‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 296 sur 428 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

ne s'estoU persuadé ledit seigneur; Premièrement, en ce quUI sembioit au roy estre conver nable à FefEect du futur concile que les ambassadeurs des princes et potentats chrestiens préalablement projectassent les poincts et articles dont il seroit traitté audit concile, Tempeleor estoit d'advis que cela seroit de plein sault rcstraindre et diminuer Fauctoritédudit concile, lequel, et tout ce qui s'y traittera, doit entièrement dépendre de Tinspiration du Sainct-Esprit, et non de Fappétit et restriction des hommes. Secondement, il sembioit à l'empereur, et de ce grandement se phûgnoit, que le roy, à Tarticle bîsant mention de résister aux invasions du Tbrc, n'avoit iaict aucime ofEre ne response, comme s'il eust jugé que le danger particulier des plus voisins du feu ne deust toucher à hy, qui en estoit des plus loingtains. Et furent ces remonsttances, en forme de réplique ou doléance, ^portées de par l'empereur au roy, lequel ne se peut assez esmerveiller, sinon qu*aucun, afin de le calomnier, eust desguisé sa response à l'empereur; dont procédoit et pouvoit estre la cause que ledit sagneur empereur se plaignoit, et sur ce dernier article pre- DQît occasion et couleur de sa plaincte.

Car, attendu que, par sadite reqKmse, après avoir amplement déclaré son advis touchant le &ict de la religion, il avoit sur la fin adjousté que les ambassadeurs et députés, en vertu de leurs pouvoirs, advisassent et arrestassent entre eux ce qui seroit de faire pour donner ordre et pourveoir au demeurant, il luy sembioit avoir sofBsanmient faict entendre son bon vouloir, d autant qu'il estoit assez plus convenable au bien, tuition et deffence de la chrestienté, que, par iceux ambassadeurs et députés qui promptement se poUvoient envoyer à Romme, il fùst traité dudit afiaire, que non pas'atta^lre à en tràitter au concile, lequel, aussi que cy-devant a esté dit, ne se pouvoit encores assembler d'un an, pendant lequel temps on donneroit prou de loisir au Turc, jà préparé comme d'assailUr et endommager la chrestienté. Aussi, quant à l'autre poinct, où l'empereur alléguoit qu'en traittant et promettant par les ambassadeurs des potentats chrestiens les poincts et articles dont au concile il seroit décidé, cela seroit restraîndre Fauctorité dudit concile, lequel, à ce qui s y traittera, ne doit dépendre que du Sainct- Esprity sembioit au roy que sa response avoit XVI* siicLBi Chroo. et Mém.

esté sinistrement et malignement interprétée ; car envoyant ambassadeurs avecques plein et ample pouvoir, et d'une pure et sincère affection au bien et union de l'Église chrestienne, son opinion et advis estoient que leur assemblée ne pouvoit estre sans le Sainct-Esprit, et que tout ce qu'ils arresteroient devoit estre tenu pourun préambule et commencementde concile. Pour toutesfoys satisfaire entièrement à son devoir, il envoya plus ample et certaine déclaration de son vouloir audit seigneur empereur. Et quant au premier poinct, luy feit en^ tendre, puisqueSa Majesté vouloit que le concile fùst intimé sans aucune restriction, et sans préalable convocation entre ceux qui devroient y assister, luy de sa part en estoit très content, et n'avoit esté le premier qui eust parlé de restriction ou limitation, ainsi qu'il pouvoit estre évident à qui liroit les articles que lui avoit ledit du Prat apportés et présenta de la part dudit seigneur empereur. Et qu'au surplus ce qu'il avoit mis en avant de ne parier des particulières querelles, il l'avoit Caiet en bonne intention, à ce que le concile ne fustempesché à la vuidange d'icelles, au lieu d'y traitter des af&ires de la religion ; et nonobstant qu'il n'y eust prince en toute la direstienté auquel on détint du sien autant que l'on faisoit à luy, toutesfoys a voit-il bien voulu, pour le bien et prouffit universel, oublier ou délayer la querelle de son intérest particufier : protestant de rechef et ouvertement qu'à son advis il ne fust oncques temps qui plus requist que celuy de présent de convoquer et célébrer un bon concile; et puisqu'il avoit pieu à Dieu les constituer es lieux et dignités où ils étoient, que la meilleure, plus saincte et salutaire oeuvre que chacun d'eux peust faire estoit de s'employer à ce qu'il fust célébré le plus tost que que &ire se pourroit, avecques teUe et si pure intention que les vices et abus qui s'y eommettroient ne meissent tous les précédons en dispute, et feissent soupçonner qu'il y eust esté procédé de mesme sorte, afin qu'il s'intimast en lieu commode et de seur accès, à ce que nul iust refasantd'y aller, et qu'il se puisse véritablement dire concile universel, et non pas national ou provincial, ainsi que l'on pourroit le baptiser, si toutes nations cbrestiennesn'y assistoient. Et quant à la résistance contre le Turc, encores qu'il eust payé dou2e cens mille escus,

•I l«y m eonviiiteaoore pèjer Iraioi (sens mSIe pour le pAT&ict des deun millkms, outre les gros firàis et pmea qu'il avoit supportés^ que toutesfoyB sa finale et certaine résoluiiou estoit, DODobstant lesdites insupportables charges qu'il a soustenues et lui eoavenoit eoooret soutenir, quand il verroit que le Ture «eroit pour en personne assailUr la chrestienté^ d'y employer non seulesMnt ses forces et le sang de sa noblesse, maïs aussi sa personne et propre vie ; espérant et se tenant asseuré que ledit seigneur empe- • reur fera le semblable^ lequel il prioit de vouloir prendre sesdites responses en bonne part, comme procédantes d'homme quii sur toutes choses du monde, désire n'avoir jamais cause de vivre autrement qu'en bonne et loyale amitié avec luy.

Telles furent les demande, responses repliequeset remontrances entre le pape et ces deux princes, touchant l'intimation et la o^ébration du concile. Mais, nonobstant qm ce pendant vinssent nouvelles ^ unes sur autres, qui bien dévoient faire hastsr la conclusion ^ comment le Turc, après son retour en Coastantinopie, qu'il feit en triomphe oomme victorieui^ et comme ayant empeâohé l'empereur de conquérir le royaume de Uongriei ainsi qu'il s'en estoit vanté, avoit faict publier la guerre contre ledit seigneur empereur, ses pays et sui^ets, autant par terre que par mef^ et des grands préparatifs qu'il faisoit en diligencei de l'armée qu'il dressoit à Zacinthe pour le recouvrement d6 Coron pris par les Impériaut et ceux (te Malthe l'année mesmesi toutesfoys autre chose ne fut exécutée ay conclue^ et ne se peurent le pape ny les princes entendre l'un rautre« ou, à mon advis, ne voulurent; car, accordant l'un ce qUe Tautre demandoit» il y avoit entre eux si grande deffidence que l'autre ne le pouvoit trouver assez bon. Ainsi se passa ceste négociation par dissimulation des uns envers les autres, pour quelque secrette et à nous inœgneue volonté de Dieu, qui, par la grandeur de nos péchéS) ne veuU par avanture nous envoyer eneores tant bien*

