‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 316 sur 428 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

France suscité le sire d'Âlbret à repoursoivrele recouvrement du royaume de Navarre, prétendant luy estre loisible d'ayder audit d'Albret en tant qu'il estoit dit par ledit traitté d'entre eux empereur et roy, que luy empereur en cheviroit avecques ledit d'Albret; ce que jamais il n'auroit refusé de faire, ains auroit offert de bailler récompense audit d'Albret d'autant que vault ledit royaume de Navarre, et que de ceste sorte se seroit allumée la guerre entre eux deux, qui fut au mesme temps que l'hérésie luthérienne commença de pulluler en Allemagne, et qu'en Espagne, en son absence, se soubslevèrent les paysans à rencontre de luy ^ et laquelle guerre auroit entre eux duré jusques à la battaille de Pavie, en laquelle ledit roy de France fut faict son prisonnier, et depuis fut par luy délivré, avecques certaines conditions apposées et contenues au traitté de sa délivrance, passé à Madrid entre les députés d'iceux seigneurs empereur et roy; lequel traitté non-seulement les députés du roy auroient promis de faire garder et observer inviolablement,mais le roy mesmes, en passant devant un crucifix que sur le chejnin ils rencontrèrent, le luy auroit ainsi promis et juré ; qui fut la cause que luy entra en quelque espérance qu'ainsi seroit, combien qu'il eust bien auparavant esté adverty que ledit roy de France avoit dit à quelque personnage que jamais il n'en tiendroit riens; comme à la vérité il n'ffuroit faict, sinon autant qu'il en avoit ficcomply préalablement avant sa délivrance, s'excusant qu'il n'estoiten sa puissance d'accomplir les dessusdites conditions; et que quand il auroit esté recherché, au cas qu'il ne fùsten sa puissance de les accomplir, que donc il s'en retoumast en Espagne prisonnier, ainsi qu'il estoit auparavant, il auroit respondu n'avoir promis ne donné sa foy de ce faire ; et qu'alors fut par ledit roy traittée la ligue qui se nomma Saincte, de par laquelle auroit luy empereur esté admonesté de rendre et délivrer au roy ses enjEams, ainsi que s'il les y eust eus pur mauvais art et enchantement, et non baillés ostages pour la seureté et observation du traitté. A faulte de laquelle délivrance, et pour ce que luy n'auroit obéy àlasommation de ceste saincte ligue, seroit ensuivie la guerre, pendant laquelle, ainsi que ledit roy avant sa prison auroit envoyé le duc d'Albanie avecques armée au royaume de Naples, ainsi envoya-il le seigneur

deLautrecà la mesmes entreprinse, en laquelle }l mourut. Depuis auroit envoyé le comte de Sainct-Pol à Fentreprinsede Lombardie, fequel y auroit esté pris environ le temps que luy empereur passa d'Espagne en Italie ; et que ledit roy de France, qui tousjours auroit voulu laisser passer quelque chosette avant que prester l'oreille aux propos de paix, alors se laissa conduire à en ouïr parler, et fut faict ledit traitté de €ambray, que ledit roy n^auroit depuis guères bien observé.

Mesmement, qu'estans peu après venues nouvelles des préparatifs que faisoit le Turc, et de son entreprinse de descendre encores en Germanie, et luy empereur se préparant à y résister, ledit roy de France auroit tenu plusieurs propos à son désavantage, soubs ombre qu'il n'y avoit esté appelle, disant mériter bien que ledit seigneur empereur tint compte de luy, et qu'il ne faisoit ceste entreprinse seul, sinon pourdesdaigner les autres princes cbrestiens, et par ambition et alTection qu'il avoit de parvenir à la monarchie, dont luy empereur se vouloit bien justifier en la présence d'iceux assistans. Et proposa que quant à Tayde ou secours du roy de France, il n'en avoit voulu user, obstant qu'au seigneur deBalançon, qu'il avoit envoyé vers ledit roy, il auroit &ict response que pour le secourir il viendroit en Italie avecques cinquante mille hommes de pied, accompagnés de trois ou quatre mille chevaux ; ce que luy auroit jugé n'estre à propos, ne pour le particulier intérest de Sa Majesté, ne 'pour le bien et repos de l'Italie ; et quant à la monarchie, que s'il y eust aspiré, jamais n'en eust été contredit par ledit roy de France, ains luy avoit ledit roy offert son ayde de l'y faire parvenir envers et contce tous, moyennant qu'on luy eust voulu accorder seulement le duché de Milan.

Dit davantage que, depuis son retour de Germanie, ayant Sa Majesté faict une ligue à Goulongne pour la deffension d'Italie, ledit roy s'en seroit plaint, et ce sans aucune occasion qu'il eust de justement s'en plaindre ; car icelle ligue n'auroit esté faicte qu'à bonne fin, et avecques princes chrestiens : disant ces mots avecques une contenance par laquelle, et autres propos qu'il avoit souvent tenus, il vouloit donner à entendre que le roy en eust faict une avecques princes non chrestiens.

