‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 282 sur 428 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

s'en feit sefgnear et maittre. Qnelqties autres navires, où estoit k seîgnear de Terme» et le fils aisné da seigneur de Serou et autres, pensa» se retirer à la Calabre, forent pris des Tures. Telle foi la fin de ceste armée tant superbe, laquelle Tingt-buict mois durant avott commandé à Titalie, la Romaigne et le royaume de Naples ; et, ne pouvant estre vaincue par les bommes, Dieu y mist la main, pour montrer qu'à hry seul appartient Tbonneur et la gloire des vict^res.

Les babitans de Capoue, def&illans de leur fey, scachans ^ue le seigneur Renoe de Cère marcbait avecques huîct ou dix ense%nes des gens du seigneur Néapolin Ursin, fils du seigneur Jean Jordan, pour se mettre dedans Capoue et <kmner faveur à nostre camp, aussi scaebans la mort du seigneur de Lautrec, adverttrent le seigneur Fabrice Maramault qu'il east à mardier avecques quelque nombre de gens de pied et decbeval, pour se mettre en embuscade près la ville en lieu à propos; et ils metteroient peine de le feiremaistre de leur ville, eid'en expulser les François; ce qu'il felt. Les Capouans ayans adressé leur trahiM>n, vindrent persuader aux François qu'il estoit besoing de fiiire une assaillie pour mettre du bestial dedans la ville, et autres vivres, avant que la nécessité y vinst, et qu'Its avolenl moyen de ce iiire. Les François voyans qu'il y avoit grande apparence à leur dire, sortirent ; mais voulans rentrer, trouvè)*ent les portes fermées, et que les Capouans avoient mis par Tauire porte le seigneur Fabrice dedans ; par qooy cbacun r&garda à se retirer au lieu qui luy sembla plus à propos pour sa sauveté. Nolle et les autres ▼IHes feirent le semblable, car ils mirent les ennemys dedans, voyans la rume tourner sur nous.

Le comte de Sainct-Pol, adverty de la révolte de Gennes, espérant par diligence la pouvoir recouvrer, partit du ducbé de Milan avecques trois mille bommes de pied, et quelque cavale rie pow les soustenrr, et marcba drotct à Gennes, avecques promesse d'aucuns de la hiy faire surprendre; mais ayant failly son entreprinse, et nos gens repoulsés de l'assauli de la ville, ht contraint de se retirer, parce qu'il n'avoit mené artillerie ny porté vivres que pour vingts quatre heures; puis, se voyant estre desfà bien Uvant en l'byver, et son armée fort travaillée,

se retira en Alexandrie pour hy veihfier Pendant ce temps le seigneur Théodore Trévoulce, par fiiulte de vivrw, fat contraint de rendre le chasteau de Gennes, sortans luy et ses hommes leurs bagues sauves.

(1529). Les Gennois, ayans le chasteau entre leurs mains, marchèrent à Savonne, dont estoit gouverneur le commandeur de Morette, laquelle ville, peu de jours après, il rendit entre les mains desdits Gennois, non sans en estre fort blasmé, parce que le ccmite de Sainct-Pol marchoit en toute diligence pour luy donner secours. Estant doncques Savonne entre les mains des Gennois, rasèrent la forteresse et gastèrent le port, pour avoir meilleur moyen de la tenir en subjection. Le comte de Sainct-Pol, ayant tousjours devant les yeux la perte de Gennes, cherchoit tous les moynis à luy possibles de la pouvoir recouvrer. Par quoy , e^ant adverty que ladite ville estoit mal pourveue d'hommes, et mesmes que le plus du temps le seigneur André Dorie se tenoit en un sien palais hors la ville, dépeseha le seigneur de Montejean avecques -une trouppe d'hommes, pour aller assaillir ladite ville: et cependant un capitaine italien, nommé Yalsergue, avecques une autre trouppe, devoit aller surprendre ledit André Dorie dedans son palais, hors la ville; mais ils forent si mil guidés quéle jour les svrprint avant que d'arriver audit lieu. A ceste cause, ayans failly à l'une et l'autre en* treprinse, se retirèrent, sans perte et sans gaing, en Alexandrie.

Peu de temps après, estant venue la primevère, le comte de Sainct-Pol, avecques si peu d'hommes qui luy estoîent restés (parce que la plus grande part s'estoîent retirés en France, pour rhy ver et les maladies), se jetta en campagne, et marcha dn^ à Morterre, laquelle ville il print de force, et tailla en pièces tout ce qui estoît dedans. Le comte PbUippes Tourniel, de ce adverty, abandonna Novare, et se retira à Milan r par quoy le comte de Sainct-Fol remist en son obéissance ladite viKe, et toutes les dépendances d'iceltes.

