‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 300 sur 428 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

de I^no^rsi ifk^ du duô de Savoye, lequel p[^ourut ^udit lieu, le duc d'Albanie et plusieurs autres^ tant comt^, haions que seigneurs, estant toujours près de luy le seigo^Qr de Moptmorency, spu grand-nu^istre. Estant le roy arriva au palais, fut receu par le pape et tout le çpllég§ desç(irdinaux, assemihléa en eùsy^ sistoife, fort bumaiuament. Ce &ict, ehacoiq se retira au lieu à luy ordonné, et le roy mena ^vecques luy plu^ieur^ cardinaux piwr les festoyer, çt entre autres le cardinal de Médicia, nepveu du papci, bomma fort magnifique el hie^ ^ccorop^gné. Au lendemain, ceux qe^ dom^fis pi|r S^ Sfiineteté e^ par le roy eommeo-^ cèrent à s'as^^mbleip pom Kaitter des choses pour lesquelles l'eutrevene se f&isoit. Premier remeut, fui tçiûtt da fiiicl de la foy v et pom» autant quie les choses Q'estotentprq[>aFéespoiu» le concile, ainsi qu'i^vei peu veûir pas ce qui en a esté dit Qy-devaut> fut dépesehée une boHe pour (en ^tteudaut ledit concile) réprimer lea hérésies en ce royaume, et empé^^cher que les choses ue vii^sent en plus grande eombiatûm qu'elles n'estoient- Puis fut conolu le mariage du duc d'Orléa^n^, second fiiftdu roy, avecque^ Catherine de Médicisi^duçhiessje d'Uiûn,niepce de Sa Saincteté, ^vecques les conditiaos teltes o^ semblables que celles qui ^utresfoys a voient esté proposées au duc d'Albanie, mA que pouves avoir par cy-devant. l^ mariage fut eon-? sommé ^1) grande magnifioeuoe» et les espouaa nosjtre Sainct-Père. Cf mariai ainsi consom*: mé, le Sainct-Père tint uu consistoire, auquel se créa quatre cardinaux ^ l^ dévotion du roy^ ^voir est Iç cardiual le \enôur, par devànl évesque de Lizieux , et graud aumosnief du roy ; le cardinal de l^oulnugne, de la maison (le li^ Cbimibre, e^ frère maternel du duQ d'Albanie f le cardinal de CbastiUoi^, de la maison de Cot liguy, nepveu du sire de M(ontmQrency, fils d* sa sœur et du marescbal de Cbastillon ; le oar*t dinal de Civry, oncle paternel de mad^n^eVir mirale de Brion. Ce faict, fut célébrée und messe papale, à la fin de laquelle uostre Ssincl- Père donna Sia bénédiction et abs<^tj(ut géné^ raie par toute la chrestien^^ cçwm ^u jmidyde la sepm^ii^e saincte. Les cbo&çs ainsi' paj:i^T chevées, le pape s'embarqua pour retourner k Romme environ le vingt-septiesme jour 4fi noe vembre, et le roy print son chemin pour sere^ tirer vers Avignon. A^u^ 6a parlé de l'ajSiâs^

MÉMOIRE^ DE m; BELLAY,

du roy d'Angleterre, potir leqad le roy feit grande instance. Mais estant les choses si avant qae d'avoir esté jetter la fulmination contre ledit roy, les cardinaux contestèrent, de sorte que la chose fut remise à Romme,.où tout le collège seroit assemblé; cependant le roy pourroit envoyer devers ledit roy d'Angleterre, pour luy pmuader de se remettre en l'obéissance de l'Église romaine.

