‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 294 sur 428 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

bahy, et n'eust jamais pensé, si comme il disoit à notre Sainct-Père, que ledit seigneur roy le deust envoyer. Par quoy il s'efforçoit de remonstrer et persuader à Sa Saincteté que le roy ne l'avoit envoyé, sinon pour mine, et que s'il pressoit les ambassadeurs de tirer avant et de conclure le traitté, ils n'y voudroient aucunement entendre. Mais les cardinaux et ambassadeurs offrirent de ce faire ; dont l'empçreur fut plus estonné, parce qu'il se voyoit frustré de son intention d'attirer ledit Sainct-Père contre le roy. Requist lors à Sa Saincteté qu'au moins elle ne traittast point sans y comprendre quatrearticles, lesquels il disoit luy avoir esté par ledit Sainct-Pèreaccordés et promis d'y comprendre, alors qu'il luy conseilla d'entendre audit ma* riage , chose toutesfoys dont ledit Sainct-Père nyoit avoir jamais ouy parler. Le premier article estoitdefaire envers le roy qu'il promistdene rien innover en Italie ; l'autre, de faire qu'il reconfermast les traittés de Madrid et de Cambray ; le tiers, de prendre dudit seigneur asseurance de consentir au concile; lequart, de faire obliger le roy et promettre que par le roy d'Angleterre il ne seroit riens innové plus avant qu'il avoit esté touchant le faict de son divorce. A ce respondit nostre Sainct-Père que le bien et honneur qui à sa maison estoit accordé par le roy , en acceptant son alliance, estoient tels et si grands, que c'estoit audit seigneur et no» à luy d'y apposer et ordonner les çonditicms ; bien offroitil de s'employer en ce qu'il pourroit , et moyenner, envers ledit seigneur et tous autres, que toutes choses demourassent en bonne paix et repos.

Cette incidente mention du concile maintenant me semond et rappelle à réciter ce qu'auparavant en avoit esté proposé. L'empereur, ayant promis aux Allemans de le faire convoquer au dedans d'un an, avoit envoyé vers nostre Sainct-Père le requérir de ce faire, et luy avoit envoyé quelques articles de modifications qu'il jugeoit estre bonnes et raisonnables à tenir en la convocation d'iceluy, principalement pour la réformation des hérétiques ; secondement pour résister aux invasions du Turc, et tiercement pour assoupir lesdivlsionsd'entre les princes et potentats de la chrestienté. Nostre Sainct-Père , après avoir leu iceux articles , donna charge à un nombre de ses principaux conseillers et gens de bon scavoir que de rechef

Ils les vissent et examinassent, et lay en rapportassent lear ad vis, à ce que snr icenx il délibéMst et conclost ce qu'il lay sembleroît cstre Ètofl cfy respondre. Lesquels gens doctes et scatans lôy en feirent les remonsti-ancès qui s'ensuivent, et lesquels noslre dit Salnct-Pèi-e feit entendre à Tempereur, premièrement par Parchevesque de Corlotme, gouverneur de Boulongne , et depuii par escrit à luy présenté par le cardinal Campeige, légat, et par le protenotaire de Gambare, son nonce et ambassadeur auprès de Sa Majesté imjnérîale. Premièrement, sur te premier article, qui estoii la réfcfmtation des hérésies, il leur semblôit esire grandertient i considérer que, faisaht la congrégation et concile unlvetsel eipressément et particulièrement à ceste ûtt; si on y admettoit ki hérétiques à disputer les opiriiohs de long-temps réprouvée* par les sahiets co'ncîleà , ce seroît chose de très mauvais exemple , et apfparence de danger qu'à l'avenir to estimassent toujours leur estre licite de révoquer en doubte les choses résolues et déterminées, et , par fong traict de temps et aneîenrie ôb^^tttion, approuvées; de manière* que toutes choses, et jusques atrx articles de la foy, se pourroient jotifnellement disputer et mettre en Controverse, et ne se pourroit faire certain fondement sur aucune doctrine, dont réstrheroiént nouvelles et infinies occasions de nottveiwx erreurs et innovation des anciens.

