‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 295 sur 428 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

mesme temps fureot deux eoDciles, dont, parla création d(| pape Félix, résnlta un schisme qui dura jfisques ^q tem^ps du pape Nicolas, il ne £iult faire doubte qu'au temps présent, que la doctrinie cbrestienne est en si grwde confiisioa par la coulpe et malignité des hérétiques , la mesme difficulté se remettroit en avant. Et si le concile déterminoit que le pape fust par dcssps (ainsi qu'à la vérité il est), lesdits hérétiques, prenons fondement sur la détermination contraire du concile tenu à Constance, et n'ayans égard à ce qu'alors ils estoient trois soy disans papes, et non un seul vicaire de Dieu, ainsi que nous avons à présent, alors ils allégueront ce concile n'estre point lihre, comme desjà ils murmurent, et son auctorité n'estre point supresme, à laquelle aucune raison vueille qu'ils se soubmettent ; et chercheront de diviser et dissoudre ledit concile, se séparans des autres etretenans avec eux quelque^ prélats, ainsi qu'il s'en trouvera de curieux des choses nouvelles» aspirans, et par ce pioyen espérans de parvenir à plus grands biens et auctorité ; dont à ceste cause ils pourroient tenir un autre concile et y créer un antipape qui approuvast leurs hérésies et meist la religion chrestienne en plus gr»[ide confusion qu'elle n'est encore. £t si au contraire le concile terminoit l'auctorité sienne estre par dessus celle du pape, ce seroit une difûculté grande et un danger non moindre ; car si Sa Majesté hnpéria|^ vouloit par sa puissance et auctorité mettre un audit concile , ou le transférer en autre lieu, pour interrompre les brigues faictes à l'encoutre de l'auctorité du pape (comme en tel cas seroit requis), ledit concile prétendroit ne pouvoir estre conclu ne transféré en autre part sans sa propre auctorité mesmes, ^t se povirroit de soy transférer ailleurs, outre le gré de Sadite Majesté, sans qu'elle peqst, enpores que son pouvoir soit grand, y remédier; comme, par exemple, il advint à l'eçapereur Sigismond de bonne mémoifie, auquel, après avoir tant labouré pour l'Eglise, et encores que par son industrie et auctorité, aVecquei^ gros frais et travaux extresmes, il eust levé le schisme tant invétéré, ne fut toutesfoys possible d'obvier, en quelque devoir qu'ii s'en sceust mettra, aux discordes et divisions du concile de Basle. Dopt faict à croire que si le futur copcile venoit à durer gaelq^$u)^mé^, comine ilest à pjirésupposçr qu'ij

durera si la supresme auctorité luy demeure, il pourroit succéder occasion que Sa Majesté impériale ne pourroit si longuement y estre présente.

Quant à la seconde cause de la convocation dudit concile, afin de pourveoir à la répulsion du Turc, iceux députés mettent en avant qu'estans ses apprests si grands et si prochains pour invader la chrestienté, que la convocation du concile seroit quant à cest effect par trop tardive, et seroit besoing en premier lieu de pourvepir et donner bon ordre à. y résister et repoulser ; ce que trop à tard s'exécuteroit, au cas que l'on attendist jusques à ladite convocar tion joiiict que ladite convocation de concile serviroit d'excuse et dilation à ceux quidevroient et ne voudroient assister et donner ayde à ladite répulsion du Turc, et se couvriroieat de dîM que, selon la détermination dudit , concile, ib donn^ oient tel ayde que par commun consentement seroit conclu et arresté.

Disoient davantage que si ores le Ture n'avoît volonté de si tost &ire entreprise eocitre fa chrestienté, néanmoins, voyant ladite convocation en termes de traitter à son grapd dom« mage, il se pourroit tant plus baster et amener de tant plus grande force, pour pré¥enir la détermination de l'entreprise qui se dresseroit pour luy résister. Plus, i|s remonstroient que si, estant le concile assemblé. Une se trouvoit moyen de réduire les hérétiques à l'union de nostre saincte fby , et qu'ils se départissent sans conclusion dudit ccmcile, il y aurait danger qu'ils s'accordassent avec le Turc, ainsi qu'a 4ict le vaivode de Transilvanie, soubs espérance qu'il leur seroit permis et loisible d'oc-: cuper les biens de l'Église, et de vivre en la liberté qu'ils disent évangélique, mais qui plus tost est semblable à la loy mahométique : chose qui seroit cause de la ruine chrestienne, à tout le moins d'engendrer une perpétuelle ^enre entr'eux et nous, comme elle fot engendrée el dure encores entre nous et lesdits mahométai^«

