‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 285 sur 428 · LIVRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE IIL

députés d'iceluy élu iBti ètopéretif et leS ambassadeurs que Madame, mèrfe dudlt seigneur, y avoit envoyés à ces fins, par vettu du pouvoir que ledit seigneur roy Itli avoit laiéâé dé rëgir son royaume quand il partit d'icelui pour passer les monts, par lequel elle ne pouvôlt obliger la personne dudit seigneur ; mesmes que, par l'inspection d'iceluy traitté, chàfcun évidemment pourra cognoistre qu'il est desraiàonhable tant en paroles qu'en effects, et violemment extorqué ; et que jamais prince qui éust été en liberté n'eust passé un tel traitté, ni, pour sa délivrancej promis telle rançon que celle (Jiii fut promise. Lequel traitté toutesfoysfirentjureraudit seigneur, qui estolt tirisonnier, contre les protesutlons que par plusieurs tbii il avoit publiquement fcictes^ lui étant encore bien malade, en danger de récidivation et de la ihort. Après lequel traitté ledit seigneur, tenu toujours soubs la garde desdessosdits, hors la liberté, fut mis en chemin pour retourner en France, sur les ostages de messeîgncurs ses enfims. Auquel fut dit par plusieurs foîi qu'après qu'il seroit en Fratice en sa liberté,* falloit qu'il bafllast sa foy, seachant et cognoissant que ce qu'il avoit faict et promis en Espagne estoit nul. Et si n'est records ledit seigneur que ledit élu en empereur hry dit jatnais qde, s'il n'accomplf^it le contenu audit traitté, le tlendroit infracteur de fory ; et ores que lévites paroles ïuj auroiek esté diteâ, kdit seigneur u'èstoit en sa liberté pour hiy respondre aucune chose ^ et n'y auroît donné soft consentement. Par ainsi, avecques cas du présent, il y à deux choses à considérer : l'une, le traitté extor^é violentement, faict par ; ceux qui n'avolent pouvoir d'obliger sa personne, et lequel, quant au demourant, a esté accompli par Madame, mère dudit seigneur, qui a baiHé dstageâ messeigneurs les enfans dudit seigneur; Pautre est la prétendue foy dudit seigneur, sur laquelle ne peuvent faire fondement, devant qu'au moyen d'icelte ne Font mis en liberté. Or, en matière de guerre, fa foy d'uii prisonnier^ iï céluy à qui elle à esté baillée ne le met en pleine liberté, n'a aucun ëffect d'obliger ; de aorte que s'il évade de cent qui le gardent, ne peut estre redargué de foy enfreinte ; et par ainsi qu'ils ont tenu ledit séigheur soubs grosse garde, et n'ont hïtt fondement ^ur sa foy, m la peiîtéùt àwusér, éar éi^ riién né Po- H%e« Muaskf phï fltéiieùh Ibis , lès Ministres àtt*

