LIVRE I!L
<m il feit s^onr cTim JoQr M dai^, les yint jofn- 4re le maréchal de Montmorency, avec les sil falères que k roy avoit promises. A ceste eause, il^ changèrent incontinent la rônpte de Hapfes, et prindrent celle d'Espagne, passans ani ides dlères et par le golfe de Léon arritèrent à Barcdonne. Puis, peu de jours après, estans à Taraçonne en Espagne, les Espagnols qm estoient de Ih garde du roy se mutinèrent contre le vîce-roy, par fiiulte de payement ; de aorte qu'il fot contraint de se sauver pardessus les gouttières, de maison en maison ; où k roy ne fut sans grand danger, pour les arqoebouzades qui passoient près de sa persotme. Be là allèrent à Valence, duquel lieu le roy dépesdia de rechef ledit de Montmorency devers madame la régente, pour sçavoir d'elle et du conseil quel appoinctement il devoit offrir i rempereur, aussi pour entendre comment on aaroittraitté avec le roy d'Angleterre. Lequel seigneur de Montmorency rapporta au roy comme le roy d'Angleterre estoit entré en ligue avecques Madame et le conseil de France, pour le mettre en liberté; luy rapporta aussi comme Madame avoit délibéré de luy enyoyer
là duchesse d'Alançon sa sœur, nouvellement tousjours obstiné en ses demandes desraison-
vefve par la mort de monsieur d'Alançon, qui estoit mort à Lion; et que pour*cest effet il eust à obt^r sauf- conduit, afin de pouvoirtndtter de sa délivrance ; et que ledit Anglois avoit quelque malcontentement de ce que l'empereot^ après ceste grande victoire, l'avoit dédaigné, attendu quMl avoit Ibumy d'argent pour la souMe de l'armée impériale. Peu devant estoit arrivé devers le roy le seigneur de Brkm, qui lt)y portoit argent et des fburreures, et avoft commission de madite dame pour estre WBociè avec Tarchevesque d'Ambrun, depuis eardinal dt Toumon, et îean de Sel va, premier préMM de Paris, qui de long-temps estpient envojrés pouif traitter de la dflivrance du roy près de Pempereur.
En ce temps tomba le roy en une flèvré fort
vAémente an chasteau de Madrid, dont peu de
êbhè avoient espérance de convalescence; et
ia^ les passades d'Espagne estoient Termes,
\ A sorte qu*on n'en pouvoit -avoir nouvelles;
4 par <t^oy madame la réj^ente entra en grand
y ttmuY, nç pduv.^nt ^vôir la v^^ité pu de la
fié Ou de UL tnôrt dé sondit fils. Mais le sd|-
peor de Langey entreprint de passer y de ^U^
feit, cherdiant les passages qui n^estoient gardés, et re\îiit devers elle luy apporter certai*nés nouvdies.
Mietdame Marj^nerite, sœur du roy, vefee du duc d'Alançon, estoit par les chemins pou^ aller visiter le roy son firère, quand un saufconduit de l'empereur luy ftit apporté pour passer seurementt par quoy, au mois de septembre, elle s'embarqua à Aigues-Mortes, et vint descendre à Bareelonifie, de là à Saragosse, et de Saragosse à Madrid, en intention de traitter de la délivrance du roy son frère. Son arrivée vint Men k propos ; car, ayant trouvé le roy en si extresme maladie que dit est, elle servit plus à sa convalescence que n'avoient fiiict tous les médecins. A son arrivée à Madrid, elle trouva l'empereurqui f estoit venu visiter, non, à mon àdvis, par charité qu'il eust vers luy, mais craignant qu'il mourust, et par ce moyen il perdist son prisonnier^ qui estoit le firuict de sk victoire ; car depuis son arrivée en Espagne jamais ne l'avait veu, quelque promesse que luy eust faicte le vice-roy de Naples. Ladite duchesse d'Alançon, après avoir veu le roy hors de danger, et trouvant l'empereur
naUes (hormis qx/il ne parloit plus de faire monsieur de Bourbon roy), délibéra s'en retourner en France, laissant près de l'empereur l'arcfaevesijue d'Ambrun, depuis cardinal de Toumon, et le premier président de Paris, de $elva, et messieurs de 'Montmorency et de Ërion, rapportant cpand et elle pouvoir du roy tel qu'il le pouvoit donner au lieu qu'il estoit ; par lequel il remettoit le gouvernement du royaume à monsieur le DaUpnin son fils aisné, avec permission de le fkire couronner, se délibérant plustost mourir prisonnier que de faire chose qui portast pr^udice à son royaume. Et dépescna le mareschal de Montmorency et le seigneur de Brion potir aller servir ijnondit seigneur le dauphin en France, lesquels toutesfoys ne partirent ci soudain; car Fempereur voyant la sœtu* du roy retirée et malcontente, et ledit seigneur résolu de tenir prison plustost que d'endommager son royaume en la sorte que vouloit ^empereur, donna espérance de plus gracieux traitté. Le voyage de madame la duchesse d'Alançon dura trois çiois ; sur son retotlr, èUe fut adv^ërtié qtié Pe^ipereur avoit donné diAr^ de IfàTréàteÉ, est&nt doô saufHcoQ*
dait expiré, car il ne Tavoit voulu prolonger : par quoy elle feit telle diligence, que le chemin qu'elle avoit délibéré de faire en quatre jours elle le feit en un, et advertit le seigneur de Clennont de Lodève, qui estoit lieutenant de roy dedans riarbonue, de la venir recueillir à Salluces, parce que c'estoit le dernier jour du sauf-conduit \ ce qu'il feit en si bonne compagnie, que ceux qui avoient charge de Tarrester n'osèrent entreprendre d'exécuter leur charge. Et là elle eut nouvelles comment le roy Henry de Navarre estoit par subtils moyens sorty et eschappé des prisons des Espagnols, où il estoit demouré depuis la bataille de Pavie.