Depuis le parlement de Marseille, ne séjourna le roy, jusques à ce qu'il fust à la coste SainctrAndré, sinon deux jours, en passant en Avignon; auquel lieu il assembla son estroit conseil , et délibéra sur une requeste à luy dicte, tant de la part du jeune duc Chrestoflede Wittemberg, au nom de luy et de son père, comme des ducs Guillaume et IjOUîs de Bavière, ses oncles. Nous avons dit par cy-devant la gracieuse refuse que feit ledit seigneur à messire BonaCurse Gryne, secrétaire desdits ducs de Bavière, et comment il leur avoit promis d'envoyer homme avecques pouvoir de traitter et conclure avecques eux, selon leur intention et requeste ; de laquelle response il advertit ses princes et maistres, et lay demeura en ceste cour, attendant la dépesche dudit personnage jusques après le parlement de ceste assendblée. Ledit jernie duc Chrestofle de Wittemberg avoit eu dès le mois d'aoust response des alliés et confédérés en la ligue de Suève à une sienne longue lettre du dernier jour de juillet, par laquelle il leur avoit &ict entendre ses justes causes de doléance sur le traitement rigoureux dont, sans sa coulpe, on avoit usé à rencontre de luy. Et par ladite response luy avoient les commis et députés d'icelle ligue signifié que, pour estre son affaire fort intrinqué, tellement qu'il estoit presque impossible de la décider et y fiiire fin par lettres et response entre absens, ib luy avoient semonds à se trouver en personne, au commencement de septembre prochain, à une diète, pour entendre à la décision de sondit affaire, qu'ils offroient de tenir en la ville d'Ausbourg, où ils estoient lors assemblés à la délibération d'autres afEaires. Et à ceste fin luy avoit envoyé sauf-conduit en apiple forme, soubs les seings et sceaux secrets des triumvirs, ou trois capitaines, lesquels estoient alors messire Guillaume de Kéringen, Léonard de Bappahein, mareschalduSainct-Empire, et Vlricq Nay tard , bourgmestre de la ville d'Ulme.

Or, est la coustume en Germanie qu'en toutes les assemblées qui se font à la requeste d'aucun personnage, et pour ou!r et décider ses jH*opres et particulières affaires, ledit personnage y mène le plus grand nombre qu'il peult assem- Mer de ses familiers, amis et adhérans, ou leurs commis et députés, pour assister à l'audience et décision de sa matière.

Lequel nom et tiltre d'assistance est de telle condition, que quiconques assiste à autruy iaict la cause et matière sienne, et tacitement s'oblige à luy donner ayde et faveur, et jusques à prendre les armes pour luy en un besoing, en cas de dénégation et maligne dissimulation de justice ; suivant laquelle coustune ledit doc Chrestofle avoit envoyé devers plusieurs roys, ducs et princes, les requérir et supplier de luy vouloir assister en cestuy sien affietire. Scachant doncques la promesse qui aux ducs de Bavière ses oncles avoit esté faicte par le roy nostre maistre d'envoyer un personnage, avec pouvoir de traitter, ainsi comme j'ay dit, avec eux, il luy escriyit de fort gracieuses et humbles lettres, la substance desquelles il m'a semblé estre bien à propos d'insérer en cest endroict, ensemble la response du roy et recharge faiçte par luy, accompagnée de la prière et grande instance de susdits oncles les ducs de Bavière, qui par ledit Gryne, leur secrétaire, fut faicte de bouche, et baillée par escrit audit seigneur roy de France.

La salutation accoustumée prémise, il luy exposoit comment, en la grande et longue af* fliction et calamité de son père et de luy, qui estoient (jà dix -sept ans avoit) expulsés et chassés hors de leurs pays et biens, la première espérance qu'ils avoient eue de se résoudre avoit esté par la nouvelle qu'il eut de la consommation du mariage de Sa Majesté avec* ht royne madame Aléonore, son eq)Ouse, et soeur des empereurs et roy des Romains, auxquels estoient leurs biens appliqués et parvenus; se confians iceux ducs, père et fils, qu'estant la mère d'iceluy duc Chrestofle fille d'une soeur de l'empereur Maximilian, père du roy Philippe de Castille, père dudit empereur Charles et du roy Ferdinand et de ladite royne Aléonore, il ne pouvoit estre que luy, comme un allié des parties, interposant son crédit et auctorité sur cest affaire, lesdits seigneurs empereur et roy n'y eussent esgard, et les jettassent

LIVkE IV.

