement; car, billant la paye, les vivres faillent; mais, estant prince magnanime, ou Dieu l'ayant ainsi ordonné, ne vouhit oncques tourner la teste ailleurs que devers l'ennemy.
Leroy avoit aussi dépeschéle Pal voisin, duquel n'a guères avons parlé, avecques argent pour lever bon nombre de gens de dieval et de pied, et aller surprendre Crémone, qui n'estoit gardée que de cinq ou six cens hommes de pied, et par ce moyen lever les vivres au camp impérial devant Pavie. Ledit Jean-Ludovic Palvoisin ayant mis ensemble deux mille hommes de pied et quatre cens chevaux , attendant autres trois ou quatre mille hommes de pied qui luy venoitti de, renfort, alla loger sur le Pau à ^1 Majour. Le duc Sforce, qui estoit dedans Cféuooe, craignant] que le comte Guy de Rangon se vint joindre avecques le Palvoisin, déli- 1^ avant que leurs forces fussent unies, de kwrprendre, et pour cest eifect leva un bataillon dedans Crémone, dont il assembla jus- ^ au nombre de 3eux mille hommes de pied etquelqœ cavalerie, desquek il donna la charge au seigneur Alexandre Bentivolle, lequel incon- ^u^ent print son chemin droict à Casai Majour. ^t seigneur Palvoisin, s'estimant sufBsant P<>v le combattre en campagne, comme mal- •^i^^bandonna son fort ; dont mal luy|print,
car s'il y fust demeuré, le lendemain le comte Francisque de Rangon, frère du comte Guy, le venoit secourir. Le Palvoisin, estant sorty en campagne, marcha droict à ses ennemys, et d'abordée mist à vau-de-roupte toute la cavalerie du duc de Milan ; mais, arrivant le comte Alexandre Bentivolle avecques les gens de pied, fut tellement combattu tant d'une part que d'autre, que ledit Palvoisin fat porté par terre et prins prisonnier, et tous ses gens misa vau-deroupte ; chose qui donna grand desfaveur aux affaires du roi.
Ceux de Pavie, voyans le logis du seigneur Jean de Médicis mal gardé, firent une saillie sur luy ; lesquels trouvant son guet un peu foible, le forcèrent, et taillèrent en pièces grand nombre de ses soldats, 4evant qu'ils eussent le loisir de prendre les armes. Ledit seigneur Jean, mal content d'avoir eu ceste bastonnade, se voulutlvenger , par quoy dressa (une^amorse à ceux delà ville, lesquels sortirent, pensant faire comme l'autre coup : mais ils furent déceus, car le seigneur Jean ayant mis double embuscade, l'une dedans des fossés près de la ville , l'autre assez loing, les Espagnols, suivant ceux qui premiers les avoient attaqués, ayant la cognoissance de l'embuscade qui estoit un petit loing, se meirent à &ire leur retraitte ; mais celle qui estoit près la ville leur couppa chemin , tellement que lesdits Espagnols se trouvèrent entre deux trouppes, si bien fermés que tout ce qui estoit sorty fut mis au fil de l'espée. Et à ladite faction fàt blessé ledit seigneur Jean d'une arquebouzade au taUon , dont il fut contraint de se faire porter hors du camp; qui fut une grande perte pour nous, car c' estoit un grand homme de guerre. Ses soldats, estanssans chef, s'esbandèrent , de sorte qu'ils revindrent à rien : finablement, tant les Grisons que ceste trouppe afoiblirent nostre armée de huict mille hommes. Au mesmes temps le seigneur Albert, comte de Carpy, ambassadeur pour le roy k Romme, luy manda par plusieurs fois, de la part du pape, que surtout il eust à se donner de garde de bazarder la battaille ; car il estoit asseuréque, temporisant quinze jours,lesImpériaux seroient en telle nécessité par faulte de payement, que leur armée s'en iroit en fumée ; ayans perdu tout le moyen d'avoir deniers, ne tenans plus la ville de Milan, et estant l'armée de monsieur d'Albanie la plus forte au royaume de Naples, qui estoient les deux
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MÉMOIRES t)B DtJ BELLAY,
moyens de^qtieb Tempemir s'estoit aydé par i ecmp k eoop ils fltiioieiit «tei brèttes Mêm
ey^lèvant poof aroir detiieri. Maië te roy^ oomme prédestiné en la tolonté de Dieu d'avoir matiraifle fomuie , detnevra toiia}onrft eti sa première opinkm de tte ae \wMê reUitr de derani aon emieny.
