‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 291 sur 428 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

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Vérrfs» , eévoy é ]^af le Samct-Pèf e au pfffà dés figue» , avoit entièrement faict ce qui tay estoît possible, par menées et practîques secrettes et autrement , potir rompre la Kgue et confédération que ceux dudît pays ont avecquesr luy ; ce qui hry sembloit n'avoir mérité envers le sainct-siége apostotrque, ny mesmement envers Sa Saincteté, depuis son assomption à te dignité papale ; car, en tout et par tout il s'estoit ùionstré envers eHe très obéissant et dévot fibde FÉglisc. Tôutesfoys, il luy sembloit bon, avant qu'wivoyer lés anibassadeurs (ainsi qu'il avoit accordé au roy son beau frère, pour somnwr le Saînct-Père de réparer les fauhes que dessus ), y procéder par autre jrfus douce voye, veu €fue l'occasion et opportunité s'y adoiinotent.

En ce temps estant arrivé Pemperetir à Gennes, lui vint nouvelles comme te Turc e^oit descendu en Hongrie, et délibéroit de marcher jash ques en Autriche ; mais cela ne divertit son entreprised'I talîe, et délibéra de plus tost laisser ses» pays et son frère en ptoye àl'ennemy. Ainsi passa: outre pour rencontrer le pape, pour parler ensemble, ainsi que par cy-devantj'ay parléen autre article etdesaretraitte. Leroy trèschresticny qui sçavoit assez te mauvais vouloir que luy pôrlîoit l'empereur, et que pareiltement aru roy d'Angleterre son frère, qui pareiMement tescavoit bien, ne luy en portoil moins, à cause dtr divorce qu'il entendoit faire, pour tequel aussi le Sainct-Père estoit aninrifé contre hiy (de sorte qu'il pensoit que ces deut mqestés aissemdblées fax^itenvent po^irroit traiKer quelque chose à sonr préjudice), à ceste cause délibérèi'ent que tes cardhiaux de Tournc^y et de Grantmont, comme créatures dudit Sainfet-Père, îrotent devers luy^ soubs ombre de Faccompagner à ceste veuc ? tesquek pourrotent aucune*ienf obvier à ce que contre Leursdites Majestés ne se fist quet(fua mauvaise conchisron, à tout te moins, si: eHe se IMsoit, les en advertir, pour y estre par eux pourveu et donné ordre. Et leur donneroit com?mtes*on de retoonstrer audit Sainct'Père,cort«Qe ses créatures tenuesi et obligées à hy , les torts, gtt^ et doléances qu'ils arveient entendues des» dits detrx roy s, et te maJcontentemrent qu tb avoient de Sa Saîn^teté, efc comme ils avoient délibéré d'envoyer vers hiy ambassadeurs com* AiuAs pour le sommer de réparer iceux gr iefe ;

Se douloit aussi ledit seigneur qtfS PétesqueJl ttaon qrfils y pourveoiroicnt, de aotie (pe Sa

Saincteté cognoisiroit qu'eux deux 'ensemble n'estoientà mespriser. Acesle cause, remonstreroient et persuaderoient, par tous les moyens dont ils se pourroient adviser à Sa Saincteté, qu'elle devoit tasCher sur toutes choses de contenter lesdits seigneurs, et mesniement le roy d'Angleterre, Taffaire duquel luy estoit en recommandation autant que son propre. Luy remontieroient pareillement qu'il voulsist bien meurement et prudemment considérer de combien luy pouvoit ayder et servir d'avoir pour amys deux tels roys ; et au contraire, les entretenans malcontens, quelle deffaveurce pouvoit estre à luy et au sainct-siége apostolique, attendu mesmes qu'iceux deux roys avoient pris une telle et si parfaicte amitié ensemble, que l'on pouvoit tenir clairement , et réputer pour chose seure, que l'un et l'autre, avecques tous et chacuns leurs affaires, n'estoient qu'une mesmes chose. Au moins on ne pouvoit ignorer qu'ils ne fussent, avecques toutes leurs amitiés et alliances publicques et secrettes, pour faire et exécuter, quand bon leur sembleroit, de grandes choses. A quoy Sa Saincteté dévoit bien avoir égard, afin de ne les irriter, et induire d'eux mettre en chemin d'entreprendre aucune chose contre elle, dont luy en pourroit ensuivre un grosdommage, et regret perpétuel à l'avenir. Car, où ils entreprendroient de demander un concile universel (ayans la commodité d'en célébrer un particulier de leurs royaumes, pays, terres et seigneuries, etd'autresqui voudroient y adhérer), et Sa Saincteté ne l'accordoil ou délayast, ils prenoient son délay pour refus, et le fissent sans elle. Facilement ils se pourroient justifier de ce que dessus, en récitant leurs grieCs aux autres princes chrestiens lesquels se ressentiroient de pareil griei^ ou plus grands ; et en adviendroit qu'ils deffendroient à leurs subjectsd'estre si osés ny hardis que de porter ou envoyer argent à Homme directement ou indirectement , par lettres de banque, change ou autrement, sur telles peines qu'ils se feroient obéir. Diroient d'avantage iceux cardinaux avoir entendu du roy très chrestien qu'au cas que Sa Saincteté voudroit procéder par censures à rencontre de luy et de son royaume ( chose que ses prédécesseurs n'ont jamais accoustumé de faire par le passé contre le roy de France), et que ledit seigneur fust contraint d'aller à Romme quérir son absolution, iroit si