hors de ceste grande leur misère et calamité; laqueRe interposition de son crédit et autorité ils ne ponvoient non espérer, poar son accoustomée bonté, compassion, et promptitude de secours envers tous affliges et opprimés de nécessité. A ceste cause, luy estant accordé sauf-conduit de venir à une assemblée des alliés et confédérés en la ligue de Suave, spoliateurs et expulseurs de sondit père, par eux à luy octroyé pour ouïr et entendre ses doléances, il supplioit Sa Majesté vouloir escrire aux dessusdits empereur et roy, et envoyer autre ambassadeur auxdits alliés et confédérés de Suave, leur recommandant affectueusement et prenant en sa protection les affaires de luy et de son père ; lesquels affaires il ne doubtoit que, par sa protection et assistance, ils ne se portassent favorablement et bien, et qu'ils n'en demourassent perpétuellement et infiniment obligés à Sadite Majesté, à laquelle, pour fin de lettre, ils se rccommandoient de recfaef et très bumblement,

Ceste fut la requeste dudit jeune duc Chrestofle, sur laquelle, après avoir meurement pensé, le roy luy feit response qu'estant de sa nature et coustume enclin et prompt à secourir quiconque en avoit besoing, non-seulement ses alliés de sang, il luy dépîaisoit merveilleusement que, sans le sceu et consentement desdits seigneurs empereur et roy des Romains, auxquels touchoit l'afEaire d'iceux ducs et père et fils, qui estoient jouissans et saisis des biens et Estats d'iceux, il ne pouvoit, sans ofEension de . ses traittés, entreprendre la protection de leurdit affedre, ne pour ceste fin escrire ou envoyer ambassadeur auxdits alliés et confédéréis de Suave ; car ce seroit tacitement les blasmer et reprendre d'iniquité, s'il requéroit ou poursuivoit que les biens et Estats d'iceux père et fils leur fussent, par jugement de la ligue, rendus comme injustement et à tort occupés et détenus par les susdits empereur et roy. Auxquels vouloit-il bien de bon cœur et affectueusement escrire qu'ayant esgard à la prochaine alliance d'iceux ducsavecques Leurs Majestés, ils eussent esgard à leur donner moyen de vivre et s'entretenir en tel estât qu'il appartenoit a gens de telle estoffie et de si noble alliance comme ils estoient; offrant, au dcmourant, audit duc Chr^c^e l'ayder et secourir de son propre, duquel il pouvoit disposer à son plaisir et sans XYI" siicLBi Cbron. et Menu

.1 otfension oujustemalcontentementde personne, et faire pour eux, et en tout et partout, ce que, sans contrevenir à ses traittés, il pourroit et seroit loisible de faire.

La vérité estoit en effect que le roy désiroit moult de veoir les ducs susdits remis en leur Estât, et que volontiers il eust trouvé moyen de les y ayder, y dépendant du sien, tant pour affoiblir d'autant les forces de l'empereur et de son frère, comme pour acquérir en Allemagne nouvelles amitiés , et par bienfaicts y confirmer celles que desjà y avoit acquises, et rendre à l'empereur la pareille, qui en toutes parts s'essayoit à luy soubstraire ses alliances, et les unir et joindre à luy; mais il le vouloit faire avecques occasion si coulourée, qu'il peust deffendre et maintenir n'avoir en ce faisant contrevenu audit traiité, lequel il se contentoit assez garder au pied de la lettre, sans en riens l'estendre en faveur et advantage de qui ne luy en donnoit la cause. Par quoy de ceste sienne volonté n'estoit ignorant ledit Bonacurse, secrétaire des ducs de Bavière, et par lettres en chiffres la feit entendre à ses princes et maistres, qui pareillement en advertirent le duc Chrestofle leur nepveu, auquel ils portoient affection toute autre qu'ils ne faisoient au père. Et s'il eust esté en leur puissance de le remettre au duché sans y remettre le père, ils s'y feussent employés très volontiers, et s'en estoient assez ouvertement laissés entendre, ne pensans toutesfoys en pouvoir venir à bout, à cause que la pluspart de ceux qui tendoient au recouvrement de ce duché favorisoient au père principalement, et ne leur sembloit estre raisonnable d'y mettre le fils et abandonner le père. Donc, voyans qu'ils ne pouvoient ce qu'ils vouloient, voulurent à la fin ce qu'ils pouvoient ou jugeoient estre plus facile. Et de recbef en escrivirent amplement audit Bonacurse, leur ambassadeur et secrétaire, lequel, après avoir déclaré leur intention au roy, la luy bailla par articles escrits, contenans en substance ce qui s'ensuit :