Revenons maintenant à la ligue queftit TeiApereur à Boulogne. Après qu'il.eust conclu ladite ligue, il délibéra de se retirer en Espagne, et avant son partement demanda la création de trois cardinaux à nostre Sainct-Père ; tnais il ne lui en fiu accordé qu'une* yambassa^eur de

FIranee aussi demanda uu ehapeàd èti hMx du roy^ lequel luy fut accordé pour monseigneur Jean d'Orléans, arehëveequedeTbuloQse, onde du duc de Longueville. Après en demanda un en foveur du roy d'Angtetem pour l'évesque de Wigome, auditeur de sa ehamb^e, lequel pour lors ne fiât dépesché^ Laquelle f^quesle l'empereur print merveHIeusétneni en mauvaise part, ou par lacognotesaat«qQ'ilàvi)it par ûe mOyen que les affaires de ce» deci f^ys aUoieot tous d'un bransle^ tt que Vm ne iiii»it pour l'autre moins que pour sôy , ott qull ftiKrprétott ou qu'il avoit opinion que l'àinbsssé^ de France l'eust faiet par émulation de hiy, à oause du malcotuentement qtil èstolt entré hiy et le roy d'Angleterre, en sorte qu'il déclara mvertemetit que œste requeete lut vHioii ptad à desplaisir et contre-cueur que si ledit âmbastedeur en eust demandé qiiatre pour tm ottistre. Use partit toutesfby s pour Bcmongne le dmter jour de février ^ sans fktire autfenHmt déclaration publique de son VoWoif à f^MiOâtre du roy^

Audit seigneur roy» pendant que ed éMets se détnenèren i k Boulongne , et ^e les ca^dififlQx françoist au deseeu de l'empereur et d» stet», praticquèreut l'etttfeveue cy^eMus m^ti<Hmée, l'évesque de Cosme, depuis càrdlllttl de Carpy, nunœ de hoëtre Sainct-Père m»pt^ dé 8s Majesté» avoit proposé dé moyeMir titie entremette, non seulement dudit flainct-nre et de hn, mais de l'empereur avee eun. kttifàâ le foy, dissimulant l'asseurauoe qM desfk il ivoit dùdit Sainel^^ère» ne s'en vouloitâéscoutrif àtay trop, avant que premièretnent il n'en HMi l'intention de Sa Batnoieté< à esëse ^ eeftte praticqlie jusqued alors aVolt esté ïÈèùk ttm le soeu d'ioeluy nonce, reapondit qtKï pttit ^ l'entreveue dudit Sainct-Père et de tey^ h\^^ toit*-ll content d'y entoidre , mais non à eellé de l'empereur avecques eux< sinon que lertf^Afigleterre fist le cj^triesme ï eboié qtïe t^ite»ioys il disbit ne luy semÙer estre h\sM%\ ^ faiy de sa part, et le roy d'Afigteteffc de I» sienne, s'y voudrolent trouver ♦ de pétif de «tfpTinse, chacun aussi fort en son ttidtolcl eottw

s'y truoVerrolt Penqieredrî et qtie dé II fw*roit advenir qu'estant ensemble trëi to«» * trois princes assez peu amysj qu*en lifetf as c<»firmer une paixj ils entrefolent en Uflé giièrtc» Be Geste ouverture à luy &i^ pBî k noocè, et

r^^lzies^pç jour du4H ïiPUi fi4vef iy k* i«twUnaux firançois et son ambassade^? k Robmqa^ Aqg^ ls^x avoU ^Çt refip^i«ie, j^ ce (b'Us l^7 avoiept e«çri\tçmcba|^t Te^Uw d^ \\i&ix 4<b l«ê dite xww ^ tl^ viUçdeNH^, ^p;»^ <us )^^ pe luy s««44Qiit e^^t ])ro(Mre, olista^^qq^la xiUee^(4( àim|urîope q^À l^j %v(Ht ms^ 4e »| «s^mugaftet m^vlY^U tour« qu'il d«; {e YQM^rçit au^^ioen^ çi^Qyer» aussi qi^H 9e se v(Mi4r<ût nn/^ttre 49dw4 tadi^ ville^ s^m ^VQÎr U yiUe el \^ ài^sffihM ^ ^ pui^iMU^; qu\ 1^4141 ct^ûsa de gramte d^çulté, çt 4^ grP& i^«i4 ^ 4esEipBs$«^ s^ t^esoklg, veq ^'il% ^e piM^YMe;^^^ »voiir b^te d^autres liens, wa^ çoom^odes»» è^ueb ledit SaUMit-Pève jM^uvrci^t coowil^er cornac

Et (tQur Qg qq^, $ur le {KQÂoct de ces^e dép^Sr cj^e, le Toy ^v(H^ eu liBt,trfi* du Tuy 4' Awl^^e qoi te (jnojit d^ luy eAvayer luMame ^nqy^ il peost (iS^Iaî^eirprivçaventi. pQuir luy dii^e quelque chose qu'il ne YQuloit esçrire ne p/ciur l'heure encorç«i ccpu^uniquer à persooAe^ siuoa audit ro¥ 9ontK)A frère, e^ au persouu^ge lîdeVie qa il choisiront pour luy ^ porter la parole \ à cestç c^use» t^t potur cest effect coauaepour &ire entendre audit rey d'Au^tçnre toute t^ négoci^^tîQQ &,icte à l^omme toucb^SAt W ^g^ d'Italie^ le refui^ df § YénitÂ^cm d'y entrer,, cetay da Pi^pe d'y cQ.m^reudre. Geçgses; l^ prc^^tion , resjpoQ^es e^ rep^cque^ ^^ le bict du coacUe et sur la résistance a,ux eptrep^iuses du Turc ; aussi de Vasseur^jace 4^ Veolreveue 4»* pape et de luy ; les propos du nunri^^ de 1» duchesse 4'Urbin, et de l'auti:e e^treyei^ du p^^ de Vempereur et de luy ;^ d^ sa ^eiyionse 8U)^ ce ; 4es npsuvelles du Tuçc et de Çoçoa, venues par la voye de Veuise, et généçalemeftt tout ce qui ayoit esté par hiy négocié dq^ le congé j^ris entçe eu^ à Calais, ledit si^igaeuj? roy très ch^restien dépescha vers luy messire Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, d^yk. mentionné cy-devant, auquel entre autrea choses il donna charge de luy déclarer comnM^ suivant la conclusion par eux, prinse en leup^ parlement secret, non ^ulempnt il ayoit ace(H>dé le mariage de monseigneur 1^ due d'Oj;léan&, son second Qls, avecques la dncbesse d'lji;bin» mais que, pour mieux asseurer nostredit Sainct- Père, et le divertir totalement de la dévotion de Tempereur, 4 luy avoit accordé qu'à geiM

UVH» IV.

