‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 335 sur 428 · LIVRE VL · texte numérisé non relu

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sienr de Saînct-Martin , par plusleuifs fois cydevant nommé, de te part de ceux de Fossan , mesurèrent les chevaux qui devrolent sortir dehors. En quoy ledit Cîcongne usa d'exorbitante rigueur ; et , outre celle dont îl usa , fut encores tenu beaucoup de tort à d'aucuns gentilshommes françois, auxquels ftirent ostés des chevaux desjà visités et jugés estre de la mesure accordée , aussi plusieurs hacquenées et autres bestes d'amble, contrevenant aux articles de la capitulation : mais force fut liu'ils endurassent , estant le camp de l'empereur si près. Au demourant, fls sortirent en armes et enseignes desployées, autant les gens de pied que les gens de cheval , estant le seigneur Antoine de Lève en sa chaire pour les veoir passer, à deux jects d'arc près de la porte. Et quand ils furent à demy-mille ou environ hors de la ville, fut par aucuns des Impériaux rué sur le bagage, qui marchoit k la queue des gens de guerre, comme de gens qui pehsoient cheminer (ainsi qu'il leur avoît esté promis) en bonne seureté. La charrette du sieur de Vilfebon entre autres fut prinse et menée en arrière, et faict plusieurs autres détroussemens. Cest alarme rapaisé, les capitaines, pour obvier qu'à l'advenir n'en arrivast de semblables , ordonnèrent douze cens hommes de pied , tous gens esleus , qui de là en avant marchèrent tousjours devant le bagage ; et sur les aisles autres trois cens, tous arquebouzlers ; et sur la queue jusques à cent cinquante hommes de cheval , des mieux montés et armés , avecques deux cens arquebouziers pour les soustenir; entre lesquels gens de cheval et le bagage marchoit tout le reste de leurs'gens tant de pied que de cheval, dont messireMartin du Bellay eut la charge des gens de cheval qui demourèrent sur la queue , et le chevalier d'Ambres des gens de pied.

Et en cest orére marchèrent tout le jour, ajàns tousjours sur les aîsles une trouppe de la gendarmerie impériale, laquelle estoit sortie de Villefranche, oè elle estoit en garnison , en iBtenti<m de ruer sur le bagage desdits gens de guerre sonis de Fossan, et firent lesdits Impériaux quelque contenance de ruer dessus ; mais il en fbt tué huict ou dix de ccraps d'arquebatte. Par quoy à la fin ils se retirèrent, sans oacr enfoncer les nostres , qui ceste nuict couchèrent à Cardey. Et au lendemain marchèrent em pareil ordre jiuques à ^m viHage sis acK

dessous de Pignero), ayans toujours, aihsy qtie le jour précédent, les gens de cheval de l'empereur et sur la queue et sur les aislesi et s'escarmouchans souvent avecques eux, sans toutesfois y avoir receu aucun dommage. Au troisiesme jour delà Pignerol et deçà Pérouse^ au milieu de la montagne , se trouvèrent en grosse trouppe les paysans qui avoient prins les armes; et marchans à couvert es voyes et sentiers de la montagne , en costoyant nos gêna, leur donnèrent de l'ennuy beaucoup ^ et en blessèrent plusieurs. A la fin toutesfoys ik furent repoulsés, et contraints de se retnier avec grosse perte de leurs gens; car il en fut tué de six à sept- vingts hommes, surprins entre lesnos» très , qui par deux endroicls avoient gagné le dessus dft la montagne pour venir enclore et deffaire ladite trouppe de paysans; laquelle deffaite estonna tant les autres , qu'ils ne pen sèrent plus chacun à autre chose qu'à se sau • ver. Et sur le soir arrivèrent les nostres à Fe*nestreiles , au dedans des pays du roy, à sau^^ veté; dtiquel lieu fut dépesché messire Martin du Bellay en poste, pour advertir le roy comment les choses estoient passées , et pour entendre de luy ce qu'U rouloit que feit eeste trouppe venant de Fossan.

Durant ce siège , et pendant ce terne de la reddition de Fossan, le roy, encores qu'il n'etist esté deffié ny par hérault ny par lettre, jugea toutesfoys, en hostilité si deseouverte , n'estre à propos d'avoir plus aucuns ambassadeurs ny messagers entre luy et l'empereur; et à eeste cause escrivit à tous les gouverneurs et oapi-* taines de ses frontières que de là en avaiit ib arrestassent tous courriers allans à rempereur* on venans de luy ou de ses ministres; et au sieur de Velly son ambassadeur, qu'il prinsi congé de rempereuf. A eeluy dudft selgnèvr empereur II ordonna pareilletneiit de te retirer; et, pour le conduire en lieu de seureté hors de son (^ssance , luy bailla messire Leuls Du Perreau de CastîHon , Pun des gentilshommea ordinaires de sa chambre, et luy fit ce MiMè»> tant honorable présent , ainsi qu'est la e&às* tume de faire aux ambassadeurs deâ prinees o« seigneuries, de Fun à l'atUre ; mais ledit «mba»sadeur ayant seeu depuis que le sieur de yellf , lequel il rencontra par chemin , n'aveft tdshi accepter présent dudit seigneur empereur, bêè^ ^ya eeluy qu'il avoil accepté du roy ai^ eM

