‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 309 sur 428 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

paix en nos jours , permis! et voulut cjue les entrer en ceste danse , Têntretenoit et nourris-

mesmes occasions que chercha Pempereur, et par lesquelles estoit son intention de diVertir le roy, ou, par nouvelles difficultés opposées à ses desseins, le mettre eu crainte de faire enireprînse, eschauflèrent et hastërcnt davantage ledit seigneur. Les bagues que le duc de Savoye avoil engagées pour faire pf est au duc de Bourbon, rebelle et faisai\t guêtre contre le roy ; les lettres qu'il avoit escrites, gratulatoires de sa prinse; les practiques qu'il avoit faictes pour aliéner les Suisses de Falliance de ceste couronne; l'achapt du comté d'Ast, le refus de prester Nice pour l'entreveue du pape Clément et de fay, et le passage par ses pays, qu'il luy avoit freschement refusé de bailler, pour aller fiiire la vengeance de l'outrage que luy avoit faict le duc Sforce en la mort de l'escàyer Merveilles son ambassadeur, avoient assez donné à cognolstre audit seigneur combien luy portoit le duc de bonne volonté. Le roy avoit aussy pour ceste cause esté content de donner au duc quelque empeschement à sort entreprinse de Genève ; et combien que non ouverlemetit, de manière toutesfoys qu'il se vouloit bien laisser entendre et luy faire cognoistre que peu de proutfit luy adviendroit de ne l'avoir amy. Et bien estoit à penser qtie le duc he pouvoit ignorer aucunement que le seigneur de Vérez, né son subject, mais domestique et de la chambre du roy, ne se fust ingéré si avant, et aussi peu la compagnie du seigneur Rence, que de favoriser, sAhs le sceu et consentement, ou par avanture sans secret commandement du roy, les habitans de la ville dé Genève contre luy. Ceste cognoissance, avec la considération de la puissance et prochaineté d'un roy de France, qui petilt tousjours en un moment ou nuire ou ayder grandement à un duc de Savoye ; la considération aussi que ceste grande et voisine puissance, potlr estre successive de père en fils, se peult esiimer perpétudle, au prix d'une puissance

impériale élective, devoît par raist>n mouvoir le duc à se retourner et rallier au roy, et ne point abandonner du tout une ancienne, voisine et perpétuelle alliance, pour en accepter une nouvelle , loitigtaine et temporaire. Mais sa conscience desjà le jugeoit avoir si grandement offensé le roy, que sa réconciliation luy serobloit estre comme impossible ; et en ceste persuasion la duchesse son espousç, qliil'avoit faict

soit en tant qu'il luy estoit possible. Desjà les Suisses, à la requesté de messieurs de Genève leurs alliés, avoient faict entendre au duc que s'il continuoit à les grever et moleéter, forcé leur seroit de s'en entremettre , et n'avoit satisfaict la response du duc à messieurs des ligues, tar quoy il s'atlendoit bien qu'il ne fauldroit d'avoir la guerre sur les bras, laquelle, à son advis, ne se de^mesleroit sans que le roy en fusf de la partie ; et pour ce avoit-îl envoyé vers l'empereur, alors arrivé nouvellement à Palcrme en Sicile, du retour de son voyage de Tunis, luy demander secours et ayde pour ceste guerre. Tant secrettement ne fcit le duc ceste dépesche, que tost après le roy n'en eust nouvelle; et luy fut davantage rapporté que le duc avoit faict porter parole de bâiller à l'empereur, en contrechange d'autres terres en Italie, tout ce qu'il tenoit de pays deçà les monts, en commençant depuis Nice jusques à l'entrée du pays des ligues, y comprenant aussi là ville de Genèi^e. Si cest eschange se fust faict, il n'y avoit point de doubte que l'empereur n'éust bordé ce royaume de tous costés, en manière qu'ils fùst verni au-dessus de son intention de mettre au devant des desseins du roy tant de nouvelles diiflcultés, qu'il èust eu beaucoup à penser et à craindre devant qu'entreprendre à se ressentir, et faire démohstration de desplaisir et regret qu'il avoit en son esprit. Sur ceste nouvelle, vouloient toutes hutoaines et divines raisons que lè roy en toute diligence poùrveust et obviast à tin tel et si grand inconvénient, et ne souffirist dresser une telle eschelle pour envahir par cy-après et transgresser les bornes et ceinture de son royaume ; voulut bien toutesfoys encores un peu temporiser et dé' layer, tant pour raîfeon de là dépesche qu'il faisoit lors au seigneur de Vèlly, son ambassadeur vers Tempereu^, comme potir pouvoir envoyer encores une fois tenter la dèi^iiière réso*

