‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 302 sur 428 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

vengeant des ofTencés-à eux faictes, souvent ont -i craindre qu'ils ne se vengent de tons engèncral,

remis les faultes des pères à la miséricorde des en&ns, et les faultes des jeunes gens ont esté par eux plustost attribuées à Tâge qu'à malice : et voudriez-vous ordonner que cestuy très innocent, de la bouche duquel il ne sortit oncques parole qui peust offencer personne, demourast en misère perpétuelle pour le délict d'un autre, lequel toutesfoys n'est si grief ne si meschant que la peine ne deust estre diminuée par le temps, et la haine assoupie? toumerez-vous la vengeance du crime du père sur l'enlant qui est au berceau?

u Considérez, Messieurs, je vous supplie, de Pun la vieillesse calamiteuse , et de l'autre la misérable jeunesse, sans qu'il l'ait mérité, afin qu'en l'innocence de Tun vous ayez égard à vostre bonté et justice, et en l'amendement de l'autre vous usiez de vostre clémence. Considérez qu'ils sont venus et extraicts de hault lieu, et qu'ils n'auront faulte ny de parens ny d'amys pour les secourir ; et Bncores qu'ils permettent quMls soient punis, ils ne veulent néantmoins que du tout ils soient destruicts et ruinés; car, pour ne parler de ceux qui sont aux escoutes, attendans de sçavoir comment chacun de vous se comportera en cest affaire, vous voyez quelle assemblée de gens il y a qui soustiennent leur party , non pas d'Allemagne seulement, mais des royaumes loingtains. Tous ceux-cy estimeront avoir recea lavrar de vous, si vous favorisez ces pauvres misérables ; et au contraire ils penseront estre offensés, si vous leur tenez la rigueur et leur faictes quelque tort. Et, pour le faire brief , je pense que vous devez considérer que vostre trop rigoureux jugement laissera à vous et à vos enfans une semence de la guerre, avecques quelque deshonneur d'avoir usé de cruelle vengeance contre l'un, et n'avoir gardé foy à l'autre; et au contraire vostre douce sentence sera cause du repos public, et vous engendrera grand honneur. Mais quand je dis cecy , je ne le dis pas pour ce que je pense qu'ils veulent chercher le moyen de recouvrer leurs biens par voye de faict et par armes, car de gens vaincus n'est le courage tel ny l'audace si grande; maisd'autant que j'entens qu'ily a, non des hommes, mais des pestes entre les hommes, qui sèment en derrière un venin pour vous faire croire que s'ils sont remis en leur entier, à la première occasion qui se pourra offrir il est à

XVI" siicLBy Chron. et Mém.

au moyen des torts et griefs qu'on leur aura faictsea particulier, sans adviser au trouble de la paix publique, je le dis afin que vous entendiez que vous devez plus avoir crainte que les bannis entreprennent quelque nouvelleté , que ceux qui par vostre bienfaict auront esté rerois en leurs Estats. Car, comme la perte de tous biens est un poignant esguillon pour essayer tous moyens possibles et impossibles de les recouvrer, ainsi tousjours se trouvent quelques personnes qui ont pitié de ceux qui sont foullés etopprimés. Donc, Messieurs, pour oster de vos esprits tout souspecon de guerre , aydez à ce pauvre innocent; retirez à vous ce pénitent, afin que, luy ad venant ce nouveau bien, tous les vieils maux soient oubliés, et que désormais les esprits des deux travaillent plus à vous rendre la pareille qu'ils ne font maintenant pour estre restablis et réintégrés en leur pristine et ancienne dignité.