(1526) Or à la fin il fut accordé par les députes ce qui s'ensuit: scavoir est que le roy, arrivé en France, mettroit entre les mains de l'empereur le duché de Bourgongne, promettant d'employer son pouvoir à le faire accorder aux estats du pays, quitteroit la souveraineté de Flandres et Artois» et son droict du duché de Milan et du royaume de Naples, et espouseroît Aléonore, sœur de l'empereur et douairière de Portugal avec plusieurs autres conditions. Pour seureté desquelles promesses le roy, partant de Fontarabie, mettroit entre les mains desdéputés de l'empereur, en entrant en son royaume, monsieur François, dauphin de Viennois, son fils aisné, et monsieur Henry, duc d'Orléans, le second. Ce que le roy volontiers accorda, entendant bien que, quelque promesse qu'il fist, estant prisonnier ^irdé et non sur sa foy, estoit de nulle valeur, et que par cy-après jil pourroit par argent ravoir messieurs ses enfans.
Les choses ainsi conclues et accordées, partit monsieur le mareschal de Montmorency pour venir devers Madame, à ce qu'elle eust à prendre le chemin, au plustost que possible luy seroit, à Bayonne, et y mener messieurs les hostagers. Pareillement l'empereur vint à Madrid veoir le roy, auquel lieu ils eurent long propos ensemble; puis allèrent en une mesmes littière veoir la royne Aléonore, sœur de l'empereur, et vefve du roy de Portugal, laquelle par ledit traitté, avant que partir d'Espagne, le roy devoit fiancer ; ce qu'il feit. Puis le roy marcha droict à Fontarabie, où fut faict l'eschange de luy et de messieurs ses en&ns. L'empereur feit conduire le roy jusques à Bayonne par ses ambassadeurs, pour luy Cure ratifier le-
[ïhK]
dit traitté, incontinent qu*H senrit en soe royaume. Auxquels le roy, y estant arr'hc, feit response qu'il estoit besoing qu'il sceust premièrement l'intention de ses subjects de Bourgongne, parce qu'il ne les poovoit alléofr sans consentement, et que de brief il feroit assembler les estats du pays pour sçavoir lear volonté.
Estant le roy de retour en son royaume, ordonna des estats vacans par le décès de cm qui|estoient morts àlabataille. Au UeadugraDd maistre bastard de Savoye, ordonna le mareschai de Montmorency grand -maistre etJBamcbal ; au lieu de l'amiral Bonnivet, ordûDoi le seigneur de Brion amiral; au lieu du mareschal de Chabannes, le seigneur Théodore Trévoulse fut mareschal : et la compagûe doditik Chabannes fut séparée, savoir est cioqnanie hommes d'armes au seigneur de la HilknTe, Charles de Mouy, et les autres cinquaoteiiO' loine des Prés, seigneur de Montpesil; ««seigneur de Fleurange, fils aisné de messiie Robert de la Marche, seigneur de Sedan, la mareschaussée du mareschal deFoix; hpAîÀgneurde Fleurange avoitesté pris à la baUaille, et avoit esté prisonnier à l'Escluse en Flandre fort estroittement, pour la haine que portoit l'empereur À sa maison. Et parce que, le joor de la battaille, ayant le roy son cheval Inccfttre ses jambes, ledrt seigneur de Pomperant, qui s'enestoit alléavecques monsieur de Boarbon, descendit à pied pour le secourir, desorte qu'il estimoit que sans ledit Pomperant, anat l'arrivée du vice-roy de Naples, il eust esté en danger de sa personne, le roy relira leditPoiaperantà son service, et luy donna la compagnie de cinquante hommes d'armes, vaciDie par la mort du seigneur deSaincte-MesineSi'P estoit mort prisonnier. Vray est que hji «^^ tant prisonnier à Pissegueton, avoit jà*^ audit Pomperant les cinquante hommei ft*^ susdits, et l'avoit envoyé devers Ml**** . au seigneur de la Rocbeduraaine doiï*'*®'^^ tié de la compagnie de monsieur tfAtaç*de cent hommes d'armes, dont il estoit Beotenant, lequel estoit mort à Lion, au retour « la battaille. De la compagnie du seigncurL^ de Trimouille donna cinquante à son petit-*»^; et cinquante à messire Jean d'Estemp*». seigneur de la Ferté-Nabert ; à Famiral de Bnoj le gouvenaemeat de Bourgongne, vacant par»
inits]