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pl^eesde Piémont, il est impossible qu'y laisr sant autres pareilles» afin de tenir les mie^es subjectes, qui est le moins qu'il puisse fkire, il demeure «ocores assez puissamment équippé pour nous venir rencontrer en barbe avecques toutes nos forces unies. Et là où 11 passeroit avecques toute sa puissance^ ce seroit bien la diose que plus jedésirerois, pour la raison que je déduiray et à laquelle je m'arreste jusques icy, nonobstant l'inconvénient que vous m'aves allégué estre à craindre à qui a la guerre en son pays ; ca^r tel inconvénient ne se peult estendre sinon en bien p^ite contrée de nostre pays. Ceste raison, outre ce que vous m'avez mis en avant d^ l'^fbrt que ce pendant pour*roient fkire nos garnisons, avecques tant soit peu de renfort et supplément qu'ils eussent, éit que tant plus il amènera de gens, tant plus il luy ftiudra de vivres, tant plus de chevaux, jumens etasnes à les conduire à sa queue à travers les montagnes ; dont il luy faudra tel nombre, que la double d'autant de fourrage qu'il en fkudrà pour sa cavalerie ne pourroit suffire à les nourrir. Or, jugez doneques, «staQs les lleuit où il aura de passer, encores que je n'en feisse de»tourner ou gaster (ainsi que je feray) tous les vivres et fourrages qui s'y pourront trouvei*, assea dénature malaisés à soustenir et nourrir une armée d'amys passans en diligence et par estappes jà de long-temps ordonnées et préparées, en quel estât se trouvera une armée ennemy e qui, à chacun passage rompu (comme je les feray tous rompre, et plus en un jour qu'ils ne rabilleront en quinze), sera contrainte de sé^ journer icy un, là deux, là trois, et en tel Ueti huict op dix jours pour tes refaire? Croyez que le passage, seulement avant qu'ils soient descendus en la plaine, les aura combattus àdemy ; et quand après leur passage ils penseront de mieux trouver, alors ils auront en teste b<H\neè villes et bien fortifiées, bien estoffées d'artiilorie et de munitions, grosses et puissantes garnisons dedans, et tdles de nombre, de bon courage et d'expérience, que j'ay bien moyen de les y mettre. Autour d'eux ne trotiveroni riens à la campagne, ne verront chose qui soit à leur commandement, ne rencontreront ville ( si elle n'est gastée et déserte) qui les reçoive ; de tous eostée auront pays ememy ; et au Heu qu'en Pitoont ils aurolent à leur dos la Lomlmrdie plMtureMi, les peu^ ftmyset favori^des^ le|
grosses rivières pour apporter les vivres, le moyen prompt en main de se refreschîr aucunes fois de gens; en contre-change ils auront les Alpes hautes, malaisées, stériles, les passages assiégés, et tousjours à combattre incontinent qu'ils seront en ça passés, par aussi peu de seureté, Tordre mis tel que je pense y mettre ; de jour à autre, par le moyen de tels empcschemens, retardement de la soulde à leurs gens de guerre. Geste difficulté, qui de soy est grande et de très mauvaise conséquence, le cours du temps, les surprinses en pays ennemy, incogneu, opportun à erobusches, la faulte de vivres qui en adviendra ; le tout, concourant ensemble, est bien suffisant pour faire d'une grosse armée une petite. Nous , au