‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 269 sur 428 · TROISIESME LIVRE · texte numérisé non relu

TROISIESME LIVRE

Estant le roy Frtiiçois prisonnier en Esptgne, la duchesse d^Angoulesme, sa mère, prent le gouvernement du royaume, pourveoit sagement à la deffence d'iceluy, et appaise TAnglois qui vouloit faire la guerre en Picardie. Les frères du duc de Lorraine deffont, près Saverne, un populaire d'Allemagne mutiné contre la noblesse. Le roy devient malade à Madrid, qui fut cause que l'empereur entendit à sa délivrance, moyennant l'hostage de ses enfans, et autres conditions qui ne furent entretenues, comme iniques. Rome est saccagée par les Impériaux, où fut tué Charles de Bourbon. Il se fait une grande ligue pour chasser les Espagnols d'Italie; Lautrec y est envoyé avec armée, qui prent, au proût de Francisque Sforce, plusieurs villes du duché de Milan. Estoit sur le point de gaigner le reste, s'il ne fust contraint d'aller au secours du pape Clément, oppressé par les Espagnols, lesquels en sont destournés par l'entreprise qu'il fait sur le royaun:e de Napleà; poursuyvant laquelle, devient maistre de toutes les villes du royaume, fors de Manfredone, Gayette et la ville de Naples, où il met le siège ; la peste ruine son camp, dont il meurt avec la pluspart de ses gens. André Donc se révolte ; aussi fait la ville de Gennes. La pnix se traitte à Cambray entre le roy et l'empereur ; par ce moyen sont délivrés les enfans de France, et le roy espouse la sœur de l'empereur, lequel peu après passe en Italie, se ^t couronner à Romme et contraint les Florentûis, par un Umg siège, de changer le gouvernement de leur république.

'Madame Louise de Savoye, duchesse d'Anjou et d'Angoulesme, mère du roy, que je vous ay dit estre demeurée régente en France, ayant eu ces nouvelles, on peult estimer le déplaisir qu'elle en porta, voyant ;3on fils captif et Tarmée de France ruinée. Toutesfoys , comme femme de vertu, délibéra remédier à ce qui luy seroit possible, et pour cest effect manda quérir les princes et seigneurs qui estoient demourés en France, et entre autres le duc de Vendosmois, qui estoit demouré gouverneur et lieutenant du roy en Picardie et Flsle-de^ France; le duc de Guise, qui estoit demouré lieutenant du roy en Champagne et Bourgongne, et le seigneur de Lautrec, gouverneur de Guienne et lieutenant du roy en Languedoc : lesquels, après avoir pourveu à leurs frontières, se retirèrent à Lion devers elle. Le duc de Yendosme , partant de Picardie pour venir à Lion devers madite dame, arrivé à Paris, luy fiist remonstré par quelques uns de ladite ville et mesmes par de gros personnages, conseillers de la cour de parlement, que luy, estant la première personne et plus proche du sang, pour estre le roy prisonnier, messieurs ses enfans en bas âge, le duc de Bourbon révohé de l'obéissance du roy, le duc d'Alançon n'estant

encores de retourà Lion, à luy seul appartenoit le gouvernement du royaume *, et que, s'il k vouloit entreprendre, la ville de Paris, avecqucs toutes les autres bonnes villes d'icday, luy assisteroient à ceste fin. Je pense que l'occasion qui les mouvoit estoit pour la haine qu'ils portoient au chancelier Antoine du Praî, parle conseil duquel ils ne vouloient estre goih vemés. Charles, duc de Vendosmois, considérant que ceste novalité ne seroit seolemem h ruine du roy, mais aussi du royaume, et que madame la régente, ayant pris le maniement des affaires depuis le partement du roy, eost trouvé estrange de s'en désister, et que finablement il en sourderoit une partialité en ce royaume qui causeroit la ruine entière de teàe monarchie françoise, à ceste cause leurlieâi»ponse qu'il se retireroit à Lion, où tousietpriih ces se dévoient assembler, et que là seroît aidv\sé au faict du roy et du bien public ; en qooy l\ feit grand service à la couronne et au royaume, car plusieurs demapdoient novalités, et nekor estoit besoing que d'un chef pour ce fedre et leur servir de couverture. Estant mandit seigneur de Vendosme arrivé à Lion, fut ordonné chef du conseil de France.

Madame la régente, comme j'ay prédit, en

loimte diligence regarda de potirveoir aux choses concernantes la tuition de ce royaume. Premièrement elle manda au seigneur André Dorie, général des galères du roy, et au seigneur de la Fayette, qui estoit vice-amiral des navires, tous à Marseille, qu'ik eussent à faire voile et s'en aDer au royaume de Naples, pour rapporter en France le duc d'Albanie avec l'armée qu'il avoit amenée ; car par terre il n'y avoit ordre <le le retirer, pour estre nos affaires en Italie trop desfavorisées. Ce qui fut faict, et se retira ledit duc d'Albanie sans riens perdre, hormis quelques uns qui estolent devant avecques le seigneur d'EsguiUy à Velistre, qui eurent la chasse par les Cotonnois jusques dedans Romme, où ils furent recueillis par la part Ursine. En après ordonna que tous les capitaines et soldats revenans de la battaille fussent payés de ce qui leur estoit deu , et à la pluspart feit donner argent pour payer leurs rançons. Puis estant le marquis de Salluces, Michel- Antoine, retourné de Savonne, où il estoit demouré lieutenant du roy, et le comte Ludovic de Belle- Joyense avecques luy , ayant la charge de deux cais hommes de pied italiens, iceluy Ludovic, aveeqaes sadite charge, fut envoyé en Bourgongne poMr faire teste aux ennemys, si par la Franche-Comté ils vouloient descendre. Puis sçacbant que le roy d'Angleterre , suivant le traitté qu'il avoit faict avec l'empereur, devoit estre à Douvres avecques son armée, prest à s'embarquer pour descendre à Calais, envoya ses ambassadeurs, qui estoit Jean Jouachin, gennois» pour luy faire entendre la fortune advenue au roy son fib, le priant ne vouloir assaillir un prince prisonnier, mais vouloir entendre à quelque traitté gracieux avecques le conaâl de France. Le roy d'Angleterre, craignant que l'empereur ne se voulsist faire si grand qu'après il luy courust sus, tourna sa loaJveîUaace envers le roy en amitié; de sorte qa'il traitta avec Madame et le conseil de France , promettant tout le secours qui luy seroit possi- Ue, tant d'hommes que d'argent, pour mettre le roy en liberté; et encores que son armée luy eost beaneoi^ eousté à mettre ensemble , n'en dCTD^iy^i^ toQtesfoys aucune récompense, et la fieentia.

Ea ce temps se leva en Allemagne un populaire qoi vouloit maintenir tous les biens estre eonuMM. Çpohft lequel prétexte se meirent en- %\l* siicLs I Cbroo. et Àl^ob

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