de Homières àe^uê nommé, lieutenant du roy en Dauphiné : peu après luy escrivit de Suze , du vingt-cinquiesme jour du mois, comment il avoit un pouvoir de Fempereur son maistre pour traitter quelques moyens de paix s'il plaisoitauroy d'en envoyer audit sire deHumières un semblable. Le roy, du commencement, feit response qu'il n'en envoyeroit point, et que les choses estoient trop avant pour entamer propos de paix , et pensoit bien que c'estoit quelque nouvelle invention pour encores l'amuser; mais quelques jours après , voulant tousjours confermer le devoir de son costé , il révocqua ceste dépesche, et envoya le pouvoir audit sire de Humières : encores depuis il donna passage par son royaume audit ambassadeur, allant, si comme il disoit , pour le bien de la paix, aux Pays-Bas de l'empereur. Ce nonobstant il n'en sortit aucun effect , et a depuis esté cogneu que l'empereur avoit usé, par sa confession mesmes, de ce moyen pour abréger le chemin de faire sçavoir de ses nouvelles au comte de Nansau , et pour en avoir des siennes, afin que ses deux armées se réglassent d'une mesme teneur.

Le roy, qui n'en pensoit pas moins , ne s'endormit, ainsi que l'empereur avoit eu opinion , sur la venue ny praticque dudit ambassadeur ; ains en continuant, ainsi qu'il avoit commencé, de donner ordre à toutes ses affaires, dépescha Jean , cardinal du Bellay , évesque de Paris , pour aller , comme son lieutenant général , en ladite ville et pays circonvoisins, pour y entretenir et asseurer le peuple qu'il ne s'estonnast , ainsi qu'il advient aucunes foysentre les peuples non accoustumés aux incommodités de la guerre, quand ils voyent leur pays assailly par tant et divers endroicts , comme l'empereur menaçoit et procuroit de faire, aussi pour avoir esgard au faict des finances, dont le fonds de la recepte des pays circonvoisins estoit à Paris, afin de secourir la Picardie, Champagne et autres lieux de frontière, selon l'exigence des alEaires. Au sire de Humières ordonna que , retoumans nos gens de Fossan, il les départist au long de la montagne, pour asseurer et tenir les passages ; et que surtout il envoyast souvent espies sur espiespour entendre le convine desennemys, et quel chemin ilsentreprendroient pour faire descente en France ; et que là où ils monstreroient de vouloir prendre le chemin du Moat'Genève , il envoyast en toute diligence

rompre le passage à force de pionniers, et rompre le cabestan assis sur la montagne, à ce qu'ils ne s'en aydassent à passer leur artillerie; au chasteau-Dauphin qu'il meist le capitaine Monnein avec ses gens , et les remplist jusqoes au nombre de cinq cens. Au seigneur Jean-Paul, outre les deniers qu'il luy avoit auparavant faict délivrer pour lever les gens de guerre italiens ( ce qu'il feit , et la pluspart en retira du camp des ennemis ), il envoya par Picqoâ, commissaire ordinaire des guerres, le payement des gens de guerre estans à Turin , afin qu'il essayast de passer outre , et le porter en ladite ville ; ce que ledit seigneur Jean-Paul exécuta, mais non sans grosse difficulté, à cause que les ennemys a voient garnisons àBozzolin, à Sainet- Ambroise, à Rivoles et à Groullian, places assises entre Suze et Turin , en pays estroit , et des deux co.stés enclos de nu>ntagnes. Il y passa toutesfoys sans perdre auom de ses gens, sinon un de se^ chevaux légers italiens, nommé le comte Sébastian de Montecuculo,et luy blessé d'un coup d'arquebouzeenl'espaule, dontiiiiit guary en peu de jours.

Aussi dépescha le sieur de Noailles avecqnes un trésorier , et le sieur de Bourran , commissaire ordinairede ses guerres, pour aller faire la montre et payement des gens de guerre qulretoumeroient de Fossan, auxquels, pour le service qu'ils avoient faict , et pour leur ayderà se remonter , il feit donner un quartier, outre ce qu'il leur estoit deu. Et fut baillé audit Noailles, par instruction , de faire marcher la ffndarmerie vers Avignon, auquel lieu avoit le roy délibéré de blfe l'amas de son camp, pour après le faire marcher outre jusques au lieu qu'il seroit advisé. Et pour choisir un lieu commode furent dépeschés messeigneurs le prince de Melphe, Napolitain, Stefe Colonne, baron romain, tous deux chevaliers de l'ordre, Poton Raffin, séneschal d'Agenois, etcapitainedecent rachers de la garde du roy ; et peu après messire Jean de Bonneval, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances dudit selgneor, avec conmiission pour faire le gast , tel que je déclareray par cy-après. La dépesche Wcte dudit Noailles, le roy, sur l'opinion qu'il avoit tousjours, comme j'ay dit cy-dessus , eue que l'empereur enlreprendroit de passer en Provence, il envoya nouvelle instruction , ordonnant au sire de Huoûères faire marcher bà^^

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