‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 289 sur 428 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

ploycs à l'offension ou invasion d'aucuns ses coiifcdcrés, et mcsmcnientde Tempereur, mais seulement à la deffence et conservation des droicts et privilèges du Sainct-Empire, ou protection et deffence d'iceux ; et qu'à ce faire et tenir il print bonne et seure obligation d'iceux princes. Et quant au duc de Wittemberg, ledit seigneur roy de très bon cueur s'emploieroit à luy faire tout le secours et plaisir que, sans contrevenir à ses traittés, il pourroit faire. Au demeurant, fut donné charge audit ambassadeur de venir et entendre quels moyens y pourroit avoir de mettre union en Germanie louchant le faict de la religion, et de remonstrer auxdits princes et estais comment, pour çcste leur division, ils pourroient entrer en guerres intestines, et les maux et inçonvéniens qui en pourroient advenir à eux particulièrement, et universellement ^ toute la cbrestienté. Au lieu de Honnefleur fut dépesché ledit du Bellay vers la my-mars l'an 1 5 3 1 ; et environ la my-avril ensuivant arriva devers iceux princes de l'Empire.

Ce temps pendant arrivèrent deux ambassadeurs vers le roy : l'un par le roy Jean de Hongrie, qui fut le seigneur Hiérome de Xasco, f)rincipal homme de sa cour, et l'autre par 'empereur, qui fut le seigneu de Ballaniçon, second sommelier du corps dudit seigneur. Celuy de Hongrie demandoit alliances de mariages, et secours d'argent pour subvenir aux nécessités de son royaume, qui, par les guerres passées, avoit esté grandement destruit, et les places desmoUes. Sur le premier article, fut proposé le mariage de madame Isabeau, sœur du i:oy de Navarre ; sur le second, lui fut accordée une somn^ de deniers, par condition qu'elle ne fust enq)loyée à faire guerre ou invasion contre ^^cun des confédérés du roy, et fut faicte grande instance audit de Lasco de remonstrer au roy > son maistre, qu'ils se donnast de garde sur toutes choses, et, quelques guerres qu'on luy fist, 4(s n'invader son ennemy avec le secours et ayde du Turc; obstant que s'il le faisoit ledit seigneur roy sepoit cpntraiat 4e prendre les armes contre luy, sans aucun esgard de leur alliance, pour obvier que le Turc, ennemy de nostre foy, n'enjambast sur la cbrestienté. Puis après, ledit Lasco, portant ia somme d'argent promise, afin (te la faire distribuer aux usages, et non autres qu'elle avoit e^

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ordonnée, fut envoyé Antoine Macault, secrétaire et valet de chambre du roy, lequel depuis rapporta ladite somme.

Ballançon, de par l'empereur, feit entendre la grosse et puissante armée que le Turc avoit amenée en Hongrie, pour invader le pays d'Autriche, ensemble les grands préparatifs que l'empereur avoit faicts, autant par mer que par terre, pour résister à ses entreprises ; tellement que ledit seigneur empereur n'avoît, quant à la force, aucune cause de le craindre ne doubter. Demandoit toutesfoys au roy qu'il luy voulust secourir de quelques sommes de deniers, d'un nombre de ses hommes d'armes, et de ses galères qu'il avoit en la mer de Levant. A quoy ledit seigneur respondit que quant aux deniers, l'empereur avoit puis n'a guères eu de luy deux millions d'or, qui luy dévoient suffire; et que, au demeurant, il n'estoit marchand ne banquier pour seulement fournir deniers , mais prince chrestien qui, en un tel affaire, vouloit avoir sa part du danger, ou honneur, ou perte.

Quant à sa gendarmerie, c'estoit la force de son royaume, et que, l'ayant perdue, il demoureroit inutile à jamais faire entreprinse honorable pour la chrestienté, et au demourant en proye et à l'injure de tous ses ennemys ; par quoy ne la vouloit bazarder ; mais il hazarderoit quand et quand sa personne, et l'accompagnant de tel nombre de gens de pied et d'artillerie à ce requise, qu'il ne la pourroit perdre sans faire grand dommage à son ennemy. Et que nous estions sur la fin de l'esté, et que sa gendarmerie ne pourroit estre avant le fort de Thyver en Autriche; par quoy eUe seroit desconfîte et rompue du chemin, du temps et de malaise, avant que veoir l'ennemy, et sans faire service. Joinct qu'ayant l'empereur assemblé une telle force, comme ledit BaJIançon Ta voit magnifiée, il n'estoit mestier d'envoyer secours en Germanie, mais plustost en Italie, où il n'y avoit aucun préparatif pour résister à autre armée du Turc, que l'on disoil y devoir descendre ; et pour en estre le roy plus voisin que d'Autriche, son armée pourroit y arriver plus à temps, et qu'il offroit de la garder avecques cinquante mille combattants. Et que l'empereur soustint de sa part ceste première impétuosité du Turc en Germanie ; et que luy de la sienne, avecques l'ayde du roy d'Angleterre, son beau frère et perpétuel allié, seroit prest, à l'esté en-

suivant, d'aller en personne avecques les forces dessusdites, ou plus grandes, en quelque part qu'il seroit besoing. Et quant à son armée de mer, il avoit grande coste es pays de Provence et de Languedoc subjette aux incursions des pirates, qui lors étaient sur la mer à grosse puissance; par quoy il lie la pou voit honnestement prester, et abandonner en proye de l'ennemy sesdits pays de Languedoc et Provence, aux despens desquels sadite armée éioit seuldoyée. Telle fut la response du roy, laquelle rapportée à l'empereur estant lors à Ratisbonne, la récita en plains Estats de l'Empire, tendant par tous moyens à l'imprimer en mauvaise part aux oreilles des princes et potentats de la Germanie, afin que par ce moyen il peust mettre ledit seigneur roy en leur haine, comme ne tenant compte Jlé leurs périls et dangers.

Quoy entendant ledit du Bellay, ambassadeur du roy devers les princes de l'Empire, et cognoissant, après avoir communiqué aveclc seigneur de Veilly, aussi ambassadeur du roy devers l'empereur, le peu d'espérance quUl avoit de bien assurer la paix et amitié entre ledit seigneur et l'empereur ; voyant aussi que, pour la longueur et dissimulation dudit empereur, les princes commençoient desjà de brans- 1er, de peur qu'ils avoient d'estre surpris de luy et abandonnés du roy, accorda les articles qui par les ambassadeurs d'iceux princes loi avoient esté proposés, et entr'eux accordés au lieu de Cebeng, es pays du duc de Saxe : qui fut cause que le duc Jean-Frédéric de Saxe, qui jà estoit acheminé pour venir à Ratisbonne, se retira; et au lieu d'Estingnan, es pays de Bavières, se trouvèrent tous lesdits ambassadeurs, où ils accordèrent lesdits traittés, et confirmèrent amitié entre le roy et lesdits princes et potentats.

Durant qu'en Germanie se tenoit la diète impériale, le roy, qui avoit receu les articles du roy d'Angleterre, son beau frère, modérés ainsi que dit a esté, après y avoir ajousté et diminué, les renvoya en Angleterre, avec pouvoir au seigneur de la Pommeraye, son ambassadeur, pour traitter et capituler selon iceux. Les principaux articles furent que si l'un ou l'autre roy estoit assailly en son royaume, le roy de France seroit tenu d'ayder au roy d'Angleterre du nombre de cinq cens hommes d'armes françois, souldoyés toutesfoys aux dépens du roy dudil

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