Premièrement, qu'ils le remercioient de la bonne et gracieuse response qu'il avoit faicte audit leur ambassadeur, en promettant et asseurant audit seigneur roy qu'à tousjours-mais ils iroient et tiendroient le droict chemin avecques luy. Secondement, ils l'advertissoient du sauf-conduit octroyé audit duc Chrestofle ^leur

MEMOIRE^ iife iil] BELLAY,

tiiiS&j

tiepvmi par Ife moyen d*étix el de leurs secrettefe praticqoë^ fct toeûles ; fet 4û*toceste dlëtte ne se traitterbii Chose en laquelle Sa Majesté ne ^\As&e, par quelqae sien ambassadeur, assister fttidtt Jeune duc Chrestôfle, kvebqiics leS ambassadeurs et commis d'autres J)lusleurs roysi et princes t^restiens, lesquels aussi leur prestei-ôient assistance et adhérence pour le pacifier fet accorder avecques le roy Ferdlriand ; et lamielle pacificationne se traltteroit, istnbn amtablement, et suivant les dréicls, us, statuts, immunités et privilèges duSainct-Emplre et de la nation germahtqufe; auxquels statuts et privilèges ledit roy Ferdinand n'oserolt ne pourroit contrevenir, autrement Il s^acqucrtoit ènnetnys, et suâClteroit à rencontre de soy tous les ËstatsduSatnct-Empire. Si que le roy , favôri$ahtà ceste ëhtreprinse, lie failliroit à faire de deux choses Ttltie, ou d'obtenir du roy Ferdinand la resttttltion de ceâ ducs, lesquels et leurs adhérans en âct*oient seâ obligés à Jamais, et ledit roy Ferdihand afibibly d'autant de pays et d'autant d'amis et adhérans ; ou de le contraindre à refuser justice, en quoy il acquerroit toute rinimitié de la Germanie, qui le pourroit pair force destituer non-seuleinent de Ce duché, îHais du tiltre et nom de roy des Romabis; et ce 6ans que le roy de France s'en empeschast si ouvertement, qu'on le péust accuser d'avoir le i)remier enfreint leS tralttés et capitulations avec l'empereur.

Et à ceste cause lé priolent, attendu que desjii il avoit délibéré d'envoyer le seigneur de Langey en Allemagne pour avecqUes eux traitter et conclure de la forme et ihanlère de ta cônsl- Çnation par luy promise pour là conservation d'une ligue défensive non offensive, et que les députés et commis de tous les princes contrahans au tràitté de Smalcade àe irouveroient ensemble à ceste diette, pour y assister et adhérei^ à la poursultte de ceste restitution ; ce considéré, son bon plaisir fast d'escrire et récommander cest affaire aut alliés et conledérés de Suave, et brdotmer audit Langéy d'y assister ainsi et en la manière que feroient les autres, k tout le moins selon que par ledit Langey , son ambassadeur, seroit convenu et accordé avecques les dessusdits ducs de Bavière ; aussi que son plaisir fust d'escrire à monseigneur le auc de Lorraine et à monseigneur le duc de Guise son frère, à ce que, s'il advenoit audit duc Chrestôfle, ou aucun de ses gens et serviteurs, aller

bti Venir, ou séjourner pàrmy leurà pays, ib fussent Cbntens de luy souffrir et pfermettre, lUy usant au demourant de toute raisonnable et honneste faveur fet hUtdattlté, selon qu'ils espéroient dudit seigneur roy dfe France que volontiers 11 accorderoit et bbtiendrdit d'eux ^i aucune difllctilté.