contraire, aurons tout pays nostre à l'entour de nous, ne verrons rien qui ne soit en nostre disposition ; et si verrons de toutes parts abondance et planté, toutes contrées grasses et opulentes, et force rivières à nostre commandement; nos deniers, ainsi qu'ils se recueilleront, arriveront, sans aucun besoin d'escorte, en toute seureté; le temps, qui ruinera Tennemy, renforcera, multipliera, aguerrira nos gens; et aurons nostre passetemps, si nous voulons, de veoir l'ennemy se deffcire de luy-mesmes, en nous séant par manière de dire, ou nous pourmenant. à nos ayses en un beau camp et bien fortifié-, non toutesfoys que je vueille ne que mon intention soit d'y demourer tousjours oisif et sans rien faire ; mais je vueil dire que quand nous aurons à faire entreprise, la raison et opportunité nous y conduira, et non fortune ou appétit de Tennemy; c'est-à-dire que nous aurons nos forces puissantes et gaillardes, que nous fierons prompts et vigilans, pour ne faillir à nostre occasion, et à l'ennemy ne donner la sienne. « Telle est en substance ma conclusion, pour entrer de bonne heure, et sans perdre de temps, à l'exécution des choses, d'autant que j'ay desjà mandé à monseigneur l'amiral, assis qu'il aura ses garnisons, qu'il me renvoyé deçà le surplus de mon armée, et qu'il donne congé aux gens des seigneurs Caguii^ et comte Guy, retenant seulement les capitaines et aucuns des principaux compagnons en mon service ; je suis d'advis, quant à ce poinct, de l'heure que l'empereur entrera en guerre ouverte, leur renvoyer dire qu'ils remettent leurs bandes sus. Et quant ^u retour de monsieur l'amiral, je suis encores
et demoureray pour deux raisons en la mesme opinion : l'une, pour continuer jusqu'au bout à donner tout le tort de l'invasion à l'ennemy; l'autre, qu'ayant assis ses garnisons, il seroit trop foible à la campagne. Par quoy mon intention est de luy mander qu'incontinent luymesmes se retire vers moy, attendu qu'il n'a plus occasion d'attendre que monsieur le cardinal le mande, qui desjà est icy de retour; et à tous ceux qui demeurent delà ordonneray d'obéir, en son absence, au marquis de Salloces, auquel (ainsi que je luy ay accordé) je feray dépescher un pouvoir d'y estre et commander, ainsi que mon lieutenant général. AuDauphiné, j'enverray un autre bon chef y recueillir les gens de guerre qui retourneront de delà, et par bonadvis les distribuer es lieux plus opportans et propices àgarderetdeffendre le passage des Alpes, ce temps pendant que je dresseray et assembleray mes forces; lesquelles unies, si Terapereur s'arreste au Piémont, j'y passeray en tel équippage, que je ne craindray point à le rencontrer, et d'essayer avecqucs une bonne trouppe de François si encores aujourd'huy la France porte les gens cpie toute ma vie j'ay vea faire fuir les Espagnols devant eux, on si les Espagnes en ont produit d'autres que ceux qui tousjours ont accoustumé de fuir devant nous. Je sçay que sur nous ils ont eu depuis un temps quelques avantages, et voirement avantages, mais par le nombre; car, pair à pair, je n'ay jamais veu que de vive force le François n'ayt battu, et, encores espère, battra l'Espagnol avecques sa braverie.
