‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 280 sur 428 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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avoient comhatm en combat esgal : si est-ce qu'estant sorty renfort de nostre camp, les ennemys furent repoulsés jtisques dans leurs barrières. Durant ce temps le seigneur Rance de Cère, lequel depuis le retour de Sardaigne s'estoit toujours tenu avecques l'armée des Vénitiens et du due de Milan en Lombardie, fut mandé par le roy d'aller à Maples pour luy faire service, parce qu il avoit le moyen de ce faire pour avoir la part Ursine à son command^nent* Et à ceste fin, ledit seigneur Rance alla à Port- Hercule, auquel lieu 11 trouva messire Nicolas du Bellay, chevalier de Rhodes, lequel , avec* ques deux gallions et quelque fuste qu'il avoit, embarqua ledit seigneur Rance, et le descendit à Nolle en seureté.

Arrivé qu'il fut en nostre camp, il trouva lat mortalité telle que les deux parts de l'armée estoient mortes ou malades , et entre autres de mort le comte de Vaudemont , le seigneur de Gruffy, et plusieurs autres capitaines, et lesei^ gneur de Lautree malade : toute$foys il dépes-* cha ledit seigneur Rance pour aller h l'Abruzzi) lever gens nouveaux pour reireschir nostre ar-^ mée, délibérant ledit seignaor de Lautree nKHSh rir S(sr le lieu plustost que se retirer un pas; aussy, luy vivant, les ennemysn'entreprlndrenl jamais d'assaiHir nostre camp. Le seigneur Rance avoit charge de (Mrendre argent en FAbruzie pour soldoyer des hommes, mais ft trouva des trésoriers quin'avoientun Bàrd par leur dire; par ^pioy fut contraint de se joindre avecques le seigneur néapolitaia, fib du fen seigneur Jean-Jourdan Ursm , qui avoit levé des hommes pour le service du roy à ses despcns. Ilfiitdit que ceux qui avoient k charge pour le roy en l'Abruzze avoknt mangé lee^ niers, et mesmes la Foucaudièrey auquel le se»* gaeur de Lautree en avoit donné la charge : aussi, estant de retocur de Maples, il en fut pri* sonnier, mais, par le moyen de Antoine da Prat, chanceher, d en esohappa. Vous avex oay cy-devant comme le prince de Bielphe avoit esté pris dans sa ville de Melphe, biâant bîen aooi devoir; aussi avoient esté pris sa feume et ses enfrms. Ledit prince de Me]^[^ avQît envoyé par plusieurs fois, devers Fempeeeur, le snp-*. pliant de le secourir pour payer sa raafon^ Imy remoQstrant la perte qn'ii avoit faictei de sa ville et de ses biens pour le service de Sa M^esté^ mais voyant que l'empeMur n.'^ t^

soit compte, fiit contraint de prendre le party du roy , lequel le mist en liberté avec sa femme et ses enfans : par quoy, ayant renvoyé à Fempereur son serment , le seigneur de Lautrec le dépescha pour faire levée de qudque nombre d'hommes , tant de pied que de cheval , pour aller assiéger Galette} ce qu'il avoit £aiict> et la tenoit de près. Durant ce temps, de jour en autre , à la veue de nostre armée de mer, André Dorie mettoit vivres et refreschissement dedans Naples.

Le roy, adverty que le duc de Brunsvich marchoit pour secourir Naples avecques douze mille lansquenets et bon nombre de cavalerie , et desjà estoit passé le pas de Trente ; aussi adverty comme Antoine de Lève avoit repris Pavie sur le duc Sforce, et que les Impériaux commandoient en toute la campagne, nonobstant Tarmée des Vénitiens et dudit duc de Milan, dépescha le comte de Sainct-Pol avec une armée de cinq cens hommes d'armes et cinq cens chevaux légers soubs la charge du seigneur de Boisy , et six mille hommes de pied soubs la charge du seigneur de Lorges, et trois ou quatre mille lansquenets soubs la charge du seigneur de Montejean ; et de la gendarmerie y avoit la compagnie dudit comte de Sainct- Pol, décent hommes d'armes; de monsieur de Chasteaubriand, soubs la charge du seigneur de Montejean, de cent autres ; cent de la compagnie du grand séneschal de Normandie, de laquelle estoit lieutenant le seigneur d'Annebault; le seigneur d'Allègre , cinquante hommes d'armes, et cinquante de monsieur de Boisy.

