LIVRE
mis sur ma foy, je ne Teusse accepté à ceste condition.
« Quant à la ligne et à ce qu'on lui fit enten* drepour la restitution de mes enfans, ce fut pour le faire venir à parly et traitté juste et raisonnable, en payant ma rançon comme je devois , et non pour autre raison ; et Fallée de monseigneur de Lautrec fut pour délivrer nostre Sainct-Père de la prison où il estoit, et en ensuivant le vestige de mes prédécesseurs. Après, voyant que la délivrance de nostre Sainct- Père estoit empeschée , et que l'empereur ne vouloit entendre à aucun party , et ne voyant seureté d'aucune paix avecques luy , je ne voulus perdre ceste occasion. Et à ce qu'il dit que ledit seigneur de Lautrec y mourut, il est vray , et non luy seulement , mais la plupart de mon armée, que s'il eust pieu à Dieu les deffendre de la mortalité comme il avoit faict jusques là de leurs ennemys, je ne sçay comme les choses fussent depuis passées. Quant au traitté de Cambray, en lieu d'adoucir celuy de Madrid, qui estoit importable et intolérable , ils y adjoustèrent beaucoup d'articles davantage ; et pour ce que la prison des enfans est celle du père , je fus contraint passer outre : toulesfoys, encores que ledit traitté lust de la sorte que je dis , il ne se trouvera jamais que j'aye rien fiiict au contraire , quelque occasion que j'en aye eue.
« £t quant à la venue du Turc en Allemagne, et à Balançon, qui fut envoyé pour cest effect devers moy, ledit Balançon me demanda ayde pécuniaire et mes gens d'armes : je luy respondis que je n'estois ne banquier ne marchant pour bailler argent , et que l'empereur venoit d'avoir de moy deux millions d'or pour ma rançon, de laquelle somme il se devoit contenter ; mais ce nonobstant, combien que j'eusse assez d'occasion de me reposer , je luy offris ce que les roys mes prédécesseurs ont toujours offert (lesquels n'ont jamais esté taxés par princes de la chrestienté, pour faire leur devoir contre les infidelles), qui estoit ma personne et mes forces , pour aller en Italie et ailleurs , laissant à l'empereur le lieu honorable, comme je dévots : luy disant en outre que la pluspart de mes gens de pied , je les ferois de la nation d'Allemagne; et qui m'eust demandé, je fusse allé en tel équippage, que j'eusse eu part ou de l'honneur ou du dommage. Quant à la ligue de Bou-
longue, chacun sçait assez pourquoy elle fut faicte. Quant à la mort de l'escuyer Merveilles mon ambassadeur , encores qu'il eust faict des praticques contre Francisque Sforce (ce que je ne crois, car il n'en avoit point de charge), si fiit le cas si meschant et infâme, que je ne croie que ledit seigneur empereur le voulust trouver bon, veu qu'estant grand prince comme il est, il a besoing de beaucoup d'ambassadeurs ; et fouit dire vray, qu'après en avoir faict ma plainte audit empereur comme à mon beaufrère , j'ai trouvé moult estrange ledit Sforce avoir esté par luy soustenu en son tort.
« Quant à avoir praticque en Allemagne depuis le traitté de Cambray, il n'est riens si vray que moy et mes prédécesseurs n'avons jamais esté sans avoir bonne intelligence et amitié au Sainct -Empire et aux princes d'iceluy; et quelquefoys ay veu de mon temps qu'encores que l'empereur et le roy de France se fissent la guerre , l'on ne perdoit point du costé de France l'amitié que l'on avoit en Allemagne. Mais quant à la guerre de Wirtemberg, il est vray que j'achetay du duc de Wirtemberg le comté de Montbeliard à rachat d'un an; et depuis il m'a rendu mon argent , dont il ne m'a point faict de plaisir , car j'eusse mieux aymé ledit Montbeliard, et au regard de ce qu'il feit dudit argent, je n'ay eu cause de m'en enquérir. Quant aux subjects dudit empereur estans en mes galères , il sçait bien que s'il m'eust rendu ceux qu'il avoit faict prendre estans au service de mes enfans en Espagne, je les luy eusse rendus ; ce que j'ay faict incontinent qu'il m'a rendu les miens. Quant au faict d'Eschenais, de ce que ledit empereur dit qu'il a praticque contre luy en Italie , je ne crois point que ledit d'Eschenais l'ait faict, veu qu'il n'en a point de commission, et attendu aussi que je n'ay point de guerre avecques l'empereur; et n'ay jamais pensé ny pense que, pour prendre des gentilshommes italiens en mon service, ce soit rompre la paix ; et veu que l'empereur ne parle que de la liberté d'Italie et du repos d'icelle, ce seroit, soubs ceste ombre, rendre trop grande captivité auxdits gentilshommes d'Itahe , si , soubs cette couleur , ils n'osoient prendre party d'autre prince que de luy; et seroit, soubs le nom de liberté, les travailler de servitude. Et quant à la praticque du duché de Milan, vray est que, ayant toiyours entendu,
j)QPV^ y fiftii^e 4mAt U yî« 4e fifonce.