- A nostre gendarmerie ferois-je une trop grosse injure si je la mettois en dispute de comparaison avecques celle de l'empereur. Italiens en aura-il ; aussi aurons-nous, et non des pires, et tant que nous en voudrons. Et quant aux lansquenets, si de nombre les siens passent les nostres, ils ne les passent ne de courage, nede vertu, ne d'expérience ; et nous aurons des Suisses à suppléer le nombre, quelque chose que l'empereur ayt praticqué, ne qu'il se soit vanté au contraire. En Allemagne, pourroit estre qoe ses gens, ainsi qu'ils ont de bonne coustame, m'y auroient quelque peu brouillé, usans de leurs accoustumées calomnies et mensonges; si est-ce que vous avez tousjours veu la vente y avoir lieu quand elle est cogneue : et à cestc cause ne me semble point hors de propos d'y
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envoyer personnage instruict de mes affaires, qui sçache user du langage qu'il cognoistra le besoin et occasion de requérir. Encores veus-je que, tant à mon nom comme en celuy de mes enfBms, il demande une journée impériale pour y Éaire exposer et déduire nos droicts et raisons, desquels est meu le différend d'entre nous et Fempereur, à ce que les États de l'Empire en jugent comme vrais juges, et auxdits appartient de cognoistre des différends de l'empereur et des vassaux de l'Empire, tels que nous advouons estre et moy et mes en&ns, à cause du duché de Milan. Et davantage, arrivé que je seray à Lion, auquel lieu j'entends incontinent me retirer pour donner ordre à mes affaires, mon advis est, d'autant que nous sommes au temps des foires, faire venir à moy tous les marchands allemands qui s'y trouveront, et leur tenir des propos accommodés au temps, par lesquels ils puissent, où besoin sera, et si on a voit en leur pays desguisé quelque chose au préjudice de mes affaires, eux-mêmes déposer du contraire pour la vérité. »
A ceste délibération s'accorda tout le conseil, et grandement louèrent la sage prévoyance et meure providence du prince en ses affaires. Suivant laquelle délibération, et dès le premier jour de juin, il dépescha messire Jean, seigneur de Humières, chevalier de son ordre, et capitaine de cent hommes d'armes de ses ordonnances, soubs monseigneur le dauphin, lequel il envoya pour estre son lieutenant général audit pays de Dauphiné. Renvoya messire Francisque de Mocet, comte de Pontrème, gentilhomme de sa chambre, à mondit seigneur Tamiral, son lieutenant général delà les monts, approuvant la déli- I)cration, queparledit comte il luyavoit mandée, des chefe et garnisons qu'il entendoit laisser à Turin, Fossan et Cony; et luy mandant que, cela faict , il se retirast vers luy . En Allemagne dépescha messire Guillaume du Bellay, seigneur de Langey , aussi des gentilshommes de sa chambre , t an t pour les causes et rai sons cy-dessus touchées que pour répéter des ducs de Bavière les cent mille escus consignés entre leurs mains en l'an 1533, attendu l'occasion d'icelle consignation cessante, le terme de la rendre pieçà eschcu, etle présent et urgent affaire que ledit seigneur avoit de s'ayder entièrement de tous ses membres.
En Picardie il envoya un trésorier avec grosse somme de deniers, tant pour lever gens où be-
soin seroit, que pour la fortification et réparement des places; ensemble des commissaires d'artillerie, qui furent les seigneurs de Lusarches et de la Madeleine, avec bon nombre de canonniers : et manda se retirer vers luy messire Jean de Créquy, seigneur de Canaples, comte de Mantes et de Âfeulans, chevalier de son ordre, et capitaine de cent gentilshommes de sa maison; et messire Odart, seigneur du Biez, capitaine de cinquante hommes d'armes, et séneschal de Boulenois, auquel, à son arrivée, il donna le collier de son ordre.
A Marseille il envoya son lieutenant et capitaine général messire Antoine de la Roche-Foucault, sieur de Barbezieux, aussi chevalier de son ordre, et capitaine de cinquante hommes d'armes. Feit creue de gens d'armes, jusques au nombre de trois cens lances : à monseigneur Antoine, comte de Marie, fils aisné, et à présent duc de Vendosmois ; à monseigneur Jean d'Orléans, marquis de Rotheltn; à monseigneur François de Clèves, comte de Nevers ; à monseigneur le prince de la Roche-sur- Ion, à chacun d'eux cinquante lances. Feit aussi creue de chevaux légers et de gens de pied : au seigneur Jean Paule de Cère donna charge de deux cens chevaux légers et de deux mille hommes de pied; audit seigneur de Canaples, deux cens chevaux légers et deux mille hommes de pied ; à messire Martin du Bellay, autres deux cens chevaux légers et deux cens arquebouziers à cheval, et deux mille hommes de pied italiens, dont il en bailla cinq cens au capitaine Jean de Turin, cinq censàSainct-Pètre Corse, cinq cens à Colle Scorte, cinq cens au capitaine Chinche.
