LIVRE V
se gardassent bien de &ire ne dire chose au moyen de quoy il vint à la cognoissance du cardinal du Bellay que ceste difficulté fust vuidée ; et qu'eux aussi donneroient garde que le comte de Sifaentes, leur ambassadeur auprès de nostre Sainct-Père, n'en sçauroit riens.
A tout ce parlement assistèrent, outre lesdits seigneurs de Cannes et Granvelle, autres deux secrétaires de l'empereur ; et au lendemain l'un d'eux apporta monstrer audit seigneur de Velly une lettre de pareille substance qu'avoient esté les propos du jour précédent, laquelle escrivoit l'empereur au seigneur de Lidequerques son ambassadeur, avec charge expresse qu'il la monstrast et leust de mot à mot au roy. Bien luy dit celuy qui luy apporta monstrer les lettres que, depuis ceste difficulté vuidée* l'empereur avoit eu telles nouvelles du traittement que le roy faisoit au duc de Savoye, que si plustost il les eust entendues, jamais ne fust condescendu à dire le mot; mais puisqu'il esloit dit, c'estoit assez, et que l'empereur, espérant que par un mesme moyen s'appoincteroient les choses de Savoye, ne s'en desdiroit jamais.
En un mesme temps eut le roy ceste nouvelle et autres, qui diminuoient beaucoup de la foy qu'i^utrement il y eust adjousté. Premièrement, que nostre Sainct-Père avoit esté par les gens de l'empereur adverty par le menu de toute ceste conclusion, ou, pour mieux dire (et comme par les eflects il a depuis estécogneu), simulation; dont ledit Sainct-Père entra en très grande defiiance et souspeçon contre le roy. Secondement, qu'incontinent après la révocation de Beauvois l'empereur avoit tant pressé les Vénitiens, qu'ils estoient entrés en ligue défensive pour le duché de Milan, en faveur de tel personnage qu'à Sa Majesté plàiroit en investir ; et qu'il Cftisoit très grande instance d'y £Eiire aussi entrer nostredit Sainct-Père. Tierccment, qu'il avoit envoyé ofinr de grands partys au roy d'Angleterre pour le tirer à sa dévotion. Quartement, de l'allée du seigneur du Prat en Allemagne, et qu'en passant à Milan il avoit porté paroles entièrement contraires à ce que demandoit et espéroit le roy de l'empereur; passant aussi par Flandre, il avoit avecques les députés du pays, et des autres Pays-Bas de l'empereur à ceste fin convoqués et assemblés, conduetarrestédegrandspréparatifsde guerre.
,Powt U «kMpiiefliiie, «Btolewt \^ prif&tHik que fiésott \em(soenf (Atiéré D^rie ; lesqueUes choses >de tiMt |Aii6 loy eatoiexii «u^yeoM«^ «pfee l'eMipereur «lujf {«isoii dire «oubs «aia qtfe ions «es (H>é|^s««iiib se lûsdkmt., les jaos i^Mt Fc*treprise d' Arger„ et ks «uircs fiMir niifeux coiran*ir «t téter à iiMre Saioot^ète q«e la susdite difftcvtoé du diÊt d'Orléans m d«cd' Ai^olesive fuat Vttidée ; tl Je roy iloutesibyt esioii «adverly de phisiems bons liev» q«e aostredèt Satnct^ Père ostoit ieforsaé de Umt le nwbu. Et va oeste eause U se réMtotde ]>ociflSer ostre en <Sàrôye et fit» aVMit, sans mterrompre tootèsfoys sa oéigocMitioii avecq«res reinperoar, à quelque fin quVUe sedenst nédÉire.
