‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 315 sur 428 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

fur feit retîrct lès %kès en «êHé obéîssaiteé, iqu'ottcques ëepm ^'H y ent {«trié ne s'te trouva «n ^iri «aanThast un pas en arBiit^ en- ^res qtie tda cœnfmencemént ils ensséht en éa pires «t alors se veissetit renlDrcés tie gens» «vecqves tnoyen de se vettger de (evr dommage. Ce cpie j'ay Weta vonhi récîlei' en cMt endrolet, à ee que ce mit exen)^ ^combien est reqaîw la rikicipiine militaire, et de combien «ert vu chef en telle mohittde, t^i sçache tirer obéissance de ses gens. Audeiïxiesme logis arrivèrent nos gens à deox miUes près de Vercel, vt forent k» François et lans^enets logés séparéfiftent, pour éviter noise et divisions. Mafs je laisse à tant caste matière^ et retourne i la négociation des choses ^i ce pendant se traittoknt aveccpaes retnpereuri

lËh «es entfefaities estott Mit ^ei^enr ^mperenr arrivé à RoMme^ oA Avoient esté fitcfs 4ong-tempft auparavant les préjp<aratifs à le reeevotr bien solemnellement. Et pour teie qu'entre phisieurs édifices qui« pour hiy faire ta voye ptas large et dh>rctev avoient esté abatti» et tiiwoKs, fet anssi «battu le temple de paix, «tncîennement et de long-ten^ gardé pour la Mémoire des anciennes structures , ainsi que aoBtautr» phisîeursvdifices etminesà Aomme, gens curieux et supertttieuxv dont audit lieu a i^rdinairemem grand nombrev interprétènentia chose à mauvais augure , «t commencèrent a en ftnre de préjudices et discours, en disait que cestoit signe que Tétopereur y estoit entré, iton à heure d*y estaMir et confirmer la paiK ainsi qu'il se vantait, mais pour en ester mu léontraire toute mémoire et souvenance. Et |yeu après fieit remperetnr des actes assex , qui confiârmèrcnt beaucoup le monde en ceste opinion.

Bavoit^ ledit sixiesme jomr d'avril^ esté de «ix à sept heures avtôc nostreBainct-Père. Au lendemain l¥vêsque de Mascon , ambidssadeur d« roy vers nostredit Sainct-Pèfe^ et le seigneur de VeHy , mussi ambassadeur du roy vers i'empereurv earent audienee de 8a Saincteté; à laquelle ils exposèrent que jusques alors avoit esti§ la praticque de paix enti^etenue par le roy ietir inaistre^ eb espéraniië que hmt ^e ctfncl»tcvit par le moyen ^et intei*ventTon de Sa Sainbleté, lequel moyen et i^ervention y eatoient fart ilécessaires pour ostér et purger les suqpi- ^ODs et deffiance qu'ils aVoient Tmide Tantre, et iea rendre biencoi^acis éttmyft ensemble ;