bien accompagné, que Sadite Saincteté seroit ' très aise de la luy accorder ; adjoustans iceux cardinaux aux dessusdites remonstrances qu'elle eustà considérer Testât où sont les AUemaignes, les pays des ligues, et autres plusieurs pays de la chrestienté, comme ils sont disjoints de IV béissance de l'Église romaine : dont il seroit à craindre que si deux si puissans roys s'en destournoient, à faulte de justice (comme ils pourroientdire et alléguer), ils trouveroient plusieurs qui leur adbèrcroient ; et |eux deux ensemble, avec leurs amitiés ouvertes et secrettes, comme dit est, pourroient faire un tel effort, qu'il seroit bien difficile d'v résister; et au lieu de la

paix qui est de présent en la chrestienté, se pourroit causer une guerre plus grande que celle qui avoit eu lieu par le passé.

Fut, outre plus, apposé aux instructions desdits cardinaux que là où ils trouveroient nostre Sainct-Père en bonne disposition de modérer les choses, et principalement envers le roj d'Angleterre, ils luy missent en avant, comme par advis, qu'il feit une entrevue avecques le roy très chrestien, à ISice ou en Avignon, suivant le propos cy-devant mentionné; et que ledit seigneur moyeimeroit envers le roy son frère, pour s'y trouver pareillement. En laquelle vcue se pourroient toutes choses rhabiller par bon et honneste moyen ; laquelle assemblée il seroit bon de faire avant qu'iceux roys eussent envoyé faire ladite sommation, et que les choses fussent plus avant aigries. Telle fut la conclusion entre les roys, et en fut par le roy très chrestien donné avis à l'évesque d'Auxerre de Tainteville, son ambassadeur,eomme lesdits cardinaux se trouveroient à l'entreveue du pape et de l'empereur, pour là respondre, en ce que mestier seroit, de l'intention dudit seigneur. Aussi leur fut expressément ordonné de faire cependant toute extresme instance envers ledit Sa'mct-Père de vouloir donner au roy d'Angleterre juges en ses pays. Et ce faict, prindrcnt les roys congé l'un de l'autre à Sainct-Ilvert, entre Calais et Boulongne, où se feit la séparation des deux seigneuries, jusques auquel lieu le roy d'Angleterre estoit venu avec le roy de France. Et passa la mer avecques ledit roy d'Angleterre, le seigneur de Montpesat, gentilhomme de la chambre du roy, afin de servir d'ambassadeur pour le roy envers ledit roy d'Angleterre.

Estant le roy de retour, alla passer son hyver à Paris et aux environs, où il feit assônbler un bon nombre de prélats de son royaume, auxquels il remonstra les grosses affaires qu'il avoit eues par le passé, l'apparence desafiairesà venir, et la provision qui estoit nécessaire pour y obvier, leur demandant quelque volontaire subside pour y satisfaire. Ce que lesdits prélats, encores que ledit seigneur n'en eust point de bulle ( chose qui est accoustumécd^avoir en pareil cas), luy accordèrent libéralement, et jusques à deux ou trois décimes, à son plaisir. Et là eut nouvelles de révesque d' Auxerre , son ambassadeur à Romme , comment le pape, adverty de la délibération des cardinaux de Toumon et de Grantmont de venir assister à ceste veue, l'avoit trouvée très bonne, et avoit requis qu'ils apportassent pouvoir du roy, pour y traitter selon les occurrences qui s'otfriroient pour le bien de la chrestienté. Dont ledit seigneur advertit le roy d'Angleterre son bon frère, pour entendre son vouloir, et s'il luy sembloit bon d'y en envoyer un pareillement de sa part ; à quoy il s'accorda; et envoyèrent tous deux chacun un de pareille teneur et puissance.

L'an 1533, le quatriesme jour de janvier, arrivèrent nos cardinaux h Boulongne-la-Grasse, oùjàestoient arrivés nostre Sainct-Père et l'empereur. Lequel empereur, entre autres choses, principalement tendoit à renouveller, et en renouvellant déclarer plus à son avantage et au désavantage du roy, la ligue auparavant faicle entre luy et les potentats d'Italie, voulant y comprendre Gennes, soubs couleur et espèce que le roy, par le traitté de Cambray, avoit quitté toute l'Italie, soubs lesquels termes devoit Gennes estre comprise. Et remonstroit audit Sainct-Père et autres potentats que ledit seigneur roy ne prétendoit la querelle dé Gennes n'estrç comprise en sa renonciation, sinon en intention de se réserver une porte ouverte pour y entrer, inquiéter et troubler tout le demourant. Par quoy il estoit besoing, pour l'en forclorre entièrement, faire déclaration que ladite seigneurie de Gennes estoit compromise en la susdite ligue, et par icelle receue en la protection dudit seigneur empereur et de tous les dessusdits potentats, alliés et confédérés.

Nostre Sainct-Père, qui avoit jà eu quelques nouvelles du malcontentement des deux roys

XVI" SIÈCLE, Chron. el Mém*

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