apyèy I» ia(>r^4q4*t Sforce) feirt 4wy»iider jHMir w>Y ; M iTjorwt /i^'il woiMtvèiàfit fiwt pour l'ip» de wMiiaiMW, Ifif »y sowwxè flfciy ^ d'Qrr
que pQ»r le biM et ''^p^ df» (& ebfffsâlieoié, i^riAJtti A|i(iii fmntfrfiir ee ymiImi £Mre enteBdM
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jvûoaDl à tontes les riioscs uni tonefaent le bieo 4e la ichrestientii. ie oe d/onnurey a^eAiane
à i^p^BW p^nce 4e lie d^reF pii^ qm» i9^y^
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g^e. Rvfljw>ï> TrèlS^«><* J^^re>parten(^4/^t
faicte^ rbérJitag^ de ^s eM'Ai^ f^^^rpé, le rettrei^eat de men .^n^^ le eo^Aïuaadepepjt que je leiv /^y ftict 4'eB^er e|» gmjs^, pwr ne \ troubler rieqpér^pice de paix; Je pouvofr de la treitUir, qqi if^ «py/?yé à mpn Cji^ttsii^ ^ c»i4ir
Ml de liirratBe; k 4«4eleiitf&t q«e j'ai &ta rusufroict, sont assez justes tesoM>ingi â je 4émtiêviik ee qid oi'appartim^, m par paix, ou pergnenoe. Etiie4olltr(wyerettwge¥f>8iz»
SeÂoeteté si je parie si airfiit;car sâceloyi^ oAuipe le bien é'aateoy se penk plaindns , que dotoje lato, irfcstaaiifteM le aaifMietie incs eoCiDiS. pMtfitf raisûD ?
ii QoafU eo fMetdeJneoMPr deSaRroyeyjeB^y tnniye nul fiMadenent. fini nar lant de ins a ef^ iiiquia 4e ine faire la raîaen taal 4e ûe qae PBj^^fiepWttt- Dar ûccnDatioD de ses BcédécttseiWi il »edMei4>qHe4n partage des biens qw avj9iep^ ippartepp è feu DMdaine aa buIk, 9^ Piev fbsôbre ; l^upieWe m «wyiyajot evoit à diveiiyei CQy« eoyayé pimiewe pcnfoonages de^rer* ledit ieigi»ev 4e Sayoye, aop feèn ; ei depw# fiW Mrespes ey eoeoies eny^é denn biy pen^iyjftfgee biei> iDsitruiets, avMfMs mes tîlires et enseiflaeniens. nonr Caiua oaifii^^rifi cl^eofieDt à kiy et à «H) comeil le bon et défiât 4f i(H/ct à m»! appartenam es tenes et ffaewries flu'il a indeueneot dfteiwifi ; à aasa il ji2> ypuîa i^^tendre, si que besoing lo^a esté d'y profcéder par la yoye 4es armes: ep qooy C|i#ant p'ay a«}eunewei)t oaotreveM aux traittés /iMpt» e^ecques ledit leigpeor eeiieieiir, ^vels esf dit que ne me «msleray des peatic- (§»ts^ d'Italie m f9»mf 4e qvefapw peteautqne ce soit, contre ny au préjudice du seigneur emyfsmff ; et ne pyie eeitendre eemnimt il puisse PTi^dre que eeate gneiresoit c^Mcebay, veo qç'M n> eslié tonebé à ebeee qui luy apparti^fti^e, mOsau emfw$ eyt iM4<^urs estédéfi^lo4u 4e n'yetteoter aucwynapnt. £t oé p^ob la cpiffprébeBsiaD diUKlit seigneiv 4^ S^y^ye eQ tiltre d'i}ilié, £B4cte «W tFait^ 4e |C»D»bray,
re^i;eaipter et £siie tenir qwMedei^ e^détiei^, ear i| o'eet ms m traitté cwMoe principal cyMUrab^ut, et o'y lat 4ispiité des droifijLsà qayoy apparteoeae ; par quoy me peuvept avoir e«té icempriAs py r^nie par Mil treitté. Et i^'attendiois, eumme epicww £i^e, vei» la pr<NUwté M lignage et pipcfydne allieAce q^ est entre Teo^pereur et mof^ qu'il soi9stieii4iwit et pr^Anm^ mm 4r^Met i Mlay djodit «epg»eor de ^y/oye ; et pe ifm pewt qp^e de t4ws a^es qui fmi prtne lesbiensdemoneeî*
