‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 330 sur 428 · II6S · texte numérisé non relu

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moaUBi pliu aft rtrenii queue feiuoit loa matv qnisat; au surplus, luy ayant tant iaietd'baaneinr et monstfé de oonfianee que de l'avoir fitîet son lieutenant général et luy bailler sa farce entre mains , le cas insolite et nouveau « M duquel il ne se trouve aucun exemple en tourtes hystoires du temps passé, rendoit la diose à on chacun, non que diliieile, mais inqMssiUe, à croire. £t eeruûnement il ne fut eneores ja^ nais veu , oui ny ku qu*un chef d'armée feist ■ne Guibte si ordeet in&me que d'attirer et metr ire (en tant qu'à hiy eo a esté) dedans le cueur et es entrailles du royaume de son prince, bien Biéritant de hiy en un recours de fortune asses prospère^ et alors que moins fya s'en donnoit de garde, une armée ennemye, autant puissante , ejiareitée et bien en ordre , qu'il en ayt point «sté veu de la méaaoire des hommes. Je vueil qoe Vitellitts ayt esté abandoimé par Cécinna, preoajit le party contraire de celuy qui l'avoit bonoré et avancé; mais ce fut après que les af«- £aires dudit Yitetlius furent du tout en désespoir, et pour se ranger k la fortune, qui à l'un des contendans adjugeait par son assistance la chose par eux deux ambitieusement prétendue; StJlico, Narsès, ayent commis pareille faulte^ naais ce fut pour grande et juste occasion d'in^ dignation,^ et pour se venger de la non méritée îo^atitude. Cestuy-cy , sans cause d'indi^Qusr tion, a traby son prince naturel en cours de fortune assez prospère, et sur le poinct que sondit prince usoit envers luy de meilleur en metlleur traiUement, et de plus grand en phis grand advancement en biens,booneur et auctortté. Me fiwlt doncques demander si eeste nouvelle fat MU roy œrveîUensement estrange. Pour cela toutesfoys ne voulut-il succomber à fortune; jnais, ensuivait sa nature ou coustume, qui tonsjours a esié de croistre de cueur en ses aidversités, et d'iceUes se résoudre phis tenrible et formidable à son ennemy , dépes^ ineontineot le seigneur JeaQ^Paul de Cère aveoques grosse somme dedemers* pour aller en (boute dil%enoe se mettre eo l'une desdites ptaoes de Fossan et Cony , etf ai mestier avoit de gens , lever jusquias au nombre de trois mille hommes de pied UalicûSi «t doux cens autres servans anr cher vaux l^ers. Avecques luy renvoya ledit d'Ësr cheaais« et par hiy es^rivit audit sieur mavqun éfut, pour certaines et booMs eauaee, il enst i iaire un voyage vees luy, laissant ce

ledit seigneur Jean-Paul en Tune des places, et le seigneur de Monipesat en l'autre. Mais, arrivés qu'ib ftirent au col de l'Âgnel, ils ren* contfèrent la compagnie dudit seigneur JeaU'- Paul , et celle du capitaine Bonneval^ et If seignear Chrestofle Guasco aveeques mille Itar liens dont il avoit la charge, qui s'en retour-^ noient en France; et leur ooiMèreat commenf Fossan estait assiégé , le marquis ouvertement révolté contre le roy, et qu'il avok euvnyé des litres à la peste pour fiiire teuir audit seigneur, et que par icelles (ainsi qu'ils avoîent entimdu) il luy demaadoit congé , alléguant leseauseset raisons qui à ce le meuvoient. Par quoy ledil; seigneur Jean-Paul fat d'advis de temporiser an lieu o& il estoit , ce pepdant que ledit d'Esefaenais irolt vers le roy sçavoir ce qu'il luy plairoit ordonner, eeste nouvelle ^teodise; e^ pour ne perdre temps, feit par moyens enteur dre au seigneur d'AunebauU à Turin , et am sieur de Montpesat à Fossan , la cause tant de sa venue que de son arrest, et la charge qu'il avoîi eu du roy.

