‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 281 sur 428 · LIVRE IIÏ · texte numérisé non relu

LIVRE IIÏ

de Moriae , le seignecir ae Montdragon , capitaine de l'artillerie ; le seigneur du Croq, le seigneur de la Chasteigneraye, le seigneur de Candalle, le seigneur de Luppe, le seigneur de ComiUon, le seigneur de la Gnitture, le seigneur de Maunoury, le baron de Buzancés, l'aisné Jamac, le seigneur de Bonnivet, le comte Hugues de Pepolo, le baron de Conty, le comte Woif, et un infiny nombre d'autres bons personnages et soldats, et de gentilshommes qui y estoient aUés pour acquérir honneur, et sans solde ;' et une légion d'autres que je laisse, parce que ce papier ne sauroit suffire à les noilaitier. Si le roy eust secouru ledit seigneur de Lautrec d'hommes et d'argent» ainsi qu'il pouvoit faire, il fnstdemouré possesseur du royaume de Naples; car nostre armée fut ruinée par faulte d'estre refireschie.

Le roy ayant eu les nouvelles de la mort du seigneur de Lautrec, s'il en fut fasché il n'est besoing de le descrire, car vous pouvez estimer quel ennuy luy fut d'avoir perdu un tel personnage. Et pour luy faire l'honneur tel qui lay appartenoit, outre les honneurs qu'on a de coufitume de bireaux tieutenans de roy, luy .fist faire son service à Nostre-Dame de Paris, où assistèrent tous les princes du sang, en tel dueil que si c'eust esté pour monsieur le dauphin.

LeseigneurdeLautrec mort, Michel-Antoine, marquis de Sallùces, homme autant courageux , aymé et suivy des gens de guerre que nul autre, print charge de la conduitte de ceste armée ruinée. Par quoy , ramassant le surplus de ceux qui pouvoient porter les armes, fut conseillé de lever son siège de devant Naples , et se retirer à Averse, attendant le seeours que pourroit amener le seigneur Rence de Gère. Sur sa jretraitte, l'armée impériale sortit sur la queue ; mais il y meit si bon ordre qu'il se retira avec peu de perte de ce qui estoit avecques luy en son avant-garde. Or, ayant laissé le seigneur Pètre de Navarre à la battaille en forme d'arrière-garde, fut ordonné le seigneur de Pomperant, le seigneur de N^re-Pelisse, et le seigneur Paul-Camille Trévoulce, tous trois capitaines d'hommes d'armes des ordonnances du roy : cesdeux dernières trouppes furent rompues par ceux qui sortirent de Naples, et fut mené Pètre de Navarre à Naples , où il mourut. Estant le ttarquls arrivé au lieu de Averse , quand et XVI> iticLB I ChroD, ai Mém.

quand il fut assiégé des ennemys, où, après longue et furieuse batterie, fut blessé d'un esclat poulsé par l'artillerie, quriuy rompit le genouil; par quoy, se voyant inutile et sa playe rengréger, chercha moyen de sauver le resie des honmies qui estoient avecques luy, et feit la capitulation tdle, avec leprince d'Orenge, que s'ensuit :

•» Premièrement, est accordé que le marquis de Sallùces, incontinent la présente capitulation signée, rendra et mettra es mains du prince d'Orenge, ou ceux qui par luy seront ordonnés, la cité et chasteau de Averse , que pour ceste heure il occupe et détient au nom du roy, avec toute l'artillerie , munitions , vivres et autres biens qui sont dedans ladite cité et chasteau.

« lienij est accordé que ledit seigneur marquis, comme lieutenant général du roy, et le comte Guy de Rangon , demoureront prisonniers dudit seigneur prince, avec promesse de les bien traitter jusques à ce qu'ils soient en liberté ou autrement.

M Ilem, est accordé que tous les capitaines et gens de guerre qui sont en ladite cité, tant à cheval qu'à pied, hommes d'armes, archers, chevaux légers, tant françois qu'italiens, lansquenets, suisses et autres soldats, de quelque nation qu'ils soient, estans à ladite ville au service du roy, doivent laisser en la puissance dudit seigneur prince toutes les enseignes, guidons et banderoUcs, et toutes teurs armes. Et est accordé par ledit seigneur prince que tous les capitaines, lieutenans, enseignes, guidons, gens d'armes et chevaux légers, pourront amener quand et eux trois montures, comme courtaulx, roussinots et mulles, ainsi qu'ils verront pour le meilleur, sçavoir est l'un des trois ; et chacup capitaine, lieutenant ou enseigne de gens de pied, pourront amener un courtault ou mulle.