entreveue il mènerait mondit seigneur son fib, afin que ledit Saiuet-Père pareillement y amenas!^ ladite duehetse, et qu'il se mist une fin au diet dudit mariage ; remonstrant audit roy d'Al^^eterye eoiabiea il luy sembloit cstre reqam 4Qe hiy aussi se tranvast à ladite Tfiie, pqur estve l'beiwaAe du monde qui phis à pie^ * pus, plus effieacemeot, el avee phis appareaiti • pef sw^sieiBs, peuvoit Ssiie entendre la justice de sa e^use v attendu mesmea la seuretc que Sa Mjyes^é peuYûît aveir en eeste dite yeue, et la coQséqueMe qui en peu voit redoader à la paei^ fic^ktien et repas de ses affaiies; ear quant à fai seureté 4il vuyage, il aurait à venir pef le royaume de fyauce, eu il ponveÂtestreoi telle seureté qu'en Angleterre : ^pMut à la aenreté du lieu, lequel ou avoit veubi eboisûr à Niée ( ce que ledit seigneur u'avnit tranvé eetre à propos, pour ea^re fedite ¥iUe es mains de eekiy qu'A n Voit eause d'y Yqukir employer ), il y seroit pou^veu, de sûvte qu'ils n'aoroienl 00* casioD, en quelque Ueu quefuat laditeentreveoe, deerainckre par teinte «e par me?, enaseune manièiEO, leuvi ennemya k et fu'à eeste eausa ledit seigneuf s'estoit aireslé en la ^e de Pariât pour veettfeftu è ses ordoionaDoee tanS de gens de cheval que de genade pfled, que pareilleno^t du iaict de sa luaviney selon quatre eux deux aovoit deruiàvemei^t eeté eonehi; lemett^t |a. 4éUt>ératioa d'y Yonir 00 wm à Fadvis et coKiseU dudit foy d' Au^elenre el sebii que ses aflf^iies le fequéroiefit. Si toutesioys il luy se«il4oit n'y dev<^ im» en piNwonae, f«dit seigaeuK luy oomseiUo&t d'y ^voyev tel py^rsonni^ qu'il se peust entièreoMnt ier ea luy eomme à soy-mesmee. Ceste fat h prinei^ pai^ e^ge donnée audit Langey, el de eoobu^uûquer aYeequea ledit loy d'AngfeteBe» ^ pÎTendre 9m «dvia des aOaipes dent de ledief Isa prineee de Geffmaul» le^ reelKffehoienft tr^ instamment,,

L'afiEwe qu» Vb foyd'ioigl^lWTe Youlût fcire entendre au foy estait (pi'i^rèa tant de âiisîmulationaet remises que l'évesque de Rcmmie (caip «iusàiQ^owpnoiWi le pape) par si k^ng-tenp» i^qit ufiéeoY^ Hiy suc ûmaftièse de soii divoi^ee, il avoil pvocuvé qu'elle 6mi vuidée par régUse an(^icwe, T^iKihevesque de Canlorbiry» primat d'Augletenre, y présidant; et ^e, par sentence de ladite égUse, son mariage avoil esté déclaré 9ul> et \fi diq^me ouUe, conuot

MÉMOIRES DE ht] ËELLAY,

donnée sar nn eàil non digpensable, et qui ne dépend de la puissance du pape ny de Téglise ; suivant iaqudle sentence il se seroit ^tièrenient départy de son premier mariage, et avoit espousé madame la marquise Anne de Boulan : à ce présens iceluy ardbevesque, les père, mère et frères, et le duc de Norfolc, oncle de ladite dame, sans y appeller autres tesmoings, et qu'il vouloit encores le tenir secret pour quelque temps, en attendant si à ceste entreveue dndit évesque de Romme et du roy ( laquelle on espéroit devoir estre en may aisuivant) ledit évesque luy voudroit &ire justice ; et au cas que non, alors seroit-il délibéré (voulust ou non toute Féglise de Romme) manifester et publier sondit mariage, et se soubstraire entièrement du joug et servitude d'icelle église , de la tyrannie et usurpation de laquelle il avoit composé un traitté bien ample; mais qu'il n'entendoit encores le publier, jusques à ce quMl veist en quel devoir se mettroit ledit évesque de Romme touchant de luy administrer justice.

Priant sur ce lé roy son bon frère luy vouloir estre aydant, ainsi qu'il avoit en luy parbicte fiance, en cas que l'empereur et ledit évesque de Romme luy voulussent, à cause de ce, courir sus et mouvoir la guerre ; car il avoit entendu que ledit évesque s'estoit vanté de susciter toute la chrestienté à rencontre de luy, s'il refusoit de se rendre obéissant à sa détermination de la dessusdite matière de divorce : aussi que l'empereur, à deux fois qu'il avoit parlé audit évesque, luy avoit feict un discours long, et plain de grande passion, de la cruelle guerre qu'il entendoit faire contre ledit roy d'Angleterre, au cas qu'il ne reprinst et restituast en ses honneurs la royne Catherine sa tante; et luy avoit déclaré les moyens qu'il avoit d'exécuter vivement icclle guerre, et principalement au moyen de la Ixmne intelligence qu'il disoit avoir avec le roy d'Escosse. Or est à sçavoir que, de tous ceux qui entendoient parler de ces affaires, n'y avoit homme qui ne creust certainement que ledit seigneur empereur fust pour exécuter ceste délibération ; et pour ce y avoit beaucoup de bons* personnages qui s'employoient, en tout ce qui leur estoit possible, à inventer quelque gracieuse voye de rapaiser ce différend, de peur que d'iceluy sourdist une guerre en laquelle entrassent tous les autres princes chtcstiens, les uns pour l'une,

et autres pour l'autre partie. Desfà rempèrenr avoit praticqué le roy d'Escosse , et luy avoit envoyé son ordre.

Le commencement de division et les causes d'icelle entre lesdits roys d'Angleterre et d'Escosse, oncle et nepveu, en ce temps vindrent par le costé d'Escosse; dont fut le roy premièrement adverty par le rapport du seigneur de Langey , lequel estant embarqué sur un gaffion de la traverse de Boulongne, et ayant desjà &ict plus que la moitié du chemin dudit Boulongne à Douvres, apparurent au long de k coste au-dessous de Douvres, environ les dii heures du matin, trois nefs équippées pour h guerre, et que, nonobstant qu'elles feissent voile, ne &isoient point de chrâiin, ains se tenoient au-dessus du vent, comme si elles fos-' sent la, ce qu'en effect elles estoient, poary guetter les navires qui arriveroient audit liea de Douvres. Par quoy ledit Langey, encores que le roy ne fust en aucune ouverture de guerre, voyant toutesfoys leur contenattce, et doubtant plus qu'autre chose que ce fassent nefs de corsaires qui en vouhissait au premier trouvé, feit sans attendre changer la voile et tirer au large de la mer, afin de veoir que feroient icelles nefs. Lesquelles aussi, voyans qu'il avoit changé la voile pour crainte d'dles, incontinent tournèrent la proue devers lay ; et jusques aux dix heures du soir que le vent leur faillit, et que l'obscurité de la nuict leur osta la veue de son gallion, ils luy donnèrent la chasse, en le servant continuellement à coups de canon, dont plusieurs tomboient près de luy ; d'un coup, entre autres, tuèrent le patron d'une nef de Bretaigne venant avecques luy de conserve, et prindrent ledit navire, qui ne ponvoit si bien diligenter que le gàllion, lequel s'aydoit de voile et de rame. Au lendemain matin', ledit seigneur de Langey, qui avoit gaigné la nuict le port de la Rye, veit iceux navires desjà multipliés jusques au nombre de neuf, à cause des autres vaisseaux qu'ils atoient prins, èsquels ils avoient mis de leurs gens de guerre et artillerie, dont ils avoient à ceste intention apporté plus qu'il ne leur estoit mestier pour iceux trois navires; et, par les pescheurs affuyans au port, il entendit que c estoient Escossois, lesquels avoient armé lesdites navires en ceste première déclaration d'hostilité que les choses estoient encores comme en-