priÉhs SaSaiacteté veirfeir y mettre peîeiie5«t mesmement à hite c<)ndëscendre rempereurà rîAveslÂture 4e MÂlan^ en la personne du dub d'Orléans. Â quoi ledit Yelly^ comme Ay«mt long-temps négocié avec reBm)ereur, àsseuroît Sa Saincteté qu'elle tretiveroit ledit seigneur assCE anctih et disposé^ ne passant tootesfbys plus oitttre sur ee propos; car eBOores{)eânsott'4l que Tempereur eust secret à nostredit Sainét- Père^ ainsi qu'il i&voit voulu estre tenu |)ar fe roy ^ ce que desjà il en a voit esté accordé. Et ah «urplus, premièrement prièrebtSa Saincteté leur iaire part des choites qui, en si long parlement, avoient esté le jour précédent agitées entre eux pour le bien et le repos de la chrestienté , ser^ vice de Dieu v exaltation et gloire du sainct-«iége. Respondii nostre Saloet-Père qu'il avait trouvé l'empereur assez désirant la paix ; et que luy^ par advis dudit aeign^r v au lendemain fcroit congréger ( te qu'il feit ) les cardinaux du sainct-siége, ses frères, en consistoire, pour bveeques eux délibérer de ce qui seroit requis^ tant pour l'intimation du concile (auquel il ne £&isoit doubte que le roy ne lu^ as-^ sistast) comme pour ceste intelligence entre ii^eux deux princes v et paix univereelté de ht chrestiebté; et qu'en ceste affaire luy estoR résolu^ ainsi que le devoir vouloit, de s'entre-^ temr en neutralité. £t là-dessus s'eStendrt à dire combien il estait tenu de maintenir justice, et d'obvier à l'obstinatién de eeluy qui se mon^ treroit desraisonable; bien ve^oit-il les ad^ vertir, aVknt la inain) qu'& ce qu'il en pouvoh entendre jamais l'empereur foe se condeseai'droit de bailler Milan au duc d'Orléàn^. A t^ n'osèrent répKcquer lesdessusdits de Maseon et de Yelly> craignans d'ofTeîMer l'empereur, a« cas que sahs ton congé ils parlassent plus avant de la chose qu'il avoit pressé de tenir secrettè. Mais puis après en parla ledit de Yelly an sei^ giÉeui* de €ranvtelle , le jpriant de ne vodoir envers nostre Sainct^Père ti<aversèi* le roy, pour la volonté qu'il avoit usé de tenir secret oe que ledit seigneur empereur «voit aiwii voulu. Et pœsolent en eflect que ceste difficulté 4fAe iaisoit noetre Sainet-Père ne ptw^idMl d'auti^e nccftsicn) sinon qbe l'empereur à son escient hiy en eust faiét le diffièile, pour Ity donner ce contentement qd'il pensast d'avoir esté le médiateur et compositeur d'iceHe et autres dif&cidtés. lie seigneur de Gnmveite alors,

MÉMOIRES DE DU BELLilY,

Après avoir faict qudque expostulation de ce qui se faisoit contre le duc de Savoye , asseura ledit de Yelly que Tempereur , ce nonobstant, persistoit en sa promesse, combien que s'il eust sceu ledit traitlement qu'on luy foisoit, il n^ust jamais promis ce qu'il avoit faict ; mais que toute la difBculté procédoit de nostre Sainct- Père, lequel vouloit peu de bien à la maison de' Médicis, et à ceste cause ne voudroit veoir une fille de ladite maison estre duchesse de Milan. Et, à ce que mieux on adjoutast foy à son dire, permist audit seigneur de Yelly de dire franchement à nostre Sainct-Père, et l'assurer, que s'il vouloit bien à bon escient s'employer envers l'empereur à ce qu'il investist le duc d'Orléans de Testât et duché de Milan, ledit seigneur empereur infoilliblement le luy accorderoit.

Je ne puis dire quelle intelligence secrette il y avoit entre ledit Sainct-Père et l'empereur; bien sçay-je dire qu'au lendemain les dessusdits évesque de Mascon et seigneur de Yelly allèrent vers nostre Sainct-Père, et luy dit ledit seigneur de Yelly ouvertement que dès Naples il avoit peu , s'il eust voulu , conclure l'investiture du duc d'Orléans ; mais que le roy avoit tant voulu déférer à Sa Saincteté que de n'en vouloir riens conclure sans elle , encores que ce fust chose qui luy touchast de si près, comme d'éviter le trouble entre ses enfans , et conséquemment de tout son royaume. Ledit Sainct-Père, soit qu'il eust ainsi conclu avecques l'empereur, ou qu'il fust vray ce que le seigneur de Granvelle avoit dit de luy, répliqua lors aux dessusdits de Mascon et de Yelly que c|e parler du duc d'Orléans il n'y avoit aucune raison ; et quant à luy, qu'il estoit père universel, etdevoit penser à la tranquillité d'Italie aussi bien qu'à celle du royaume de France. A tant lui remonstra ledit seigneur de Yelly que toutesfoys qu'entre lesdits firères enfans du roy y auroit trouble à cause du duché de Milan, le mesmes trouble redonderoit sur Italie, et tant insista, que ledit Sainct-Père lui accorda d'en faire requeste à l'empereur, auquel alla le seigneur de Yelly gaigner le devant, et le prier de ne s'y vouloir rendre difficile; mais Une tirade luy sinon expostulations et plaintes, fors qu'à la fin il luy promist, en termes généraux, de ne faire chose qai préjudiciast à la bonne volonté qu'il avoit de se bien entendre avecquesle roy, Yray est que, partant