Cesie aimée fat un ^atod etiiierv«MlsttK ceutte de prophéties tt ^rognosticatioas, qui toutes promettttoit k f emperéw heureux «t firandb sntcèS) et âûcctx>is9enient de fortune; «t quand phis il y a^ioQstoit de fby > detant plis en fateKî'on semer et publier de nottuelles; et proprement jembknt^ I iire tout ee qui ^estmndoit fà et là, iq«ie Jedtt seignenr empertnr fitst en œ moode fié pour hnpérer et eommandèr à Imttune. Ce nonobstant, et combien que le tey nie fèst en aneun double q«e, moisvant guerre au duc de Savoye, il 4'attirsroit «tr les braslonles les forces die remperenr ; encores aussi .qnHI «çeuflt très bien quelle estait rinelinalion des aucuns (en conférant teHes pragnostications aveoques Theur et féltctté qui avoient jà par si long-temps aceom^gné toutea les entreprises dudtt «eîgnenr empereur) èesi^r^r et attendre, et des autres à eraindne ^'H en advint loot aussi que les pt-ognosticartions f>romettoipnt , comme sieHes fassent procédées du propre oràde d^ Sainetr Esprit t et de manière que justes en ce royaume aicums flU|M*s6tieuxen lussent espourés et effrayés, luy lOÉtesfoys ne^'en estonkia, toe changea jamais sadélièîératfon^ pom* chose dont il en fut menacé par telles inventées prognesticatioBs, afîns demeora tel que Ionsjours il av<»t estév c'est-à-dire magnaAîiie, et constant à mespriser et centemner cesie mi^ niène de superstitieuaes et abusives prophéties, comme celuy qui ne varia oAcques de b cognoîssance et foy qu'il a et t<Miqours a eue en Dtéu seul cognotssant et (Urigesmt le cours des choses futures, et qui en sa puissance a retenu et réservé la disposition des temps et des momens, et lequd M ei^pàroit tertaioemeat luy devoir
estre en ayde^ nttendn K ^rand devair eà il s'estoit mis de chercher^ par amIaMe composition , non tant à recouvrer le aien, qu^à &ire au moins que Ti^ecupateur Tên servist, (tkon pas feit> cemm*6 j'ay dit, escheUe à aes ennemyS) pour envahir et transgresser les bornes et linutes de son royamme.
A eeste oauseil ordemm qne Féquippnge fast prest, duqvfèi il avoit têki estât pour l^mln^ prise et conqnette dos choses que hiy ooeii^ îe duc de Saraye. fin laquelle enthepr iae il nvoît estably et onkmûé aon hentenant général a»sire Philippe Chabot, eomte de Ivaaacen, ataÉml ée France, et aredpies luy les Hxets et ct^ pitainespartiotiiers^ ensuivent. Et premièt^ ment hommes d'armes ie ndÉibre de kaict ems et dix laoees^ à sçaVelt est k bande d«âit sefnear heutenant géncnd; ceHe de mesBire Jacques Cahnt, grand-escuyèr, et maistre de TartHlerie de France; ceHe de messins Robert £tuard> marescfaal de F^rance^ et espitattie de cent Escossôis de h ^gatde du r^; eeHe tk messireAèné,'sirede Montqan (chacune de eém hommes d armes) ; ceMes de monseignew Prancois, marquis de Salhieesç de messil^ Claude d'Annébault; de ihessire Anioitiè» seignemr de Montpesat ; de mes^nre iean de IVwteviHéw seigfieurde VIH^bmi, prévoit dt iteis; deme»^ eh-e iyahnel d'Alègre ; de mesbire Charles Tieredin, saignenr de la Roche du Maine (cbacmne de teinqnante) t et ceUe du seigneur iam-Pai^ de Gère, desoixantehommesd'armes.Cfaevauxlégta, miHe, c'est à soavoir: soubs la charge du seigneur d'£sse, cent: du seigneur de Termes^ cent ; du «ighcm d' Aussun^ cent ; da set^ .gnenr de Vérets savoyttien> eent; la efam^ géàéi^le desquels lût dimnée avdH seigneur d'Aflnehauitt ehevaMer d^ rordre^ et èepiàs Riareflctml de France. <Qens de pied françns^ ésfutemiHe du nombre des léglonnairea, sçavoir est deux nlMle Picards aoid)s la ehacrge de me»sire Michel de Brabançon^ seigneur de Cttmy, et messife Antoine de MatUy^ seigneur d'Aucfay; deux mille Normands, Mutas la oba»^ du capitaine la Salle et du capitaiMe Sainet-Aubin ï'faermiOe; deux mille €faampènots> soubs ht «charge tie messire êwn d'Anglnre> seigneur de #our, et du seigneur de Qbinsi ; miHe de Languedoc, soubs ht charge du chevalier d'Andïres; quatre mille du Daiq)hiné, soubs la charge du seigneur de Brésieuxet autres ; et mUle» soubs ia
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LIVRA V
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soQs ordioaires da roy ; de hfMe». lesquelles hiftfci diti g?ii^ d(^ pM U chM^p ginénle fiit. doiftiiée ajBi#( sk>e d9 Blmiif jw, aosoi «hevmBer d» FOfdte, et d^oia wrtselud de Fraace. fcanoinMftrift sûl iiUci sMibA. la cÉuni dm CTiwti^ ^îUiiiHnf d^ FnntflnilMirti SoUaIs (ha^
Dteiiv €iiq ceos; le çapiiAû»» BlnmchA» cmq oeas; lir> «^piiaiaf^ i«g«w> eioq eeiw; to «apir
apoti^^çMsedaseigieiir MMe-Attleiaedd C«h^
ss^ geniUKoiiMiie n^itmwwH Vm des eMnyeia
d'e(ieHy^iedi«r<>y«(|^iM4BÛtte;e^
do seigpaur ChresAoSa Gm«isi, leUte^ eio^eqneH
bon iMMQJN(e4*4«^itierie. ]^^I9>I^ fiMi( de Ipi^êtlte
ftiygiH oyWiiyfi troiil qe«munsaife^> dMK <(0A*
t^Hj^ cleeliarroy, di^selM^g^w^ cdUwpoetienK odanroiiA e4» fei^iiinS), et po^r 1^ c^ îoopiAéft^ soixante personnes extraordin^^; pMMÂevSi^ biiH^tce»Stx.cb|Ç¥at^, râ QfW 9(Amk^i ^ la l^et^W obars^ de ladite» s^Vtittwie «i<B»$»sire Cbavkiid^ Qmm, sevgp^mt; de l^i^i Vua dae gemilhomn^stordioaires 4^ la çlMmbrei ék voy.