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LIVRÉ IV

Ire paix et gaerre. t>e qnoy, arrivant en poste vers leroy d'Angleterre, illay en donna le premier advis : et peu après Iny en vindrent autres advertissemens de plusieurs endroicts, lesquels ne pleurent guères à Sa Majesté, non qu'il fust meu, tant pour les forces et puissances de cest ennemy, comme pour doubte de la suite de r empereur et de ses alliés. Mais avant bien peu de mois fiist ceste guerre appaisée, au moyen et par Fintervention du roy de France. Et à tant laissant cestuy, je retourne au propo^de l'empereur, que j'ay entrelaissé.

Party qu'il fut de Boulongne, il continua, son chemio jusques à Gennes, où il s'embarqua le huictiesme jour d'avril, prenant sa roupte droict en Espagne ; et le seigneur de Veilly , ambassadeur de France, le suivit, et les cardinaux françois accompagnèrent le pape depuis Boulcmgne < jusques à Romme. Auquel lieu estant arrivé nostre Sainct-Père, lesdits cardinaux françois persévérèrent toujours à moyenner que ce trouble d'Angleterre se peust appaiser, sans qu'il en advint quelque tempeste en l'Eglise; et continuellement en estoient semonds par lettres et messagers du roy, lequel désiroit merveilleusement que ceste chose se terminast avant que nostredit- Sainct-Père eust nouvelles de ce qu'avoit faict ledit roy d'Angleterre ; et à ceste cause insistoit plus chaudement à ce que l'on avançast ceste entreveue, en espérance que, parlant à Sa Saincteté, il y trouveroit quelque expédient. Et outre plusieurs autres dépesches auparavant envoyées en faveur dudit roy d'Angleterre, estant dès le quatriesme jour d'avril arrivé devant luy le mylord de Rochefort, frère de la nouvelle royne, il en escrivit à nostre Sainct-Père une lettre fort affectionnée, dont le roy d'Angleterre mesmes luy avoit envoyé la minute, tendant à fin que Sa Saincteté acceptast l'exoyne dudit roy, et luy envoyast des juges au pays d'Angleterre, qui décidassent la matière sans la tirer en la cour de Romme. Au contraire de ce, l'ambassadeur de l'empereur, et plusieurs cardinaux, ou adhérans à luy, ou poursuivans que l'authorité de l'Eglise romaine fust maintenue et gardée, ne faisoient moindre instance envers nostredit Sainct- Père à ce qu'il procédast contre ledit roy d'Angleterre, et mesmement parce qu'ils avoient eu nouvelles, combien que non encores certaines, non Îms ique ledit roy eust consommé ledit ma-

riage avecques madame Anne de Boulan, ains qu'il avoit en effect, mais seulement qu'il faisoit procéder à la déclaration de nullité de la dispense du premier : ce qu'ils estimoient et main* tenoient estre entreprins au préjudice de la puissance et authorité du sainct-siége apostolique.

Nostre Sainct-Père, qui volontiers eust temporisé pour essayer d'y mettre une gracieuse fin, d'autre part leur remonstroit que de procéder à la condemnation, et puis ne faire exécuter la sentence réellement et de faict, seroit une entreprise frustratoire, qui toumeroit au grand mespris et viltipendement dudit sainctsiége : et de la faire exécuter il ne pouvoit, ainsi qu'il disoit, entreprendre, sinon que l'empereur, ensemblement avecques luy, l'entreprint; et quand ores ils entreprendroient ensemble, si luy sembloit-il à craindre que le roy très chrestien. lequel avoit avecques ledit roy d'Angleterre telle et si estroitte alliance, joingnist ses forces avecques luy, dont il advint une combustion et trouble en la chrestienté plus grande que auparavant. Ainsi s'alloit excusant nostredit Sainct-Père, qui peu après eut nouvelles certaines, non que Je roy d'Angleterre eust encores effectuellement procédé au faict de son nouveau mariage, mais que, pour tout vray, l'archevesque de Cantorbéry avoit prins cognoissance de la matière : chose qui toumoit au grand ravalement dudit sainctsiége, attendu mesmement la litispendance qui en estoit devant les juges à ce députés par Sa Saincteté, dont ledit Sainct-Père se plaignoit fort auxdits cardinaux françois, à cause que, durant le temps qu'on le prioit de superséder, et de ne rien innover jusques à ceste entreveue, ledit roy toujours innovoit et passoit outre.

Entre ces poursuittes d'une part et d'autre, et après les nouvelles certaines venues à Romme de l'embarquement de l'empereur à Gennes, le pape, environ la fin du mois d'avril, non en consistoire public, mais en congrégation d'un bon nombre de cardinaux, avoit proposé la requeste à luy faicte par le roy de s'approcher en quelque part où ledit seigneur se peust aboucher avecques luy, et deviser ensemble des choses concemans la religion chrestienne et répulsion du Turc, ennemy de nostre foy, et pour autres si sainctes occasions portées amplement par lettres dudit seigneur, qu'aucuns des cardinaux

auxquels ne plaisqit Cf st^ çntreveue w trouvèrcat cha«e que Uciao^tem^t Us «ceu$seut allé-, guer au contraire, (.'ambassadeur de Temp^reur feit çutièremept tout ce qui luy fut poss^b^, çt allégua toutes |les n^isoi^s qu'U scçust inu^iaçr ^ de rçunpre eeste eintreprins^^ à tout le moins de différer la conclusion jusques à ce que Ton ^U3t nouyelles ^e Va4vis dudit empereur $on maistre ; n^^is il ne put obtenir sa rcr queste, et les cardinaux \ifi\ Iqy adbéroient, et déslroiçnt t^we entendre ceste nouvelle audit seigneur empereur, oncque^ ne peùrent se résoudre ^ cbos^ qui bonnestemet^t se peus^ fairç ou demander pour rii\terrompre, sinon que nqstredit Sainct-fère, avant qu'en concli^ç, ep escrivit ^ lifief au roy : oe qw ^t faiçt, et, le brief envoyé, ne ta^a guères qv^ç no&Xife Sainct-Père n'eust la response du roy.