Si, au contraire, ils tfestoient admis à disputer ieursdheS dfMtms; ifs né se voudroient tenir pour convaincus par la seule autho^rité dtr concile, ains allègueroient qu'Bs auroîenf esté coiidamnés sans estre ouys, et pirement traittés que ne furent les Arriens et autres, lesquels eurent audience es congrégations des conciles anciens, pour y disputer ce qu'ils sentoient et entendoient de la foy. Et avec telles et semblables doléances àe départiroient du coticile sans attendre la détermination et fin d'iceluy, et par iceWes ife confirmeroient en leurs erreurs et intelligences le peuple crédule et adhérant à eux. Secondement, s'ils se sont opposés aux concites passés et ont nyé Pauctorité d'iceux, comment peuft-on espérer que du futur ils se doivent contenter? et s'ils veulent y contredire, quel scandale sera-ce en nostre temps que la convocation demeure infructueuse, si, pour autre èm()eschement, ou pour les invasions du Turc, ou pour la division d'entre les princes

[mi]

chrestiens, [ledit Sainct-Père et Pempereur estoient sans moyen de pouvoir avecques armes exécuter la détermination d'iceluy contre les rebelles et désobéissans? Tiçrcement, qu'ayant tousjôurs esté grande Tobslination etpertinaclté de tous les hérétiques qui oncques forent, encores est plus celle de ceux dé présettt, lesquels adhèrent, à ce qu'îb disent, à la lettre de la Saincte-Escrîlure , en rejettant Pauctorité des saincts conciles et Fînterprctation des saincts pères qui, par insph-ation divine, ont esclaircy ce que par avanture la ptirè lettre balHoit doobteux et ambigu ; par qu6y seroit à crifmdre c(tic si lés choses du sacrement et de Pauctorité de PÉglise venaient à estre disputées, ils ne se voulussent jamais rendre .vaincus, chose tfA nOn-seulement rendrort la détermination du concile iBusoire, mais scandaliseroit grandement ceux qui auroient attendti plus grands effects d'iceluy. Quartement, que sî, cortitne Ton a peu évidentement cognoistrC par ce que lèsdits hérétiques ont proposé à la diettehnpériale à Ausbourg, ils ont demandé le concile, à la seule fin de persévérer en leurs mauvaises opinions, jusques à la convocation et détermination d'iceluy, lequel (ainsi que bien ils cognois^ent) ne peult, après qu'il seraindict, cstre assemblé en moindre espace de tempi que d'un èrn ou plus, et pourra durer la congrégation non-seulement quelques mois, mais quelques années, pendant lequel temps ils espèrent que potïTra survenir des empe«!hemens, si qne ledit concile se dissouldra ou itrterrompra sans détermination, ou sans exécution de ce qui sera déterminé ; h ceste occasion ils persévéreront en leur erreur et doctrine, et éviteront fe chastiment (Je Sa Majesté impériale. Quîntement, faict à considérer que si lesdits hérétiques prennent, ainsi qu'ils firent à la diette d* Ausbourg, occasions de se départir du concUc avant qu'il soit déterminé ( lesquelles occasfcns, justes ou injustes, ne leur peuvent defhiflir), il en pourroit advenir pis qtf au concile de Basie; car sî au temps de lors, estant Pestât de PÉglise pacifique, et sî peu de temps auparavant, par le concile de Constance, hisi levé le schisme qui avoit si long-temps duré, et la question qni csîort lora entre le pnfp Eugène ef If concile, sçavoîr sî le pape estoit par dessus le concile, ou le concile par dessus fe pape, ftrt occasion de sî grand désordre en PÉ^li^, ^u'cn nn

tl5â3]

Page 1