‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 283 sur 428 · LIVRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE IIL

Marie, devôit pareillemoit avoir deux batteaux i pour pareille seureté de la venue de la rivière* Pdis devoit avoir devant Fonurabie une barque de pareille grandeur que celle où seroient les dooze cens mille escus, et dedans ladite barque devoit avoir du fer à raison de la pesanteur desdits douze ,cens raille escus, dans laquelle dévoient estre messieurs les Enfans et le coh^ nestable de Castille, avecques douze gentils* hommes espagnols âyaiis l'espéc et le poingnard* et douze hattelîers espagnols aussi tiranS la rame. Puis devoit avoir Sutt-es deux batteaux , en l'un desquels devoit avoir six gentilshommes françois et deux espagnols, conduits par six batteliers françois; lesquels gentilshommes avoient la chargé qu'à l'embarquement de devers Fontarabie ils iroient visiter si les Espagnols aurolent autres armes que celles qui avoient esté ordonnées, oti atitre plus grand nombre d'hotnmes t et pareilleihetit autre batteau , auquel estdient six gentilshommes espagnols et deux françois, fcisant pareil effect dé iwstre eosté. Puis devoit estre la t-oyne Aléofaorè en urie aotre barque, sur la main droicte de messieurs les enfans, accotnpagnée do cardltial dé Toumon et de dix gentilshommes françois, et lé seigneur du Prat avecques dix Espagtîôfe \ et en une autre barqtie joignante seroient tes dames de ladite royne. Puis y devoit avoîf deux galliot» françois et deux espagnols en mer, dont les François dévoient estre du eosté 9ainct-Sébastien en Biscaye, et les Espagnols devers Sahlct- Jean-de Ltiz et Bayotiné, pont teoîr si de eosté ou d'autre vicndroiént qudques autfes navires; et les batteKers qui conduîroient là royne ne dévoient vauguer sinon à mesure que messieurs taugueroient. Et devoit estre toute l'artillerie de Fontarabie démontée, et pour cesi effect devoit avoir detix geiltifehommes Irancoîâ dedans ladite ville.

Les choses ainsi éonchies, vint le Joui- qtie se devoit faire ledit esehange ( qtri tût environ

; la fin de juin ou le commeocemrént de julflet ). Monsieur le grand-maistre partit dé Safect- JcMi-de-Loz, qui est à detn Heuës de Pomar*- We, avec trente -deux tedléts pc^tans douze cens quarante raille escus eu casses; car H y avoit quarante raillé escfls pcto- la taré de Por, outre lesdlts douze ceiis mille escus dont j'a^ parlé : et partit ledit grand-maistfe dès mtotlict*

^ pour arrlter à Andaye au poinet du jour, parce

MÉMOIRES DE DU BELLi^Y,

que la marée èstoit du matin. Parlant de Sainct- Jean-de-Luz, iceluy grand-maistre envoya un gentilhomme à Fontarabie advertir le connestable de Castille de son dépaHement , à ce qu'il se tinst prest de sa part. Mais, arrivé que fat le gentilhomme à Fontarabie , trouvant encores le chasteau fermé et le connestable de Castille au lict, se retira au logis du seigneur du Prat, qui n'estoit encores levé, auquel il dit l'occasion qui l'avoit là mené ; et ne trouvant moyen de parler audit connestable, qu'il vouloit bien Fadvertir qu'il eust à se préparer de sa part, comme avoitfaict monsieur le grand-maistre de la sienne. Mais ledit du Prat fist response que s'ils n'estoient venus pour autre effect que pour avoir messieurs les enfans , ils s'en pouvoient bien retourner ; car ils n'estoient délibérés de les rendre , parce que nous avions rompu le traitté (à ce qu'il disoit), pour avoir arresté un courrier à Bayonne; et que desjà messieurs, qui estoient à la Rauterie, avoient esté faicts retourner à Renary, quatre lieues en arrière. Le gentilhomme, retournant devers mondit seigneur le grandHoaaistre, le trouva à my-chemin de Sainct-Jean-de-Luz et de Fontarabie, et luy feit entendre la dépesche qu'il avoit eue dudit seigneur du Prat. ISooobstant ledit rapport, il délibérade marcher jusques sur la grève, pour se mettre en son devoir. Auquel lieu arrivé qu'il fat, appela les députés de la part du connestable de Castille, leur demandant s'ils estoient satisfaicts des choses qui estoient promises par le traitté : lesdits députés firent response qu'ils se tenoient satisfaicts, et qu'en tous lieux ils en porteroient tesmoignage.