« Ainsi faisant, vous aurez une plu^ certaine ' et plus asseurée paix du seigneur Dieu des armées, lequel reçoit à grâce les repentans, et est deffenseur des innocens ; car c'est le seul qui peult mettre la paix en vos terres, et s'il ne conserve la cité, pour néant veille celuy qui la veult garder. Faictes donc que ceux qui sèment tant de mauvaises nouvelles puissent cognoistre que le bon Dieu est appaisé par sa pitié et miséricorde, moyennant laquelle la guerre est destoumée et la paix asseurée , non par meschantes assemblées et séditieuses praticques d'aucuns qui vouloient chasser le pénitent, et ruiner celuy qui n'est coupable. Mais il me semble que j'ay assez dit pour l'équité de ceste cause, et pour vostre miséricorde et prudence; car vous pouvez avoir suffisamment entendu que, comme tousdeux doivent jouir de la clause de l'exception cy-devant touchée, ainsi l'innocent doit estre totalement restitué en son premier estât. Et cela se doit faire pour vous, au jugement desquels le roy Ferdinand s'est soubmis, en intention que toute l'envie de ce jugement, ou la bonne grâce, l'honneur ou l'infamie, tombe sur vous ; et si vous suivez sa volonté, et que vous jugiez selon l'honnesteté et équité, nécessairement tous deux seront par vous restablis ; et, au pis aller, quand vous userez de toute rigueur, il ne peult à tout le moins que cestuy-cy ne soit restitué en ses biens et honneurs.

^ Et si n'ftvei duagé d'ôpmion, Je pois bardîment, sorUnt par où je fois entré, leur con-i gratolerde et qa'ila oat trouvé m la perte de tous leurs estats ua dernier rédige en voiia. Je vous dois semblaUement ocmgratuler de ee que, par b bonté du roy Ferdinand, roceamon vous est offerte d'aequérir leur bonne grâce ; car, après qye par œ bten&iet les aurez liés el obligés à vous, jamais ne -pourront estre sinon très affectionnés epvers vous et vos enfiuis; et auront d'autant plus grande occasion de con-* server l'union et paix commune, que plus ils se sentiront estre tenus à vous. Cela vous prpfnet ee suppliant, tant en son nom qu'au nom de son père ; ceU vous promettant tous ces ambassadeurs au nom de leurs princes : et, outre leurs prières et propnesses, si celles du très direstien roy mon malstre sont de quelque efficace (comme certes elles doivent estre), il vous en promet autant, et vous prie très affectueuse* ment croire, s'il y a chose (comme en tels dif* férends souvent advient) dont on ne puisse demeurer d'accord, que vous le veuillez>mpIoyer. Et si l'auctorité d'un amy commun y peult ayder, vous pouvez feire estât qu'il n'y espargnera la peine, le seing et la diligence qu'on doit attendre d'un prtnoe qui grandement désire la réconciliation d'entre les alliés, et, sur toutes choses, a la paix publique en recommandation trhs singulière.» I

Toutes les remonstrances et persuasions du* dit Langey au nom du roy son naaistre, ny celles des assistans de messieurs les ducs de Wittemberg, ne peurent amollir les cueurs des commissaires et capitaines de la ligue de Suave, auxquels touchoit de donner jugement ; et encores que le duc Guillaume de Bavière, qui estoit capitaine général de ladite ligue, meist peine de fiivoriser lesdits ducs de Wittemberg père et fHs, pour estre ses proches parens, si n'eut-il moyen d'y remédier, pour les grandes brigues qui se faisoient, tant de la part de l'empereur soubs main, que du roy Ferdinand son frère. Par quoy, à la requeste des assistmu desdits ducs, le seigneur de Langey délibéra à la première assemblée leur user d'autre persuasion, au nom du roy très chrestien son maistre, pour tenter si les remonstrances faictes an nom d'un si grand roy que ledit roy très chrestien les pourroit induire à quelque raison. Par

quoy, à la première assemblée, usa de l'oraison 1 vousdétoumoit ; je suis, di»je, contraint cban-

qui s'ensnit, traduitte de latin en nostre vol* gaire françoîa.

Seconde oraison ie mamiewr de f^an^ey pour Us

âues de Wittemberg.

