‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 329 sur 428 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

ey pour la phis foible, je vneil y demourer en personne. » £t sur ce Mît steur de la Roche, en se monstrant et offirant soy-mesmes : «Yoicy , dit-il, un aussi homme de bien qui de bon cueur y demourera quand et vous, et pour vous y obéir ainsi que la raison veult. »

Les autres capitaines ne peurent bien estre de cest accord, et nonobstant qu'ils se couvrissent d'autre excuse, disant qu'il n'estoit raisonnable qu'un Ucutaiant général du roy se laissast assiéger en la première place et plus prochaine du danger, à cause que ce seroit donner cueur aux ennemysde la forcer, en intention que, luy prins, Tentreprinse seroit vaincue, et aux assi^s oster toute espérance du secours qu'ils pourroient à un besoin espérer du lieutenant général du roy; par quoy il leur sembloit beaucoup meilleur et plus à propos que, laissant à Fossan telle force qu'il jugeroit estre sufiSsante, luy, avecques le surplus de son armée, se retirast à Cony, pour le tenir tant qu'il pourroit; et ce pendant qu'ils entendroioit à remparer et fortifier la ville, il feist de son costé diligence de leur faire amener vins et farines, dont à Gony et aux environs y avoit grande abondance, et audit Fossan bien peu, et mesmement de farines et de moulins point, et aussi peu de quoy en faire. Si n'estoit-ce toutefoys la principale intention qui les mouvoît à l'en dissuader; mais ils craignoicnt que, demourant audit Fossan, il baillast et la place et eux ensemble es mains de l'ennemy; car le souspeçon toujours croissoit sur luy, et leur venoit de plusieurs lieux ad vertissement qu'il avoit traitté avecques l'empereur; ils n'en osoient néantmoins encores &ire semblant avant que scavoir l'intention du roy. Pour ce soir il arresta (quelque chose qu'on luy eust remonstré) de de^ nK>urer audit Fossan, et y retenir avecques luy le seigneur de la Roche-du-Maine et autres, jusque» au parfaict de deux cens hommes d'armes et trois mille hommes de pied ; le surplus envoyer dedans Cony. Ainsi se départit le conseil; et, au lendemain matin, avant le soleil levé, ledit sieur marquis feit rappeller les capitaines pour adviser et conclure ce que seroit à faire.

Assemblés qu'ils furent, le sieur de Montpe-

sat luy demanda sur quelle chose ils avoient

à délibérer, et si le soir précédent ils avoient

pas prinse leur conclusion : à quoy il rr spon^

XVI" si&GLKy Chron. et Menu

dit, en s'àdressant att seigneur de la Roche, que les paroles du soir, à l'avanture, ne ressemUeroient point à celles du matin. El sur ce que ledit seigneur de la Roche luy réplicqua que les siennes, quant à lûy, estoient telles au matin qu'au soir, il luy dit que non pas les siennes pour ceste foys ; car il vouloit que les seigneurs de Montpesat, de ViUebon et ledit do la Roche avecques leurs compagnies, et le seigneur de la Roque avecques celle du grand cscuyer, et les capitaines Anglure et Sainct-Aubin avecques leurs bandes chacune de mille hommes de pied champenois et normands, Wartiz avecques la sienne de cinq cens Gascons, et Sainct-Petre, Corse, avecques les Italiens qu'il avoit en nombre de trois à quatre cens, demourassent audit Fossan; et que luy, après disner, s'en iroit à Cony avecques le surplus de la trouppe, et leur renverroit le chevalier d'Ambres avecques sa bande, qui estoit de mille Gascons, lesquels serviroient de faire escorte aux vivres, artillerie, boulets et munitions qu'il promcttoit leur envoyer. Et sur ceste conclusion disna, puis s'en partit, laissant à Fossan les capitaines et gens de guerre dessusdits ; et pour capitaine général et lieutenant du roy, pour commander à tous, ledit sieur de Montpesat, chevalier de l'ordre.

Après le parlement dudit sieur marquis, vindrent nouvelles, combien que non certaines, au sieur de Montpesat et autres capitaines estans à Fossan, comment ledit marquis^ auparavant ceste conclusion prinse (c'est à sçavoir alors qu'il tenoit propos de s'enfermer quant et eux en ladite ville de Fossan ), avoit mandé ceste sienne délibération au seigneur Antoine de Lève, l'admonestant qu'il y vinst hastivement, et sans se travailler d'y amener grosse artillerie*, car il luy bailleroit ensemble la ville et les hommes entre mains ; aussi que, depuis son paKement pour aller à Cony, il avoit renvoyé vers ledit Antoine de Lève luy donner ad vis de ceste mutation, et le faire haster de venir avant que la ville fust en defTence, parc e qu'un chacun mettoitlamain à l'œuvre, autant capitaines que soldats, et pourroient en bien peu de temps mettre la ville en defTence ; mais qu'en se hastant de venir il n'y trouveroit aucune résistance, et que se présentant devant Tune des portes, ceux de dedans s'en iroient par l'autre. Ce qui plus feit adjouster de fov à