Lesdits articles proposés de la part de l'em*pereur à nostre Sainct-Père, ensemble (a sesponse de Sa Saincteté, avoient esté communi* qués au roy par le seigneur du Prat^ chevalie» . de Tordre de l'empereur, afin de sçavoir aussi son intention, tant sur ladite proposition que sur la response faicte à icelle. A ce respondil le roy que, nonobstant qu'en k response tt

romonstrance dudit Sainct-Père y eust des raisons fort apparentes du danger et inconvénient qui pourroit advenir de la convocation du concile, il y avoit, de l'autre part, autres grandes raisons qui faiseient moult à considérer, et principalement de la disposition et termes èsquels estoient réduittes les affaires de la religion, lesquels, si Dieu par sa grâce n'y mettoit la main, estoient beaucoup plus en apparence d'avoir pis qu'en espérance de mieux avoir, dont grand inconvénient pourroit advenir en la chrestienté, lequel advenant (que Dieu ne vueille ! ) , il estoit certain que les princes chrestiens qui seront par cy-après donneront (de quiconque en sera la coulpe) grand blasme et charge audit Sainct-Père et auxdiu princes chrestiens qui aujourd'huy sont d'avoir laissé tomber les choses en teUe confusion, ou par faulte d'avoir convoqué le concile, ou pour avoir, en le convoquant, adjousté telles modifications et restrictions, qu'elles puissent servir d'excuse et couleur à qui voudra dire que prou de gens à cause d'icelles n'y auroient voulu entendre.

Par quoy son advis estoit, attendu les deux poincts principaux cy-dessus touchés es remonstrances dudit Sainct-Père, entendre à l'un sans obmettre l'autre : c'est à scavoir que tous les potentats chrestiens, quelque particulière doctrine qu'ils eussent, par lettres et ambassadeurs, communiquassent préalablement ensemble de cest affaire, et lesquels ambassadeurs et chacun d'eux, auplustost quefaire se pourroit, envoyassent à Romme, avecque» pouvoirs amples et suflisans pour ad viser et arrester ensemble de la commodité du lieu, et du temps où se pourroit, sans le danger d'aucun, célébrer ledit concile, comme pour jetter et mettre par escrit, d'un commun accord et consentement, tous les poincts et articles dont il sera besoing et requis de parler en iceluy ; laissant toutesfoys à tous et à chacun pleine et franche liberté ( moyennant qu'il ne se parle de particulières querelles en quelque façon et manière que ce soit) d'y proposer et mettre en avant tout ce qui luy viendra en fantasie, pour l'union, bien et repos de la chrestioaté, service de Dieu, et répression des vices, extirpation des hérésies et confirmation de nostre foy, sans y particulariser autrement, ne faire mention du contenu es remonstrances de nostre Sainct-Père, comme d'y arti-

culer spécialement qu'il n'y soit point disputé des choses desjà traittées par les conciles, ne que cela fust ouvrir la voye pour faire par cyaprès le semblable sur ce qui seroit arresté en ce nouveau concile; car, adjoustant une partie en première instivcice, et avant que les ambassadeurs et députés des uns et des autres eussent communiqué ensemble des dessusdits articles et restrictions touchant le faict et ce qui concerne la religion, c'estoit donner à plusieurs occasion ou excuse de ne s'y trouver, ainsi que dit est; mais, envoyant un chacun ses ambassadeurs et députés avecques pouvoirs non limités, telles occasions et excuses fauldroient ; et se trouvans ensemble, n'y auroit celuy auquel il ne semblast très bon de rédiger et mettre en escrit, selon l'adviset consentement commun, les poincts principaux dont Ton voudra et devra traîtter audit concile, et que les particulières querelles qui pourroient mettre division entre les assistais ce temps pendant demourassent assoupies.

Lesquels articles et poincts ainsi rédigés, estoit l'advis dudit seigneur roy que Ton intimast alors le concile, et non plustost, et que chacun en apportast un double à ses supérieurs, afin que tous au temps préfix y retournassent instruicts et bien résolus de ce qu'ils ont de dire là dessus ; ou s'il advenoit que ceux qui aujourd'huy se sont séparés de l'obéissance de l'Eglise romaine s'accordassent avecques les autres es dessusdits poincts qui se dévoient traitter, il seroit à espérer qu'ils prinssent avecques les autres le chemin de salut ; et là ou ils ne s'accorderoient, à tout le moins ne pourroîent-ils nyer qu'ik n'eussent refusé la raison et le concile qu'ils auroient tant demandé. Et quant aa demourant, pourroient lésdits ambassadeurs, en ceste leur première assemblée, et sans attendre l'indiction du concile, délibérer et arrester entre eux le moyen et chemin que Ton auroit à tenir pour y pourveoir et donner ordre, et leurs supérieurs aussi, chacun en son endroict, mettre \ye\ne que les erreurs ne pullulassent en leurs pays et subjection. Ainsi, conduisant les choses à la sincérité cy*dessus récitée, estoit bien l'advis dudit seigneur roy que l'on ne pourroit espérer, avecques l'ayde de Dieu, sinon bonne et louable issue dudit concile.

Peu avant la fin de février, receut l'empereur ceste response et advis du roy, lesquels il interpréta et print tout autrement que n'eqpéroit et

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