ledit Yelly d'avecques Sa Majesté, les seigneurs de Cannes et Granvelle luy donnèrent meilleure espérance, voire asseurance que là où nostre Sainct-Père ne feroit difficulté sur ceste investiture pour le duc d'Orléans, aussi n'en teroïi point l'empereur leur maistre. Et, sur ceste asseurance, révesque de Mascon au lendemain retourna dire ce quedessas à nostre Sainct-Père^ en luy remonstrant que si l'empereur estant arrivé à Romme, et après avoir communiqué avec Sa Saincteté, se trouvoit estre variant de ce qu'il avoit promis estant à Naples, et taitf de fois réitéré depuis, on auroit apparente casse de souspeçonnerqued'elleetparsonmoyenprocédast ceste variation, attendu mesmement que Sadite Saincteté avoit tousjours, dès le commencement, allégué ces mesmes difficultés.

Nostre Sainct-Pere, se voyant ainsi pressé de près, respondit alors que les seigneurs de Cannes et Granvelle , incontinent qu'ik eurent le jour précédent communiqué avecques lesditsde Mascon et de Yelly, estoient venus luy réciter tout ce que les uns et les autres avoient dit, respondu et répliequé ; et que, parlant firandiement, lui se doubtoit fort que l'empereur et eux entretinssent expressément ceste praticque pour les amuser , et à ce que, sur ceste espérance, ils amusassent le roy pendant le temps que ledit seigneur empereur se préparoit à la guerre ; que toutesfoys, pour leur complaire, il s'employeroit encores à obtenir ce qu'ilsdemandoient pour le duc d'Orléans, combien qu'il fiist certain que ce seroit peine perdue. A quoy réplicqua l'évesque de Mascon que le roy, sans cela, jamais ne viendroit à conclusion. •Je pense doncques, dit postre Sainct-Père, que les choses ne peuvent sinon estre en rupture; car l'empereur ne veult et (quand il le voudroit) ne peult bailler Milan sans le consentement d'aucuns, lesquels, à mon advis, jamais n'y consentiront. *» Il vouloit dire des Vénitiens, devers lesquels avoit l'empereur envoyé, pour, ainsi qu'il disoit, qu'ils y consentissent, mais, comme couroit le bruit, qu'ilsy contredissent.

En ce mesme temps arriva le seigneur d'Espercieu, lequel j'ay dit par cy-devant avoir esté dépesché sur les plaintes que l'empereur avoit faictes au seigneur de Yelly. Sur ceste occasion envoya ledit de Yelly demander audience; et après avoir salué ledit seigneur empereur de par le roy, luy feit les responses et remonstran-

d*autaiit que je me ^ts Irctiré de 6e qui

esté parlé pour le duc d'OrléaûS son fils;

r ce je désii-erois ttierveiHéuseniertt scâ-

iivoQS avez tiens davantage de sbn inten-

cela liespondW ledit seigneur de Velly fiâHendu la brièveté du temps qu'il y avoit IbflmlKstoit entiréen éeste difficulté touchant dJUkrignedr duc d'Orléans, Sa Majesté poutÊt ten entetidre et cognoistre quMI estoit JhlIÉsIe qu'il en Aist eilcores autrement adintf , j^ur ce qu'à peine pouvoit estre arrivé Cwl^ûSr dutDy son maistre le messager qui J|']^QflK6it les Douvelies. Desquelles iceluy seiiMf de Velly dist ne doubter point qu'elles iMbUàtteot bien estranges audit seigneur, ib j)ropos qui lui en avoient esté tenus et les honnestes responses qu'il en jteies, -ensemble tes bonnes œuvres qu'il -dftert exéciiler, et en estoit prest, faisant té Impériale ce qui avoit esté traitté it seigneur duc d'Orléans. «« Je ne , dit l'empereur, blasmer ses œuvres, veiill-je pas justifier les miennes en ; et pour ce suis-je bien aise que vous, r de Mascon, soyez présent; vous pagnerez tous deux, sMl vous plaist, le pape, et là je vous déelareray mon Et ce disant, appella aussi les amde Venise pour le suivre.