1 ettk>gîsjn9fot6५ri&»nlle«epktk d»
t m»uhy ta kqutUe ils ne s'osèienl mettfe. Fer ! qp^y lftthabilen&, ainsidestàkués et ahi#doBraMlko^ à k aooiBMiQii dtedils el éb Montejam ^ entrëffwi dsdaas» et le miaenl es iBeins àm v^f. Les eoDouys se kgèteai à Chms , el & Ait eavayé on Ireinp^le les soiMMr ; pevquoyUB eft dssfegèrent „ e« se rendli Chàvâ» à foMlBstAoe dM sey. C^peodaht amvàMH les iens*^ (pienete.à Toim, et peu apeèe neasieer IV DMnJ, ttemment géaoénLéà loy, «foi là feraift senoftnp» etdspiiisaulîeii^deChlvee, eiieK tendues k'sunphia de som amée^ eatoil en** oeAte i^'les oheniftsi, et qaiaspivoit jeumet* leDoeet à U file : dont piiMêeiir» le bh^mèrent ^ de quay Unftpoonibvk sa lorteneeentiM gessi estenoéa..
Le deiom^sne jonff d^awS, am¥a jfeolîlkric
(pe oeadtti^oiMnt leedîÉs dsiK nilk lê^ ! des se^eieMQi' d'Aeokiy etdfet Ganoy. Le (fuii^ Ji«m» JMT , a» oiiiie , il destogeede Chive», eoi ifttenlÂMi df aller eampaier aut^ b finioAi Doaire,: OQsteinaeiJiQ a'appfiUeCrande, àJadtfh féroce de Taiitre Doeire ipà sert dn nontOet.
I)eCréKMe^eaI)|^plplÂc^p^nireI^ nève. De^ esloit le casipidudilr seifneev
jpur de mars , 1^ nombre de troi^ mille \ég^sx^ «aires di^d^puys,» e^ les b(4I1(^ eçtm 90^ hk charge dH seig^w 4§' fQFge^.v ^MQC^ lesqn^ partit le s^igi^mT' d'ÀW^^ba^t*. ^wp^l, s^i \vo,% If^eoentiire (jje quk^a àtseizei eiilÉB heniees de*
joMrel^ im^ dM s^gn/^iv J<c^%lfB#tede Cèfe» a^ tieii d^ l^riançes^ et «luelqiaes jpur& eF^si le seigneur de Mo^t^n le^^tjccot^vi^ 9«^ pQ$liie> et à ifeux jpureéqs, pffè$. leSî spivei^et, tea ko3r queneb* IÀvin(i.r9Qitnouvellesiai)^d^t&s^go#ii«a d'Apeel^k e\ de Mqta^j^cowiWAti le em^ (fa^ppe Tprui^ cït ifiSiiùrJ^^cf^^^Méàim,. Boarqeia d^ IU(9i|ijgaan , madTçb^lcmt atfi de»^ai^ d'ei» ave(^4«j^^3 (t^fxQ iji^lfe b(Q(nwH«i ^ pie4.« fOur g^igoer eij^ur cl^e te pa$$ag^d(S) Sufte^v pee q^ey iJis ^^^^tèrait d^a^c^ir ^I,>i^po%> tve d'euib, cvflMgiM^a <j^ si F^i^çiny Sf^mb ]^f^^^Q^ eyeoli^s g^0§ qWil^yoi^ aj^iTya> etsoif ,. qew ^v^;^ pKeaiv^ toif^ gep9(Qp»>veem et d!(^ i^o^i^reatjifsii pf u q^iA'ei^ ^xeit reonesày , &«a d^eîlk vovi^ iffiij^Qs^ljB, d'y fai^oi^vet^ Une. l4B»r. dMig^Aee f^ti teU& , qu'ils eweiM pew^iesqi^ en la j^kjineayMl^sspN^^e Siue avant q<^ le^ e^nemys y arrivassent, lesql^l^t ae iee osèrent, attendre ,.0i#i8 se le^ir^rei^t en «Bière» el b»m p^Q<^ jfinft s)Njr^%4&, iosîa
ueAi. depuûa sqa avmyéei venferoède qiieÉrel (Nnq milk* booMmsi de pud fisaneoisi» et eavieua de quinzetcens itaiieits v et peenroi t «voir en
piied, y cew^Msenant lesi l^naqueneta; de gens dte cheval, il n'en pouvoit encores avoir plus heolb de deuji ce^i eiaquanée, eai heaHqea d'armes , ascber^ et che/veeA Idgevs. BeFeetoe bqrd de là rivière e3(k¥ent ks aei^neuradoD Laïuenstlipà^'