Le due d'Urbin, adverty que nostre année estoit en campagne avecques l'armée vénitienne dont il estoit chef, passa la rivière d' Adde^ et se vint joindre à Marignan avecqvies nostrt armée; aussi firent ceux de la part du duc SIsrcew

Estans les armées assemblées audit Heu dt

Marignan, cognoissans n'estre sufBsans poar assaillir Milan, mesmes qae la gendarmerie françoise, qui s'estoit retirée Fhyver en France, n'estoit encore de retour, et qu'il estoit entré dedans Milan trois mille Espagnols du renfort» fut conclud que Tarmée vénitienne se retireroit à Cassan, Farmée des François à Briagras, et celle du duc à Pavie, afin que chacun de son costé mist peine d'empescher de mener vivres en la ville de Milan, laquelle en ce faisant en peu de temps seroit affamée, parce qu*à dix milles es environs il n'y avoit rien labouré. Suivant ladite conclusion, les Vénitiens se retirèrent à C§LSsan, et le duc à Pavie et à Yigevène. Mais le comte de Sainct-Pol, ayant tousjours les affaires de Gennes en fantaisie, changea d'opinion ; car, lais'sant le chemin de Biagras, print le chemin de Landrian, qui esta douze millesde Milan, et y arrivale samedy; mais toute lanuict ilfeitune pluye si extresme, que la rivière, qui est fort petite, devint si grosse qu'il n'y eut ordre de &ire passer l'artillerie; par quoy on fut contraint de séjourner le dimanche. Auquel jour Antoine de Lève, estant adverty de ce faict, partit de Milan sur le soir, et avecques toutes ses forces vint planter son armée près de la nostre devant le jour, sans que nos gens en eussent la cognoissance.

Le comte Hannibal de Nugolare ayant charge de deux cens chevaux légers, et le capitaine Piton avecques pareille chaîne, avoient esté ordonnés pour cognoistre les chemins venans de Milan, et entendre si de la part de l'ennemy rien se remuoit, lesquels trouvèrent la peiste de l'armée impériale; mais ils ne la suivirent, ny advertirent les nostres, et, à ce qu'on dit, par jalousie l'un de l'autre, prindrent autre chemin qui ne leur estoit commandé : qui fut la ruyne de nostre armée ; car le comte de Sainct- Pol , se rei)osant sur lesdits quatre cens chevaux légers, n'y avoit autrement pourveu.

Le lundy matin, estant la rivière retirée, de sorte qu'on pouvoit passer, monsieur de Sainct- Pol feit passer l'artillerie et tout le bagage et carriage, pour marcher droict à Pavie, se reposant sur ledit comte Hannibal et Piton , comme dit est, estimant le pays estre bien descouvert ; mais, sur la fin du passage, une pièce d'artillerie demoura embourbée : par quoy mondit iwigneur de Sainct-Pol demoura luy-mesmes avecques si peu de gendarmerie qu'il avoit, et

Dt) ËELLAY, [1

environ quinze cens lansqueoeUioabsl&f du capitaine I^tcolas de Rustieis, dit le et commanda d'abattre une maison] des chevrons pour mettre soobi k faire passer ladite pièce. Mais, estitf j songné pour cest effect, luy sonriati de plus grande importance; car àl l'arquebouzerie espagnole fat sur quelle, de prime abordée, fut par darmerte rembarrée dans le bataShl AUemans; mais se trouvant un fond entre les François et les arquebouzerie se retira derrière kditi où il y avoit un pas de trente ou de large. Les lansquenets françoisl et de grande furie repoussèrent ce de là le canal : par quoy furent se retirer hors du danger desdits i Le soir précédent, avoit esté comte Guy de Rangon, ayant chargea garde, dès le matin pr endroit le ( ce quMl fit, de sorte qu'il n'eut combfit qu'il ne fust à Pavie en le comte Claude de Rangon, aveclil qu'il avoit sur la queue, y fit bien Jean Thomas de Galleras et le des, colonels de gens de pied it le combat, par autre chemin se Pavie, laissans combattre ceux qs' envie. Cetempspendant,quelqQei cavalerie passa le canal, laquellel par si peu de gendarmerie que nou^ fut porté par terre messire Jean de < guidon de monsieur le grand-f mandie et autres sept ou huict a^ et furent pris. Alors nos AUemans traints de se retirer vers une bataille avecques monsieur de mieux qu'il leur estoit possible trainte du lieu. Mais tout en m Valérie ayant passé le pasavecnnj d'AUemans, vint charger monsieorj Pol de telle furie qu'ils luy firent) la cassine ; et nos AUemans, se v( sans plus d'espérance de combat, ni aux AUemans impériaux pour sai

