LIVRE VI
sear
main iroient ayecqneft hy tous ks capiuliiéB «i de dieval et de pied, pour en conclure audit Fosaan rar le Ueu» et mèneroient cbacim sa ^ôll^)ig&te on bande, prestes à denH)urer dedans, au cas qu'U fiist trouvé raisonnable de le tenir ; et, au cas que non, d'aller pareiUe*ment visiter la ville de Cony, et ne la trouvant detfensable, se retirer tous ensemble le chemin de France ; et que luy enUreprendroit de faire conduire TartiUerie après eux, et la faire passer la momagpe seuremenl. Les capitaines i» furent point de cest advls, alléguans que ce seroit cbo6e honteuse (ores que force leur fost de se retirer) abandonner leur artillerie) et aussi peu estoient-ils d'advis de mener à Fossan toutes leurs bandes y consommer les vivres, dont Us auroîent b^n s'il advenoit qu'ils la délibérassent tenir. Mais le marquis persista d'y mener tout, en disant qu'ils n'y coucheroient plus hauk d'une nuict; etdecestesienûe délibération advisa le roy par le si^ir de Verets en poste, combien que desjà luy en avoit donné autre, ensemUe manda qu'il pe pouvott tirer obéissance des capitaines.
Arrivés qu'ils furent à Fossan, trouvèrent ipi'en usant de bonne diligence ils auroient temps assez de parachever les bastions encom^ maocés, s'y employai» les gens de guerre avee- ^ues huict à neuf cens pionniers qui avoieot eommeacé l'ouvrage, et que du Mont-Devis ( qui n'estoit loin d'eux) ib y pourroient &ire venir des vivres, sans toucher à ceux de€ony, et pM'ce moyen laireau roy ce service, qu'en tenaat l'une et l'autre viUe, arrester l'ennemy sur cul, et donner temps à nos forces de se réunir et joindre ensemble. Tel fut l'advis ei délibération de tous les capitaines, ^déclarèrent MAsi audit seigneur marquis, en le priant de pronfKement se vouloir résoudre. Pour ee jour ne voalot-il encores conclure , remettant la chose en délibération jusques au lendemain. £t ce pendant tes ^onniers s'enfuirent tout au long de ia nuiet, en sorte qu'il n'en demeura poinct quarante; et depuis a esté sceu que ledit naaisquis les en «voit &ict foir. CoMbien qw ]^#nr lers il ne tat sceu, bien y eut des gens beaucoup en la compagnie qui prindrent grand 80Uspe$on sur luy, et mesmement quand au lendemain il ^ monstroit entièrement résolu de vouloir tenir la viUe, ce que jamais il n'aypit tivmvé bon ce pendant qu'il y avoit moyen
de b mettre en dellence % tdietient que tcax qui n'osoient souspeçonner si mal de luy ne pouvoient toutesfoysn'attrîbuerceste mutation à trop grande légèreté ou lauUe de résdutioa. Autres en y avoient qui pensoient pis, et ne trouvoient bon que le comte de PocquepaîUe, qui estoit à luy, alloii et venoit ordinairement au camp desennemys; mais iloouvroit feadites allées et venues sur sa querelle de Montfemat, disant que, soubs ombre de ladite quereHe, il l'envoyoit pour entendre nouvelles de leurs entreprinses et délibérations; à quoy les uns adjoustoieoA foy, les autres non. Le seigneur Martin du Bellay, en plein conseil et devam tous, luy dit qu'un cbevaucbeur d'eaeuyerie du roy, nommé Bonsot, venant de Milan, avoit passé par Ast, et y avoit veu marqué le logis dudit seigneur marquis auprès de celuy de r^npereur, à quoy ledit marquis, en soubsriant , respondit estre bien aaseuré que ledit du Bellay n'en croyoit rien, ny pareiUemeat autre de ia compagnie.
Tous asseurèrent que non, et qu^lls le tc^ notent pour si gentil prince, qu'il ne voudroîC faire une si grande meschaneeté ; mais bien ie prioient de vouloir prendre conclusion aux af* Maires, et ne perdre plus de temps en si longues ei irrésolues délib^ations. Alors il leur dit que la dissimulation dont il avoit usé avoit esté pour oognoistre quel cueur et volonté avoient, non pas les capitaines, desquels il n'avoit jamais doubté, mais leurs soldats et gens de guerre ; lesquds voyant en si bonne volonté, il se voidoit résoudre de tenir Fossan, t^ les prioitqu'en ensuivant la promesse ti instance qu'ils en avoient £aic(e, ib se délibérassent d'y &ire leur devoir ; et que, le nombre ordonné de ceux q[ui devroient y demeurer, ils délibèareroient après sur Je foict de Cony. Les capitaines repÙoquoiait qu'en leur rendait les pio»mers qui alors y est<Hent quand ils offirirent 1 la tenir, ou autres en pareÛ nombre, eux«Qond)stant le temps perdaen riens faisant, seroient prests d'accomplir leur promesse^ et otettroienit peine d'en reoàn bon compte, luy remonstraaft ioutesfoys le peu d'a^l^arenee qu'il y avoit de tant avoir perdu de temps en dissimulation, 'et sans avoir aucune diose fortifié ne remparé. Le marquis, monstrant d'estre Inen marry, •entre les autres choses, de la ivitte des pionniers^ arrivée ai aail i j[>ro{K)8, recontetsit les
capitaines, en lear disant que de son marquisat il féroit venir, du jour au lendemain, le double d'autant de pionniers, et tous à demy aguerris, et qui au besoin serviroient et de gens de guerre et de pionniers. Mais ce pendant n'en venoit pas un; luy tous les jours assembloit le conseil en sa chambre ; mais au partir les capitaines n'en rapportoient conclusion, sinon que leurs vivres tous les jours appétissoient, pour cause du grand nombre de gens qu'ils estotent ; et du Mont-Devis ny d'ailleurs il n'en venoient ny tant ny quand.