<âte sorte entrèrent tous ensemble en la du consistoire, où le pape est de è se vestir de ses habits pontificaux ; et Vèrént messieurs les cardinaux attendans Sainct-)Père, avecques lesquels s'amusa ifeignéur empereur, en devisatit sur pieds ^on gros quart d'heure. Ce pendant ûostre Saincttère, qui encores ne lieosde sa venue. Sa Saine teté luy en- «mander s'il luy plaisoit monter en sa et il respondit vouloir attendre Sa- Sâinctété. Nostre Sainct-Pèrè descendit après ^ et s'allèrent eux deux ensemble au bout d'un lit qui estoit dressé en éhambre. l'.t làtléclar^ ledit seigneur r à Sa Saincteté qu'il luy désiroit paraucunes choses d'importance, en la prédu saînct et sacré collège des cardinaux. oy ordonnant Sa Saincteté que tous autres nt la chambre, ledit seigneur le pria ^Tectuèûsement que tous demourassent.

LIVRÉ V

Dr

et qu*îl vouloit bien parler pbblicquement. Et alors messieurs les révérendissimes cardinaux ^'assemblèrent à l'entour d'eux comme en demyëerîelé, auquel estoient les ambassadeurs de France, et derrière eux ceux de Venise; après grand nombre d'autres ambassadeurs et de prélais, ducs, comtes, barons et autres person^ nés notables.

Adoncques l'empereur, le bonnet au poing, commençadire comment it estoit venu pourdeux raisons principales : la première pour baiser les piedsdeSaSaincteté, luy offrir sa personneet son pouvoir, et le supplier de vouloir convoquer le concile universel; en quoy ayant trouvé Sa Saincteté non-seulement bien disposée, mais si très affectionnée et prompte, il la remercioit grandement du bon commencement qu'il y avoit desyà donné, et de la délibération qui en auroit estéarrestée au dernier consistoire ou congrégation générale ; le suppliant vouloir continuer et parachever cest œuvre si nécessaire à toute la chrestienté, offrant tout ce qui seroit en sa puissance pour les conduitte et heureux progrès d'iceluy. La seconde principale raison de sa venue estoit pour lui faire entendre combien de tout temps il avoit, pour le bien de la chrestienté, désiré avoir bonne intelligence et amitié avecques le roy de France, et qu'il n'eust point esté marry que maintenant les choses se feussent peu dresser entre eux à quelque meilleure conclusion; mais qu'il avoit trouvé ledit roy de France si desraisonnable, qu'il estoit contraint, de toute sa vie et des choses qui ont passé entre eux deux, rendre compte et raison en présence dudit sainct collège, des ambassadeurs, des princes et potentats, et des autres seigneurs et notables personnages y assistans, afin que Ton sache lequel a plus juste cause de se douloir de l'autre ; priant Sa Saincteté^ s'il se trouvoit long en ce récit, le vouloir en excuser, tant pour la diversité des choses que pour la débilité de sa mémoire, et la non trop bonne disposition de sa personne.

Geste excuse prémise, Tentrée de sa narration fut du traitté de mariage autresfoys accordé par les défimcts de bonne mémoire empereur Maximilianet roy Louis de France, d'entre luy, nepveu dudit Maximilian, et madame Claude, fiUe aisnée dudit roy Louis, laquelle depuis auroit esté roy ne de France ; lequel mariage nVy&nt esté accomply par lact)ulpë et faulto

