LIVRE VL
ledit de Lève qui demouroiten sa chaire caché, pour la baulteur des bleds , qui en ostoit la veue à ceux qui les sui voient; qui fut la cause de sa sauveté. Ce &ict, nos gens se retirèrent sans perte, mais aucuns blessés, dont par après en mourut troisouquatre.LesditscapitainesSainct- Petre et Wartiz furent tous deux blessés de coups d'arquebutte, l'un à la main, et l'autre au pied, mais furent bientost guaris : avecques eux amenèrent prisonnier un Napolitain, capitaine de trois cens hommes de pied.
Jusques alors n'a voient encores les ennemys faict batterie bien asprement ; car s'asseurans en ce que leur avoit mandé le marquis, ils ne pensoient point que les assiégés voulussent tenir. Laqudie opinion servit beaucoup auxdits assiégés, car le seigneur Antoine de Lève leur avoit tousjours laissé, sur ceste espérance, et encores laissa l'espace de dix ou douze jours, la porte tirant à Cony en liberté, pensant que par là ils se retireroient ; qui donnoit auxdits assié • gés grand rafireschissement, parce que de sept puits qu'ils avoient en la ville, les cinq furent taris en deux jours. Mais au moyen de ceste porte ouverte, et à la faveur de leurs arquebouziers qui leur Caisoient escorte, ils s'alloient fournir d'eaue à la fontaine, qui de ce costé-là estoit au pied de la ville; et sans cela ne leur eust esté possible de tenir. Or entra en fantaisie audit de Lève que lesdits assiégés, pour avoir plus honneste excuse de se retirer, attendissent qu'il eust faict bresche : et à ceste cause, deux jours après ladite saillie (laissant toutesfoys encores ceste porte ouverte pour aller à Cony), il feit de bien grand matin commencer à tirer en batterie avec quatre canons; et à tous les coups faulsoient la muraille, et non sans blesser beaucoup de nos gais. Avant le midy eurent faict bresche, et assez rase» par laquelle euss^t peu entrer jusques à trente hommes de front ; puis cesserait de tirer environ d'une à deux heures, qui feit penser aux nostres que ce fust pour donner l'assauh. £t à la vérité le pouvoient bire, car il n'y avoit point de fossé an-devant, et pouvoient venir au combat ceux de dehors aussi facilement que ceux de dedans ; par quoy il fut commandé aux gens d'armes de descendre en une trenchée qui avoit esté faicte par derrière la muraille au dedans de la ville ; et, pour les soustanir, furent les gens de pied mis sur le bord d'ieelle trenchée^
[ISM]
Les ennemis firent bien contenanee de venir à Tassault, qui ftit cause que k» nostres demourèrent tout le jour à ladite bresche, les hommes d'armes l'armet en teste, et les gens de pied selon qu'ils avolent esté ordonnés ; et généralement y furent tous, exceptés ceux qui avoient esté ordonnés à se tenir en la plaoe pour secourir en la part qu'U seroit Imoin. Ainsi se passa tout ce jour, et ne 4ut point donné d'assault : bien mirent les ennemys eu leurs trenchées un bon nombre de leurs gens etieus, qu'ils y firent tenir toute nulct, espUns s'ils pourrolent surprendre la brescbe; et les nostres tindrent aussi Umte la nuict cinquante hommes d'armes en leur trenehèe, pour obvier i ladite surprise. Les nostres tous)o«rs conti- Buèfent, sans guères prendre repos, à rempuer au-devant de la bresche, et y firent une trenehèe par dedans aveoques un ronpart, et la trenchée biai flanoquée; et diacon en son quartier en feit le sembiable, dont jamais ne s'en destoumènmt, pom* qockpie enauy que l'ennemy kur feist, lequel toute la imict tira par intervalles, en intention de les empesdier. Douse Jours fiit la bresobe en ceste aorte, sans qu^H se donnaflft aucim assault Le seigneur Antoine de Lève n'y vouMt faazanter ses Espagnols, les réservant à entreprinse de pfa» grosse «on^équence, parte qu'en eux, pour estre tous vieib«oUat»^ esKMi eMièremoit toute son espéranoe ; les Italtens n'y voeloient marcher, m'Qs n'estolent payés ; les AUemaas ne s'eatimoient point devoir estre moindres en réputation que les Espagnols, et n'y voukient marcher to«s seuls.