Vous avez par cy -devant entendu comment le marquis, dès le commencement, et avant la dépesche du seigneur de Verets, qu'il envoya du sceu des capitaines, avoit faict scavoir au roy la grosse puissance qu'avoit l'empereur, et la désobéissance que luy trouvoit aux capitaines qu'on luy avoit laissés ; et qu'à ceste cause il ne voyoît moyen de pouvoir tenir ny Fossan ny Cony, et que le mieux qu'il scauroit faire estoit de renvoyer en France tout ce qu'il avoit de gens de guerre, outre ceux de Turin. Le roy, incontinent ceste nouvelle ouïe , dépescha le sieur d'Eschenais en diligence vers lesdits sieurs marquis et capitaines, pour entendre et scavoir comment il en alloit, en les priant très expressément que, sur tous les services qu'ils luy voudroient faire, ils usassent de toute possibilité pour tenir lesdites villes , de peur qu'il eust l'ennemy si soudainement sur les bras en son royaume, que ses farces ne fussent à temps réunies et mises ensemble pour le recueillir. En ce faisant, il leur promettoit estre prest avant le terme d'un mois ou de trois sepmaines pour envoyer les secourir, s'ils pouvoient tenir jusques à tant et rompre ceste première impétuosité de l'ennemy ; qui seroit faict à luy et à son royaume un tel service, que jamais il ne le mettroit en oubly ; quand toutesfoys elles ne leur sembleroient estre gardables, qu'il aymoit trop mieux, avant que perdre tant de gens de bien, qu'ils se retirassent, se sauvant et son artillerie. Ledit sieur d'Eschenais trouva les capitaines en la meilleure volonté du monde; mais pour autant que l'empereur et toutes ses forces estoient si près ( car, à la vérité, le siège fut mis devant Fossan au dedans de huict jours après ), ils craignoient bien d'entreprendre à les garder, estans les villes si mal remparées, et eux sans pionniers et sans moyen
d'en recouvrer ; et se plaignoient fort de la dissimulation du marquis, lequel avoit tant laissé couler de temps sans y besongner et sans se résoudre ; aussi comptèrent les souspecons qu'Us avoient contre luy. De manière que pea s'en blloit que, se départant du tout de la dâibération de les garder, ils ne pensassent 8eal^ ment qu'à sauver 1^ hommes et l'aitillene; et si n'en trouvoient pas les moyens aisés, attendu la prochaineté de l'ennemy, sinon que de la retirer en quelque place de seureté. Le marquis vouloit qu'on la mist à Raveil, un chasteau sien qu'il disoit inexpugnable (et véritablement est fort malaisé à prendre) ; mais les capitaines, encores qu'ils ne luy voulussent déclarer, ne s'osoienttoutesfoysfier de la mettre en sa puissance ; et fut parié de la envoyer à Koquesparvière^moyennantquel'on troavast,par Visitation de la place, qu'elleypeustestresear^ ment. Et à ceste cause forent envoyés pour la visiter lesdits d'Eschenais et le seigneur Chrestofle Guasco et autres, lesquels rapportèrent que l'artillene n'y demoureroit point seurement. Sur ce différend arriva le sieur de Sansac, envoyé par le roy en poste, après avoir entendu la charge du seigneur de Verets, et ce qu'il avoit davantage rapporté de la cognoissance qu'il avoit des choses ; lequel Sansac, outre les lettres qu'il apportoit audit sieor marquis, en avoit de particulières, avecqoes créance au seigneur de Montpesat et autres capitaines, par lesquelles expressément le roy les prioit qu'ils essayassent plus que le posiâble à tenir l'une desdites places seulement quinze jours, et qu'en ce faisant ils luy ferolent on service inestimable. Par quoy ils conclur^t entre eux, et le déclarèrent audit seigneur IDa^ quis, de s'en mettre au hazard, et de servir chacun de pionnier. Ledit marquis leur d^ manda en laquelle des deux villes ils se voodroient plustost bazarder, ou s'ils estoiett d'advis de les tenir toutes deux. Et sur la response qu'ils firent qu'à luy estoit ( ayant desjà ou! leurs opinions ) de conclure laquelle ib tiendroient, mais que les deux ils y veoient alors peu d'apparence, veu le peu d'ordre que l'on y avoit mis, et que mieux valoit en bien garder une que de se mettre an danger que l'une fist perdre l'autre : « Et je vueil (dit-il adoncques ) les garder toutes deux ; et pource que vous, monsieur de la Roche, tenez ceste