iisîijj

lution du duct auquel il se délibéra de donander non seulement passage par sesdits pays, mais délivrance de la pluspart de ses places, et comme siennes, et qu'il prétendoit à luy appartenir à cause de feue madame Louise de Savoye sa mère, sans plus les laisser es mains de personnage si mal féable, et en qui fiist de les bailler aux ennemys de ceste couronne. Pour ce délay et temporisement n'avoit-il toutesfoys laissé de faire scÂvoir au comte de Fustembei^ (encores que depuis la mort du duc Sforce il luy eust ordonné de seulement payer ses capitaines, sans faire levée de lansquenets, dont il avoit eu intention de se servir en la poursuitte de la réparation de la mort dudit Merveilles ) que, nonobstant ceste sienne précédente ordonnance, il les levast et feist passer en France, en intention que, si par amiable composition il ne pouvoit recouvrer du duc de Savoye ce qui estoit ^ien, il eust de tant plustost son armée preste pour y procéder par autre voye.

La cacise de la dépesche que Ëiisoit lors ledit seigneur au seigneur de Yelly son ambassadeur estoit en substance telle que s'ensuit. Le seigneur de Granvelle avoit sur chemin tenu propos audit sieur de Yelly, chevauchant en la suitte de Tempereur, que Tintention dudit seigneur estoit de ne disposer aucunement de Testât et duché de Milan, jusques à ce qu'il eust des nouvelles du roy; et plusieurs foys estoit rentré avecques luy sur ces propos, conseillant toutesfoys de n'en parler audit seigneur sans en avoir premièrement charge du roy, combien que là-dessus ledit seigneur de Yelly luy repliquast que si on avoit bonne volonté, le roy avoit par cy-devant faict assez à scavoir son intention, et en avoit baillé articles par escrit, selon ce qu'il en avoit esté pourparlé avec le seigneur de Noircarmes. En ces entrefaictes, ayant ledit seigneur de Yelly occasion de parler à l'empereur, et de luy faire à sçavoir la restitution et passage, à sa requeste, dés chevaux du vice-roy de Sicile, et de la délivrance d'un Ragusien, s'estoit ingéré d'eqtrer en matière plus avant, et de dire audit seigneur, entre autres choses , comment le roy, s'il pensoit que l'empereur voulsist maintenant luy complaire de Phéritage de messeigneurs ses enfans, reprendroit et restreindroit volontiers la praticque de plus estroitte conjoaction avec luy ; qui seroit cau3Q

de confirmer entre l^nrs deux maisAs parfaite et inséparable amitié et intdl'^ moyennant laquelle ne seroit à douter fK4 cun d'eux ne fost, de là en avant, poori affaires de l'autre, envers qui que al pareille recommandation que les sieoij joinct qu'ils feroient un bien unii chrestienté en s' unissant a^isemUe poori aux entreprises que le Turc, ennemydei foy , menaçoit alors de faire. Sur ceste i trance, luy avoit respondu l'emperevi avoit tousjours volontiers escouté(eli nant n'en vouloit moins faire) touteshii que le roy avoit mises en avant, n'avoit satisfaict, ce aoroit esté parce i l'auroit peu faire; car on scavoit avoit laissé le duc Sforce en î'Estat del du bon consentement du roy, et povi l'Italie en repos ; à ceste cause, quel gardast et déclarast comment il faire, tant en cela qu'çs choses cod( foy et la paix universelle de la cbi clarant toutesfoys ledit seigneur em] ce faisant il voudroit avoir toutes le(j grandes seuretés qu'il pourroit prenez : l'observation des choses qui se selon lesquelles il feroit aussi de si ptft que le roy se devroit contenter. Geste response, le remettant à en deviser plus ment avecques le seigneur de Gran? elle, en effect s'estoit un peu plus ouvertemifflti enten4re, si ces propos estoient selon pensée : c'est à sçavoir que les trois pot lesquels demandoit l'empereur que le franchement son intention, l'unestoiti contre le Turc, en laquelle iloffroitdc] ques le roy tout le bien et le mal qui en| roit : l'autre, quanta la foy et réunions en laquelle il s'attendoit bien que lerojt droit à toutes choses raisonnables, ctj ment quant à la réduction d'Angl chant laquelle promettoit bien 1( que l'empereur ne requerroit le qu'il ne pcust faire fort raisonna son grand honneur. Le tiers poinclàj universelle en chrestienté, il le repos dlfaliê, lequel il ne pensoit estre conservé sans que le roy se faict de Gennes, et sans . forclore l ^, d'Orléans du duché de Milan, et qo^PJ iQUtiçrs pn qrrpit parl^ (k iaoweigïW^«|

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