MÉMOIRÇS PP f>V BELLi^Y,

joy l'avoit f^i(^ fs^ fyis Içttr^ (fe Vb^icMewe, et quaI^ a^i; sei^:^^, ^ lecl^l seiga^r wi^ pereuravoit tQusjQurs^it qu'il o^ le^ctema^ode^ roit sinoD raisoooaUeài \ aussi (|ue \^ demai^dant autre^ il seo^f^^^^^ 4Vi'U eu^t voulu décevoir le roy, luy accprdaaiuue ckosedoqt U espérast iava^ider ^ pr^es^ par iii^pos^iiUiU^ d'une aut^re. DU feoipereur savoir prpa>i^, 0 voiremeut promettoit enco^ea de Vi^ deinaoder chose desraiso^oable, ei qu'il e^ userait du co^r $eil de uostre SaijiM^t-^èY^e et de se^ autires coi;^ fédérés. Le seigneur de YeUy persévéra, insi^ tantqu'^ ne rétractât s^ p^oi^ea^e^e^ alléguait l^es autreii professe» (aicl^ ^iUeup^ pendant çeste pra1,ieq^e, lesqi;^Ue4 pouvoi^t mettre la roy en doabt,ç de la volon)i4 4udit s^igoeu^ eiop pereur», çonu^ ^ pr^ticqu^ m'U i^e^t ^ Angietenre^ les L^ttjcea jf^ tuy escrites au foy de Portugfi^ en Luy (fUtai^^ Tei^a^ (^ Uilai^ fomi spp frère, ay^ (^ bruit ç<^minuD qui ^toil en Ita ville d§ IVojçime, en, touta Italie et Alieqpi^^ai»^ que l'on 4Q9^1t( parole^ ^u roy ppur ra,Q[iuser ^ faire sijirs^i^ ^a ^ri^« ; çt apr^ tout cela çeste rétr^t^ion de U promes^ fai^cle pour le duc d'Or^éaiPs, Içsquelle^ choses assemblées et Irises en considération ne pouvo^nt sinopi jetei; le roy en dléspspoir et, Iç conduire à faire ou promettre aill^ux;s cl^ose qu^ puis auprès il ne ppurroji^ l^oi>ne«jtffnv?snt i^ rétrajctiejr n^ 4^mr gauler.

£n cesita ^la,n]ère f^m>iti le sçîgnteuff de Velly ses rea)9^)^4^e^ comme ceUiy auquel il gré^ voit jusqjuuBs, 9^ çu^ur ayoi^ ^i ayaot asseuré spn maigre dç chose qu'il voyoit lors aller à iiebour^y c^çe'Ppur s'estre fié sui: la parole d'uo si grand prince qu'un, empereur. D'autre costé se sentQjt f eo^pereui: picqué un peu plus avant qu'il n'eif^^ vpulu ; et pour ce demanda eu oo^ 1ère aufjii de VeUy s'il ayoit pouvoir et mandement d/e t];ailAer au nom du roy son maistre. A quoy il responditi qu(0 non, voulant au demou^ i:ant alléguer les raisons et parachever de dire les respoAim et rernoostrances du roy sur le surplus des ex|K)sUilAlJonfi et plaintes qu'cm luy avoit faictes. Mais Fempereur ne le souffrit parler plus avant, et se tournant à luy : « Doncques, dit-il, puisque vous n'avez, pouvoir, na pouvç^-vous dice que je vous donne^ paroles^ i^ais plustost vous à moy ; et tant y a qoade ce que je vous ay dit je ne passeray plus, outre cpie je np voy e vosb*e pouvoir. »

