LIVRE IIL
palle superintendance de ses affaires , et vint trouverleroyà Amiens, où, après plusieurs collocutions et conseils tenus, fot accordé entre eux d'envoyer une armée à communs frais en Italie pour remettre le pape en liberté, et les terres de l'Église entre les mains de Sadite Saincteté. Et pour la conduitte de ladite armée fut ordonné messire Odet de Foix, seigneur de Lautrec, avecques le nombre d'hommes tel qu'il sera dit par cy-après. Puis estant le cardinal d'Iorc de retour en Angleterre, et le seigneur de Lautrec ayant pris congé du roy pour dresser son armée, à laquelle contribuoit le roy d'Angleterre, pour sa quotte portion, soixante mille angelots tous. les mois, Ait ordonné messire Anne, seigneur de Montmorency, grandmaistre et mareschal de France, pour de la part du roy aller en Angleterre confirmer les traittés, et porter l'ordre dudit seigneur roy au roy d'Angleterre, son bon frère et perpétuel allié-, lequel de Montmorency print congé du roy environ le dixiesme d'octobre 1527, ayant en sa compagnie Jean du Bellay, évesque de Rayonne, et depuis cardinal du Bellay ; le seigneur de Humières, chevalier de l'ordre du roy ; monsieur Brinon, premier président de Rouen et chancelier d'Alançon, avecques douze ouquatorze tant gentilshommes de la chambre du roy que capitaines de gens d'armes, tels que le seigneur de Rochebaron, le seigneur de Bouttières, le seigneur de la Rochedumaine, le seigneur de la Guiche, le seigneur d'Allègre, messire Joachim de la Chastre, capitaine des gardes du roy, avecques plusieurs autres, jusques à cinq ou six cens chevaux.
Estant ledit grand-maistre arrivé à Douvres, trouva grand nombre d'évesques, gentilshom* mes et autres, envoyés de la part du roy d'Angleterre, desquels il fut recueilly fort honorablement et accompagné jusques à Londres. Audevant de luy sortirent de ladite ville mille ou douze cens chevaux, avec un nombre infiny depeuple,pourlerecueillir; lesquels l'accompagnèrentjusquesaulogis qui estoit ordonné pour sa personne, qui estoit à Sainct-Pol, au palais épiscopal de Londres. Deux jours après fut conduit par barques sur la rivière de la Tamise à Grenovich, trois milles au dessoubs de Londres, sur ladite rivière, auquel lieu le roy faisoit sa demeure, où il fut recueilfy par le roy et le
le roy le cardinal d'Iorc, lequel avoit la prhici- \ cardinal d'Iorc en grande magnificence. Or
XYI" siicLBy ChroD. et Mém.
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iault-il entendre qu'en toutes chose» ledit ciir-f dinal estoit honoré comme la propre personne du roy, et seoit lou^jourp à sa dei^tre ; et en tous lieux, où estoieat les armes du roy, o^es du cardinal estoient au mesmes rang : au qu'en tous honneurs ils estoient esgau^* Après que ledit grand-maistre eust exposé au roy sa léga^ tion, et après avoir esté festoyé par plusieurs jours, tant audit Grenovich qu'à Londres, fut conduit par ledit cardinal en une sienne maison qu'il a voit bastie nouvellement, à neuf milles au* dessus de Londres, sur la rivière delà Tai^iseï nommée Hantoncourt. Auquel lieu luy et toute sa compagnie fut, par quatre ou cinq jours, festoyé de tous les festimcns qui se pourroient souhaiter V a vecques riches tapisseries et vaisselle d'or et d'argent en nombre presque innumérable. Estant de retour à Londres, luy fut par le roy d'Angleterre, le jour de la feste Sainct-Martin, faict un festin en sa maison de Grenovich, autant magnifique que j'en vey oncques, tant de services de table que de mommeries, masques et comédies; auxquelles comédies estoit madame Marie aa fille, jouant cUe-mesmes lesdites comédies. Puis après avoir fait présens à un chacun, donna congé ledit roy d'Angleterre à mondit seigneur le grand-maistre, lequel laissa ledit seigneur du Bellay, évesque de Bayoa-* ne, ambassadeur pour le roy devers ledit roy d'Angleterre , pour entretenir les traittés. Estant mondit seigneur le grand-maistre de retour, feit rapport au roy des choses par luy n^ciées, qui feurentfortà son ^contentement*
Vous avez ouy par oy -devant comme le seir gneur de Lautrec avoit pris congé du roy pour marcher en Italie, qui avoit esté environ la Sainct-Jean. L'eippereur, pour lors estant en Espagne, adverty de ladite entrepriae et dudit parlement, feit arrester prisonnier l'évesque de Tarde, depuis cardinal de Grantmont, kqael estoit ambassadeur de la part du roy devers Sa Majesté, avecques les autres ambassadeur» des alliés et confédérés en la saincte ligue. De quoy le roy et le roy d'Angleterre son bon frère ad ver* tys, firent arrester pareillement les ambassa* deurs dudit seigneur empereur, et dépeschi^ rent Guyenne, roy d'armes du roy, et Clarenoe, roy d'armes du roy d'Angleterre, de la part de leurs deux Majestés, pour de leur part aller defQer l'empereur,* mandaus premièrement à kurs ambassadegycs, qui 4^pm avgie^t ^té fm