Après aliéna pomment le ro^se seroit plaint

MÉMOIRES DB bu BELLAY,

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de la mort âé Merveifles, qne le duc de Mlbii Avott faict (exécater, e1 ett laquelle mttrt Icduy xhH^ iveft <^ très bonMe et li^ Juste occa&îoh

£mr les ëiécbantes prÂetiqute^ dom estolt tet Mervisllle» auctfeur et ehrt-etette^r. Le*- ^utiles pïaltttes disoit ledit ^gnear estrfe prortdées dié la seule envie qu'aVeit hdit roy * FStittéfe de thmrer bccasioti <»u (couleur (te i-^mpré fel traittfe derrittréttient fAiet» ^tffe feuk, drtJ(fWh roh i)ouTOit Jt%er eomment ils auroient esté observés et aééoraplys de botme fby ^ Mit HY\ tequ'd â^t proMM, ^^ autresfehôiiès, deneftiire aucunes pralicques en Alleniàgiie, y en ato)tt fàid indhres, ^ ent^e tes àtitr^ suscité le UMsgràt^ dl^ Hesse ft faire llentrqpTiMte dé Wlttertiberg (chose qne ledit toy he potttrtlt nîèr, atten»! (^^'léelle enttet^Htise A^m>it e^té fiiiéte de ^ d^iéï^) ; et ^û^en lulie, aÉssi pe^ isë iëf^-il kbM^vl dé M^ M- «#es et ImM^^ aâ pïléjttdîèé des tralttés, et Ufiesmeiil^, dippuis p;n de Jours eh ça, par te seigneiit'de Tintevillé, et ànpatiivartt, alors que luy ^ttipittréW *fe pWpà^it pour allei- en Afri- ^e ; dtthiM tequel pirépàratif ledit roy pour te «oettï^ en j^lou^ et le itenît' ei^erainte^ au- Mt kiaSi Méi dé Soh éosté gros appat^il de guerre, cortfibie* que d^uis il s'en seroit déiste fetiéiteméàt, Aott eh feveùr de lûy, mais TftsthnaM qhH séiitWtplûS àsbn projpôs de le laisser tf ter feu ftWAM dé ceste fenti-eprise, et y despendue M idteniei*s, Allh que si pis ne luy advéiMlt, à t6\!it te Vààfhs tl en éiéx fatilte par ^rës. Wi d^vkAtkge, èti )sè jf^làignànt, coniment léditroy dfe PH'nfctefciy a Voit, cohtf^lediltraltlé, Iretenn lohg-téihps aucnhk Ms sUA)ects eh ses galèrei j^ai* tef ce, et *é sbulte Ombre seulement i^è hiy n'en Jjjoù'^t rendre a^Hres du roy, qui *e pèrthrèht avéét^uW IWrtuttde siit- Ses galères ; lesquels sùbjeiti dû roy fl aûrolt depuis ïèndtth 1hedh\iiieiH qu'il tes Sht^ott peu avoir en sa puisskni(5ë,t5'est à sfcaVoii* apir^ la Victoire âe Tunis, de laquefle sërdt au thbins redohdé ce bien paHictâiéi- atidil fby de France. Bien disOit-il lestée viiiy , et hé Voulait dééaVouet* que ledit feeî^nèhr roy né hy ett^ aussi rendu les Istens, après avoir eu te piifeO&hicri dé Tunis; Wais qufe, cherchant tohsjburs houvélte occasion de se douloir, hiy àUroit après fi&ict fei^e instahce, par lé seigneur de YcÂy son ambassadeur, de !uy rendre eeftalhs ahtfes pHsonmers que tenoient les seigneur? Ahdré et An-

toine Dorie en leurs galères, lesquélstoutesfoys estoient prisonniers pour autre occasion que pour la guerre, et pour la délivrance desqueb y avoit de grandes disputations à démesler.

iMn , que depuis la tnért dé Francisque Slbrce te roy hiy auroit faîct demandét* te duebédeMilah, oa poui* luy, otl pour ruh de ses enfikhs; à ifuoy il auhyit iiiict telte fesponse, qtJé tous ceux qui l'entendront tesmoigneront par fcHIe combieh il est aftectlonément dès!-» reujt de là paij^ \ léHr, nonobstaht que le roy de France y eust irehoncé, et ^é luy eti^t gnolde occasion et Juste tiltre de le retenir^ à sihy, il ne luy avoit loutesfoys voulu reRiser; bien a\'uitil avant la main voulu stavoir rintentiôn du n^ S^r ce (fui appartient au général de la chrestiiinté, comme du c'Ondle, et de la rédaction dés luthoHehs ; aussi d'establir une bônhe et séutt paik en Italie, et de t)tielles forces ledit h>y de Franee luy toudroit ayder à Tencohtre du Turc; et que, soubs ces conditions. Il luy auroit accordé donner ledit duché de Milan au doc d'Angoutesme, chose de laquelle il pensoit que tedit roy se dcvoit raisonnablement contenter, pai^e (Juc la royne de France sa sœur luy en avoit escrit auparavant, en fny donnant à entendre paf ses* lettres que î^it roi ttesiroit grandement avoir aveccjues luy bonne intelligence et seure amitié, laquelle amlliè se pouvoit assehrer en i)aillant à Tun de ses enfens iceluy duché. Bien advoua-il estrc vray qtte par suites lettres elle donnoit à coghoisti*e que te roy aymetolt mieui ledit duché pohr le duc d'Orléans; toutestby^ que non, pourtant il se conlétiteroit de Ta voir pour fun s'il ne le pouvoit obtenir pour l'autre, et que luy à ceste cause, encores qu'il eust peu d'océasion de foire plaisir ail roy de France, at* tendu qu'en faisant porter parote de paix à St Majesté, vehue seûlemettt pour visiter ses royaumes de Naples et de Sicile , faisoît à grands préparatife de guerre, voire avoit assailly desjà le duc de Savoye, sans avoir aucun esgard et^u'il estoit son oncte, et que, par les capittilations, il he pouvoit riens prétendre en Italie, ne faire entf'CpHnse contre les allies de tfon Impériale Majesté.

Toutesibys, afin de monstrer sa bonne intention et combien il désiroit la paik de la chrestlenté, aussi pour cstre par cy-après ex- Ctisé devant Dien et devaht les hommes, tl ùU

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