‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 284 sur 428 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

royne forent eq[KHiBéâ. Puis ayant ladite royne bict son entrée à Bordeaux , prindrent le chemin par Congnac, pour venir à Amboise et à Bloys, puis à Sainct-Germain-en-Laye ; auquel lieu firent séjour, attendans les préparatifs tant du couronnement de la royne à Sainct-Denis, que de son entrée à Paris. Lequel couronnement fat &ict à Sainct-Denis ^ et l'entrée feicte , le toumoy fut faict en la rue Sainct- Antoine , en grande magnificence (ainsi qu'il est accoustumé faire aux autres roynes ), au mois de mars l530.£ncetempsle duc Maximilian Sforce, auparavant duc de Milan (lequel, après la journée de Marignan, avoit remis entre les mains du roy le droict par luy prétendu au duché de Milan), mourut à Paris.

Durant ce temps , l'empereur ayant asseurance du roy, qui estoit celuy qui plus luy pouvoit empescher ses desseings, délibéra de se faire couronner ; et pour ce faict , cognoissant que du pape il falloit qu'il print la couronne, diereba de la gaigner. Ce dont l'empereur Touloit rechercher le pape, le pape mesmes le rechercha, pour par son moyen avoir la raison des Florentins et se venger de l'injure qu'ils luy avoient faicte durant qu'il estoit captif des Impériaux ; car ils avoient saccagé tous les biens de ceux de la maison de Médicis, dont il estoit le chef, et les avoient bannis de Florence, avecques tous leurs bienvueillans et adhérans.Par qaoy, pour estre restitué à sa patrie, feit un concordat par ambassadeurs avecques l'empereur, par lequel il estoit dit que là où ledit empereur le voudroit favoriser et secourir de son armée pour estre remis en sa patrie, il consentoit de luy bailler la couronne impériale, laquelle de son prédécesseur il n'avoit jamais peu ol>tenir. Les choses ainsi accordées, l'empereur s'embarqua à Barc^cmne, et vint descendre à Gennes, auquel lieu le vindrent congratuler les légats du pape ; aussi feirent ceux de la plus grande part des autres potentats d'Italie. De Gennes, l'empereur vint à. Plaisance, où le duc Francisque Sforce, voyant ses affaires mal baster (car de nouveau il avoit perdu Pavie), chercha, par le moyen du pape et des Vénitiens, d'estre remis en la seigneurie de ses prédécesseurs, remonstrant n'avoir faict faulte , et que la tyrannie du marquis de Pesquaire, quil'avoit ^ié de son estât, l'avoit contraint de cher- <^er moyen d'y rentrer. Enfin, estant l'empc- XVi* iiicLEi CbroQ« et Mém.

reur à Boulongne la Grasse par le moyen du pape fut remis en son estât, avecques quelques conditions apposées en l'investiture ; et demeura entre les mains de l'empereur le chasteau de Milan et le chasteau de Crémone, jusques à ce que les conditions fussent accomplies : aussi par après l'empereur, pour plusgrande seureté, luy bailla en mariage sa niepce, fille du roy de Dannemarc, qui estoit prisonnier, et spolié de son royaume.

L'empereur ne sepouvoit résoudre de dresser son armée contre les Florentins, d'auUnt que le Turc, avec une très putesante armée, estoit en campagne, monstrant vouloir assiéger Vienne; à ceste occasion, il craignoit avoir besoing de ses forces pour secourir son frère le roy Ferdinand, aussi pour garder ses pays. Mais , estant à Boulongne, eut nouvelles que le Turc s'estoit retiré de Vienne avec perte et honte; par quoy accorda au pape de faire marcher son armée devant Florence, estant malcontent d'eux pour avoir servy les François contre luy au royaume de Naples, soubs la conduitte du seigneurdeLautrec ; mais couvroit son entreprinse sur la restitution de la case de Médicis en leur pristine authorité. Pour exécuter ladite entreprise, ordonna' messire Phllebert de Chalon, prince d'Orenge, chef de son armée, luy mandant se retirer de l'Abruzze, où il séjoumoit son armée, luy mandant de prendre le chemin de la Toscane; aussi manda à don Ferrant de Gonzague, général de sa cavalerie, et au marquis du Guast, général de l'infanterie espagnole, de faire le semblable. Le siège fut assis devant Florence, lequel dura onze mois continuels, durant lequel se feit de belles entreprinses par les assiégés. Et entre autres, y fut tué ledit prince d'Orenge, chef de l'armée impériale, à une entreprinse par luy faicte pour rompre un secours venant aux assiégés. Dedans Florence estoit capitaine général le seigneur Malateste Baglion, de la nation pérousine, et le seigneur Stèphe Colonne, delà nation romaine, lesquels y feirent tellement leur devoir, qu'ils en sont à recommander. Autres ont escrit de ladite guerre toscane, par quoy je m'en passeray à tant ; aussi ce n'est de la matière dont j'ay délibéré traitter, mais de celle de ma patrie , et aussi de ceux qui en dépendent, dont j'ay eu la cognoissance.