Ce^ remonstrancesv àihsl fiilCtes et baillées àa h)^ pai* escrit, fliréttt accôtripâghéë* d'une lettre dfe recharge par te duc Chtefetttfte, par laquelle, entré autres choses ; tl t^emt)nStroit que ceste diette non-sëulement sfe iklsoltdu se\il consentement de l'empereur fet de Ferdinand son frère, mais qu'ils y autôlent eux-mesmes leurs commissaires et députée; ensemble que ledit h>y Ferdinand avtiit cbnsenty et aCcbrdé que Ceste matière fiist mise en dispute de droict,et décidée par l'â^bibléfe d*lceut confédérés. Et qu'il ftifet vray, eUvoya au roy, pour ih ftire foy , le doublé d*un saut-conduit dudtt rpy Yttdlnahd à luy accordé, en datfe du Mbgt^îinquiesme jour du mois de may lors dernier passé, et d'Une lettre , en date du leiidemain, addressante au capitaine dé ladite Itguë touchant raltai^e dudit tluc Chrèstbfle, paf lesquelles il à'ôfiValt i tkiré nôn-^ulfeifaent justice, inais traittertlfetit gracieux, fet éhcoIrfeS éiiv^eri Tempereur tout raVancéméht tjtill pobrirolt de sa parole, faveur et rëcommartdatiôn. Si que ledit s'etgheur ro v faoàtré malstre hé de volt plus craindre hé dôubter qu'en asststaxit et adhérant à cesté libdrsuittfe de Justice U dflfenÇast by Kempfereur hy le rôy son frère, ny flsl chose que les propfteS vasisàUx et SUbJeCtà de l'fempltie ne fissent eh Cas pareil, et saha commettre en ce iSlisant cause de irépréhfensldn.

Le roy, ainsi que j'ay dit, après avoir entendu toutes cfeà i*emonstranceS, et Veu les doublet dés lettres et àauf-cohdiiit, encôres que, paf lA teheuir et isUbstance d'icèux, il flist assez aisé à cognoislre que ledit seigneuf i-oy Ferdinand ti'avoït aucune volonté de rendi'e ce duché, se contentoît toutesfoys d'avoir la cObvertut^dcsdîtes letti^es et saUÎF- conduit, lesquels il înterprétoit au meilleur sens, et qui faiVolt seton son ultertti'oh, c'est-à-dire selon ^ué chiwltdlt là Mt're, ne se voulant pfersùâdet qUe tédlt roy Ferdinand voùlust escrire autrement qu*ll pensoit. Et pour ce délibéra et arresta en son conseil d'obtempérer à la rcqueste d'iceux ducs de bavière et Wittemberg ; et envoya ledit sei-

gnenr de l4l«»v A^M|tti$ etuirg« fie mWwt et conclure de la cooâigoaUoQ dâwu^itd, ^v^ofoei casie qlame t^meiéoys (|ii« m» dioim ne pcHuromt eftre employé» à Pmvaftîoa d'uw»»)* %iai «eolem^l k la defleaoft de«dUft iii)cien9 ^, otMirmoes ^ privilegM 4o l'{)mpif69 et %atre9 oertaioet ebuies» liwUlipn» e^ pestrier th»)» çoïk^mms 4u traiué qu'il e^ pfisM. {««y 4<»n» parailtemcM diargedefomiMNirte fM^ timtion ^ CM doca, «Mièrew^ot kmt «e qu'il pounoit SMve aveequea nifBsaittinent eoslourée cou viflure, 9t mu» qnveileinent eoalpevemr an texte de sea tmitté» et canvetoaneea i w^m iuy enjotgDit snr tomes choMi d-eisayec tonf Qioytni pûolbks à faire qw fseste ligoe de Soavene te renouaat, nais qne de tons poînota elle se dissolnst. Et snr ee Iuy donna letties de eréanee aw( aûmmissaires de Tempemir, au roy Feidinand s'il se trouvoit à œste assesublée, et ea 80» absence, à ses epoi^is et députés, et à tous les autres eonfédérés de ladite Uguq uoiversellemeAt