M Maaseicneum, vous avea, par mou oniiea en ea mesoN» lien, entendu les causes pour lei^ quelles la très invipcible et très chrestien roy de France mon maistre a» du eommepcemeot, différé, et depuis s'est oondesceMlu, à vous recommander û cause dn duc Qirestofle de Wittemberg icy présent^ et suppliant envers vous, tant pour soy-mesme que pour le duc Ulridi son père. Vous avea entendu pareillement quelle estoit son intention et libération m cestedite matière et comme à l'heure de ma dépesebe on luy avoit &ict entendre; et tell^ estoit son espérance que par vostre moyen et bienfoict, et par la cfaèraence et bénignité do sérénissime roy Feidinand , ceste assemiilée leur seroit port seur et pronpt refuge de leur misérable et longuonent agitée fortune. Et i ceste cause il ne m'envoyoit point tant poor leur donner aucun réconfort ou &veur en leur affliction, comme pour congratula et à em et à vous, et audit sérénissime roy Ferdioind : i eux , pour ceste porte qu'ils pensoient kar eitn ouverte à rentrer en leurs pruniers tiltres et dignités ; à vous, messieurs, et audit sérénissime roy Ferdinand, de ceste vostre bonne et saincte délibération d'user en leur endroiet d'équité ou miséricorde , leur estant ce peudant si mal advenu qu'ils sont non seulement déeeos de leur attente (qui desj^ ne pend plus qu'à on extresme et débile espoir ), mais que, poor le comble de leur malheur, leurs adversaires (qnir pour vous fkiro approuver et trouver bonne leur entrèprinae, ne se fondent tant ea la justlee de leur cause, qu'en faulx et calomnieux reports) tendent à vous amener en haine et mauvaise réputation cestuy vostre suppliant innocent.

«• Je suis certes contraint , par ses impop tunes, mais justes prières, puisqu'en ceste ea* lamité je le vois encores avoir espérance qne ma parole et reconmiandation, au nom dn très chrestien roy mon maistre, pourra grandement luy servir tant à se purger envers voos qn'i vous mouvoir à reprendre ceste voye, soit d'équité ou de miséricorde, dont faulse calomnie

[tm]

LIVRÉ IV

^ mon iÂstitoée otaison gtatulatoité en re^ cbmi&andatoire et (Paroles ëJKiosatdU^ -, en la^* ^elle Toccasion de porter paroles en ce lieu fn'est offerte telle et si abondaùte, que langage à.moy n'a antre, ai la déduisant, ne penlt Mlir, comme à celuy qui n'ay sinon à fidre reqneste à ceste vostre noble assemblée de gens esleos, c'est-à-dire très bons et très justes, et vous persuader que contré justice et vérité vous be vueillez en vostre protection recevoir men^ songe et injilslice.

« Uhe chose principaletnent iti^a troublé et diverty de si protnptement et volontairement entreprendre ceste charge , c'est que les adver* saires de ce duc çu en effect oht aigry à rencontre de luy ou feulsement, et ( ce qui plus me plairoit et qbe je croy ) vous mettent en avant qu'il soît ainsi. Ledit sérénissitne roy Ferdinand, que j'attendoy luy devoir estre bien vueillant et bénin, avecqueslequeiralUanceest telle et si estroitte du roy ibon maistre, tant par affinité que par traitté, que maintenant il trouve ceste charge de vous porter parole trop plus dure et difBcile que de prime fece je ne la pensoy, et ne m'a esté peu malaisé d'arrester en ceste controvetse ce que en faveur de luy je pourroy dire sansoffencer l'autre, contre lequel je ne voudroy ne doy vouloir proférer ou dif e une sçule mauvaise parole ne qui touchaist à son honneur *, et sçay bien, quand je le feroy, que Ce ne seroit sans encourir l'indignation du roy très chrestien mon maistre. Toutesfoys, quand je considère qu'à Tun, en se départant de ceste querelle, tous ses Estats, qui §ont très grands, demeurent sauis et entiers, et que sa réputation en accroist, et que l'autre est réduit en ceste extrémité que de vostre jugement aujourd'huy dépend entièi*ement tout son bien, estât et moyen de vivre, ce peu que luy reste des misérables et affligées reliques des anciens tiltres et dignités de ses àncestres; ensemble que sa réputation et bonne opinion demeureroit blessée, ki vous Testimiez tel que ceux-cy lé vous peignent.