«« Item^ est accordé que les gens de guerre italiens ne feront aucun service de six mois prochains venans pour le roy ny ses alliés, ny autre, contre l'empereur, mais se retireront en leurs maisons, ou bien en autre lieu où bon leur semblera;' et les François, Gascons, Suis^ ses, et autres soldats, gens de guerre, capitai^ nés enseignes, tant de cheval que de pied, estans en ladite cité, s'en iront en leurs maisons, sans aucunement s'arrester en quelque lieu que

ce loit.

tisiè]

<i Item, est aeeordét et ainsi le promet ledit seigneur marquis, quUl fera tout son effort de faire rendre et mettre entre les mains dudit seigneur prince, ou à ses députés, toutes les places et villes fortes^ tant du pays de Calabre, de TAbnizze, qu'autre terre de Labour et de la Fouille ; et aussi toutes tes terres du royaume * de I*iaples qui se trouveront en la puissance du roy, celle des Vénitiens ou autres alliés ; et de remettre tout le royaume en la puissance dudit prince, comme il estoit alors que le seigneur de Lautrec le vint assaillir. £t s'entend que tous les capitaines et soldats qui sont aux fortes places et provinces jouiront des grâces desquelles jouissent ceux qui sont dans ladite cité d'Averse. Aussi promet ledit prince audit marquis de faire accompagner lesdits capitaines et soldats avecques seureté et bonne sauve-garde^ sans leur faire aucune violence ny iascherie, jusques aux limites du royaume ; et» de là en avant, ne sera plus obligé.

« Lesquelles capitulations lesdits prince et marquis ont promis et promettait, sur leur foy, obso'ver et garder^ et n'y point contrevenir en manière que ce soit; et, en vérité de ce, ont affermé et signé de leurs mains, et tait sceller du scel de leurs armes. Falot au camp impérial devant Averse, le trentienoe d'aoost 1528. ^

Les choses ainsi passées, le marquis fot porté dans une littière à Naples, où peu après il mourut^ aussi fut le seigneur Do et le chevalier Nicolas du Bellay. Ce fut une perte grande de la mort de ce gentil prince, car c'estoit un autant vertueux prince qui ayt esté de son temps, et autant aymé des soldats et gens de guerre. Dedans Averse mourut de maladie le seigneur de Pomperant, gentil capitaine. Une partie des nostresqui avoient santé se retirèrent à l'Abruzze, pour trouver le seigneur Rencc et le prince de Melphe, lesquels s'estoientjoîncts ensemble et s^estoient retirés dans Barlette et autres villes maritimes, lesquelles ils gardèrent jusques à ce que, par le traitté de Cambray, elles forent remises entre les mains de l'empereur. Autres se retirèrent le chemin de Rome, desquels peu se retirèrent jusques en France* pour la pauvreté qu'ils endurèrent par les chemins ; autres se retirèrent sur nos galères. Le seigneur de Burie et le baron de Gcantmont, ^ussi ceux qui estoieiit dedans le fort de Bas-

que, ayans touqotir^ gardé leur fbrt, quelques jours après, n'ayans espoir de secours, et commençans à avoir faim, capitulèrent; de sorte qu'ilssortirentavecqneslesarmes, roaisleditbaron, peude joursaprès, mourut do travail qu'il avait porté. Durant tous ces voyages, tant da marquis de Salluces, que de monsieur de Laii'» trec, que du comte de Sain<^-Pol, il y avoit bonne patience entre les pays de Picardie et lek bas pays de l'empereur, et toutes leurs frontières de par-defà, hormis quelque roupture qui avint Fhyver d'après le ptrlôiient du seigmur de Lautrec, qui ne dura que sept oo huict mois, que tout ne fiist rappaisé.

J'ay oublié à vous dire que le comte Guy de Rangon estoit sorti au camp impérial pour parlementer ; mais, estant sur Bon partemeot, crai de dedans firent la composition ey-devant dite« sans en advertir ledit comte ; par quoy il maintint qu'il n'estoit compris en la capitulatioa, et fut mis en lib^té par le jugement des capitaines. Le seigneur de Barbesieux« après avoir recueilly ce qu'il en peut charger, firït voile, et s'en alla Joindre avec les galèrte vénitieDocA pour aHer rencontrer André Dorin qui s'estoit jette en aaer pour destrousser le» François r»tournans de Naples; ma^ ayant desciNvert nostre armée qui est#ît joisete à ceHe des ¥énitiens, et ne se sentant suffisant pour les combattroi se retira près du cbasteuu de l'isiedlsche, auquel lieu noetre année fe tint assiégé deux jours sans Toser attaquer, pour le Keu avantageux oà il estoit ^ estant deffiaddu da cbasteau.

Cognoissant le seignetir de Baitoiicux, el aussi le général de l'armée vénhienne, que c'a»* toit temps perdu de euider combattre Mit in« dré DoriCi veu le Ueu fort où il estoit sargy à la garde de l'artillerie du cbasteau, firent vêite pour tirer le chemin de France ; mais les Ténitiens, estans en meTf abandonoèreot nostre armée, et se retirèrent en leurs j^orts. André Dorie, sentaal l'araée séparée^ feit voik, et se meitàlasuittedenoagilères, lesquelles estans arrivées à Genaes, et setftanÉ fu'André Derie estoit à leur suitte, abandonnèrent le port de Gennes, et prâdreBi la roupie de SavooK) mais ils furent suivia de si près q«it k patronne du capitaine Joncs fct invertie et prise par les ennemys. Et de la mesmes entreprinse ledit seigneur André Bom révolta fiennes, el

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