MEMOIRES DE DO BELLAt,

Procès verbal contenant la défense du foy très chrestkn contre l'élu çn empereur, délayatiU le comhai d'entre eux.

En l« graada lalle da palais royal de Paria, par le comioaadementda roy, a esté dressé un tribunal au devaat de la (able de marbre, de la hauteur de quinze marches, auquel ledit seigneur s'est trouvé le dixiesme jour de septembre Tan 1528, pour ou!r parler lehérault d'armes que Ton disoit Télu en empereur iuy envoyer. Et estoU ledilseigneur accompagné en la manière qui s'en suit. Premièrement, estoit à sa main dextre, assis dedans une chaire, très haut très eioellent et très puissant prince le roy de Navarre, due d'Alançon et do Berry, comte de Foit et d' Armignac : en ce mesme costé étoit assis sur un banc monseigneur le duc de Vendomois, pair de France, lieutenant général et gouverneur de Picardie ; don Hercule d'Esté ( fils aisné du duc de Ferrare ), duc de Chartres et de Montargis ; le duc d'AlbaniCf régent et gouverneur du royaume d'Escosse ; le duc de Longueville, grand chambellan. Près lesquels, i un autre banc, estoient assis les présidons et conseillers de la cour de parlement, et derrière eux plusieurs gentilshommes et gens de lettres. DerautrecostéestoiâAtassis, en chaires séparées, messeigneurs lesrévérendissimes, monseigneur le cardinal Salviati, légat de nostre Sainct-Père le pape et du sainct-siégeapostoli* que ; monseigneur le cardinal de Bourbon, évesque de Laon, pair de France ; monseigneur le cardinal de S^s, chancelier de France; monseigneur le cardinal de Lorraine, archevesque de Narbonne ; messeigneurs les ambassadeurs de très hfcult, très excellent et très poissant prince le roy d'Escosse ; les ambassadeurs de la très ilhistre seigneurie de Venise ; l'ambassadeur du très illustre duc de Milan ; Tambassadeur des seigneurs des ligues des haultes Allemaignes; Fambassadeur de la seigneurie de Florence. En on autre banc étoient l'évesque de Transilvanie, ambassadeur de très hault et très puissant prince le roy de Hongrie ; l'évesque due de Langres, pair de France ; Tévesque de Lyon, primat de Gaule ; l'arehevesque de Bourges, primat d'Aquitaine ; lesarchevcsques d'Aix et de Rouen; les évesques de Paris, de Meaux, de Lisieux, de Mâcon, de Limoges,de Yabres, de Consérans et de Tarbes ; et à leur