En somme, ledit de Lève se déUbèra de ne les point assaîHir, tant p««r raison dudit détend que pour t'asseunooe qu'il avott d'emporter bientott la ville par luniae, et sans y bazarder aes gonsbors de besoin; car Mpenioit bien de vrai que les assiégés n*avoieal ny vin ny larines, et si bien îb avoient quelques isieds, ils n'avoienft point de moalins, et les auuMvvners qu'ils avoient eus auparavant poor en fiiire en avoient esté dès le «ooMMuaemeat wnvoyés par le marquis avec ka pionniers *, et ores qne panny les bandes des gens de pied il se trouvaet quelques maistres du ■Mstier, 41s y «stoient aans oulfifl.; et avecqves ce, du peu de provisions qu'ils eussent et de quoy que ce fust, ledit marquis avoU luy-mesmes
fttict la description, après y avoir tara k plu long-temps qu'il lui fiist possible un nooôbre superflu de gens pour les &dre plostost eooaimer et faillir ; et la description qu'il en avoit faicte, l'avoit-il envoyée dès lors audit de Lève. En efifect, dès k seigiesme jour du siège, se trouvèrent les capitaina réduits jusquei i là qu'à vivre maigrement ih i^en avoient pbs que pour quatre ou cinq jours, à toute extraûlé; et de poudres» à peina pour soustenir «a assault ; de secours de France, avoient m oooveBes oertainas que de quinze jours ils n'es pouvoimt espérer ; du costé du marquis, poiat, car ib sçavoient bien qu'il estoit deveniL Or n'eust enoores jamais pensé k seigneur de Lèrt que kurs vivres eussent tant duré que desjà ik avoient; car, en matière de mangeaiUe, il t^ noit la nation françoise pour makiaée à eoatenter de peu ; par quoy il ponvoît croire qw k
marquis eust mal diligemment fiûct sa desoription, et commençoit mouk à s'ennuyer de uot perdre de temps à une tdk ville; etpoaroe fsit-il dresser ses canons au droiet du boolievert
qu'il pensoit hiy estre plusdomniageabks*iibiy eust convenu venir à Tassault.
Le sieur de Viikbon avoit h charge ixiià bottUevert avecques ses cinquante boBMMs d'armes, et Sainct-Potre, Corse, avecques tm oens hommes de pied, pour les soasieDir; et n'en bougeaient ny jour ny nutci avec iadile Irouppe. Les ennemys, y ayans dressé leur trtilkrie, n'eurent pas grandement esBODiié, qu'ik n'eussent tout désemparé un |^si«pci qu'il y avaii, faict de bois et cbambrifis vsét ment entassés l'an sur Fautre, et sans terre* siaoa peu. Battant pkis bas, ils ooauueoeàreiit à plonger dedans le bodkvert; et eouratoD bruiet en la viHe qu'ik dressoient une pble ferme pour battre en eavalier et pkngier m dedans du baationu Laqneik eonsidératiao (aveoqnes la petite provision de vtvits et è poudres, et l'adveriissement qu'ik avoiePt ^ du roy, à «ux cavayé par k moyen ds ^ «MUT Cfarestodk Guaseo, qu'ik n'atteocbia^ iant à oempaser qae faroe leur fust de faire «ompasitian hnnteuae) fat cause qu'ils àev'^ sènent ensemhk de tiwBver qndqoe hoM^^ flioyen de faine que non oax, mais feimm) parlaat k premier, afin qu'ik en eussent <k taat plus graeknae nOsaa. Ckerebant ï^ flion, eUe s'y offiit d'dk-aaesmes ; car kcet-