Peu de jours après, ayant ledit seigneur ad vertissement qu'en Espagne se faisoit quelque levée pour descendre, ainsi que lebruict estoit, en Guyenne, encoresqu'îl ne luy semblast croyable que l'empereur voulust distraire ses forces en tant de lieux ; pour n'estre toutesfoys surprins, et aussi pour tenir les Espagnols mesmes en crainte, et à ce que plus en vis ils fournissent argent à l'empereur, il ordonna y faire une levée de quatre mille hommes de pied, lesquels, en tout événement, fussent prests à employer en telle part que se dresseroient les affaires ; et à ceste cause y envoya le roy de Navarre, son lieutenant général et gouverneur audit pays de Guyenne, lequel mist toutes les Espagnes en un grand souspeçon.
En Dauphiné, le sire de Humièresi pMsani à Grenoble, feit assembler le parlement, les gens des comptes et les gens de la vUle, et leor remonstra les grands préparatlb que le roy faisoiti non-seulement sufiÔsans pour résister aux ennemys et garder ses subjects de violence, mais pour faire contre Tennemy une bonne et grosse entreprinse ; qu*à ceste cause ibne s*estonnas« sent ny prinsaent peur, ains demourassent tous* jours de bonne volonté. De là passa jusques à AmbruDi et feit pareilles reinonstrances en tou* tes les deux villes et autres ; U trouva le peuple assez estonnéi mais au demeurant de bonne volonté» et furent grandement rasseurés par sa venue. Par son advis et ordonnance» ils en*voyèrent par tout le pays aucuns de messieurs de la cour et de la chambre des comptes, en^ semble des gentilshommes du pays, pour faire la description des vivres qui s*y trouvoient ; en feirent distribuer par les estappes ; à Grenoble en feirent gros ma^sins, pour y estre prests à départir en tous lieujk où seroit besoin. Cela feiat, ledit de lumières pourveut en diligence les cbasteaux d'ExiUes, Cbasteau-Dauphin, la Bussière, Belleooinbe, Avallon et autres de la frontière» de gens, vivres, et artillerie telle que les places la requéroient, et munitions et autre équippage selon le besoin. A Rocquesparvière se meit messire Jean de Bouler, esleu de Riei, frère du seigneur de Cental, auquel appartient ladite place : et pour le rei^forcer, et à sa ror queste,luy envoya lesire de Humièreslenombro de cinquante hommes de guerre; mais oe fiit faict quelque temps après. Et pour cause que It seignev Antoine de Lève avoit envoyé sommer ladite place, seoàblablement autres places, ainsi queleten^eoapportoitlesoccasionSffurent par ledit de Humdères faictes et changées nouvellas provisions, comme chacune en son temps sera déclarée par cy-après. Luy ordinaireflient feit sa résidence audit lieu d'Ambrun, allant et venant toutesfoys à Briançon, ExiUes, Gap et ailleurs, selon que les affaires du roy le requéroient ;etsi bien et sagement, avecques diligence s'y gouverna, que son service £at frandement loué et recommandé.