Or eit-il que ee n'eMait k déIfbératiM éà Tiee-roy de Maplea, tiy du due de Bovrixm, de donner la battaille an roy^ ^ rocéaiioQ né s'y présentoit à lenr advantage ; mala Mdienient essayer de gaîgner te logis de Mirabel^ ponr retirer leurs hommes qui estoient dedans la tflte
et te refresehir àe nonvettes gek»; |o«tesfbis cber sea ennemySf leOeMenc fftfi cairrlt m
cela ne se ponroH dire sans passera la leste de nostre camp *, el parce (|ue te roy estoît campé
en lieu fort, be préparèrent h deux effeds, sca- nsatra artillerie» et te roy qui les veaoit cter
voir est si on tes vonlolt empeseher de passer, et te roy sortoit de son fort à ceste fin, te cornbattre, sinon passeroient outre. Or, estoîeni Tenus tes Impérfaut loger hors du parc, du costé de derers la ehartrouse, i la portée du canon de nostre camp, auquel lieu, peu de jours après. Us eomtnencèrent la nuict h sapper te muraîlte du parc,* de sorte que deux heures derant le jour, feste de sainCt Matthias, 1524, firent renrerscr quarante ou cinquante toises de ladite murailte; laquelle estant toiinbée, firent passer devers nostre camp, par ladite brèche, deux ou trois raifte arquebouiiers espagnols, accompagnés de quelques chevaux légers, ayant chacun une chemise blanche sur teurs armes pour se recognoistre, parce que te jour encores n'es toit clair, puis suivit lesdits arquebouziers un bataillon de quatre miHe, tant lansquenets qu'Espagnols des vieilles bandes mesiés ensemble, après lequel marchoient trois bataillons, Fun d'Espagnob et deux de lansquenets, avecques -deux grosses trôuppes de gendarmerie sur les esles. Tous lesquels prltrfrent le chemin de Mlrabel, kissans Parmée du roy à leur main gadche, ne voulans, conmie j'ay dit, FassailKr, parce quTl estoit logé en lieu trop avantageux. Je vous ay dit cy-dessus qu'il Mloit que nos «nnemys passassent à la teste de nostre armée, pat» quoy te seigneur Jacques Galliot, seigneur tfAcié , séneschal d'Armignac, grttnd-màistTe de Partfflerîe de France, avoit logé son artiffi^ rie en lieu si avantageux pour nous, qu'au pas^ sage de leur armée ils estoient contraints de «ourir à Ik fite potjtr gaigner un vallon, afin de s'y mettre h couvert de MXt afttMierte; car
teurs bataillons, de sorte que n'eusnez veoqw bras et testes voter. Qui fol cause qtie k nvf^ tes voyant à b fite^ se persuada que FemMiy estoit en effiruy^ aveeqœs mt nf port i|ii by fat Iktet que la cempagnte dodue i'AkâçM et d« seigneur de Brk» avaient dettâct qiRii|« nombre d'Espagaols qui voidoteBt paaer a mmrs main drotele, el qalls àvoieDi giipi qualru ou ciaq pièrcs de nenoe artitterie. 1» queltes choses mtees ensembte fonm ciUÉe fi le roy abandonna son avantage pe«r «U» cher-
arliBerte el luy ma te muytn de jMsr Majst Les Impériaux se voyâitt hors du étt|irè
eteer^ la teste qc^Us avolent dressée vmttrt* bel te retoumènnM vers te myi aysoi iÈtM deux ou trois mllte arquetesuslers psntf iNr gendarmerte. Le ruy ayant en sa malifatv te bauiihni de ses Suisses^ qui estoit MfM* pâte force ^ iMrcha druiet au tmfffÉi k Saîpet-Anfe, qui rnenott la pfMiière tnMfpeè teur gendarmerie, laqueUe a rumpit, et y M tué ledit marquiséf Saiw^-Ange, mtkïn »
ses, fUi quaild et quaad duvoit attafMr snli' taillon de lansqumets impériaux qA fcM espaute à teurdite genëannenv, eùYmisiét au cmnbat se retirèrent lu ehenia de MSIi> pour se sauver. Nos lansfoeneu, fûmj^ votettt estre phs de quatre m cinq «ilki t^ queb avoit la charge François momieaf deUr^ raine, frère du duc de Lorraine « etledacA Sbflote Hose^aianehe, marchèrent* la teMehf' sée, droict au gros bataiHm inpérialfriiViit chercher te roy ; maïs eatant peu de Di^ oothme j'ay dtt^ foreus envelqipés dedcn^ kataîBons d* AHemaos, et en Mén coiabatttsli^ rent deffiiîets: si tes Suisses éusealW^ semUaUe, te victoire estoit (tsuteuie. Bi^ rurent audit combat ledit Fraoeois ntoôMT* Lorraine et le duc de SbiiMci.et l^ii*^ n'en eurent pas moins. Le roy, aM 4* M prédit, ayans deChlci te pi^mière irmifp^^P aroit trouvée , estant ses tensquensts dtAi^ ses Suisses iretirés, tout te liiict de li 1^ tomba sur hiy; de sorte qv^enfiÉ ssn rtem luy fat tuèentretes jainbesv)rtlaybh**f*j jumbe. Et deeeux qui estoient prèsde tey» **** tttés l'amiral BonnI vet, le seigneor W* *■ Trimotiilter âgé d« loiMJM 4piiMM«d»>l**
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