et auU*ei q»a&iar^ 4. floma^ ^s attires 4a ray p'eussept bm SfC^u j'intentUM» dwUt weigMiiT estre enivère^uept ^of:iij^ i la pais ea la m* couvrait avec l)yw#^^ e^^itioas, ik avoîettl assïes occf^A d^ ^ désUtev ^tièrament de U praUequç, ,pi^4C|B k ce ^'ib eusseul autres i^puveUes et Goandemeot di^ foy. Touleafoyet réves({gye da Alaçcon ayaxit seeu par aostre Sainçt-P^r^ que l'en^rear, entre phisieim propios et paiîlêmeaiqu'ij/s avoieot eus enaemUe, avoit iaict meatioa d^ luy, comme troavani estrangç que diepuis soa arrivée à RomiDe ledit évesqufi n'avQit en^ipea esté vers hiy, dtUbévi sur c^e occasion dYa%r et tasler d» kiy, te devinant, s'il pouriroit faixe qu'ili retonAniil sm ce4 prop(9A. Au lendemain, qui fut le icoiskoM jour depuis Ifan^ivée de l'empereur à Romae, après toutes les oérérnooles faictes e& Fégtise Sainct-Pieree, auxquelles assista l'empereur eft ses habits impéfiauz, portant la eouronae sat sa teste^ le aeigueuff IHerre Louis de Farbèse tenant deyantliiy la pom^ie ronde, et le marquis de Brandebourg portant le sceptre, et raessire Jacques ie Longue val,seigQearde tossu , grande escuyeir, portant l'espéoi ledit évesque de Mascon envoyi^ vers Sa Majesté luy demander l'heure qu'il luy pkiroit luy dpnser accès pomr )uy aller faire la révérence, laquelle heure hiy fut assignée au lendemain matjn.

A l'heure assignée, vindrent ensemble ledit de Mascon et le seigneur de Yelly , lesqueb trouvèrent les ambassadeurs de Venise desjà «itrés en la chambre dudit seigneur empereur, qui tost après en sortit pour aller^ à kt messe. Et s'approchant de kiy lesdits ambassadeurs de France, l'évesque de Mascon prist la parole et luy dist qu^estant ambassadeur du roy très chresUen son bon frère devers k sainoteté de nostre Sainct-Pèren il n'avoil vouhi faillir de luy Cadre la révérence et luy présenter son très humble sesvice. L'empereur respondi't qu'il estoit très aise delp cognoistre, et avoir entoidu de no6tre> Sainct-Père que ledit évesque avoit toujours fiiict très bon office, et qu'il désiroit à ceste cause luy faire plaisir. Puis s'adressant au seigneur de Yelly : « U me semble, dit-i'l» par les derniers propos que vous me tinstes quandi je vous déclaray le contenu es articles par moy communiqués à nostre Saincl-Père, que le ^oy mon frère n'est point pour les accep-

!er, d'autaiit que Je me Snis retiré de ce qui avoit esté parlé pour le duc d'Orléans son fils; tt pour ce je désii-erois ttaervcitleusemerit sçâtbir si vous avez Hens davantage désbn iûteiition. »

Sur cela frespondit ledit seigneur de Velly !qu' attendu la brièveté du temps qu'il y avoit djae fonestoit enttéen éeste difficulté touchant ledit seigneur duc d'Orléans, Sa Majesté pouvolt bi^ entebdre et cognoistre qu'il estoit impossible qu'il en ftist encoreà autrement adverty, pour ce qu'à peine pouvoit eslre arrivé eti là coul^ du roy son maistre le messager qui eh portôit les nouvelles. Desquelles icelay seij^eur de Velly dlst be doubler point qu'elles ne semblassent bien estranges audit seigneur, Attendu les propos qui lui en avoient esté tenus cy-devant, et les honnestes responses quMl en âvoit faîctes, «ensemble les bonnes œuvres qu'il àvoît oflert exécuter, et en estoit prest, faisant Sh Majesté Impériale ce qiii avoit esté traitté pour ledit seigneur duc d'Orléans. «« Je ne vuell pas, dit l'empereur, blasmer ses œuvres, aussi ne veiiil-je pas justifier les miennes en secret ; et pour ce suis-je bien aise que vous, ihônseigneur de Mascon, soyez présent; vous tii'accompagnerez tous deux, sMl vous plaist, devers le pape, et là je vous déclareray mon intention. » Et ce disant, appella aussi les ambassadeurs de Venise pour le suivre.