neiel, aMbeesade«»dk J'empercurv Jeanr^cpiea^ de ]M^<i!i04e, et Jeaft-Baf>liBte. CastaMa, avee^lei noeei)ne de quatre icinqi miUe hommes dis pied^ etcgeoflide cheval , le ntm^re de quelre h Hkh^ cen»» qui menstrènenf eoBtenance* de vouM» ^Me^ teste, et de. gaedeo lepassage delà riviènc JU. délibératioejdndit seigneur amirat n^eetoiO peMd) dei passer ce jeur la rivière; maie, iMeo* tÂeenli que^naeigeM veisent FeAnem^ e» teste* ila l(»eeâ< aNMprina de telle ardeseetifmpéevQBMl d^ oembeâlre, que coautuuidemeetneremons^ tuenee àm ponl qet n^estoît entres* jbiot , n>ea^ rQi^l^eajveraeux, qftl'M ne le plissassent* eO ûKipôrtuniiaeeet de kttiv donner oongé de pesées outre ; tellement que, vatnce de leur kaperto^ ilite^tt fiulcQBtraiiitd»kaFdonn^eongé;'e^
MÉMOIRES DE DU fiELLilY,
qu'il ne féit si tOât, qo'avecqnes le mot il ne se jettassent en la rivière jusques à restoniac; et bien que Teaue fust forte et roide , toutesfoys jamais ne lansquenets ne François ne perdirent leur ordre en la traversant; et commencèrent à s*approcher de Tennemy par telle fiirie , qu'il n'osa faire contenance de les attendre • aîns print le chemin pour se retirer aux grandes alleures à Yercel. Et si tous nos gens de cheval ordonnés à ceste entreprise, ou quelque meilleur nombre d'eux eussent alors esté arriv.es , en sorte que nos gens eussent esté les plus forts de cheval, aussi bien qu'au contraire Testoient les ennemys , pour les escarmoucher souvent et contraindre de marcher en battaille tant que nos gens de pied les eussent acconsuivis, il n'y a point de doubte qu'ils n'eussent esté detEaicts par les nostres avant que jamais ils fussent arrivés audit Yercel. Un légionnaire passa la rivière à nage pour aller quérir un batteau de l'autre costé, lequel il amena en despit des ennemys, encores qu'ik luy tirassent des coups d'arquebouze sans nombre; mais jamais il ne fut touché. Monseigneur Famiral , pour donner cueur aux autres, luy fit donner en présence de tous un anneau d'or , ensuivant l'ordonnance du roy. Et ce jour alla nostre camp loger au lieu de Savillan, où il séjourna tout le lendemain, attendant les vivres, qui n'estoient arrivés, à cause que le pont, ainsi que j'ay dit, n'estoit encores faict quand ledit camp passa la rivière.
Ce temps pendant ne se discontinuoient à Napies les praticques de confirmation de paix et de plus estroittes alliances d'entre l'empereur et le roy. Et d'autant plus les entretenoit Tempereur ( à ce que depuis il a esté cogneu ), pour ce qu'il espéroit, soubs couleur de ceste pra- Ucque, moyenner que l'entreprinse du roy â>ntre le duc de Savoye procéderoit plus lentement, et qu'il auroit tant plus de loisir et commodité de se préparer à la guerre, au cas que la paix ne se peust conclure à son intention : car il se tenoit à offense du roy, et souvent s'en plaignoit au seigneur de YeUy, ambassadeur de France. Lesdits seigneurs de Cannes et de Granvelle, principaux entremetteurs des affaires de l'empereur, alléguoient en somme que le roy, sur et pendant les praticques de paix, n'a- Yoit deu entrer en guerre ; le seigneur de Yelly , au contraire, leur reoMHistroil que ceste guerre