Çes^e respoi>^ vers la un de may fut présentée à nostre Sainct-Père en congrégation, à laquelle assistèrent les cardinaux françoi$; ^t pour ce que aucuns autres cardinaui^ qui eus-^ sent \fmx voulu rojçnpre ce coup, et par Tempereuf en avoiei\t esté requi^^ n'os^AS parler si librement devant e\|X, dem^iMMièrent jour k une^tut^e congrégation, ce qui leur fut accojrdé : à laquelle ne se voulurent Couver les cardinaux françois, non ignoraiis pou^ quelle intention les ^u^tres avoient deoiandé te^ine de respondre, avoui^ premièrement que les causes proposées par le roy esioient teUçs et si sainctes, que nul ne po!i^roit les cpndajoaner. Reaxonstroien,t néan]imoinsquepf^u4ecauâesne leur sem^loiei\t estre suffisantes pour remuj^f un pape de son siège, et qujil seroitt \>o^ envoyée ^^vant, quelque prélat pour entendre plu& particij^ièrement rinletjtion du royî ce que nostredit Sainct- Père lieur accorda. £t fut dépesctié Tévesque de Savance, lequ/çl à/^k a\iparavanl nostre Sainct-Père ayoft mandé ^u roy; de l'envoyer vers luy , pour adviser du lieu plus conunode k ex,écuter cesle entreveue ; car quant au temps, de^yà estoit-il ^rresté que nostre Saipct-Pèrc, pour le danger et inconvénient de sa personne,, à cause des extresmes chaleurs de Provence,, njç p&JTtÂroit que jusques a^rès les premières pluyes ; et meames luy avoit le roy donné ce conseil, lequel ce temps pendant aUa vi^ter ^ paya de Languedoc et d'Auvergne^

Et quant an lieu, nostre Sainct-Père, ains^ qfae n^QS avons dit cy-dei^u9» ^vol)i4^gné que

MÉMOIRE^ Bjp; hV BELLAY,

ce fuat à Nice; et, pour ce fue le |^oy ne you-. loit employer le 4uc de Savoye en son nom, Sa Saincteté Tavoit faict au sien propre* et avoit pour ceste cause envoyé devers luy qn de $es plya privés cbambrier», auquel pouir quelque temps le duc ^voit librem^t offert 4e fûre le vouloir de Sa Saincteté, se répu^t, # ce qu'il disait, t^eurevL^ qu'une ^ Hiucte chose se traitt^t e^ sesi pays. Et, à yray dire» ce hiy eust par f vauture esté un grand heur^ gi^ eust pei^ ob%^r aux infortunes qui depuis luy ^nt advenues j car, en effect, La grande instance quç faisoit nostre Sainct-Père 4e 9 aboucher es pays d'iceluy 4uc estoit pou; Ty Caire veuir q/mA il yerroit le moyen de pouvoir lie réconcilier au roy. Xoutesfo.ys Teçapereur, auqpel ne pouvait plaire ceste entreyeue.et ne vouloit riens laisser intenté, q^p.yenna^t qu'il la peust rou^r^, luy envoya faire telles remonstrances, que peu après il commença de varier et alléguer des difficultés. Par quoy fut, entre Tévesque d^ Savance et monseigneur Anne, sire de Bifontmorency, alors grand -maistre et p^rcschal, e( à présent connestable de France^ après avoir devisé de \illefrance, AntibCi Fréjus^ Touloa et Marseille, et &ict Visitation de tous lesdits lieuX) arresté, pour la conclusion, qu'elle se feroit à Marseille.

L'empereur, cherchant encores les voyes et moyens de la rompre, ou de la faire si longuement différer que Thyver vint, envoya un gentilhomme exprès^ environ la fin de juin, sollt; citer nostre Sainct-Père de faire et administrer justice à la roy ne Catherine, sa tante^avecques grandes protestations, au cas que Sa Saincteté la lu.y déniast 01^ délayast. Et pour ayder à ceste poursuite, nouveUes vindrent à Ronunei ainsi que telle chose ne se peult longuement celer, comme Tarchevesque de Cantorbéry, soy intitulant légat né en Angleterre, avoit donné sentence contre la première dispense du roy d'Angleterre, et qu'espousé ledit roy avoit la marquise Anne de Boulan; aussi qu'il avoit fwct le livre cy-dessus mentionné, contre les p;*ééminences et auctorités de TÉglise. Lesquelles nouvelles esmeurent tellement tout le collège des cardinaux, que tous en une voii vindrent demander justice à nostre Sainct-Père. contre les attentats et entreprises du roy d'Angleterre. Auxquels obtempérant, ledit Sainct- Père Mononça les censures à rencontre dudît

Iroy d*Angleterfè, atl «ftfl qhe dedans certain temps il ne réparast tesdits attentats. Gé nonob- Mànt, il ne dÀista de se^ ptotms temchatit Tehtfévetle de Iny et dn roy^ ains proposa en plain eonsii^toire sa délibération et ârrëst ponr ladite Yene* ohhmnànt à eenu i}tii auroient à ftiire le voyage que chacun se tinst prest et en ordre. Les ImpériatbLi après aVoir entendu ceste délibération, et advertys <}tiele pape avoit à faire le Toyage sur les galères de Rhoddes, les demanùèfeAt pwt ayder à secourir Coron à l'éncobtre des entrepi'lflsesdu Turc« espérans, ou de rompre par ce ttioyen ceste entrevetie, cm de prendre occasion et couleuf de dire que par sa fatilte , et pottr avoir Sa fiaincteté diverty lesdistes ga- Ureë ailleutiSf Tempereur avoit esté contraint d'abandonner Coron, ville si propice et de telle conséquence à la chrestientét advenant oppoftunité de foire entrepriiise Contre le Turc, et pectf délIVi^r de servitude les Grecs, nos frères ehrestiens» et tout Fempire de ConstantiAople. Qaey prévoyant 9a Sainctété, ne voulut acquérir eeste réputation d'estre catise d'un si grand fiitti) et non seulement accorda que lesdites galères feissent le Voyage de Coron, tnais davantage y adjousta les siennes, et délibéra de foit^ . son pàiîsagê sut* Celles de France, b'àutre costé, ' tes ambassadeUi-s dé l'empereUr et du roy Pefdinand sM fthré^ des dUcs de Savoye et de Milan et ^ntt^i craignaii§ qu'en ceste entre veue il 9e bfftsMst quelque chose ^ leurdésavahtagë, {aisâl^t, d'un commun àccôttl et consentement, Kmt ce qu'ilé pouvaient imagiher qui serVist à divertil* et aliéner tnesëieurs des ligues de là Côtifédéfatiou et amitié du roy, et pt^ihcipalemeai les cantons obéissans à FËglise romaine, leur d^naiit à entendre que ledit seigneU^roy iftvof i§oit ICè pt^estans contre eut. Et à menet* eeste practique leuf- adhéruit l'évesque Vérulan, nonce du Sainct-Pèfé auprès desdits fteigneUl*s des ligues» lequel estuit chaf gé d'y faire mauvais oflDëe à rendroict du i*by< Et tellement fbtait mesdHÂ seigneurs des ligues persuadés par tels t-apports, quMte fiitent en grand branale d'entrer en la ligue d'Italie contre le myi Mais ledit sèigneuf « adteny de ceste pr a<ticque^ y obvia sans en foifc semblant^ en leur ehvoyatit argent cotnptant, et ptornettant cofi* tribuer eu leur deffence six mille escés par chftdÉi mois, au cas que les auti^l CaâtoUs leur fissetu la guerre pour lefiiict dé là fellgioni et,

LlvRÈ tV.

par plusieurs siéiine§ dé|)6§chèâ k ftomtné, fie î>lâignit audit Sainct-^Père du inauvais ôÉée que foisoit ledit YéHlIàii, leqUel, k cause de ceste plaîncte, fiit flnabletnent révocqué par ledit Sainct-Père, qui dudil mauvais office s'éleusa envers le foy -, et audit Vérulan ordonna se trouver à ladite entfevcue, pour se justifier dudit fiiict.