Le roy feit commandement audit seigneur comte de Sainct-Pd, qu'au cas que ledit duc de Brunsvich marcheroit à Naples pour la secourir^ qu'il se meist à sa queue, et se vinsi joindre avecques monsieur de Lautrec : mais, passant les montagnes , ledit comte de Sainct- Pol eut nouvelle comme ledit duc de Brunsvich, par fauke de payement, s'estoit retiré en Allemagne avecques ses lansquenets. Par quoy il advertit l'armée des Vénitiens, de hiquelle estoit générai Francisque Marie de la Rouère, ducd'Urbin, pour se venir joindre avecques luy ; et, en l'attendant, mdt en son obéissance toutes les places que tenoient les Impériaux entre le Pau et le Tésin, jusques à Pavie, auquel lieu de Pavie se vint joindre l'armée vénitienne: lesquek, estans assemblés, conclurent d'assail*

lir la ville de Pavie , parce qu'dle estoit d'importance , pour estre assise au milieu du duché de Milan. Après laquelle délibération le comte de Sainct-Pol l'assiégea d'une part, et le duc d'Urbin d'une antre. Antoine de Lève, cuidant donner faveur aux assiégés , se vint camper à Marignan : toutesfoys , cognoissant qu'il n'estoit suflisant pour nous combattre , et craignant , pour sauver l'un , perdre tous les deux, se retira dedans Milan.

Le comte de Sainct-Pol et le duc d'Uri)în, après avoir faict brèche raisonnable , estans en dispute à qui toucheroit de donner Fassault (car les Vénitiens disoient leur appartenir, les François au contraire), enfin fust arresté que les deux cheb jelteroient le dé , pour venir i qui toucheroit le sort d'assaillir le premier : la fortmie toucha pour les Vénitiens. Le seigneur de Lorges voyant lesdits Vénitiens trop longuement temporiser d'exécuter ce qu'ils avoient gaigné au hazard, s'amusans à escarmoucher de loing à coups d'arquebouzades, se jetta entre eux et la brèche, et donna droict à la(&te brèche; de sorte que, devant que les Vénitiens eussent mis les armes au poing, la ville fut prise d'assault. Auquel assault ledit seigneurde Lorges montant le premier, avoit prins près de luy le capitaine Florimond de Chailly et le seigneur de Grandzay , pour estre à ses i&ix costés, pour le favoriser et soustenir là où besoing seroit; lesquels y (urenttousdeux tués; aussi fut l'enseigne qui marchoit devant luy : mais soudain trois autres reprindrent leurs places, tellementx|u'il força la brèche. Le seigneur Pètrc de Birague et Pètre de Boutigères, estant cheGi dedans la ville, se retirèrent au chasteau, lesquds deux jours après se rendirent.

Durant ce temps, environ la fin de juillet 1528, la mortalité se renforça dans nostre camp devant Naples, tellement qu'en moins de trente jours de vingt-cinq mille hommes de pied n'en demoura pas quatre mille qui pussent mettre la main aux armes; et de huict cens homsies d'armes n'en demoura pas cent. Et mesmement y mourut le seigneur de Lautrec, le comte de Yaudemont, le pnnce de Navarre,nouvellement arrivé; le seigneur de Toumon et son frère, messire Claude d'Estempes, seigneur de la Forte Nabert ; le seigneur de Neigre Pellisse , le sdgneur de Laval de Dauphiné, le baron de Grantmont, le seigneur de Graffi, le seigneur

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