En Allemagne, le seigneur de Langey, à son arrivée, trouva les choses si aigries contre le roy, que, par certaine expérience, il cogneut que, non sans cause, se vantoient les Impériaux d'y avoir tel^ei^ent brouillé ledit seigneur, c[ue|
des eeclesiastiques ny des protestans, ilnetire< roit fioê de lansquenets. Aussi trouva qoa, non sans cause, Tempereur avoit révoqué la promesse qu'il avoit falote à Romme à nos ambusadeors de leur bailler le double de ce qa'il avoit proposé devant nostre Sainct-Père; car luy ou ses gens en avoient par toute Allemagne semé des doubles si divers et diftereas les uns des autres, et desguisés, selon qu^ils les %timoient devoir estre agréables à ceux auxquels ils les envoyoieat, qu'il y en avoit aotant de sortes comme il y a de sectes en la lof de Mahomet. Aux protestans [en avoient eité envoyés qui parloient d'eux ; en sorte qu'à les lire il sembloit, plustost qu'autrement, que Tempereur eust ei^ leur intercesseur envers nostre Sainct-Père. Et davantage ledit seigneur avoit eserit une lettre à aucun d'eux, sçacbant qu'il la publieroit à tous les autres, par laquelle il luy faisoit à sçavoir que, par deux oo trois foys, il avoit eu longues et privées communications avec nostre Sainct-Père, et aucuns des cardinaux tels queledictSainct-Pèrey avoit voula appeler, èsquelles certifioit-il leur avoir déclaré les causes mouvantes iceux protestans, en certains principaux poincts, à dissentir de FÉglise romaine; et tellement leur avoit faict coguoistre lesdites causes n*estre estrangées de û raison, que jà il estoit en eq[>érance de remporter dudit Sainct-Père approbation et confirmatioD d* iceux articles, si, sur le poinct de la couclasion, ne luy fust arrivée la nouvelle inopinée comment le camp du roy estoit devant Yercei, ville dépendante du duché de Milan, et prest à passer outre audit duché ; qui auroit esté cause que, sans attendre la conclusion de nostredit Sainct Père, force luy auroit esté prendre congé de Sa Saincteté, faire unir sesforces'en dHigeoce, et tourner droict la teste contre Tennemy, à bien grand regret d'avoir laissé ceste oBuvre imparfaicte, mais en espérance que bientost^ après leur bonne ayde ( dont en si juste et saincte cause il les reqnéroit, sans les taxer ny cottiser» mais le tout remettant a leur discrétion ), ilft^' roit repoulsé son ennemy, vidateur de paix ^^ interrupteur de toutes saincteset bonnes eatreprinses, pour incontinent aller lepreodre ses brisées, et paracliever ce qu'il avoit encommencé.
Aux ecclésiastiques avoient esté envoyésdes doubles de ladite protestation,' desguisés enaq«
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-tre manière ; car, orés que, ponv le contentement d'iceux eedésiastiqnes, il y feist quelque mention de la doctrine luterienne, c'estoit si sobrement, qu*il n*y avoit chose quideust offenser la partie protestante. Eiirers chacune des parties osoient les Impériaux de cest art, et pour animer timtes les deux avoient fkit courir le bruit qu'en France tous Allemans avoient esté bannis du royaume à son de trompe, et que tous subjects du roy qui se Irouvoient avoir hanté en AHemagne estoient indifféremment exécutés à mort cruelle, comme luthériens hérétiques. Par ce BM)yen incitoient les protestans contre le roy, comme persécuteur de leur doctrine; et les autres, oomme contre celuy qui tous ks pesast à une balance. Et davantage leur avoient aux uns et autres donné à entendre que le roy indubitablement ne faisoit la guerre tant pour sa prq[>re ou particulière querelle, comme pour intelligence qu'il avoitau Turc, et en intention de divertir les forces et de l'empereur et de l'Empire, cep«idant quelecy t Turc, ennemy de nostre foy , par autrecosté le» invaderoit. Et trouvèrent des évesques à leur dévotion, lesquels, ou par malignité, ou qu'ils fussent ainsi persuadés, osèrent le faire publier, et par la bouche des prescheurs, et par attaches imprimées aux portes des églises de lemv diocèses.