gneurde^oyeppletrpuye miuiraie que 4e moy, eneores que je soye beau-^èr)»^ ityaiu bme et ju9)yeipereijie, et r^ y/udept avioir que
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LITRE Vt
ce q» est mien. Et quand il pbiroit a Yostredite Salncteté, je vous feray monstrer mes drotctSf qui tesmoigherônt ce que je vam disv et Kmsjoùrs,* tn me rendant ce qm èist mien, seray-je content de kry rendre le surphis de ce que je tiens; Et qoant à ce qoe Fempereardtt qae, pow lé bien de la clirestienté (ne pourani estre la paix), 3 seroit meiHeur qoe par nous deux, de personne, nos différends fassent vtiidés, je re^pons à cela que, n'estant chargé d'aucune chose touchant mon honneur à laquelle je n'aye satis£stict, et cest offre de combat estant de volonté seulement et sans contrainte dudit honneur, il me semble que nos e^ées iont trop courtes pour nous combattre de si loing. Mais si Toccasion nous faict approcher ( comme il est croyable qu'il le faudra si nous rentrons à la guerre), éï àt Mfit éthpèreàï deni^urë en èeéte volonté rfé éonibâttre, et qiiè à cèste heure là îï m'en appelle, je Suis content, s'il trouve que je refuse de satisfaire à mon honneur, d'estre condamné par tous gens de bien ; ce que je crains plus que le combat. Et quant à ce que l'empereur a déclaré depuis n'avoir dit aucune chose pour me taxer ou me blasmer, et par ses lettres tt'avoir entendu tehir la paix pbur romptiey c'est chose dont je suk ti*ès aise.
rf Voilà, Très Sàinct Pcrcj et vous messieui^s les cardinaux du sainct-siége apoâtoliqule et ambassadeurs estans pr ésens, ce que je vueil hkn estre déclaré en tostre présence, nbn pour offendre personne^ mais seulement pour ma justificafionr, et faire clairement a^iaroir à cba^ cun la droicte et sincère volonté que j'ay à la paix et htt bien uhiversel de la chré^enté, et que de moy ne procède ny précédera l'ouverture de ta gaeh*e ; ce qiie Fon peuh facilement juger par les grands devoirs où je ine suis mi» et .mets potir y obVier. *
Telle fet la response du roy à la j[Hnop*6sitiof» faiete par l'empereur à Romme. Pbur ee que, par l'estrOitte amitié confirmée entre luy et le roy d^Aitgleterref ils s'estoient pmims l'un à l'autre s'eillre cônununiqupèr toufès 1er novveiles qn'il recevroient d'importance, et ce qpt sur les icellea ib aurotént conclu et arresté, il envoya un dotible par la poste après le seigneur de Polisy, de h maison de Tintevilie, baiUif de Troy es, lequel puis n^a guères il avoit dépesché vers ledit seigneur roy d'Angleterre ; et luy itvoit baillé un double de la lettre d'ad^
vertissement de la feusdke ^itfposhloi!^ que luy en «voient cscrite les évesqùes de Mascon et sei^ gheur de Yeliy , ses ambassadeurs.