ccflt âdverUMemem fin qot te narcpiia ne letir lenoit proaiesii dé kur enyoyer ht vh», b* rines, artiltertet bootett et BMiaitioQa qu'il leur avoît {Htimii. Etàecele tante te lieurde Mont'* peseta accompagné da liedr de SanMC* du sieur de Gastelpers son ientttiant, et de vingt chevaine ee délibéra d*aller vers luy JQsqnès à Cony, scavoir à quoy tenoit qtfil n'en avolt noavdles. Si trouva ledit sieur marquis faisant fort rempesché à mettre onfare au partement desdites munitions; et avoit desjà faict tirer une longue coulevrine et trots canons, et &isoit charger les boulets et poudres^ et des farines environ de douxe cens sacs, avecques bcume quantité de vins; et en présence dudit sieur de Montpesat feit acheminer l'artillerie, luy promettant qu'avant la nuiet le tout seroit rendu audit Fossan.

Le sieur de Montpesat se confiant en la parole dudit marquis» accompagnée de l'apparence qu'il voyoit de l'exécution^ et aussi pour ce qu'il ne vooloit estre longuement absent de sa charge, s'en retourna plein d'espérance à Fossan, le chevalier d'Ambres, et sa bande de mille hommes de pied gascons, avecques luy ; mais après luy arrivèrent seulement un canon et une longue coulevrine^ cinq caques de poudre, et quelques boulets, mais peut et d'autre calibre que n'estoient leA pièces; tout le surplus de vins, artillerie et muniti<ms fut par ledit marquis envoyé à sa maison de Raveil, et luy dès la nuict ensuivant s'y retira* Ce fut Caict le jeudy septiesme jour de juin ; et le mardy ensuivant^ environ les deux heures après midy, arriva l'avant-garde du seigneur Antoine de Lève, lequel, au mandement dudit marquis, estoit pârty de devant Turin dès le vendredy précédent, y laissant, pour continuer le siège, le nombre de dix mille hommes soubs la charge de Scalingue, gouverneur d'Ast, et ce jour vint coucher à GarmagaoUe; et le mesme jour fut dépesché, par le seigneur d'Annebault, raessire Jean de Gambray son lieutenant, pour sçavoir des nouvelles du roy, et luy en Eaiire sçavoir de celles de Piémont. Eten cie temps mourut monseigneur Jean, duc d'Albanie, chevalier de Por^ dre du roy, capitaine décent hommes d'armes, et gouverneur de B^urbonnofs, Auvergne, Fo^ rest et Beaujobis ; son gouvernement fut domié à messire Jean de Bretaigne, duc d'Estampes, et SU compagnie partie en deux; la moitié fiit

donnée à monsieur de Chabumei, )sm de Curton» et l'autre moitié à mossinr de h Fayette* Aussi mourut meoire Lan f 0^ léans, duc de LoÉguevîilt et coaledeBiMi, aussi cbevalierde rordre^ et d^teiseie»

quante lances ( b compagnie doqoel ta bilR à messire Louis d'Orléans «m frère, wqù de Rothelin* L'avant-gaide do uàfunfttt toinedeLèverepoulsale guetdeceoiàef»

san à son arrivée, et &ilUt à prenditttflifi estoient au couvent de Sainct-Prancmtmli ville, faisans abattre le docber defcgliiei autres édifices dudit couvent qû pooniÉ nuire à la defEence de la rttle; et li ledrai une grosse escarmouche entre hâile ivik garde et ceux de dedans, qui sortiruit n» cours et pour retirer leurs pioniien,dgQlu avoit de^à eu aucuns de morts et Uesn. ceste saillie moururent des Impènisi coup, et non seulement de coup de aiioet arquebutte, maïs aussi de l'artiKeriede qui feit grandement son devoir à k\ws& gens. La nuict, survaaant, sépart cent mouche; et arriva le seigneur Anteii» de avecques toute sa force, qui se viat bger portée d'une arquebutte près la v^ to vent de Saiact-François, qui, poor li veté du temps, et pour avoir peu de n'avoit esté paradâevé d'abattre.

Le sieur d'Esehenals , qui , ^prèi h sion prinse de garder Fonan , avoit iq^i poste, estoit cependant arrivé devoi k nfj luy avoit rendu compte de ce qu'il avoit entendu^ et mesmement du dqMunsBedt marquis, et du souspeçon que Ton avoit nr chose qui ne pouvoit entrer en T de ceux qui l'oyoient dire \ car ayant estt marquis nourry dès enfunoe avecques fe ayant eu de luy bon estât pour s*' pendant que le marquis Michd AntoiM frère avoit vescu, ayant esté fiôcC par valier de son ordre, son marquisat a par arrest adjugé au roy (comme il a cité cy devant), à cause de la féionieet lion commise par le marquis Jean-Loaiii de la maison , après le décès chi marquis et en ayant le roy faict don et baillé in audit marquis François; faiy ayant da' donné frescbement de la conqueite le duc de Savoyé, jusques au nombre A rante-six villes estans la fleur du tiémt^i

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