« Quand je considère aussi qtie je suis appelle par luy,^el qu'en sa feveur je suisdépesché vers vous , je trouve , Messieurs, que je ne suis plus en mon entter , et que je n'ay aucune apparente excuse de luy refoser ma parole en cest endroict, sans trop blesser Thonneut tant dudit roy très chrestien mon maistre, que dudit

séfttisstme t6j Ferdinand; do to^ mon mais<* trë, eH le tdsaài apparoièti^ seul ilihumain, im^ pitoyable et inetoraMe , si, en la si grande af« fliction de son allié lADocent (pour lequel je voy de totites parts accourir estrangers, et qui en riens ne luy attoûchent, pour assister à sa cause et la pt^endré comtné la leul*), il ne vouloit au moins prester la parole d'un sien serviteur poui^ votLs t^ommander soh a£Eiiii*e en justice ; du roy Fèrditiand d'autre p&rt, en Pestimant de telle sorte qu'à son escient il voulust soustenir tme mauvaise ()uerelle, et que mesmes 11 voulust contte toute justice tisurper le total bien de son proche parent, pauvre et tamocent ; qu^il deust prendre énmauvaise paH qu'avecques révérence et honneur on luy fksse entendre la vérité, qui luy est &ulsement déguisée par ceux qui soubs sonnoh), comme je monstféray, et au grand préjudice de sa réputatit>n, veulent exécuter leur pai'ticulière et privée malveillance contre cest innocent et toute sa maison. Toutesfbys je mettray peine ( et cognoy bien que la raison le veult ) d'user en ceste panie de telle raison et modération de dire,que tous ses amys et ennemys entendront bien que ma parole ne s'addressera point contre l'intention ou propre volonté dudit sérénissime roy (lequelje pense e^e prince juste, équitable et modeste) , mais seulement contre l^effect et jugement que gens malins et pervers ont captieusement extorqué à rencontre de cestuy pauvre tnnoéént, son parent.

u Et pour ce qu'en ceste assemblée je ne voy point ses députés, ou, pour mieux dire> II» adversaires et partie dé céstuy vostre suppliant, je vous Supplie tous, Messieurs, me vouloir estre témoings et arbitres de ce que je dlray ; et, à mon espérance, votis direz au départir que je n'auray oublié que, en parlant de la très misérable misère d^un amy et allié dudit seigneur roy mon maistre, en chose toutesfoys qui aucunement sepourroit ëstendre jusques à la personne Aussi de son àmy et cotifédéré, il me fautt sobrement et modestement parler, et que je ne me seray ny abandotmé à la reéommandation de l'un, ny a mon escient foollé l'honneur dé l^autré, ny mis en arrière la considération de la commune alliance avecques lesdéuX. Ètsî vous, Messieurs (en exprimant préalablement la longueur de mon exbrde, tjuî a este nécessaire pour esclaircîr eitàîrè entendre f intention dûdlt seigneur roy mon maistre), voulez en Cesl^

MÉxMOlRÉS DE DU BELLAY

actioD m'escouter aussi attentivement et avecques telle hénévolence qu'en k précédente vous m'escoutastes, j'espère vous faire cognoistre et toucher au doigt Tinnocenoe de ce duc et la justice de sa cause, les faulses et impudentes calomnies de ses adversaires, ensemble que sa protection et defTence est unie et conjoincte inséparablement au prouffit de vostre Empire, à la réputation de ceste compagnie, à vostre devoir envers la patHe et ses habitans, envers vous-mesmes et vos enfans à jamais , en sorte que, sans dommage, forfaict et reproche, vous ne pouvez l'abandonner. J'espère esclaircircela, non seulement sans offence, mais avecques bonne grâce dudit sérénissime roy Ferdinand, du nom duquel ces imposteurs veulent couvrir leurs calomnies et meschancetés.