{ics occasions sur quoy fendott le marquis sa révolte estoient telles, à ce qu'il en dit à mesr tire Martin du Bellay estant à Fossan, mesmei depuis qu'il eust pris le party de l'euverienr , esr tant oeox dodit Foasaa en trefve jusques à et qu'ils eussent nouveUes si le roy auroit agréa>fale la capitulation par eux faicte, que tous roar«> quisats estoient de droiet tenus de l'Empire, cC ^e si ses prédéeesseors s'estoieiH retirés de l'obéissance du^ Empire pour attribuer U sou^ veraineté au daupÛn de Viennois, luy, qui avoit cognoiasanee de ce iaiet, ne pou voit moins que de rekmmer à aoo seigneur naturel. Auquel fut respondu par ledit sieur du Bellay que ai ses prédécesseurs Pavoient tenu anciennement de l'Empire, et hiy l'avott tenu, par temps immép morable, du Dauphiué, il devoit moins que ses prédécesseurs se retirar de l'ohéissanoe de celuy <ptt l'en avoit investy, non investy, mais donné en pur dfm (car estant adjugé au roy par coor fisestîasi pour la rébeKon deson finère aiané Jean-Loute, ledit sieurluy avoit donné), et qu'il n'avoit tMlre que celuy du roy^ comme datt<pbin; et si le dauphin n'y asnltdnsict, luy n'es pottvoit amr, mais son frère Jean-Louis, fin mmmr. la miriadie ne psoeédoit de là( il émit Jummr qm adjwMtott foy mi dévias, lesqueb tey aveieie frédit i|ae f ismfsfur deroit «esti

année déposséder le roy de son royaume; et mesmes offrit audit du Bellay que reropereur estant jouissant comme il seroil dudit royaume, luy feire plaisir. Or deux choses luy tourmentoient l'esprit : Tune, la crainte qu'il avoit de perdre son Estât; l'autre, l'espérance qu'il avoit, faisant ceste révolte, d'estre favorisé de l'empereur en la cause qu'il prétendoit au marquisat de Montferrat; de sorte que, parlant audit du Bellay, dit : « Je n'ay envie d'aller en France contrefaire le prince de Mdphe,»» qu'il vouloit dire estre déshérité.

Au demourant, le roy ordonna et escrivit au sieur de Humières qu'outre les cinq cens hommes qu'il avoit levés au pays pour la garde et seureté des passages, il se servist des bandes du seigneur ChrestoQe Guasco, auquel il donna charge de les accomplir jusques au nombre de deux mille hommes, et voulut qu'il servist en celle frontière, combien qu'il eust faict requeste d'estre employé ailleurs, pour doubte qu'il avoit qu'estant si près du marquis de Salluces (avecques lequel il avoit longuement et privément hanté, et mesmement, se retirant ledit marquis avecques l'empereur, avoit demouré quelques jours avec luy, et s'il l'eust voulu croire, l'eust entièrement suivy, et laissé te service du roy), on eut par advanture quelque souspeçon et deffiance sur luy : mais le roy s'y voulut fier, et qu'il demourast là. Et fut aussi envoyé le sieur de la Tour à Essilles avecques trois cens arquebouziers, et audit sieur de Humières ordonné mettre bonne garnison dedans Suse pour avoir souvent nouvelles de la ville de Turin, en laquelle fut renvoyé le capitaine Cambray dessus nommé, avecques le payement des gens de guerre estans dedans. Aux compagnies du seigneur Jean-Paul de Gère et du capitaine Bonneval fut mandé qu'ils s'en allassent en Provence, pour soulager le Dauphiné; au comte Guillaume de Fustemberg, qu'il prinst avecques ses bandes le chemin de Cisteron, et qu'y laissant le bagage, il les conduisist à Baroelonne, es terres neufves, vivant gracieusement, jusques à ce qu'il eust certaineté que l'emperrar passast deçà les monts, et qu'ayant la dessusdite certaineté, il commençast à faire le dégast au pays, afin que l'ennemy n'y trouvast vivres n'autre soulagem^t. A Grenoble fut envoyé quelque quantité de poudre, et une somme de deniers, pour renforcer les estappes; et au sieur de Burie,

qui estoit dedans Turin, fut donné la compagnie de cinquante hommes d'armes qui auparavant avoit esté audit marquis ; et te sieur d'Eschenais redépesché pour aller vers le sieur de Montpesat à Fossan luy dire, de par le roy, que s'il estoit possible il tinst encore trente jours, à ce que le secours que ledit seigneur entendoit luy envoyer fust plus puissant et mieux équippé que s'il estoit dressé à la haste-, que s'il voyoit toutesfoysde le pouvoir fiiire, il ne se hasardast tant que, par trop attendre à parler, il fost contraint de prendre composition boatmse. Mais ledit sieur d'Eschenais vojant qu'il ne poovoit seurement passer, bailla ses lettres etsa créaace par escrit, signée de sa main, au seigneur Chrestofle Guasco, qui entreprint de la faire tenir.