Le comte de Sainct-Pol et le nebault, avecques si peu de leur resta, commencèrent leur jours toumans visage; mais,estansi ques à un quart de miUe, trouvèi^t'

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LIVRÉ III

d'eux an canal» lequd le seigneur d'Ânnebault passa; mais le comte de Sainct-Pol, pour la foiUesse de son cheval, demoura dedans, et là tout ce qui estoit demouré avecques luy (ut pris ou tué ; entre autres ledit comte de Sainct-Pol, le seigneur Jean Hiérony me, castelan, nouvellement revenu de Naples, le comte Claude Rangon, furent pris et menés en une cassine près de là, où estoit le seigneur de Lève. Le seigneur d*Annebault, avecques si peu de gendarmerie qui avoit passé le canal avecques luy, tourna vers la ladite cassine par autre chemin, et donna alarme aux Impériaux, I>ensant recouvrer ledit comte Sainct-Pol ; mais voyans qu'il n'y avoit ordre, se retira à Pavie, ou estoit Tannée du duc ; et le seigneur Antoine se retira à Milan avecques ses prisonniers. Telle fut Tissue de ceste armée. .

Pendant que ces afihires se passoient ainsi en Italie, madame Louise, mère du roy, et madame Marguerite, tante paternelle de Tempereur, traittoient ensemble pour (aire une paix génà'ale entre les deux Majestés; et avoient tant travaillé pour cest eflect, que le jour estoit prins de se trouver elles deux à Cambray avecques le conseil de Fempereur et du roy, auquel Ûeu ils se trouvèrent environ la fin de mai 1529. Estans doncques lesdites princesses arrivées à Cambray avecques tout pouvoir desdites Majestés de conclure une paix finale , après avoir esté trois sepmaines ensemble, et plusieurs dioses débattues tant d'un costé que d'autre, estans quelques fois les affaires prestes à conclure, autrefois désespérées, enfin fut traittée une paix, par laquelle fut dit que le roy payeroit pour sa rançon à l'empereur deux millions d'escus d'or, desquels en seroit fourny douze cens mille escus alors que l'empereur mettroit les enfans du roy en France et en liberté ; et seroient baillées pour quatre cens mille escus, raeheptables dedans un temps , les terres que madame Marie de Luxembourg, mère du duc de Yendosme, avoit en Flandres, Artois, Brabant et Hainault, et aussi les terres qu'avoit dedans lesdits pays le duc de Montpensier, cousingermain dudit duc de Yendosme. Et pour les autres quatre cens mille escus restans desdits deux millions, le roy de voit acquitter l'empereur de pareille somme envers le roy d'Angleterre; car ledit empereur estoit obligé envers icekiy roy d'iUiglete^ en quatre cens mille

escus, à cause de prest, pour sêureté de laquelle somme l'empereur estoit tenu de bailler audit roy la ville de Sainct-Omer et celle d'Aire en gage; chose qu'il n'avoit foumye. Et, outre lesdits deux millions de rançon, le roy devoit acquitter l'empereur envers ledit roy d'Angleterre de cinq cens mille escus, en quoy l'empereur luy estoit redevable pour l'indemnité du mariage d'entre ledit empereur et madame Marie, fille dudit roy d'Angleterre, ayant depuis lesdites obligations pris en mariage la fille de Portugal, et laissé ladite Marie; car, passant l'empereur par l'Angleterre pour aller en Espagne, après le trespas de Ferdinand , roy d' Arragon , son grandpère, il avoit promis espouser ladite madame Marie, et, au cas de débult, devoit payer audit roy d'Angleterre cinq cens mille escus d'indemnité. Et outre, parce que le roy don Philippe, père de l'empereur, passant en Angleterre pour aller en Espagne, avoit engagé au père du roy d'Angleterre, pour cinquante mille escus, une fleur de lys d'or enrichie de pierreries, où y avoit de la vraye croix venant du bon duc Philippe de Bourgongne, le roy la devoit dégager, et la rendre audit empereur. Et devoit le roy quitter la souveraineté de Flandres et Artois, et espouser madame Aléonore, sœurde l'empereur; et en cas qu'il en vinst enfant masle, il devoit avoir le duché de Bourgongne. Et devoit le roy quitter à madame Marguerite de Flandres ce qu'il avoit droict de prendre sur la seigneurie de Salins ; et devoit le roy contenter les héritiers de feu monsieur de Bourbon de sa suecession, encores qu'il l'eust confisquée. Les traittés ainsi conclus, fut pris jour de se trouver, au dixiesme de mars subséquent, àBayonneet à Fontarabie, pour exécuter le contenu d'iceux; et quittoit le roy ce qu'il prétendoit au duché de Milan et au royaume de Naples : ce qu'il ne pouvoit, parce que desjà c'estoit chose acquise aux enfans de France par la succession de madame Claude leur mère, fille du roy Louis douzième, duc d'Orléans, duquel dépendoit ladite succession de Milan, à cause de madame Yalentine, son ayeule.