Le seigneur de Langey, à sott amiréa» adverty que le roy Ferdinand ne se trouverait à ladite assemblée, veulust bien foire ^tendre à ses ambassadeurs son sirivée, &i Toccasion pouv bqnelle le roy Pavait dépesdw; et pour eest effect leur envoya une lettre qu'il leur escrivit, areoques celles du roy addressaptes au roy pei^ dinand, ou à eux, en son absenoe; hquelle j'ay iai insérée, avee deux oraisons qu'il feist en ladite assemblée peur induire les députés à rein-; tégrer les dues de Witteœberg en kuis seir gneuries.

• Messieurs ^ quand le très dureslien seiy de France num maistre fat prié par k^ ambassan deufsdn due Ghrestofle de Wittendierg quHl Iuy plenst deffendre sa caifse et celle de Ukieb soti père envers le roy Ferdinand , eombien qu'il leur drast octroyer oeU, d'autant plustost que ploa il avait deu apprendre par ses attietions propres à seeouviv 1^ afiEUgés, toqtesfoys la par rente du roy Ferdn^and l'en destoumoît, voyant qu'à hiy teudieit' pnnoipalement eest attire. Mais q^rès qu'il a généralement et partieuliè^ rement ente^ comme tout l'afhire s'est porté au coBHnenoenwnt,et es^ quel estât il ert nuiift^ Isunt, et qo^à la requeste du roy Ferdinand mesnes on avolt donné une journée pour les temettre en leurs biens, de sorte qu'il sembloH y «voir plus de besoing d'amiaUe eonfiravition

tiVRfi IV.

que M defiG^mp^ > i^t^rs it a eogneu apps^rtenir à SQU devoir (estant commua amy) de iaire yam reequwaudatim d« ses alliés , ^t princi]^^- Idut^ de <mtuy pauvre iuuoceut » f nver§ \p roy Ferdif^and , aussi son allié «it amy , ayftT^t gtaude ucfla^on d« ooqgratuler à tous deux :

aux mis, pour avoir trouvé uu port ei^ la, ton?ipeuta de leur» bif ns ; et #u roy Ferdinaud, pouv raison 4u bou advi» et equseil qu'il a pm d'usée da |]^naorde. Je 90 iiuis donc pas yemi pomr fitouser la foultQ de Vlrieh, eom))ieu qu'il e» ait quelque eause , aiuqu jufte , à tout ^ moiiM coajoinote aveeques ju^te douleur , ipals pour oongratuler du pardqn laiot et 4^ I4 Yeâgeanoe n^odériki, ou (si las ebo^ s^y ftdonnoieBt) pour les obtenir de vous par prières. Si sii{BsauHiM»)t il a enduré et souffert,, Qitwt ebassé heurs de S4 maisQn et tiré d'avec ces enfau», lesqudsp'a peu veoir depuis, il est temp» qu'où rende ffiaintenant ee md et unique f^ls au père» et le pare au fils, et à tous 4eu% leur» Estat»^ 1^ ve»t4iution desquels» quant à l'un, dépend ^tjèvemant de la miséricorde du roy Ferdinand ; mais quant à l'autre, il y va du devoir. Il y a <fo maintenant beaucoup (et peult à Tavenir avoir davantage ) de moyens pour s'enricbir plus dignes de sa grandeur, que de vouloir aceroistre le sien (quand il luyseroit permis) fBg la ruine et destruction de eeux-cy ses parents , desquels s-il n'a pitié (ce qu'il a délibéra d'abord), il ne leur demeure rien entièrement que la vie et une perpétuidle calamité. Toutes lesqueDe» ehosea et i^en^blables , oonil)ien que poff letrèe ebrestien roy de France mon maisn te fiissent iatt bien entttdues, tontesfoys il l'a ymrin acfanoneitei fimiable^fient, afin qu'il ne se laissast divertit d'une si bonpe et si saincte entveprinse^ qw est la plus exedlente chose et la pins bonora^de qu'il seanroit laisser à sa pos^ térké; et si ses prièves y peuvent ayder, il l'en snpplie très a^tueosement \ 00 si l'anctorité d'un ooqnnun amy peuh donner quelle moyen à vuider tels différends, il y offire tout son pour vebr , m' ayant eommandé propos» icy en son nom qpelques ad vis qui se trouvermit bonnestea et prodl^tables'pe«r parvenir à «a bon accord. Mais puisque j'entends que le roy Ferdinand n^assislera point à ceste assemblée, qui est e<mtre ce que l'on avait faiet entendre au très ebrestien roy, et qu'il vous adonné, très révé^ rends et très magnifiques seigneurs, plein ^