dit élu en empereur ont dit et confessé que la foy qu'ils prétendoient avoir dudit seigneur estoit nulle, parce qu'il n'estoit en liberté ; que là où il seroit estoit nécessaire que de nouveau leur baillast la foy ; ce que ledit seigneur ne fit, ains seulement bailla messeigneurs ses enfitns en ostages; qui estoit une autre grosse et grande sujettion pour montrer qu'ils ne s'arrestoient à sa foy, et ne les mettoient en pleine liberté sur icclle. Aussi fault présupposer qu'en matière d'honneur et 6ombat y a assaillant et défendeur; l'assaillant baille la seureté du camp ; et le défendeur, provoqué et assailly, baille les armes. Or, adverty ledit seigneur roy , tant par ses ambassadeurs, héraults d'armes, qu'autres, quç ledit du en empereur le blasmoit d'avoir rompu sa foy, et usoit de grosses paroles touchant grandement son'honneur, ainsi qu'il se pourra veoir. par le;5 lettres missives qu'iceluy élu en empereur a escrites à maistre Jean de Calvimont, président de Bordeaux, ambassadeur dudit seigneur en la cour d'iceluy élu en empereur, lesquelles ledit seigneur fit lire devant toute l'assistance, et dont la teneur s'en suit : « Monsieur l'ambassadeur, j'ai veu les lettres que vous m'avez escrites touchant les paroles que vous dis en Grenade ; et aussi ay veu les extraits de vostre procès-vert)al, par lesquels j'entends très bien que ne voulez avoir souvenance de ce qu'alors vous dis, pour en advertir le roy de France vostre maistre, afin que vous rediez lesdites paroles, pour satisfaire à vostre désir ; c'est que je vous dis alors (après plusieurs propos qui n'estoient de grand substance, par quoy n'est besoing de le répéter) que ledit roy vostre maistre avoit faict laschement et méchamment de non m'avoir gardé la foy que j'ai de luy, selon le traitté de Madrid ; et que s'il vouloit dire du contraire, je luy maintiendrois de ma personne à la sienne. Yoilà les propres paroles substantielles que je dis au roy vostre maistre en Grenade, et je crois que ce sont celles que tant désirez sçavoir; car ce sont les mesmes que je dis au roy vostre maistre en Madrid, que je tiendrois pour lasche et méchant s'il me&illoit de sa foy que j'ay de luy ; et en les disant je luy garde mieux ce que je luy ay promis, qu'il ne faict à moy. Je les vous escris volontiers, signées de ma main, afin que dlcy en avant vous ny autre n'en fassiez doubte. Donné en nostre ville dudit Madrid» le dix-^holQtiesoie jour do

moisdemars 1528. Ainsi signé Chaeles, etcon tre-signé V Allemand, » Et à la rescnption desdites lettres est escrit : « A monseigneur l'ambassadeurdu roy de France, maistre Jean de Calvimont, chevalier, second président de Bordeaux, estant de présent à Posa en Castille. » Et le dixiesme jour d'après la date d'icelles lettres, en pleine assemblée et assistance, comme celle qai estoit lors présente, après avoir oui l'ambassadeur dudit élu en empereur, et qu'il print congé de retourner par devers son maistre, qu'on te noitpour asseuré qu'iceluy élu en empereuravoit assailly et blasmé ledit roy de foy aon gurdée; pour la conservation de son honneur, et pour soustenir la venté, auroit ledit seigneur roy iaict response par escrit audit élu en empereur, signée de sa main, laquelle a faict lire en icelle assistance, de la teneur qui s'ensuit : « Nous, François, par la grâce de Dieu... » (voyez la kUre ci-dessus rapports^, p, 420) ; kqud escrit fut eiivoyé par un hérault d'armes en Espagne, qui, sans autre parole ny contestation, le mit en la présence d'une grosse assemblée, entre les mains dudit élu en empereur. Si a demandé depuis icéluy élu empereur un sauf-conduit audit seigneur pour luy envoyer un hérault; lequel saufconduit luy a été envoyé, limité pour apporter la seureté du camp, et non autrement. Êtd'autant que ledit seigneur désire, comme dit estcydessus, cette matière prendre briève fin et expédition, pour le soulagement de la chrétienté, ne veut et n'entend entrer en paroles, ny autres contestations qui pourroient tendre à déguiser et prolonger l'affitire. Et d'autant que ledit élu en empereur a fiiict son accusation, et ledit seigneur roy baillé ses défenses, ne reste plus que le camp , dont l'élu en empereur doit fournir, et ledit seigneur les armes. Et par ainsi, si le£t hérault ne baille la patente authentique pour la seureté du camp, et n'observe le contenu en scm sauf-conduit, ledit seigneur n'entend luy donner audience. Et ce faict, acommandé leditseigneur qu'on fist venir pardevers luy ledit hérault; ce qui a esté faict , et a comparu devant ledit seigneur, affublé de sa cotte d'armes. Auquel hérault dudit élu en empereur le roy a dit): «Hérault, portes-tu la seureté du camp telle qu'un assailleur comme l'est ton maistre doit bailler à un défendeur tel comme je suis? » Le héradc Iqy a dit : « Sire, il vous plaira me donner congé de foire mon offiœ. n Alon le roy luy dit ;

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