En ceste sorte entrèrent tous ensemble en la chambre du consistoire, où le pape est de coustume se vestir de ses habits pontificaux ; et là trouvèrent messieurs tes cardinaux attendans Dostre Sainct-Père, avecques lesquels s'amusa ledit seigneur empereur, en devisant sur pieds ^espace d'un gros quart d'heure. Ce pendant on advertil nostre Sainct-tère, qui encores ne sçavoit riens de sa venue. Sa Saincteté luy envoya demander s'il luy plaisoit monter en sa chambre ; et il respondit vouloir attendre Sadile Saincteté. Nostre Sainct-Pèrè descendit ibst après; et s'allèrent eux deux ensemble appuyer au bout d'un lit qui estoit dressé en ladite chambre. ï)i là tléclar]^ ledit seigneur empereur à Sa Saincteté qu'il luy désiroii parler d'aucunes choses d'importance, en la présence du sainct et sacré collège des cardinaux. Surquoy ordonnantSaSainctetéque tous autres vuidassent la chambre, ledit seigneur le pria if es affectueusement que tous demourasseni.

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et quMl vouloît bien parler pbblicquement. Et alors messieurs les révérendissimes cardinaux àVssemblèhèhl à l'entour d'eux comme en demyëeriëlé, auquel estoiént les ambassadeurs de France, et derrière eux ceux de Venise; après grand nombre d'autres ambassadeurs et de prélats, ducs, comtes, barons et autres personnés notables.

Adoncques l'empereur, le bonnet au poing, commença dire comment il estoit venu pour deux raisons principales : la première pour baiser les piedsde Sa Saincteté, luy offrir sa personneet son pouvoir, et le supplier de vouloir convoquer le concile universel; en quoy ayant trouve Sa Saincteté non-seulement bien disposée, mais si très aiïectionnée et prompte, il la remercioit grandement du bon commencement qu'il y avoit de^à donné, et de la délibération qui en auroit esté arrestéc au dernier consistoiteoucongrégation générale ; le suppliant vouloir continuer et paracnever cest œuvre si nécessaire à toute la chrestienté, offrant tout ce qui seroit en sa puissance pour les conduitte et heureux progrès d'iceluy. La seconde principale raison de sa venue estoit pour lui faire ent^dre combien de tout temps il a voit, pour le bien de la cbrestienté, désiré avoir bonne intelligence et amitié avecques le roy de France, et qu*il n'eust point esté marry que maintenant les choses se feussent peu dresser entre eux à quelque meillefare conclusion; mais qu'il avoit trouvé ledit roy de France si desraisonnable, qu'il estoit contraint, de toute sa vie et des choses qui ont passé entre eux deux, rendre compte et raison en présence dudit sainct collège, desambassadeuts, des princes et potentats, et des autres seigneurs et notables personnages y assistans, afin que l'on sache lequel a plus juste cause de se douloir de l'autre ; priant Sa Saincteté, s'il se trouvoit long en ce récit, le vouloir en excuser, tant pour la diversité des choses que pour la débilité de sa mémoire, et la non trop bonne disposition de sa personne.

Ceste excuse prémise, Tcntrée de sa narration fut du traitté de mariage autresfoys accordé par les défuncts de bonne mémoire empereur Maximilian et roy Louis de France, d'entre luy, nepveu dudit Maximilian, et madame Claude, fille aisnée dudit roy Louis, laquelle depuis auroit esté royne de France ; lequel mariage n^ay&nt esté accomply par lacbulpë et laûlte