entier pouvoir de cotftposer et appoincter tous différends, je vous envoyé les lettres de mondit seigneur roy qui appartenoient au roy vostre maistre , et, en son absence , à vous , afin que vous scachiez paricelles que toutceque je vous déclare est en son nom, et procède de son vouloir et intention. »

Dès le vingt-cinquiesme jour de novembre, audit an i 5 33, arriva le duc Chrestofle à Ausbourg, et avecques luy se trouvèrent, pour y assister et adhérer au nomdu duc Jean Frédéric, eslecteur de Saxongne, messire Chrestofle de Tambanhain, chevalier; messire Théodore Spieger, docteur es droicts ; au nom du duc Henry de Brunsvic et Lembourg, un homme de loy; au nom du duc Ernest, aussi de Brunsvic et Lembourg, messire Chrestofle de Sainct- Ampergh et Balthazar Clavier; au nom du duc Albert de Prusse, messire André Rip, docteur ; au nom du duc Albert de Mechelpurg, messire Sébastien , chancelier de Schwenispurgh ; au nom du duc Jean de Clèves et Juliers, messire Charles Harst, docteur; au nom du lansgrave Philippe de Hesse, messire Herman de Malspeirg, son mareschal, et messire Jean de Finsy de Lieuchamp, son chancelier; au nom du comte Georges de Wittemberg, messire Jacques Truch, chevalier, et messire Jean Cuoder, docteur, son chancelier; et de princes ecclésiastiques, au nom du duc François, évesque de Munstre, messire Thomas de Hordo, son mareschal, et Josse Rullant, docteur, son chancelier.

Le seigneur de Langey dessus nommé , ambassadeur du roy nostre sire, fut instamment requis de se vouloir inscrire au nom des assistans ; mais, adverty de l'importance de ce nom, et que quiconques assiste à une cause la faict sienne, comme a esté dit cy-dessus, ne voulut y entrer comme ambassadeur de prince assistant, mais comme médiateur de paix et d'amitié entre les parties; aussi veoit-il que les ambassadeurs mesmes des ducsde Bavière, qui^avoient procuré sa dépesche, n'y entrèrent point comme assistans, mais seulement conmie du nombre des alliés et confédérés de la ligue : par quoy il s'en excusa au mieux que possible luy fut. Le roy d'Angleterre y avoit aussi envoyé un sien ambassadeur ; mais il partit d'heure qu'il y arriva tard, et après que l'assemblée fut départie. Le roy Jean de Hongrie, pour la difficulté des chemins, n'y envoya point d'ambassadeurs;

MÉMOIRES DE Ôtî BELLAY,

[ms\

mais bien y escrivit lettres fbrt afifeetionnées en faveur des ducs dessus nommés.

Le huictiesme jour de décembre, fut &ict à sçavoir au duc Chrestofle qu'au dixiesme jour, à sept heures, il auroit audience à l'assemblée^ et autant en fut fitict à sçavoir audit seigneur de Langey, qui estoit seulement arrivé aa mesmes jour huictiesme de décembre. Lequd tout le lendemain feit diligence, ainsi qu'il hy avoit esté ordonné, d'entendre au long et à la vérité le fitict et les mérites de eest afhire de Wittemberg, outre ce que par les chemins il en avoit appris de l'un des gens du duc CliresU^, qu'il rencontra passant à Souleurre, et qui pour instruction luy avoit baillé une longue lettre imprimée du duc son maistre, du trenteuniesme jour de juillet précédent (car il n'eo avoit autrement esté instruict à son parlement) : et comme si le roy en eust esté informé du commencement jusques à la fin, ceux qui le prièrent et sollicitèrent d'y envoyer ne forent si advisés que de luy en envoyer information oa par escrit ou de bouche.