Environ la my-juillël estoit le duc de NorftHc artivé devet^ le roy, pout- se trouver à ladite enlreveue au nom et de la part dû rôy d'Angleterre son maistre; mais, arrivé qu'il fut, il entendit qU'à Aomme àvblt esté InndVé quelque chose, mais ne sçàvoit quoy, à l'encontre de séfi fnalstre; par quoy il voulut prendre congé et s'en retourner. Le roi toutesfoys le retint, et lUy dissimula tant qu'il luy fut possible la vérité du (aict, espérant trouver encores voye de gracieuse conchision; car il âvoit incontinent envoyé devers nustre Sainct-Père luy remonstrer le lieu que tcnoit ledit rOy d'Angleterre, combien de temps on l'avoit tenu suspens, et que ia kmgueui^ de son affait^, l'affection qu'avoit sa Cdnscietice d'esti^ hors de scrupule, et le désir qu'il avoit d'avoir en son royaume héritier de sa cfcalri l'avoietit contraint de pâssef oUtrè, sans attendre là résolution de 9à Sainctété; làquelle deVoit considéf%r et avoir égard qu^il valott trop mieux le retenir en l'obéissance et dévot ils de l'Église comme il avoit esté auparavant, que de l'avoir l'ebelle, désobéissant et enneiny; dont ensoivist inéoUvénient et pemlrteut exemple) et très dangereuse conséqueiîcè : adjdustànt ledit seigneur aUx auti'es remonstrànces, qu'entre luy et ledit roy tfAUgletef^e estoit telle fraternité, que tous les outi*ages qui se feroient audit t*oy d'Angletcrl* il les estimef-oit faicts à soy^mesmes, et né s'en ressentlroît ffloinsi en quelconque tuanlèi^, que de son propre et particulier outi*àge. Toutesfoys, le duc de Notfilc, envirt>n là my-aoust, entendit au vtay le contenu de la sentence prononcée contré le fOy son âiàistre; et à ceSte cause il envoya vert sondit tnàiatre le mylord de Rôcheibh, sur chevaux de poste. Lequel Seigneur foy manda incoBiinent audit de Nmfolé prendre eongé dd roy de rtimce, et se ret^ef ; aussi i»évoqua le

dtic de Richemont, son flls naturel, estant lors à la coUr dudit seigneuf roy de France, et ses ambassadeurs estans tière nostre Saiiict-Pèfe. Ledit sel gneut roy ne pouvant t^teoir iceluy de

[tm]

Norfolc par remonstrances ny prières qu'il loy sceust faire, s'accorda de luy donner congé» en le priant de moyenner que le roy son bon frère y envoyast autre bon et sçavant personnage, pour voir et estre tesmoing du bon office qu'il entendoit faire pour luy envers ledit Sainct- Père; ce que ledit de Norfolc procura. Et y furent envoyés Tévesque de Wincestre, par-devant appelle le docteur Stepbné, et maistre Briant, gentilhomme de la diambre dudit roy d'Angleterre, et cousingermain de la royne Anne Boulan*

Environ ce temps, estant le roy à Toulouse, arriva vers luy messire Bonacurse Gryne, secrétaire des ducs Guillaume et Louis de Bavière, par eux envoyé, tant en leurs propres et privés noms, comme des autres princes et alliés avec Sa Majesté, suivant Talliance n'a guères hicte entre eux. Et fut sa charge de faire entendre au roy comme, sur la consignation des cent mille escus qu'il avoit par le traitté promis, eux tous estoient condescendus et demourés de bon accord ensemble qu'elle se fist entre les mains desdits de Bavière; sur ce toutesfoys le requérans, attendue l'impossibilité de bailler par eux les cautions promises, sans éventer trop avant et divulguer l'occasion de la susdite consignation, qu'ils désiroient (et la raison de leurs affaires vouloit) estre secrette, qu'il ifiist content de s'en fier en eux, et sur l'obligation qu'ils en feroient, telle que son conseil adviseroit. Auquel Bonacurse le roy feit telle et si gracieuse response qu'il s'en contenta, luy. promettant que, ceste entre veue partie, il envoyeroit homme avec pouvoir de traitter à eux, ou leurs commis et députés à ceste fin.

Ce temps pendant se dressèrent tous les préparatifs pour ceste entreveue; et partit monseigneur le duc d'Albanie avecques les galères de France pour aller quérir nostre Sainct-Père; auxquelles fut adjousté un nombre d'autres vaisseaux pour apporter les trains et bagages des cardinaux et autres estans à la suite de Sa Saincteté. Le seigneur Lmirens Cibo et le comte de Masse vindrent, de par nostredit Sainct- Père, visiter monseigneur le duc d'Orléans, et luy apportèrent quelque présent. Monseigneur le comte de Tonnerre fut pareillement dépesché du lieu de Carcassonne pour aller visiter la duchesse d'Urbin, à laquelle aussi il porta quelque présent de par le roy. En ce mesme temqps vin*

drent nouvelles au roy de la mort de Tescuyer Merveilles, son ambassadeur auprès du duc de Milan, gentilhomme milanois, nourry de toute ancienneté en la maison de France, et escayer d'escuyerie du roi; et estoit venu au service du roy Louis, XII avecques le seigneur Galéas de Sainct-Séverin , qui depuis fut grand-escuyer de France; et persévéra ledit Merveilles jusqufs à la mort dudit roy Louis, et depuis estoit demeuré au mesme estât et service du roy François, premier de ce nom. Auquc;! escuyer Merveilles le duc de Milan feit trancher la teste pour les causes et en la manière qui s'ensuit.