Et pour comble de la persuasion, feirent imprimer avecques privilège knpérial (afin de mieux authoriser l'hnpression ) une lettre ée defflanee, contenant le nom du héimult, la date et lieu de la présentation d'icelle, faiete au roy en grosse assistance de ses princes et barons ; par laquelle defOance ledit bérauh, en présentait «u roy une eqpée, d'un cosué forgée à flambes, et de l'autre fsmattlée de rouge, hiy auroit 'déclaré l'interprétation de ceste espée, qui estoit signtfiance de guerre mortelle, à féu et à san^, que Fempereur son maistre luy déiionçoit au cas qu'U ne se retirast et départist de l'iriinne, midheureine et damnaUe alliance et oonspiration qu'il avoit leiicte avec le Turc, à rencontre des <îhrestlens et de la rdigion -chrestienne. LaqueBe deffianee en ceste sorte pvbMé partovte Germanie, il est incroyable combien de gens elle avoit esmeu contre le roy ; tnr il y en avoit bien peu qui ne oreussent cerutnement que Tempereur ne l'eutt envoyée telle. Or B'estoit-il pas à présumer qu'un tel
prince Feust envoyée t^e, et à autre tel prince qu'est un roy de France, s'il n'eust esté bien informé au vray que ledit seigneur roy eust fliict ceste conspiration avec le Turc. Advint davantage qu'au mesme temps se levèrent aucuns boutefeux, lesquels, allans de nuict par pays, bruslèrent plusieurs bourgades et villes champestrQs en Allemagne ; et firent les impériaux courir le bruict qu'iceux boutefeux eatoient par le roy attiHrés et envoyés pour ce &ire : tellement qu'à l'occasion de testes et autres persuasions, oeux qm auparavant ne se vouioient mouvoir du pays avant que faire monstre, couroient volontairement eberober les capitaines pour les mener à la guerre contre le roy ; chose qui beaucoup servit au comte de Nansau pour fiûre metti^ ensemble les lansquenets, que peu après il mena en Picardie. Restoit encores à dresser l'autre camp» lequd, ainsi que j'ay dit cy-dessus, l'empereur avoit délibéré de &ire descendre en Champagne au plus fort des autres affaires, et lequeU sans grande despence de l'empereur, eust esté prest à poinct nommé, si, par la prévoyance dont u:sa le roy d'envoyer veoir en Ademtgtw quels troubles tt tragédies où luy avoit exoiées, n'y eust esté remédié*
En ceste persuasion contre le roy trouva le seigneur de Langey toute ta Germanie; et s'addressant à ceux auxquels il avoit |^us de foy, et desquels il avoit {rius tiré de secours es autres affaires qu'auparavant il y avoit conduits et négociés pour le service du roy, ils pensoient avoir £aict beaucoup pour luy de tant se hasarder seulement que de ne l'encuser aux gens de l'empereur, ou du roy Ferdinand son frère^ et de luy conseiUar qu'U se retirast en diligence, sans passer outre : et à la vérité, allant plus avant, il luy eust été de jour impossible de faire chemin sans estre cogneu, ou an*esté pour suspect ; et de nuict luy esloient les cbeontis anssi mal seurs, à cause que, dcfHiis soleil couché jusques an jour, tous les paysans {aisoient le guet aux champs à l'encontredes bouteleux, et ne laissoient passer aUans ne venons sans par** 1er à eux. A cesie <)ause, trouvant unsien par^ Ikmlier amy et serviteur dn roy, qui (iu content de le retirer et tenir m sa maison caché pour quelques jours, ce pendant qu'il essayeroit dextrement et feroit preuve de la vûloot^ d'aucuns antres personnages (fà itvoient plus
de puissance et anctorité à luy tenir la main, et moyenner que la vérité des choses fust cogneue, pouroster et abolir cesie sinistre opinion que Ton avoit dudit seigneur roy, conclut et arresta d'user de ce conseil ; et par luy en fist tenter deux entre les autres, et, de propos en autre, les conduire si avant que de luy dire qu'ils désiroient merveilleusement ouïr parler quelqu'un qui, de tous ces affaires dont Ton faisoit un si grand bruit, leur sceust compter au long la vérité ; car il leur estoit bien dur à croire que Dieu eust si avant abandonné le roy. Et alors iceluy personnage, après la foy prinseet baillée entre eux trois, se descouvrit à eux que le seigneur de Langey estoit en sa maison, incogneu de toutes personnes, fors que de luy : si s'accordèrent ensemble qu'ils le viendraient veoir et orroient ce qu'il voudrait dire. En autre lieu je pourray faire venir à propos de les nommer, aîSn de ne frustrer la mémoire de leur bienfaict et service ; mais à présent ne vueil-je les nommer, pour ne les rendre opportuns au maltalent de qui n'a pris plaisir en ce qu'ils en feirent.