Au jour et heure assignés se présenta le duc, accompagné de tous ses assistans, qui furent tous assis de rang à un eosté des sièges; et cependant aucuns commissaires de la ligue envoyés à ceste fin entretindrent un espace de temps ledit seigneur de Langey, ambassadeur du roy, dedans une autre salle, ce pendant qu'il se diq;)uta du rang et lieu qu'il devoit tenir, car il ne vouloit se seoir au dessoubs des ambassadeurs et commis du roy Ferdinand, et hiy sembloit suffire qu'il cédast le premier lieu aux députés et conunissalres de l'empereur, mais le second appartenir au roy son maistre. Pour éviter ce différend, et ne préjudicier au droict de l'un ny de l'autre roy, fut advisé que, pour ce jour et autres, si l'ambassadeur de l'un se trou voit à ladiette, l'ambassadeur de Tautre ne s'y trouveroit. Et fut ledit seigneur de Langey, ambassadeur, conduit et mené par messire Guillaume Reringen, l'un des capitaines de la ligue» et par messire Léonard Éloq, docteur, ambassadeur du duc Guillaume de Bavière, capitaine général de ladite ligue; et fut assis auprès des commissaires de l'empereur, lesquels estoient monseigneur ChrestofledeStayn,évesqued'Auftbourg, et le comte de Montfort. Si présenta ses l^res de créance aux dessusdits commissaires et députés des confédérés de ladite ligue, dont

je insèreray icy le commencement de ladite lettre de créance, afin que la longueur d'icclle n'importune le lisant.

« François , par la grâce de Dieu roy de France , à très révérends , très illustres , magnifiques et spectables eslecteurs, princes et autres Estats de l'Empire, assemblés à tenir la diette en la ligue de Suave, nos très chers amys, cousins et confédérés, salut. En ces grands et urgens affaires de la chose publique chrestienne qui sont et régnent de nostre temps, etc. »

Après la lecture de la dite lettre, le seigneur de Langey déclara à l'assistance ce qu'il avoit de charge du roy son maistre ; puis, par le duc Çhrestofle de Wittemberg , fat mis en avant ce qui sembloit luy servir pour son faict. Ses remonstrances furent bien prises , hormis des députés du roy Ferdinand de Hongrie , le^ quel estoit jouissant dudit duché, et ceux qui luy estoient adhérans; de sorte qu'il n'y eut ordre qu'il se feist aucune conclusion pour ce jour, encores qu'ils en fussent fort persuadés par une oraison qui leur lut faicte sur le champ par ledit seigneur de Langey , laquelle vous verrez icy traduitte de latin en françois.

Lapremière oraison du seigneur de Langey, faicte à messieurs des Estats d'Allemagne pour et en la faveur du duc de Wittemberg; traduitte de latin en françois.

« Si le très chrestien roy de France mon maistre eust voulu jusques aujourd'buy seulement avoir égard à son devoir et à ce que l'humanité requéroit, long-temps a qu'envers ces Fstats, c'est-à-dire envers ses amys et confédérés anciens, il eust entreprins de défendre et favoriser la cause des illustres et misérables ducs de Wittemberg; à quoy faire l'exemple de sa récente calamité l'admonestoit , comme celuy qui se devoit efforcer de relever les misères d'autruy par la mémoire et souvenance des siennes propres, attendu mesmement que beaucoup d'autres raisons le mouvoient : c'est à sçavoir l'auctorité et faveur de plusieurs grands et très vertueux princes qui prioient pour eux, leurs alliances et affinités, la grande apparence et espérance que la vertu de l'un ckvoit croistre avec les ans, sa grande et in* dubitaUe innocence, et de tous deux la fortune telle, qu'elle peult esmouvoir leurs ennemys

Page 1