L'an 1531, ledit Merveilles avoit demandé congé au roy pour aller en Lombardie visiter ses parens; et pour avoir esté bien traitté en France, de manière qu'il s'y estoit faict riche, il y alla en gros équippage, tint maison, et fiesUa les priocipaux et plus prochains serviteurs du due, auxquels, et au duc mesmes, feit présens; et par apparence s'insinua fort en la grâce d'iceluy duc et du comte Maximiliàn Stampe, qu lors avoit le principal maniement de la maison et affaires du duc. Quelque temps après, estant ledit Merveilles retourné en France, au temps que l'empereur dressoit en Allemagne son armée contre le Turc, messire Francisque Taverne, nepveu dudit Merveilles, et chancelier du duc, allant de par luy en Allemagne, passa par Fraqce, et au nom de son maistre visita le roy, lors sqoumant à Fontainebleau; auquel il dit, en devisant de plusieurs choses, que sil plaisoit à Sa Majesté envoyer quelque ambassadeur auprès d'iceluy duc son maistre, ce luy seroit chose fort agréable, et que par ce moyen se pouriroit guider beaucoup de bonnes dioses; ^et qu'y envoyant quelqu'un, ledit Merveilles seroit fort à propos et bien au gré dudit duc son maistre; mais pour autant que le duc son maistre avoit tant à faire de s'entretenir en grâce de l'empereur, lequel pourrait, si à son scen il y avoit un ambassadeur de France devers le duc, luy en tenir quelques rigoureux termes, il vouloit bien supplier le roy que ce tiltre d'affbassadeur fust et demourast secret entre lesdits seigneurs roy et duc; et que, pour la justification de sondit maistre, au cas que l'empereur en entrast en souspecon à rencontre de luy, le plaisir fust du roy de donner audit Merveilles une lettre à part, adressante au duc en faveur d'iceluy Merveilles, et en recommanda;

Ii53âi

LïVkÈ IV.

tion de ses particuliers affaires» afin que par icelles sondit maistre peust en un besoing faire foy que ledit Merveilles estoit près de lui, non comme ambassadeur, mais comme sollicitant ses propres affaires. Ce que le roy fisicilement hiy accorda ; et outre les lettres de créance et instructions qu'il feit dépescher audit Merveilles, il hiy feit aussi bailler lesdites lettres ne Msans mtmtion que des propres et particuliers affaires de luy; et pour son estât et moyen de vivre auprès de la personne d'iceluy duc, il luy ordonna certaine somme par mois, outre les autres estats et bienfaicts qu' avoit ledit Merveilles de luy.

A Boalongne la Grasse estoit le duc avecques r^npereur , alors que ledit Merveilles arriva en Lombardie, et, pour ne mettre le duc ensouspeçon de l'empereur, ne voulut passer outre; ainss'arrestantàMilan, feit scavoir sa venue au duc, et eommeiil avoit lettres à lui présenter de la part du roy , et aucunes choses à luy exposer concernantes le bien et utilité de la chrestienté ; et que, pour éviter le souspeçon qui par son chancelier avoit esté remonstré au roy , il ne vooloit passer outre sans son ordonnance et mandement, comme celuy qui avoit du roy expresse charge de luy obéir en tout ce qui luy plairoit. A quoy luy respondit par lettre en date du dix-septiesme de décembre 1532, laquelle j'ay bien voulu transférer icy de mot en mot de telle manière :

« De par le duc de Milan. Nostre très cher et q)ectable , nous avons entendu tout ce que par vostre lettre du douze du présent mois vous nous avez escrit de vostre arrivée, et de Tordre qu'avez tenu de par le roy très chrestien : chose qui nous a esté de souveraine satisfaction , estant l'humble serviteur que nous sommes de Sa Majesté, et si comme nous entendons d'estre par cy-après, ayant cher que vous nous teniez en sa bonne grâce. Quant à vostre séjour en celle nostre cité et Estât , vous disons que bien nous plaist que vous y soyez tant que bon vous semblera, et que, pour plusieurs respects, nous vous y verrons tousjours volontiers , et mesmes pour les dessusdits que vous estes de par Sa. Majesté très chrestienne, et là où nous pourrons faire chose qui vous soit à gré, nous le ferons tousjours de bonne volonté. Dieu vous conserve!»

. TeUe fut en substance la réponse du duc, aU'

XYI" siKCLB^ Chron. et Mém.

quel y estant depuis de reiôUl* à Milan , ledit Merveilles s'adressant premièrement audit chancelier Taverne , qui jà estoit retourné de son voyage d'Allemagne, vint présenter ses lettres qu'il avoit du roy, et luy exposer sa créance de poinct en poinct , laquelle fut agréable au duc, auprès duquel il demoura long-temps, l'accompagnant en tous lieux, et hantant avec luy fort privement et domestiquement. Il peult estre qu'il ne sceut assez bien celer qu'il fust ambassadeur du roy, ainsi que chacun désire estre estimé et honoré, principalement quand il retourne de service estrange au pays de sa nativité. Et tant advint, comment qu'il soit, que l'empereur en eut nouvelles, et en print grande jalousie contre le duc ; en sorte que les paroles qui estoient mises en avant de son mariage avecques la niepce dudit empereur en furent presque en totale rupture. Par quoy le duc envoya s'excuser, et monstrer à l'empereur ( afin de luy faire foy que ledit Merveilles estoit près de lui pour ses particulières affiaires ) les dessusdites lettres de recommandation qui avoiènt esté dressées par le conseil dudit chancelier Taverne, pour advenant ( ce qui advint) servir au duc à ceste fin. Non pourtant estoit ledit empereur encores satisfaict, ayant opinion que ledit Merveilles eust pris ceste ombre et couleur en intention de manier plus secrettement autres choses de plus grand poids avecques le duc; et s'en plaignit tellement, que le duc luy envoya de rechef faire nouvelles excu^ ses, l'asseurant qu'avant peu de jours il feroit telle démonstration , que ledit seigneur empereur auroit cause de se mettre hors de tout souspeçon que ledit Merveilles n'autres le sceussent jamais attirer à la dévotion du roy de France. Or hii advint l'occasion de ce faire en ceste ma-

nière.

Le premier jour de juillet audit an allant, ledit Merveilles avecquessesserviteurs accompagner le duc parmy la ville , un gentilhomme <k la maison Castillon s'adressa , de fortune ou de propos délibéré, à l'un des serviteurs dudit Merveilles , nommé Baptiste , homme idiot et sot, auquel demandant qui estoit son maistre , ledit Baptiste, monstrant son maistre, respon^ dit qu'il estoit au seigneur Merveilles de France. u Mais à merveilles de la fourche, *> répliqua ledit Castillon. Quoy entendant un autre des serviteurs d^ Merveilles, qui toutesfbys n'en sonna