Arrivés qu'ils furent, encores qu'il semblast bien, à leurs paroles et contenance, qu'ils n'adjoustassent foy aux plus énormes articles mis sus au roy, si est-ce qu'ils luy donnoient le tort en aucunes choses; et autres en récitèrent èsquelles plusieurs grands personnages, non de légère et téméraire créance, le luy donnoient pareillement. A tous lesdits articles leur respondit ledit seigneur de Langey de manière qu'ils en demeurèrent satisfaicts; et furent bien d'advis qu'aussi demoureroient plusieurs autres, si on leur avoit de mesmes respondu : qui fut cause que ledit Langey rédigea les responses qu*il leur avoit faictes par escrit , et trouva moyen de les faire secrettemcnt imprimer et publier par toute la Germanie, tant en latin qu'en allemand, et depuis en françois, afin qu'en plus de lieux elles fussent leues, et la vérité cogneue. Aussi, pour foire cognoistre aux protestans combien ils estoient abusés en la persuasion qu'ils avoient sur la lettre que leur avoit l'empereur escritte, et sur les doubles de la protestation dudit seigneur, il les feit de mot à mot translater à la vérité, et imprimer en allemand, et publier par toute l'Allemagne : chose qui diminua beaucoup de l'aSection qu'iceux protestans avoient desjà mise à l'empe-
reur, mais ne leur osta encores la mauvaise volonté que tant les ecclésiastiques qu'eux portoient au roy; car, nonobstant qu'aux dessusdits personnages ledit Langey eust faict conster véritablement, par lettres du seigneur de Leidekerke, ambassadeur de l'empereur, escriles et signées de sa main, qu'encores il estoit en a cour du ray, qui estoit pour confuter ceste deffiance de guerre imprimée, et leur eust aussi monstre lettres qu'il avoit d'aucuns marcliands allemans escrites à Lyon de frescbe date, pleines de contentement et satisfaction qu'ils avoient du bon traittement que leur faisoit le roy en leurs affoires, et dont ils remerciolent ledit de Langey, comme celuy qui les avoit introduits et recommandés, qui estoit assez pour prouver ceste nouvelle de bannissement controuvée, si est-ce qu'au populaire, qui plus avoit esté persuadé, n'estoit venue cette cognoissance du contraire.
Advint si bien que, sur ces arrès, les marchands venans des foires de Lyon, et qui s'estoient hastés pour estre à temps à celle de Strasbourg, arrivèrent les uns après les autres ; dont adverty, ledit Langey feit scavoir de ses nouvelles en diverses villes à quelques siens amjs et serviteurs du roy, et par iceux feit souvent, et à divers jours et en diverses compagnies, es lieux plus hantés etfréquens, interroger lesdits marchands quelles nouvelles ils apportoient de France; si rapportèrent lesdits marchands toutes choses conformes à ce que par cy-devant est plus amplement raconté. Premièrement, inter rogés sur ceste deffiance, asseurèrent qu'ao temps de leurs deslogement de Lyon il n'y a?oit point encores de defBance entre l'empereur et le roy, et qu'encores estoient les ambassadears de l'un vers l'autre ; que tousjours se continuoient propos de paix entre eux, mais bien tendoient les actes et démonstrations à la guerre. Plus, affirmèrent qu'au temps contenu en ceste deffiance imprimée, faisant mention qu'elleavoit este signifiée au roy estant à Lyon, ledit seigneur, un mois devant, et plus de quinze jours après la date, avoit tousjours esté aux lieux de Sainct-Cher, et de Sainct-Rambert, et de Montbrison. Interrogés de ce bannissement, asseurèrent que tout au contraire le roy leur avoit offert, au cas que la paix (que Dieu ne voolust ! ) se vint à rompre entre luy et l'empereur, ils auroient, ce nonobstant, telle seureté <pw