Leur response ouye, monsieur le grand-maistre dépescha le seigneur de la Guische , parce qu'il parloit espagnol, lequel estoit gentilhomme de la chambre du roy, auquel il commanda d'aller à Fontarabie, et déclarer de la part dudit grand-maistre au connestable de Castille, comme il estoit là arrivé pour fournir à tous les articles contenus es traittés qu'ils avoient faicts ensemble, et qu'il le sommoit de sa part faire son devoir ; autrement, s'il y feisoit feulte, il estoit délibéré de l'appellcr. en lieu qu'il luy feroit confesser avoir failly de sa foy. Mais à l'heure se trouva un des députés dudit connestable de Castille, commandeur de Sainct-Jac" ques, lequel pria mondit seigneur le grand' maistre de luy permettre aller à Fontarabie

parler audit connestable, l'asseurant qu'ayant parlé à luy il n'auroit besoiog de luy faire tel mandement ; ce que par ledit grand-maistre, de l'opinion des capitaines et gentilshommes y estans, luy fut accordé. Par quoy ledit commandeur s'estant end)arqué, feit telle diligence, qu'à son retour il asseura monsieur le grand-maistre que, devant que la marée fust basse, messieurs lesenf&ns de France se trouveroient sur le bord de la grève devers Fontarabie , pour exécuter les choses promises oitre eux deux, et q«ie dedans une heure elles se pourroient paradbever. Sur la parole duquel monsieur le grand-maistre feit descharger les mulets, et préparer tontes choses pour faire le passage ; puis, environ trois heures après midy, messieurs arrivèrent sur U grève devers Fontarabie. Alors diacun se prépara, selon. l'ordonnance que j'ay dit par cydevant ; de sorte que le batteau où estoient messieurs, arrivé qu'il fat au ponton , s'accrocha de plat contre ledit ponton, etcduy où estoit l'argent à l'autre costé, accrochans lesdits batteaux par les deux bouts au ponton; pais estans deux gentilshommes sur ledit ponton , l'un frànçoiSfl'autre espagnol, l'un du costé de la barrière, l'autre de l'autre ( et estoit le firançois le seigneur de Sainct-Pey, Basque), l'espagnol appdla le connestable de Castille; le françois, le grand*maistre de France : lesquels ayans chacun deux batteliers, passèrent, scavoir est le grand-maistre dedans la barque de l'argent ; puis consécutivement , jusques à ce que tous les François furent dedans ladite barque où estoient messieurs, et tous les Espagnols dedans celle où estoit l'aient. Ce faict, chacun feit force de gaigner sa rive ; mais ne sçeurent faire si grande diligence que quand monsieur le dau{Àin, monsieur d'Orléans et la royne Aléonore arrivèrent à Sainct-Jean-de-Luz, Une fast nuict.

CeCaict, le seigneur de Montpesat fat dépesche en poste pour en advertir le roy, qui estoit à Bordeaux. Vous pouvez penser l'aise que reçut le père de veoir ses enfans en liberté. Ces nouvelles entendues, le roy partit de Bordeaux pour aller au devant de la royne Alécmoreet de ses enfans, aussi firent le semblable messiearB et la royne pour aller au devant du roy, et le vindrent rencontrer entre Rocquebort de Mtf' çan et Captieux, en une petite abbaye; auquel lieu » une heure devant le Jour , le ro7 et la

Page 1