€|i Ubmiétde prendre oengé d«^ fleigneifr««4)ereur, et de se retirer devers leursdites Majestés. I^adite dépesche foie te, et le roy ayant eu nouvelles comme ses ambassadeurs estoient en liberté et sur leur retour^ manda quérir l'ambassadeur de rempereur« pour luy foire entai* dre les occasions qu'il avoit eues de aa r^entioa» se plaignant de |)jlusie«r« autres torts qui Ivry avoient esté faicts par l'empereur son maistre. fx pour cest effect, le vingt-buiotieame jour d» oaars l'an 1527, levant Paaques, le roy eatant en sa bonne villa et cité de Paris, aoewipagaé des princes de son sang etautresprinoe6,prélats et seigneursi tant de son royaume qu'estrangers estans pour lors en aa cour« et senblablement les ambassadeurs des princes et potentats estans autour de luy , feit venir devers Sa Molesté l'ambassadeur de l'empereur^ noauné maistre Nicolas Perrenot, seigneur de Granvclîe. Iceluy Granvelle, après avoir {aict la révélée au roy en la présence des desausdits, luy remunstra que depuis trese jours, par l'adrease de maosLeor le grand-maistre de Franco, il avoit reeeu leUres de l'cynpereuri son naturel et aouveraîa aei* gneur) du sq^tieame du mois de février, eonteiw^tes que measieurs les aqibaasadeKprs du roy {ivOieDt, le vingt-unksme jour de janvier, pria eongé de aendit maistre, el le lendedoaia, le vingt -deuxieame* lie héraull hiy avait, de par ledit seigneur, Intioié la guerre et defiié ; et qu^à ceate cause luy mandoit sondit maiUre ëe pren* dre congé du roy le phu tosi qu'il pourroit, et s'en retourner devers luy; et deaplaiaeit aedit ambassadeur que les choses lussent paaeées &x ees tenue», ainsi ealongnées, et eiiseï faon éa chemin et moyee d'établiaaeoaent de paix el amitiés laquelle sondit eiaistre avoit tousjoore désirée et espérée, attendu ledit traitlé de Me^ drid, dont a'estelt ensuivie la délivrance du roy; et avoit tenu ledit ambassadeur la main de tout aoe pouvoir et devoir au bien de ladite peix* Mais puisque l'oB estoit venu à caste riguew^ que, obéissant aubon plaisir de sendit maistre, il suppBoit au roy luy donner congé, kiy requérant qu'il le hiy vaiihiAt oetroyer aveo beo et suffisant sihuf-collduit, pour en liberté et setn^é retourner vers aofeidit vuiiMre* coMme la reiaeii ft bpnoesteté le vouloienl, et avoit lousjours esté faict et observe pAr les princes magnanlmes et vertueux ^ et qu'il ne pensoit avoir faict« dncdot si4ite lé^fttion» chose pour bailler occe^
floa cf ^ fiifre ammmnn : et néAtitmokis 9} de BOB- parliautiev el priTé cndr^iel il avoit esté ennuyeux, oa t'y fost roehileai^t cendniot, itsnpipliirit a9 roy Texoiiser , et le hty pardonner, €B le Bereianl de l'honaeur qoe hiy , meaBietii^ de m eowr et autres de son royaume^ luy afeieat lateè durant ta légation. Cet propot iiiit^ le roy, de ta propre iMuehe, kiy paria CD ee^e manièt e :
« MoDâeur Painbiittadear, il m'a di^spleu et éespialai trè» fert que j'aye esté oomtaint de se YOiistmilter jutqves icy si gracieusement et faaaiaiiieineDt que, par le bon ei bonnette offlee ^ yoi0 arez fcici estant pa9-deçiautei»r de Hi9y , TOUS avez très bien mérité ; où je vtieil bien (ûrt que vous estes toliqourt aquUlé, tant à Phoueur de vostre tnaiAre et contentement d'iA eliacan, que je suis tout asteuré qu'il n'a tenu à voQs que les choses ifayent pris autre fio^ itsae qu'eUes n'ont peu 6tire, pour le bon lèk et affection que je tous ay tonjoura cogneu afvoîr au Wea de la paix, conduKite et addressemoal des choses ; en quoy je ne fay doubte qne veut nfayez tcMBJoors &fct veistre bod et loyal derohr. Mais ayant entenda ce que Fempereur vostre maÎBtre aToit eonanandé, contre tout droid tant dmn qif humain, esive ftiiet à mes ambassadeurs, et à tous cetfx de la Hgue estant par devers luy pour le bien de la paii, et eon*' tre tootes bcMnâes eonstumes qui jnsques icy oit etté gardéet et obserrées entre les princes, noa seulement cfamtiems, mais aussi infidelles, il Bi'a aendlrié que je.ne pouvoisrlen molÀs feirey poor le devcér que faTois à metdltt ambastadeors prias ccmtre raison et détenos, qae de fainedeTout )esi»id^lable , eneores que je n'eusse Meane envie de voiMrmaltraitler, pèor les rai* 8tas dessascMes. Peur lesqodlet, et ponr le de* iw auquel en ce taict vous estes ms, je toxÉA avise, monsieur Famfeassadeiiv, qu'outre ee que jepeate que vostre maiatre ne fautdra k reu» te léGompenser, vous estes asseuré que Hi ei^ je voQs pourra^ parttéaKèrement en aucane choee ikire plaisir, je le feray d'aussi^ bon cueur fœ vous voudriez valets vouloir ftmre requérir.
« Etpeur satisfiûre et revendre à ce que vos*- M maistffe a dit de bouche à Guienne et Cla^ feaee, reys d'armw du roy àion bcoi frère perpétuel et meilleur aUiéy et de moy , sur Fintt^ mation de la guerre qui by a esté fiiicCe de par BOat, qui conatatooi huîct ppinets , je vpeii bien