MEM0II\£8 0J£ 1)U BELLAY
de croix bUncheft,etlottUcbçvaUuyfir«at (ari^ vérence. Il e«teD(ût anbrai, et embrassa ie sieur de laRocbe^u-Maine, puis ie feit couvrir pour le chaAdt» disant qu'il ne vouioit pas qu'il fostma^ ladfl» raaisvouloitbieD luy Caire plaisir, et qvi'il luy vouloit iSiire veoirsoa armée. Aquoy ledit de laftocberéptiequaqii'estaut telle aii^ qu'il Testimoit estre, c'estoii bien le rebours de luy faire plaisir qod de la luy fiaire monstrer ; car si elle «stoit bien piètre ei ruinée, plu^ de plaisir y prendroiCril qu'à la veoir belle, sinon qu'ils s'accordassent ensemble hiy et son maistre, sans faire combattre l'une eoBtre l'autre, au si grand doouBUge de la cbresUenté, deux si puissantes armées comme ils pourroient eux deux la mettre sua ; et que si tous deux estoient bien eonfleiilés> ils s'appoincteroient, et tiendroient eux deux et Turc et tousautres ep sul^ection : mais de penser defbûre l'un l'autre ils s'abuseroient, (Nur, qjiMlque armée qu'il luy sceust monstfer, le roy luy m présenteroit en barbe «ne aussi beUe ; et qiiand ores eeste première qu'il auroit dressée seroit defGaicte ( que Dieu ne voulnstl ) U en auroit remis sus une autre dedans qainM jours, et mettroit^ en un besoip, autant de genlibiboBHnes à pied oomme ledit sieur -empe^vur avait en «este armée de gen»de toutes sortes Sur ce, retournant à sa i^cmîàre parole«qu'ils feraient Irès bien de s'accorder, et d'employ^erd'un commun accord ces tant puissantes et belles armées au service de la foy cbre^ienae, l'empereur à ce luy répUcqua qu'il n'ignoroit peint les forces du roy, aussi cognoissoit-il bien les siennes ; et quant à s'accorder ensemble, c'estoient propos auxquels il n'aoroit jamais les oreilles bouchées, mais qu'o^ les tint ainsi qu'il l^ipartieBt.
A tant ilordimnaau marqui&dn Guast et à un seigneur espagnol de luy aller monstrer et à ses compagons toute son armée, et commanda de les mener disner a vecques les priacesd'441cmagney iBt qu'après disner il les venroit encores : ce qu'il feit, et demanda de rechef audit seigneur 4e la iLoche qu'il luy sembloit de Tarmé^ -qu'il avoit veue; lequel respondit qu'il Tavoit trou^ trM beUe, et que c'estoit seulen^ent dommage qu'elle n'estoitemployéeen autre entreprinse. L'empereur luy demanda où il pr^samoit qu'il la vouloit employer; ledit de la Roche hiy dit que c'estoit a» Provence. L'empei^r kiy feit re^ponae if§» les Provenc€tQx c^oieftt ses sul>|ects. Lie
sieur de la Roche luy respondit qu'il les tro<iveroit ses subjects fortrebellesetmalobéissam. Or en devisoit Fempereur en un langage, que l'on cognoissoit facilement qu'il s'estoit persuadé que jamais le roy ne seroit pour lay résister, et s'advançajusques à demander comlMeo de journées il pouvoit encores avoir depuis le lieu où ils estoient jusques à Paris { à quoy ledit de (a Rodie respondit que s'il entendoit journées pour batuilles, il pouvait eacorei y en avoir une douzaine pour le moips, sinoa que i'aggresseur eust la teste rompue dès U première. Sur ceste response, se print l'empereur à fioaUrire ; et luy dist quelqu'un des assistaos qui cognoissoit ledit de la Rocke : • ie vous avois bien dit, sire, qu'il vous sçauroit dire quelque mot s'il vouloit. n £t Tempereur» en repreoaDt b parole , redoubla que là où on parleroit de paix ainsi qu'il appartenoit , on ne irQuveroit qu'il y eust les oreilles closes; et en ce disant luy donna gracieusement congé, recommandant que luy et ses compagnons fussent bumaiDement trAittés.
Le marquis de Salluces hantoit aucunes foys aveeques eux , et s'eSorçoit entièrement à les persuader qu'ils se retirassent en France sans attendre le terme qui leur estoit accordé, allé guant qu'il leur pourroil en l'attendant mal prendre , dautant que l'empereur estoit délibéré de marcher outre; etques'ilsdemouroieat derrière, les paysans pourroient leur donner sur la queue et les deUâire , pour le moins leur donner ufi gros ennuy. Mais ils persistèrent d'attendre Je retour de Sansac, et lay léplicquoient que si l'empereur , aveeques toute sa puissance, avoit craint de leur donner assault, ayant bresche plus que raisonnable , par pte farte raison craindroient le% paysans de les assaillir. Eu somme , ils attendirent la venue de Sansac , et le jour du t^rme ; qui greva beaucoup aux ennemys, car ils ne les vouloient laissa derrière, de peur qu'ils eussent moyen de a renfoi-eer e,t leur donner des affaires sur la queue , ou d'assaillir le nombre de gens (p^ pntendoient laisser à l'entretenement du sié^ djB Turin : si est-ce qu'à l'empereur il desplai- ^it grandement de tant donner d^ loisir ao roj de se préparer et fortifier.
Le aieur de Sansac venu , et le jour préfix fTf ivé , le chevalier Cicongne , Milanois, ordonné par le seigneur Antoine de Lève , et te