Pour retourner à nos gens assiégés audit Fossan, est à scavoir que quand ledit siège arriva, le bastion qui étoit toute la force de la ville (si forteresse y avoit) n'étoît encore de six pieds de hault, et par aucuns endroicts la terre estoit dehors plus haulte que ledit bastion. Par qooy le seigneur Antoine de Lève, pour faire ses approches avant qu'ils fussent en plus grande deffence, feit, dès le lendemain qu'il fut arrivé, commencer les trenchées, où d'une part et d'autre furent tirés force coups d'arqu^tte, et forent tués beaucoup de ceux dé dehors, qui, en faisant leurs trenchées, se découvroient trop hardiment; aucuns des nostres aussi hreùi inh et blessés cedit jour et autres en besognant audit bastion, pour cause de la terre qui estoit, comme j'ay dit, plus hault dehors que dedans, en sorte que nos gens ne pouvoient y aller ny venir sans bien grand danger. Pour y obvier, furent la nuict assis des gabions au-devant des oodroicts que la terre par le dehors estoit la plus haulte; mais pour autant que la terre dont ib furent remplis estoit sèche et non fouHée, toot s'en alla en poudre quand l'artillerie de dehors eut commencé à tirer contre, qui tenoit ccdx de dedans en grosse et merveilleuse peine. Poor le premier jour ny pour le second elle n'avoit encores esté plantée ; et fut la principale entente de ceux de dehors feire leurs trenchées et mt ner leurs gabions, et de ceux de dedans se refnparer et fortifier. Au troisiesme jour, commença la batterie avecques seulement deux canons, et assez lente; la muraille toutesfoys estoit si meschante et débile, qu'au lendemain toatff les deffences furent rasées. Environ le soir, il

fat arresté j^ar ceux de dcdÂns de Caire une saillie à pied et à cheval, les uns d'un costé, les autres d'autre. Le baron de Castelpers, lieutenant du sieur de Montpesat, eut charge de mener les gens de cheval; et le capitaine Wartiz, Navarrois, les gens de pied : par la porte du ehastean sortirent ceux de cheval, et 1^ gens de pied par la casemate du bastion, en une vallée assez loin de la ville..

Les lansquenets, qui estoient la force du camp impérial, estoient logés dedans la prairie, et pour estre assez loin du danger avoient leur guet assez faible, contre la coustume toutesfoys de leur nation : le capitaine Wartiz qui en estoit adverty, et qui estoit, comme J'ay dit, sailly à couvert, tira droiot en celle part, et d'arrivée leur fieit du dommage. Le seigneur Castelpers commença lors à apparoistre avec ses chevaux, qui feit donner Talarme chaude ; et pourtant le seigneur Antoine de Lève, qui avoit autour de luy les Espagnols, y envoya très bonne trouppe, en intention de dore le chemin de retour à ceux de dedans. Ceux qui estoient ordonnés par luy à la garde des trenchées, voyans ainsi courir chacun à l'alarme, y coururent aussi en diligence, laissant l'escorte de leurs pionniers assez débile. Le capitaine Sainct-Petre, Corse, qui estoit avecques le sieur de Villebon ordonné à la garde d'un bastion, voyant la garde des trenchées ainsi dégarnie, sortit dehors, et à Tayde d'aucuns Champenois et Normans, qui aussi sortirent par vn autre costé, donna dedans lesdites trenchées en telle furie, que d'arrivée y tua vingt-cinq ou trente hommes, et contraignit les autres à prendre la fuitte vers le logis du seigneur Antoine de Lève, qui envoya pour les soutenir la pluspart de ce qui luy estoit demouré de gens. Ceste meslée fut cause que les premiers qu'il avoit envoyés tournèrent chemin pour venir au secours. Nos gens de cheval, qui d'autre costé voyoientun chacun abandonner le comment pour courir à ceste alarme, tirèrent ceste part, aussi pour sousienir le capitaine Sainct-Petre, qui'avoit roidement repouhé ceux des trenchées jusques là endroit ; et fut contraint ledit de Lève de se &ire porter hors de son logis pour se sauver : mais fut de si près suivy que ses porteurs l'abandonnèrent en un bled, où fust pour se tirer h^ du danger, ou pour donner occasion de les suivre par autre chemin qu'ils prindrent, et cependant garantir

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