dudit roy Louis, Tempereur Maximiliau, irrité de cest outrage , enlreprint la guerre contre ledit roy Louis, et le chassa du duché de Milan. Quelque temps après, estant luy en Tâge de quinze ans, le roy François seroit venu à la couronne de France, auquel il désira grandement avoir alliance et amitié; et nonobstant qu'il fust encores en bas âge, si avoit-il dès lors bonne cognoissance de la prochaineté du lignage qui iestoit entre eux par le moyen de madame Marie de Bourgongne, son ayeule ; et qu'à ceste cause il auroit envoyé devers ledit roy de France grosse et notable ambassade ( en laquelle estoit le comte de Nansau son cousin) renouveUer et restraindre ses alliances avecques ledit roy de France, et fut traitté du mariage de luy et de la belle-sœur dudit roy. Que peu après seroit survenue Tentreprinse de Milan par le roy, lequel auroit obtenu victoire; dont luy auroit esté aussi ayse que de chose qui luy eust peu advenir, et auroit laissé d'obéir à Temporeur Maximilian son ayeul , qui luy avoit commandé de Tempescher le plus qu'il pourroit. Que, tout ce nonobstant, le roy auroit depuis voulu entrer en nouvelles capitulations avecques luy, en luy voulant bailler madame Louise sa fille aisnée à femme, et, au deffault d'elle, madame Charlotte sa seconde fille ; et le requist alors d'entrer avecques luy en guerre contre le roy d'Angleterre, pour le recouvrement de la ville de Toumay; chose dont luy le desconseilla, et tant persista qu'il Ten feit désister à sa requeste. Que peu après seroit intervenue la mort du roy Ferdinand d'Arragon, son ayeul maternel; et que luy estant à ceste cause besoing de passer en Espagne, force luy fut pour s'asseurer du roy , et pour n'entrer avecques luy en rupture, traitter avecques luy tout de nouveau ; à quoy luy ne voulut estre refusant, jusques à consentir et accorder au roy cent mille escus de pension par chacun an, sur le revenu de ses' royaumes de Naples et de Sicile.

Depuis seroit ensuivie la mort de l'empereur Maximilian, et que, vacant l'Empire, tous deux auroient aspiré et cherché de parvenir à ce degré. Sur lequel propos usa ledit seigneur empereur d'une fort longue démonstration des bonnes et raisonnables causes qu'il avoit eues d*y prétendre plustost que nul autre, veu que si grand nombre de ses prédécesseurs y seroient parvenus, et que c'eust esté à luy faillir gran-

dement à son honneur, au cas qu'il n'eust employé tous ses esprits à recouvrer une telle dignité, qui estoit desjà comme héréditaire et acquise à sa maison. Que, ce nonobstant, il n'aaroit jamais eu à mal que le roy de France luy fist concurrence, lequel aussi de sa part auroit par plusieurs foys dit à l'ambassadeur que luy empereur tenoit en France que ceste poursuitte de voit entre eux estre comme deux amans cherchans tous deux l'amour d'une mesme dame; et quand l'un y seroit parvenu, que l'autre ne luy en devroit porter aucun maltalent, ains qu'ils devroient (et que telle estoit sa volonté) persévérer néantmoins en leur première bienvueillance et amitié. Mais, nonobstant ces boos propos, le roy, après que luy fut déclaré empereur, seroit entré en jalousie de sa grandeur, et l'auroit faict presser de renouveller lears alliances soubs autres formes et conditions, en le faisant obliger à espouser madame Renée sa belle-sœur, qui à présent est duchesse de Ferrare; et, ne se contentant de cela, l'auroit aussi faict presser d'asseurer lesdites aUiances par ostages, ce que luy auroit refusé de faire, non y estant obligé ; et que l'ambassadeur du roy de France estant lors en Allemagne, y auroit faict de très mauvaises praticques. Ne dit point ledit seigneur et ne sçait pas si ce fut par le commandement du roy son maistre ; bien dit que ledit ambassadeur se seroit eslargy jusques à dire à luy, empereur dessusdit, que s'il ne confirmoit et asseuroit icelles alliances exïAh manière que le roy son maistre le demandoit, il ne pourroit penser qu'il les voulust entretenir, comment que ce fust. Dès lors, dit ledit seigneur, commença le roy de France à faire démonstrationde sa mauvaise volonté contre luy, et à prétendre aux choses de Naples; mais quoy ne comment ne dist plus outre.

Puis adjousta que le roy auroit d'une part suscité messire Robert de la Marche à faire la guerre audit seigneur à cause de quelque sienne querelle, trouvant ledit messire Robert de la Marche homme propre et tel instrument qu'il le demandoit pour exécuter ses mauvaises intentions,ainsi qu'estoitleducde Gueldres encaspareil, et que sont les deux personnages dont ledit roy de France et ses prédécesseurs auroient accoustumé de s'ayder à faire ennuy à luy empereur et aux siens prédécesseurs. De l'autre part, et en un mesme temps, auroit ledit roy de

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