dos estoient les qiaistres des rtquestes et conseillers dttgrand conseil. Aux deux costés de la chaire dudit seigneur estoiept le comte de Beaumont, grand-maistre et aareschal de Fcaacs, et le seigneur éfi Brion, amiral de France, lleo? tenant général et gouverneur de Bourgongne: et derrière ladite chaire estoient plusieurs cbayaliers de l'ordre, c'est sçavoir le comte Lavil, lieutenant génénd et gouvemeurdeBretaigne; leseigneur de Montmorency; leseigneur d'Aubigny, capitaine de cent lances, et de la gardeescQir saise ; le comte de Bcionne, Li^e et Roussf ; le seigneur de Fleurange, mareschal de Francs; le seigneur de Ruffey ; le seigneur de Cénoiihae, grand escuyer, et maigre d'artillerie de F^fic% Louis, seigneur de Qèves; le seigneur de Hqt mières, comte de Carpy. Et derrière estoient le comte d'Estampes, prévost de Paris, et avec Iuy plusieurs gentilshommes de la chamhK du? dit seigneur, entre lesquels estpieat le pmW^ Tancarville ; le seigneur de Guy mené ; je fib <Hi comte de Roussy ; le fils du seigneur de Fl^ range ; le seigneur de la Rochepot ; le sdgnm de Douatry, grand-maistre des eaux et fodreiU) le seigneur de Lude ; le seigneur de Janly ; le seigneur de Yillehon, baitly de Rouen ; le banA de Chasteau-Morant ; le seigneur de la IxKte; le vicomte de la Motheaugroing, et leseigoeor de Yerets. Et outre les maistre d'bo^el, pa^i^ tiers,eschansons, escuyers tranchans, etautrei officiers domestiques, il y avoit grand nombre des deux cens gentilshommes de la maisondadit seigneur, et pluâeurs autres gentilsliommeii et à l'entrée dudit tribunal estoient les c^fir taiues des gardes et prévost da l'bostel. E| devant la chaire dudit seigneur estoiept, à «a genou, les huissiers de chambre; et aux pieds du degré dudit tribunal estoient les prévois des marchands et échevins de ladite YiUe de Paris; et au bas de la salle, dont les portes deoteur^ rent toujours ouvertes, y avoit ujji noi^hre ia-: fini de gens de diverses nations. Ea U ftéaeam desquels ledit seigneur roy a dit et expoeé qus la cause qui l'avoit men faire iceUe assenUil estoit pour ce que Télu en empereur Iuy avait envoyé un bérauk d'armes, lequel, ainsi que ledit seigneur pensoit^ et cpie celuy hmoil avoit dit, comme aussi son sau^odûit çoManott, portoit audit seigneur lettret-lAtentes et authentiques de la seureté du camp, pour If combat qui devoit estre entre kdit esUa €P

[ISSO]

empereur et lay. Et tfantaiit ((tiè ledit hfa^aiilt d'armefl, sous ombre d'apporter la séureté dadit camp, poarroit^ poar divertir et esloigoe^ Taffoire, user de quelques fictions, simultationa ou hypocrisie, et que ledit seigneur roy demande la brièveté et expédition dudit combat, afin que, moyennant iceiuy, se puisse mettre fin à la guerre qui a si longuement duré entre eux, au soulagement de toute la chrestienté, ériter f effusion de sang et autres maux qui en adviennent, a bien voulu ledit seigneur que eela fest connu par toute chrestienté, afin que ehaiîQki puisse à la vérité juger dont procède le mal et la longueur. D'autre part aussi a faict hdite assemblée pour remontrer qu'il n'a légè- BKnt entrepris un tel acte, car le droict est de sa part; et quand eust faict autrement, son honneur eust été grandement blessé, ce que les seigoeurs de son sang et autres ses sujets du royaume n'eussent trouvé Con ] et scachant la cftuse du combat et le droict d'iccluy seigneur, se comporteront comme bons et loyaux sujets doivent faire, espérant, avecxpies l'ayde de Dieu, y aller dé sorte que clairement se verra si le draîct est de son costé, et que, contre f érite, il a esté accusé d'estre infracteur de sa foy; Les roy8« ses prédécesseurs et aticestres, dont les effigies sont en taille effigiées par ordre en ieelle salle, qui ont en leur temps faict SQceessivemeht actes glorieux, et augmenté grandement lecÉr royaume^ estimeroient ledit seigoeor n'estre capable d'estre leur sucéessear, s'il soufifiroit contre son honneur une teUe BOte lut estré par l'élu en empereur imputée^ et ^'il ne défendist de sa personne son honneur, ainsi et par la forme et manière accoutumée. Et, pour entendre la matière, feult présupposer qifaprès que, par fortune de guerre, ledit seigneur roy fost pris de ses ennemys devant Pavie, i nul desquels ne bailla sa foy , pensant que seroit, par la magnanimité de l'élu en empereur, mieux trattté en Espagne autour de luy qu'aiihors, conitentit y estre mené; ce que fti^t fiiict sur les galères qu'il fit armer à ces find. Et luy airivé en Espagne, fut mis au ebasteau de Madrid, où à ététtuiet et jour gardé par gros nombred'arquebouziers et autres ; qui luy ennuyoit et ftschoit grandement, tellement que^ pour la détrené o& Il étoit, devint malade ju^'è lar mort. L'élu éa empereur le visita ; et dl^pultf ^ m sa guérisony se traitta un aceorA entMf M

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