[mi\

mot pouf l'hopi^, atiancUt que le doc fust monté et eutré 4u cba^tf^u , et ceux qui Tavoient accompagoé sortysdf^^qrfi; et hiy sortant alors à la queue d\idit CastiUon , a\iquel il s'adressa : « Seigneur , dit-il , youa avez tautost dit que monsieur de Merv^lles mon maistre allast à la fourche ) qui n'a esté bien dit à vous, et ne sont paroles à dire ne proférer contre un tel personnage. *> Aquoy respondit ledit gentilhomme qu'il n'en avoit jamais parlé. Le serviteur alors répliqua qu'il ne ialloit point qu'il le nyast, car luy l'avoit ouï et entendu. I^ gentilhomme dit de rechef qu'il n'en avoit parlé, et que tous ceux qui le disoient en avoient menty . Et adoncques 1^ serviteur dit que c'estoit luy-mesmes,comme un belistre ; et ce disant mist la main à l'espée. l^ gentilhomme , estimant par avanture que l'autre ne fust de qualité pour s'attaquer à luy, se retira , et deux siens serviteurs desgaisnèrent contre celui de Merveilles; mais ils furent par les assistans séparés. Ce faict , et ledit de Merveilles estant retiré en son logis, son serviteur hiy conta ce que dessus, et comment le tout estoit allé. Et pour ceste cause ledit de Merveillesappellaun gentilhomme, sien amy,et parent dudit Castillon , et l'envoya vers luy sçavotf s'il avoit usé de telles paroles : lequel Castillon luy asseura et jura que non. Au moyen de quoy ledit Merveilles envoya de rechef, en luy faisant sçavoir qu'il luy desplaisoit doncques dç ce que son serviteur luy avoit dit et faict, te priant sur ce le tenir pour excusé. Le duc, adverty de ce débat, envoya tleOendre à tous deux qu'ils ne passassent plus outre , ains qu'ils eussent à s'en cesser et déporter : à quoy lespondit Merveilles qu'à ceux qui avoient lie débat se dévoient telles inhibitions adresser], et non point à luy, qui u'avoit querelle py débat à personne du monde. Pour cela ne laissa ledit Castill(m de s'accompagner toujours de dix ou douze personnes ayans pertuysanes et bacquebttttes ; et avecques ceste compagnie passa et repassa souvent au long du logis de Merveilles, tellement qu'un soir il trouva cinq ou six de ses serviteurs , lesquels if s'efforça d'outrager ( ce qu'il eust faict s'ils ne se fussent retirés ). Merveilles, voyant cesle continuation, et craignant que plus grand inconvénient n'avint, envoya devers le capitaine de la justice le; prier qu'U y voulsist pourveoir;car de sa part U ne vQuloit point que ses iserviteurs se ven- 1

geasseiU aucunement de l'outrage que Ton avoit essaya d^ lepr bW^, mais aus^ nç v^mloit qu'on conti^uast ^ les outrage. \s capitaine ^'fiSr tice n'çn tint compte , ains aniWa que ledit CastU^)o continuast de passer et repasser ea çeste manière par devant le logis dudit de Mec» veilles; de manière qu'un autr^ soir il aborda ses serviteurs, ainsi que la première fois 41 aveit iaict : i^i^is il trouva qu'ils se tenoient sur leurs gardes, et qu'ils se meirent si bien en deffence que luy fut tué , et les juives mis eo fuitte. Av lendemain matin, qui fut le quatriesme jour ds juillet , le capiti^ine de justice vint au logis de Merveilles, et feit inventaire de toqs ses biens, et le constitua prisonnier, ensfimhletovt ce qu'il trouva de ses servitevu^; e( à l'un d'eux , ig4 près de quatre-vingts ans^ et qui par vieillesst estoit devenu sourd , ledit capitaine fait baiUer Testrapade, pour essayer de tirer de luy quelque confession contre son fnaitre. AtiquelMff: veilles, ce pendant qu'il fut prisonnier, ne permist que boa^Il^ de ses amis parlast, ou k visitast : aucuns d'entre eux ( ainsi qu'à Miha est la coustume en pareil cas ) couchèrent m justifications par escrit, et les présentèrent vkdit capitaine, qui les print et rompit enpiècest sans les daigner lire ne regarder. Et le diflianche ensuivant, «^rès la minuict, ledit capitaine, ayant premièrement sceu la volonté du due, bj feit trencber la teste ] et au lundy ayant le Joiv^ le corps, sans teste, fut trouvé devant la puce des Marchans, audit Milan.

Un nepveu dudit Merveilles se sauva, et vint en diligence , sur chevaux de poste, ip^ porter nouvelles au roy , et se plaindre de l'outrage et injustice qu'il alléguoit estre apparente , premièrement par la requeste qu'avoit faict ledit Merveilles au capitaine de justice; secondement , pour le refus d'accepter ses jos^ tifications; tiercement, par la précipitation de son proc^, condamnation et exécution, à quoy il fut procédé à jour de feste , exécuté de nuict, sans forme ny figure de justice, et le tout &i trois jours, encores que, par les statuts et coustumes du Milan , à tout homme condamné à mort, de quelque estât et qualité qu'il soit, on doit donner trois jours après sa condamnation pour alléguer et mettrç en avant ses jusUiicatipns, et à plus forte r^son qu'ils. ^ doivent donner à un tel personnage , ancien serviteur et ambassadeur d'un tel prince qu'est un loy

iim]

4é France. La ptaincte dodit nq)TeTi ekla façon ^ eeste mort fbt très mal prise da roy et de son tonseil, et n'y avoit homme, dé ceux <|ni àVoient accoustumé de voyager et aller en amiMssade pour le i*oy , qui n'estltaast luy en pendre autant à l'oiil. Et à ceste cause fikisoient tous instance^ avec sollicitation extrême , enrers ledit seigneur et son conseil, qu'ils eussent à s'en resseniir , et en faire telle démonstration, que ce fust exemple à tous autres de ne violer le droict des gens et (}ue les ambassadenrê (desquels le nom entre les armes des ennemys doit estre saerosaînet et inviolable) fussent en seureté, au mqins à l'endroict de ceux devers lesquels Us sont en^^yés.

Le roy, pour ne précipiter la vengeance autant qu'avoit esté le iaict , délibéra premièrement de demanderau duc mesmes réparation de cest outrage ; ^condement, d'en escrire à tOQS les princes et potentats de la cbrestienté, comme de chose touchant et appartenant à tous tmiverbeUement. Au due il écrivit en ceste manière:

» Mon cousin, J'ay entendu comme ces jours

passés, contre tdus droicts anciens et louables

constnmes de tout temps gardées et observées

entre les princes, vous avez faict traiicher la

teste à l'escuyer Merveilles, mon ambassadeur,

résidant à l'entour de vostre personne : chose

qui m'a tant et si grièvement despieu et des-

plaist, pour le gros outrage et injure qu'en ce

Ciisant m'a esté feict, qu'il n'est possible de

fUiSj et dont je ëtiis délibéré perpétuellement tne

ressentir, jdsques à ce qtte i^éparatiorl m'en soit

fiûete telle qu'il appartient. Je l'avois envoyé

près de vous, comme celuy que jusques icy

J'avois trouvé et cogneu en tous actes si hon-

neslementse porter et conduire, qu'il m'est dif-

fieile à persuader qu'il eust voulu faire chose

iiéritant tm tel supplice. Encores (ju'ain^ fust

qu'il eust faict un cas pour le mériter, si iatiH-

tt que vous entendiez que vous ne deviez de tabt

vous ocdMier que de procéder à feire une telle

exéeotion, sans préalablement m'en advettir et

n'envoyer son procès, attendant sur ce ma

response, qui eust esté si Juste et raisonnable

qu'eussiCK eu cause éë vorid en contenter ; qui

estoit la vraye voye qui de tout tetnps et ah-

l!ienneté a esté ensuivie en telles matières. Et

ponr ce que de la mort qu'Q a soufferte, Pinjute

pHoeqiale t*^ adfesse el est feicte i miC^, Vê^

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