La cause de la dépésche âuékbnllff atoft esté sur ce que ledit roy d'Angleterre a^olt cotnmuiriqné à FévesQpfè de Tarbes^ de la maison de Gastelnaà, ambassadeur duroy, nostredit mats^ trèv en Angleterre, une lettre fe^t Affectée que l'empereur luy ivoît escrite^ contonani ea substance cinq principaux articles. Le premier estoit du jour que ledit seigneur empereur espéroit arriver à Romme, et de ce qu'il disoit prétendre y vouloir fsiire ; le second, de l'invasion faicf è pîhr le ro jr iiostredit maistre sur les pays du duc de Savoye (sur quoy il le prioit de se vouloir employer à moyenner et faire envers ledit seigneur roy qu'il voulust rendre ce qu'il
kvmtpm ft 6tmj^e m miafOû^m s*voye);
fe iieià eâtôlt de U (fràinié qtié dlsOit f empereur avoir, et àvecqùés juslé et apparente raison, ^e ledit seigneur roy passast outré, et luy fist la guerre au duché de Milan ; quoy advenant, il le prioit de luy vouloir en ce cas donner ayde et secours. Par le quatriesme, il le prioit de vouloir mettre en oubly ce qui estoit passé de malcontentéBient entre eux^ à cause dv dhruree de la royne Ga-Aerine sa tantey doquel maleon-' tentement el^éit alors cessée l'aeeaskm pa^ lir treq[)as de laAte royne; par quoy il le prioit que, pou^ lever d'entré edx tout scmspeébn et racine d'inimitié, il fust content de remuteleir Ie9 vieils traittés de ledr oonftdénitioti et amitié; Pour te cinquiesme et dernier^ il lé advei-ti«idilf comme il dressoit contre te Ture une gros^ àfméë pouf la défbnston de tedirestlenfté ? à <fûoy il le prioit de vouloir mie mntribttabte, veâ que c'estoit contre tes ehilemys de M iof.
Le roy d' Angteterre, (jpii de sa hattife dépew* votentîers à tenir gehs en diverses pit^Vineë» pour entendre des nottveHeâr de tous co^és, et à faire des présens seereGi tt eetix q(A oiot le moyed d'entrer âveeques tes p)rinei|teux éntré^ mettedfs d'afCUresr des prlnfee» et potentats est* tran^rs (oaéores qu'éii aueumi endiroitts son argent ^It lïiai emfptoyS, èe som qu'aucunï^ pal-my un ou detn àdvertissemi^v ihésmemetkt véfitabte^, liiy mamtent en plusieirrS âtt^ treé choses le Uanc pouft* le uOfr)\ itvtoit toutesfoys ordinairement dû éosté de Rotnmé asses seurs et véritabheij advertf ssemens : iheMnemeht avoit desjà sœu ^pe Feaipeireur prétendit k
Romme de faire et brasser le contraire de ce qu'il lay mandoit. Quant au second article, sçavoit qu'il n'estoit raisonnable d'en faire la requeste au roy son frère, lequel n'estoit entré en la participation de ceste entreprinse. Quant au troisiesme, sçavoit non seulement que Fempereur ne craignoit estre assailly à Milan, ains qu'il estoit délibéré de donner au plustost qu'il pourroit la battaille aux gens du roy au pays de Piémont. Quant au quatriesme, sçavoit qu'il
a voit esté accusé par l'empereur, envers nostre Sainct-Père et plusieurs autres, d'avoir faict empoisonner la royne Catherine, et quels autres propos l'empereur en avoit tenus. Et quant au cinquiesme, sçavoit que l'empereur se préparoit à la guerre, non pour aller contre les Turcs en la défension de la chrestienté, mais pour la raison jà devant dite. Et à ceste cause fit la responce audit seigneur empereur, ainsi qu'il avoit déclaré audit évesque de Tarbes.