Ces choses ainsi accordées, fat envoyé le seigneur de Langey en Angleterre, pour traitter avecques le roy d'Angleterre de neuf cens cinquantemille escus, tant pour lesquatre censmille escus, et pour les cinq cens mille escus de l'indemnité, et des cinquante mille escus pour la

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fleur de lys, dont le tùy estoit tenu d'acquitter r«mpewuç envers tedit roy d'Angleterre ; cho«o qui fut oiali^ijtéd à conduire, pour le mal coot«nteineat gu'avoit le roy d'Angleten^ pour n'avoir epté appelle auxdita traitté^,

Or est- il qu'alor« ledit roy d'Angleterre vou-^ lait répudier madame Catherine sa femme, tante de l'empereur et fille du roy d'Espagne, disant, comme il estoitvray.qu'eUeavoit premièrement eapousé son frère aisné , et que le pape ne pou* voit dispenser uno femme d'avoir es^xHisé les deu^ ferres ; mais, estant empescbé par l'empereur et ses ministres, n'en pouvoit venir à bout. Qui fut cau^e qu'enfin il se ramodéra du maloontentement qu'il avoit du roy, espérant que par le moyen dudit seigneur de Langey, qui estoit fort fevorisé aux universités tant de France. Itulie, qu'Allemagne, il pourroit obtoiir ce qu'il dem^ndoit (ainsi qu'il feit, tant à Paris que par les autres universités de France, aussi à Favie« Padoue, Boulongne la Grasse, et di* verses facultés), qui estoit de &ire déclarer par lesuniversités qqe le pape ne le pouvoit dispen* ser dudit marûtge, comme estant de droict di-^ vin. Par quoy, pour venir à ses fins, accorda audit seigneur de Langey plus que le roy ne demandoit { car les quatre cens mille escus, qui estoit l'une des principales sommes des deux millions qu'il faUoit bailler comptant, il les prestn au roy à payer à cinq années ; les cinq ce^s mille escus d'indemnité, il lesdonna an roy; et à son fiUueil Henry, doc d'Orléans, il donna la fleur de lys, qui estoit cinquante mille escua. Le^ choses ainsi accordées, le roy d'Angleterre envoya quand et ledit seigneur de Langey, maistre Briant, gentilhomme de sa cham* bre , lequel apporta avec luy toutes les obligations» quittances et autres pièces nécessaires, et mesmiss ladite fleur de lys« pour le tout fournir quand le temps en seroit.

(1530) ie roy, estant asseuré du roy d'An* gleterre, au commencement du mois de fevrier s'en alla à Blois pour acheminer toutes choses à Q^ qu'au dixiesme de mars lors ensuivant ses députés se trouvassent à Bayonne, pourveus d» ce qui lemr estoit nécessaire. Et, pour exécuter les choses traittées et accordées , esleut le sel^ gneur de Uontmorency gr and-maistre et mareschalde France, auquel il avoit toute fiaaeow Lequel» ayant pris ceste charge , s'achemina à ]$qr4s4ia et à B^yonoe^ luy ayant le lo; donné