<« Et afin que, pour entrer en ma narration, je parte de mesme lieu dont part et procède la source de ceste matière, il vous souvient. Messieurs, alors que vous despouillastes le duc Ulrich de son duché et ornemens et en revestistes vostre très auguste empereur, alors roy des Romains , sous quelques restrictions et conditions dont en ma précédente oraison a esté faict mention, vous ne voulustes que du forfaictdu père la perpétuelle vengeance s'estendist sur ce jeune duc Chrestofle son fils, alors enfant de quatre ans ; et à ceste cause vous luy réçervastes l'action de ses droicts généralement sur son duché, et particulièrement le meistes en possession des places de Tubinge et de NeyÊf, que par le traitté de reddition d'icelles vous luy aviez expressément réservées,, lesquelles estant par luy possédées, et quelques temps après aucuns , soy disans estre commis et procureurs de vostredit auguste empereur, et de très hault et puissant prince le duc Guillaume de Bavière ( lesquels ils disoient estre les tuteurs dudit jeune prince), par fraudes et machinations le débouttèrent de sa possession ; et fut ledit prince, enfant et non entendant ses droicts, avecques ses places héréditaires, baillé en garde, pour estre nourry et institué, audit sérénissime roy Ferdinand, auquel l'empereur avoit baillé le surplus de ladite duché, non tant à tiltre n'a droict de propriété, que de garde et possession précaire.

u Estant depuis ce jeune prince venu en âge de cognoistre ses afÊaires, et réputant à bienfaict receu de vous ce que ne luy avez faict du

pis que vous luy eussiez peu faire, s est résolu d'user de vostre bienfaict, et a requis estre restitué et remis en ses droicts. Mais alors qu'il a pensé la chose estre en ces termes qu'il fust à tout le moins restitué en ses places, il s'est soudainement trouve déjetté de son attente. Et loy aya'nt ledit sérénissime roy Ferdinand accordé ceste diette, et qu'en icelle raison luy seroit faicte selon la loy, lesdits ennemys et adversaires, ayans une haine extresmeet enracinée à rencontre de luy et de toute sa maison, à cause d'aucuns leurs amys et le père de l'an, autrcfoys atteint, convaincu et condamné et, par loy et coustume du pays, exécuté par officiers du duc Ulrich pour crime de lèze-majesté, jamais n'ont laissé à toutes opportunités de importuner ; tant qu'à la requeste et continuelle interpellation de plusieurs, ledit sérénissime roy s'est laissé vaincre et gaigner, et vous a envoyés icy pour agens et ambassadeurs à débattre sa raison, les dessusdits aperts et capitaux ennemys de ceste maison de Wittemberg ; lesquels se voyans en si belle occasion et opportunité de la ruiner et totalement destrulre, vous pouvez croire qu'ils n'auront failly à eslendre leur charge et créance envers vous, selon qu'il leur a semblé d'estre le plus avantageux et à propos, pour achever et mettre à exécution leur entreprinse.

« Et de prime face, quand le duc a parlé de ses droicts en général, luy en ont coupé la broche, disans que de ce ils n'a voient charge; parlant de sa restitution et réintégration, particulièrement en sesdites places, ils luy respondent de récompense, et luy posent des conditions, Dieu sçait quelles, et combien approchantes. Et pour ce qu'il ne luy semble les devoir accepter, à cause que par icellesse veoit à jamais deboutté, non seulement de son duché, mais du nom et tiltre de sa maison, qui est ancienne, ils vous le peignent homme contumax, rébarbatif, reculant à toute raison, et font de belles protestations en ceste assemblée, devant vous et devant le peuple icy assembles publiquement, que pour autre intention il ne refuse les plus que raisonnables offres qu'on luy faict, sinon pour avoir occasion de commencer la guerre pour dissiper et abolir la paix et union publique, et allumer un feu qui pourroit embraser toute la Germanie; prélendans vous induire, soubs ceste couleur, à faire ou

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