tout pouvoir de foire et aoccntler, comme s'il y estoit en personne ; et avecques luy l'arcbevesque de Bourges, qui fut faict cardinal dé Tot]^ non;et grand nombre de la noblesse de Franei (manant ledit seigneur de Montmorency quand et luy les douze cens mille escus que le roy estoit tenu de lui livrer comptant). Arrivé quHl fut à Bordeaux , aussi y arriva maistre Briint en poste, conduit par le seigneur Martin du Bellay, frère du seigneur de Langey, parce qu'icetuy seigneur de Langey estoit demoart pour le feict du roy d'Angleterre oi-dessns mentionné, pourveus de tout ce qui estoit nécessaire à fournir de la part dudit roy d'Angletme. Au dixiesme de mars, ainsi qu'il estoit promis, arriva mondit se^igneur le grand-maistre à Bayonne ; aussi feit le connestable de Castillet Fontarabic, et avecques luy le seigneur du Prat, chevalier de l'ordre de l'empereur, ayans toute puissance de sa Majesté. Ëstans tous arrivés ao lieu ordonné, convinrent ensemble pour trouver le moyen de la forme de faire Teschange de messieurs les enfans avecques l'argent, ^ seureté d'une part et d'autre, car chacun se defBoitde son compagnon. Enfin, toutes choses débattues , ftit conclu que les douze cm$ mille escus, en la présence des gens à ce députés de la part du connestable de Castille, seroient nombres et mis en des casses de bois , en ehacune casse vmgt-cinq mille escus ; puis seroient emballées lesdites casses, et scellées des sceaux desdits députés, et pareillement des députés de la part de monsieur le grand4iiatstre, et seroient lesdits escus tous esprouvés ; et pour cest e^el escient venus les maistres des monnoyes d'£^ pagne et de France; qui fut chose longue, de sorleque cela dura près de quatre mois. La cause de ce long séjour flit que le ebaneelier du Prat lequel , au traitté de Gambray , avoit plus Fereille de madame la régente que nul autre, persmdé par quelques gens des moimoyes, meii en avant ( encores que les députés de ^empereur fassent eontens de prendre les escus marchans et ayans cours ), pensant faire le prouffit du roy, qu^on mist lesdits escus au marc et à Taley; de sorte que , les prenant à Taloy, et fondant teS' dits escus, se trouvoit grand intérest ; si que ïnabtement, pour demeurer d'accord , fol htM aux députés de l'empereur quarante nuHeescus davantage, pour les intéreats de Faîoy sur la somme de douze cens miBe escus. .

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Il y a une rivière^ venant des montagnes de Navarre, qui vient toniber en la mer« passant tout an long des marailles de Fontarabie, laquelle rivière sépare la France d'avecqnes la Bisqnaye, et y reflotte la mer denx fois le jour : delà Teiiue est assise Fontarabie; deçà l'eaue y a nn village françois, nommé Andaye. Il fut ordonné qu'à my chemin de Fontarabie et An-daye il seroit mis un bac, pareil de ceux qui servent à passer les chevaux sur les rivières en France* lequel seroit enfoncé en forme d'un pontcNA par dessus; et parce que ladite rivière, quaikl la mer est retirée* est si petite qu'elle se passe aisément à gué, Ait ordonné qu'à chacun eoing dudit ponton seroit un gros cable, et à chacun eaUe un ancre» en sorte que, reHottant la mer, elle lèveroit ledit ponton jusques à la hauteur de Teàue, qui tiendroit ferme à catise desdita cables et antres ; et y auroit au milieu dodk pOnton ime barrière, à ce qu'arrivans les batteaui'Sux costés^ les François passeroient d'un eosté de la barrière, et les Espagnols de Fautre/Etdevoit avoir m(mdit seigneur grandmaistre, partant de Sain<^t-Jean-de-Luz pour venir audit heU d' Andaye, pour la seureté de son argent» quatre enseignes de getis de pied et deux cens chevaux; et le codnestable de Castille, delà Teaiie, pareil nombre, pour la garde de noessiears : et seroit permis à monseigneur le grand-màistre d'envoyei* six gentilshommes fraoçois par tout lé pays de Bisquaye et de Navarre, pour eognotstre Si aucune assemblée s'y ferolt ; et devoit avoir pareil nombre le con* nestabk de CastiUe en France* Plus, fut permis que ks François pourroient envoyer librement courriers en Espagne, et les Espagnols en France : et se devoit faire le passage en la sorte que je v^us diray. U devoit avoir une barque dedans laquelle seroient mis les douze cens mille escus et la fleur de lys, avecques les oMi^ gatiods d'Angleterre* «u eosté de devers Andaye; et devoit eslre dedans le seigneur de Uootmorency^ grand-maisire de France* ac^ compagne de doute goitilshomittes firançois, chaôtn la eippe* Fespée et le poingnard, sans autres âmes* et douze baftehers francois tirans la nuae« Pitis devoit avoir tme autre barque firànçoiae à Femboui^ment de la mer, et ilne espagnole, pour recognoistre chacun 4t sa part si rien s'innovoit du eosté de k mer; et an ^tissus de la rivière, devers Bânaidue et Saincte*

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